Cours où tu peux

J'ai vu ''28 semaines plus tard'' et j'ai eu envie d'écrire une fic avec des morts-vivants.

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Un jeune homme aux cheveux d'ébène s'engouffra dans l'entrée de Konoha. Il avait beau chercher du regard, il ne vit personne. Sasuke resta coît. Même avec son habitude stoïque, ses yeux montraient de l'incompréhension. Dévisageant chaque cadavre, redoutant de reconnaître un des corps décapités… Il n'y avait plus rien ni personne. Que de la charogne et des rues parsemées de déchets, d'arme et d'os. Une main se posa sur son épaule.

-Je ne sais pas ce qui s'est passé ici, mais j'en suis navrée.

-Ne joue pas les bonnes âmes, Karin, s'hérita Suigetsu.

-Ce ne serait pas votre Hokage, pointa du doigt Juugo en se bouchant le nez.

-Je ne comprends pas, murmura l'Uchiha. Cet empire était impénétrable. Qui a bien pu…

-Probablement la personne qui a fait éclater la bombe, commenta Karin.

-Enfin, c'est une vraie boucherie ici, s'indigna le garçon aux dents acérées. On devrait prendre tout ce qu'on peut et partir d'ici. Fouler la terre des morts, ça porte malheur.

-La ferme ! Il doit bien y avoir des survivants, s'enflamma Sasuke. On va chercher chacun de notre côté.

-Mais…

-T'as une question peut-être, Suigetsu, le menaça l'héritier des Uchiha.

-Non.

Tous, en soupirant de frustration, prirent un chemin différent. À l'affût d'un bruit quelconque ou d'une menace, Karin entra dans les bains publics. L'eau, d'une couleur sombre ne l'enchantait pas.

-Y'a quelqu'un de vivant ici ?!

Elle sursauta. Quelque chose se mit à bouger de derrière un buisson. Des lamentations s'en suivirent. Les poings serrés, elle s'avança discrètement. Elle ouvrit la bouche pour crier…

Sasuke se retourna vers le cri. Il se mit à courir vers les bains publics. Son coeur manqua un battement.

-Sasuke ! Aide… moi !

Un kunaï entre les mains, il se jeta sur l'ennemi, qu'il renversa sur le dos. Émasculé de sang, l'homme releva la tête. Son visage, à moitié arraché laissait paraître son cerveau. Sa mâchoire claqua. Une lamentation grotesque sortie de sa gorge trouée. Sasuke eut un haut-le-coeur en identifiant la personne.

-Iruka !

L'homme se jeta sur le garçon. Celui-ci esquiva, tranchant la main de l'agresseur.

-Ça suffit ! Tu ne me reconnais pas ?! C'est Sasuke !

Rien. Umino, sans sentiment, voulut se jeter sur Karin, mais Uchiha lui lacéra le cou. Un cri bestial sorti de la bouche de Sasuke. Il ne comprenait pas ce qui se passait. Il n'avait jamais vu quelque chose d'aussi affreux. La femme à ses pieds se mit à vomir violemment. Il se pencha vers elle, sortit un pansement et le lui mit sur la clavicule.

-J'ai… mal, chigna-t-elle.

-Il t'a arraché un lambeau de peau au complet. Comment ?

-Il m'a mordu, ça m'a surpris, je n'ai pas réagi à temps.

Il aida son acolyte à se remettre sur pied. Se traînant difficilement, Karin suivit son ami. Cherchant un signe de vie, autant de leur compatriotes que des habitants du village. Ils firent face à Juugo. Tête basse, il se balançait d'une jambe à l'autre. Du sang coulait le long de sa jambe. Il fit un pas vers eux.

-Cours…

Sasuke ne s'expliqua pas, il entraîna Karin vers une ruelle. Juugo se mit à leur poursuite. Se percutant contre les murs, il les rattrapait comme s'il ne sentait plus ses limites. Karin ne pouvait pas suivre. Au moment où l'homme voulut se saisir de la chair, un katana s'enracina dans son abdomen. Son mouvement s'arrêta, mais, ne sentant aucune douleur, tendit les mains vers ses victimes. Sasuke recula d'un bond.

-Juugo, n'approche pas ou je te tue !

Il ne répondit pas. Le sang, s'écoulant maintenant par sa bouche, tombait à flot sur le pavé de Konoha. Sans crier gare, il bondit vers eux. Sa tête éclata sous les yeux terrifiés de Karin. Tachant chaque mur autour d'eux, le corps tomba à la renverse.

-Faut pas rester à Konoha !

-Qu'est-ce qu'il se passe, Suigetsu, s'écria Sasuke.

-Je ne sais pas trop, mais il y en a plein… des dizaines. Ils ne ressentent rien, ne comprennent rien ! Ils attaquent sans même redouter la mort… Ce ne sont plus des humains ! tonna-t-il.

-Merde ! paniqua Karin. Il y a des gens là… il… il faut sortir de ce trou à rat !

-Suivez-moi, conclut Sasuke.

Fonçant du plus vite dont ils le pouvaient vers la sortie de Konoha, ils s'aperçurent qu'ils en avaient attiré des dizaines. Tous couraient sans reprendre leur souffle vers eux. Comme s'ils étaient affamés, ils bavaient comme des bêtes. Karin tomba sur le ventre. Suigetsu fit volte-face, voulant la relever.

-J'ai mal, grogna-t-elle.

-Dépêche-toi, gueula son ami. Ils arrivent !

Sasuke vint les aider, mais s'aperçut bien vite qu'ils perdaient du terrain. Empoignant son katana, il se jeta sur les premiers arrivant, laissant le temps aux deux autres de s'avancer. Tranchant les membres, les têtes, comme de vulgaires poupées… tuant ceux qu'il avait jadis connus, le dégoûta. Des larmes de rage se mélangèrent au sang des victimes. Voyant qu'il y en avait trop, il reprit sa course.

-Karin, monte sur mon dos, l'incita Suigetsu.

-Je… je n'ai plus de force…

-Dépêchez-vous, hurla Sasuke.

Les yeux de Suigetsu s'agrandirent. Sasuke avait derrière lui une meute acharnée de ces monstres au regard livide. Il prit son amie dans ses bras et poursuivit sa course. Il en venait de tous les côtés. La sortie ne se faisait plus très loin. Des hommes et des femmes apparurent d'une ruelle, se jetant sur Suigetsu. Il se débattit, protégeant son hôte. En un cri de guerre, Sasuke revint en charge. Le cri de douleur de Karin retondit.

-Sauvez-vous !

-Mais Karin !

Elle se laissa tomber, nous suppliant de partir. Suigetsu claqua les dents. Les créatures ensanglantées se ruèrent vers elle. L'homme du village de la pluie, resserra l'étreinte sur son épée.

-On se reverra en enfer, Karin.

Il abattit son arme sur la tête de son amie. Il fit volte-face et fit signe à Sasuke de poursuivre. Les bêtes bondirent sur le corps de Karin, déchirant, mordant, arrachant chaque lambeau de peau de son corps. Courant, Sasuke aperçut un visage familier dans une fenêtre. Les deux hommes sortirent du village. S'arrêtant brusquement, Uchiha fit demi-tour vers les portes.

-Il faut les fermer !

-On n'a pas le temps !

-On leur a ouvert les portes ! Ils ne doivent pas sortir d'ici, riposta Sasuke.

Grognant intérieurement, Suigetsu aida son acolyte. Ils sentirent des vibrations sur les portes. Des bras se mirent dans l'ouverture. Poussant de toutes leurs forces, on entendit des os craquer. Les lamentations incessantes torturaient leurs oreilles. Ils étaient trop forts. Les portes s'ouvraient plus qu'elles se refermaient. Un des monstres s'empara du bras de Suigetsu, l'attirant vers l'intérieur.

-Ahhhhh ! Raaaww.

Tirant de toutes ses forces, sentant les morsures lui déchirer les muscles, son bras s'arracha. Il tomba à la renverse. Les portes s'ouvrirent à grandeur sous le regard terrifié de Sasuke. Il se mit à courir et à courir comme jamais il ne l'avait fait ! Entendant au loin les cris désespérer de son ami qui se faisait déguster par ces créatures sans âmes, il se boucha les oreilles. Il n'en pouvait plus de tous ces sons. Il courut jusqu'au village voisin.

Il les avaient amenés.

Les ninja du village tentèrent farouchement de repousser l'ennemi… il n'y eut que des morts. Lorsqu'un de ces monstres mordait un humain, celui-ci devenait comme lui. On ne pouvait les tuer que si on leur cassait le cou, leur faisait éclater la tête ou brisait leur colonne vertébrale. Ils couraient et sautaient sans jamais se fatiguer et ne mourraient jamais de faim, car il y avait encore beaucoup, beaucoup de nourriture à leur disposition…

Une semaine plus tard.

Le village du feu est enseveli sous les morts.

Deux semaines plus tard.

Les villages du sable et du vent sont atteints.

Un mois plus tard.

Tous les pays sont en quarantaine…

Sauf les villages de l'eau et de la brume.

Un jeune homme aux cheveux d'ébène s'engouffra dans le village de Konoha. Accrochés dans son dos, gisaient deux longs katana aussi acérés qu'un outil de boucherie. Sur ses gardes, avançant sans faire de bruit, il leva les yeux vers la fenêtre où il avait vu le visage il y avait un mois. Peut-être n'était-ce qu'une de ces créatures… Mais le regard qu'avait posé ce garçon sur lui, montrait qu'il avait encore toute sa tête. Le village était désert. Aucun signe de vie ou de mort, que des squelettes. Il aperçut au loin le corps de Karin, qu'il n'osa pas approcher. Il frappa à une porte, sachant déjà qu'elle serait verrouillée. Rien ne se passa. Il soupira. Des pas précipités se firent ouïr. Il dédaigna ses armes. Il distingua un homme à la crinière ébouriffée se précipiter sur une porte plus loin. Il avait sur lui un gros sac de tissu. Il entreprit de cogner sous une cadence mélodieuse. Quelqu'un le fit entrer.

Des morts-vivants se montrèrent au grand jour. Sasuke fronça les sourcils et se pressa vers là où l'homme avait disparu. Il cogna à la même cadence que tout à l'heure. Les monstres se rapprochaient. Des sueurs se mirent à couler le long de sa tempe. Il toqua de nouveau, mais rien ne se passait. Il se mit en position pour courir au moment où on le tira par le bras. Pris par surprise, il tenta une attaque qui se perdit sur la joue d'un garçon. Il ne se préoccupa pas de l'affront et, à l'aide d'une autre fille, barricada la porte. Des coups donnés n'importe comment résonnèrent dans la salle. Ils soupirèrent avant d'empoigner de nouveau le bras de Sasuke. Il se laissa amené vers un couloir qu'ils fermèrent aussitôt. La lumière du jour révéla une pièce remplie de gens… vivants.

-Sasuke, firent des voix.

Il laissa tomber ses armes. Ce qu'il faisait bon d'enfin voir des humains en pleine forme… de rencontrer ceux qu'il avait jadis respectés.

-Ça va Kiba, chuchota Hinata.

-Ouais, ouais, en espérant que son katana n'était pas contaminé, grogna-t-il en se frottant la joue.

-Je les lave après chaque combat, rajouta l'Uchiha.

-Que viens-tu faire ici, sollicita Sakura d'une voix peu amicale.

Kakashi s'empressa d'ouvrir le sac de Kiba pour en sortir de la nourriture qu'il distribua à tous. Canne de petits pois ou autres substituts semblaient faire l'affaire de tous. Quelques fruits fraîchement cueillis et une brebis fraîchement tuée… voilà ce qui les nourrissait depuis plus d'un mois. Sasuke prit la peine de s'asseoir avant de prendre une pomme et de croquer à pleine dent.

-Je suis venu comprendre. C'est ici que j'ai vu pour la première fois ces monstres et…

-Tu les as laissés s'enfuir, le coupa la femme aux cheveux rose. Tu nous as toujours fuis. Tu n'as jamais voulu de nous… mais il a fallu que tu décides de revenir à Konoha que pour créer une apocalypse.

Ces accusations ne l'offusquaient pas. Elle avait raison et il le savait plus que quiconque. Si ça n'avait pas été lui, quelqu'un d'autre les aurait ouvertes les portes de Konoha. Cette malédiction était tombée sur cet homme… et alors ?

-Tu es trop directe, Sakura, la repris Naruto. Il ne pouvait pas savoir.

De mauvaises humeurs, elle s'estompa dans une autre pièce. Uchiha ne la regarda pas et revint sur sa pomme.

-Que s'est-il passé, répéta-t-il.

-Ça te servirait à quoi de le savoir, bougonna Chôji.

Sasuke ne montra pas d'émotion, mais fut tout de même étonné par la nouvelle apparence de cet ancien collègue. Il avait tellement maigri qu'il était presque méconnaissable.

-À réparer mes fautes.

-Ha, ha, ha ! se moqua Kiba. Et comment comptes-tu faire cela ?! Tu n'es qu'un lâche et tu le sais !

Sasuke s'empara du collet de l'homme-chien. Il plongea ses yeux dans les siens.

-Arrête ça ! se mit en colère Hinata en prenant au cou un Sasuke étonné. Reste calme parce que sinon, je vais t'y obliger.

Un sourire moqueur accroché sur son visage, Uchiha se laissa tomber sur le sol. Tous les gens qu'il avait connus avaient bien changés. Même Naruto. Lui qui parlait toujours ne disait rien.

-Que veux-tu savoir, s'énonça Kakashi.

-Tout depuis l'explosion.

-Bien… commençons maintenant car se sera long.

Fin du chapitre 1

J'espère que ça vous à plu :)