Coucou!
Merci à tous pour vos commentaire! Je suis contente de voir que l'histoire vous plaît ;-)
Voici la suite de l'histoire d'Ella.
Bonne lecture!
Chapitre 3
Severus se réveilla ce matin-là tout courbaturé d'avoir dormi sur son canapé.
Il repoussa son plaid, passa en position assise, posa ses coudes sur ses cuisses puis prit sa tête entre ses mains avant de se frotter les yeux durant plusieurs secondes. Il se leva ensuite en poussant un soupir, s'empara de sa baguette et se dirigea vers les escaliers pour rejoindre l'étage.
Arrivé devant la porte de sa chambre, il entendit la jeune femme discuter doucement avec son petit garçon, frappa brièvement pour annoncer sa venue puis entra sans attendre sa réponse.
Ella, qui était étendue dans son lit avec son fils, qui babillait en pointant du doigt tout ce qu'il voyait dans la chambre, à genoux tout près d'elle, leva son visage vers lui et sourit faiblement.
« Bonjour, Miss, déclara Rogue qui ne savait pas quoi dire.
- Bonjour, répondit-elle simplement.
- Comment… Heu… Comment vous sentez-vous ? interrogea-t-il, incertain.
- Ça peut aller… dit-elle en grimaçant alors qu'elle essayait de se redresser un peu.
- Attendez, je vais vous aider, décréta-t-il en approchant d'elle et en la soutenant pour passer en position assise.
- Merci.
- Souffrez-vous encore beaucoup ? demanda-t-il ensuite en regardant le petit venir se blottir contre elle en l'observant de ses grands yeux d'enfant.
- J'ai mal partout… » répondit-elle en caressant les cheveux de son fils.
Rogue agita sa baguette et un flacon d'anti-douleur apparut aussitôt dans sa main. Il lui tendit la potion et elle la but d'une seule traite avant de lui rendre la fiole vide.
« Maman, c'est qui ? demanda le petit garçon, intrigué par le grand sorcier.
- C'est un ami, se contenta-t-elle de répondre.
- Un ami ? répéta-t-il, étonné, en observant sa mère, perplexe. À papa aussi ?
- Oui, à papa aussi, acquiesça-t-elle simplement, lasse.
- Et papa, il est où ? »
Voyant la jeune femme retenir ses larmes du mieux qu'elle le pouvait et essayer de ne pas craquer devant son fils, Severus se pencha vers eux et interrogea gentiment le garçon :
« Dis-moi, bonhomme, tu voudrais m'aider à préparer le petit-déjeuner de maman ?
- Oh, oui ! approuva-t-il aussitôt en tapant dans ses mains.
- Allez, viens alors ! » répondit-il en le prenant dans ses bras.
Ella le regarda soulever son fils et le caler contre lui avant de plonger ses yeux bleus dans les siens en formant silencieusement le mot "merci" sur ses lèvres. Severus hocha simplement la tête et sortit de la pièce pour la laisser extérioriser une partie de son chagrin et de sa douleur.
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Rogue revint avec le petit sur lui et un plateau qui lévitait devant eux environ trois-quarts d'heure plus tard.
« J'a versé le jus d'oranges et j'a cassé les œufs tout seul, maman ! déclara le garçon, fier de lui, qui s'accrochait au cou du maître des potions.
- C'est très bien, mon cœur, répondit la jeune femme, qui s'était reprise, en souriant.
- Il en a mis plus à côté qu'autre chose, mais bon… marmonna Severus, à moitié convaincu, en le posant sur le lit.
- Chut… Tu dis pas ça… rétorqua Christian en levant ses yeux vers lui et en secouant la tête de gauche à droite.
- Oh, non, pardon », rétorqua aussitôt le sorcier, amusé.
La jeune femme ne put s'empêcher d'éclater de rire, elle embrassa son fils sur ses deux joues avant de le serrer contre sa poitrine et de demander à Rogue :
« Et vous, où est votre repas ?
- J'ai mangé avec lui avant de vous monter votre plateau, la rassura-t-il alors, heureux de l'entendre rire.
- Merci.
- Je vous en prie. Mangez maintenant, ordonna-t-il en désignant son petit-déjeuner. Vous devez reprendre des forces.
- Restez près de moi, s'il vous plaît », demanda-t-elle en remarquant qu'il était sur le point de quitter la chambre.
Severus la regarda dans les yeux et elle demanda encore en tapotant l'espace à sa droite :
« Asseyez-vous près de moi. »
Après avoir hésité quelques secondes, il fit finalement le tour du lit et s'installa à côté d'elle en étendant ses grandes jambes sur la couverture.
« Tu dois tout manger, maman, décréta le petit garçon en lui tendant un toast beurré. Sinon tu vas rester malade.
- Oui, mon petit amour, approuva-t-elle en prenant le toast avant de mordre dedans.
- Tu vas bientôt être toute guérie. Lui va s'occuper bien de toi », lui assura-t-il en pointant le sombre sorcier du doigt.
Ella se contenta de sourire en caressant la joue de son fils avant de déguster ce qu'il y avait sur son plateau sous le regard attentif de Severus, qui fronça les sourcils plus d'une fois pour l'inciter à tout manger.
Ensuite, lorsqu'elle eut fini son repas, Rogue la débarrassa de son plateau, installa le petit garçon sur une couverture par terre en lui donnant une vieille peluche qu'il avait retrouvée pour l'occuper, lança un sortilège pour qu'il ne comprenne pas ce qu'ils se diraient par la suite puis se dirigea vers la jeune femme pour l'examiner.
« Merci de l'avoir oublietté aussi bien. Il se souvient de tout, excepté ce qui s'est passé hier. Et merci de vous occuper de lui et de moi de cette façon, déclara-t-elle tandis qu'il regardait si ses plaies cicatrisaient correctement et si ses bleus s'estompaient.
- Ce n'est rien… balaya-t-il d'un geste de la main, concentré sur sa tâche.
- Si, c'est quelque chose… C'est même beaucoup…
- Je vais devoir repasser avec la dictame et le baume, lui apprit-il en les faisant apparaître tout près d'eux.
- Je… Je ne sens plus mon bébé bouger depuis hier… affirma-t-elle, la gorge nouée.
- En repassant dessus, cette fois-ci, tout disparaîtra, dit-il sans relever sa phrase en commençant par les blessures de son visage.
- Professeur ! insista-t-elle en posant sa main sur la sienne et en l'obligeant à plonger ses yeux noirs dans les siens. Mon bébé… »
Severus soupira en fermant les yeux avant de les rouvrir et de se décider à lui répondre.
« Les potions anti-douleur que je vous ai données vous empêchent de ressentir la moindre chose qui se passe dans votre corps. Elles peuvent aussi avoir un effet sédatif sur le fœtus, expliqua-t-il alors, voulant rester le plus optimiste possible.
- Est-ce qu'elle est toujours en vie ? Est-ce que son cœur bat encore ? questionna-t-elle, angoissée.
- Je ne sais pas, répondit-il honnêtement.
- Vérifiez, exigea-t-elle.
- Ella… tenta-t-il de la dissuader.
- Je veux savoir ! l'interrompit-elle fermement.
- Très bien », acquiesça-t-il en prenant sa baguette magique.
Il prononça l'incantation en se concentrant sur son ventre rond puis, après plusieurs minutes de silence, il déclara :
« Son cœur bat faiblement mais il bat toujours.
- Vous croyez qu'elle va s'en sortir ? demanda-t-elle, après avoir brièvement fermé les yeux, soulagée.
- Si elle est aussi courageuse, forte et déterminée que sa maman, ça ne fait aucun doute, répondit-il en posant doucement sa main sur son ventre et en la regardant dans les yeux.
- Vous savez ce qui s'est passé, affirma-t-elle alors en soutenant son regard.
- Je suis legilimens. J'ai visionné le souvenir de votre fils avant de l'effacer de sa mémoire. »
La jeune femme détourna son regard en grimaçant mais Rogue lui fit de nouveau tourner son visage vers lui en prenant son menton entre ses doigts avant de déclarer :
« Quoi qu'aurait bien pu répondre votre mari, il serait mort et les Mangemorts vous auraient quand même torturés.
- Je le sais… chuchota-t-elle, la gorge nouée et les larmes aux yeux.
- Vous avez été d'un courage exemplaire et vous êtes parvenue à les faire épargner votre fils. Ce n'est pas donné à tout le monde…
- Je lui en veux ! Je lui en veux tellement pour ce qu'il a fait ! s'écria-t-elle en laissant ses larmes rouler sur ses joues. Tout ça, c'est de sa faute ! On n'avait pas besoin d'eux ! On vivait bien ! On était heureux ! C'est de sa faute et je le déteste ! explosa-t-elle, ses sentiments se déchainant soudainement dans de grands éclats de voix.
- Chut… Chut… souffla-t-il contre son oreille en la prenant dans ses bras et en la serrant contre lui.
- Je le déteste… répéta-t-elle encore plus faiblement en pleurant.
- Non, vous savez que c'est faux… murmura-t-il en caressant ses cheveux et en la berçant légèrement.
- Espèce d'abruti…
- Ça, c'est correct », approuva Rogue en baissant son regard vers elle.
Elle esquissa un faible sourire, touchée qu'il tente de lui remonter le moral en de pareilles circonstances, et il posa ses fines lèvres sur son front pour la réconforter gentiment avant de poursuivre ses soins.
Lorsqu'il eut terminé, la jeune femme lui demanda, avant qu'il ne lui remette sa chemise de nuit :
« Professeur, est-ce que je pourrais prendre un bain, s'il vous plaît ? Je vous remercie pour les Récurvite mais j'ai vraiment besoin de me laver physiquement.
- Bien sûr que vous pouvez. Je comprends très bien… répondit-il aussitôt. Je vais faire couler de l'eau dans la baignoire puis je vous aiderai à aller jusque-là.
- Merci.
- De rien », dit-il en partant vers la salle de bain.
Il revint vers elle quelques minutes plus tard et l'interrogea :
« Pensez-vous pouvoir vous lever et faire quelques pas ou dois-je vous porter ?
- Vous n'allez pas savoir me porter… répondit-elle en se tournant pour sortir du lit tout en faisant une grimace de douleur.
- Évidemment que je saurais vous porter, rétorqua-t-il aussitôt. Comment croyez-vous avoir fait le chemin depuis le pas de ma porte jusqu'au canapé hier soir ?
- Par un sortilège de lévitation… proposa-t-elle, incertaine.
- Soit vous sous-estimez ma force, soit vous surestimez votre poids. Dans les deux cas, cela ne me plaît pas, Miss Stuart », la gronda-t-il gentiment.
La jeune femme ne répondit pas, se contentant de baisser les yeux sur son ventre rond, et Rogue décréta alors :
« Bien, je vous emmène jusque-là. »
Il s'approcha d'elle, passa un bras dans son dos et l'autre dans le creux de ses genoux puis il la souleva et la mena facilement jusqu'à la salle de bain, où il la déposa doucement dans la baignoire remplie d'eau.
« Alors, vous voyez bien ?
- Oui, vous êtes plus fort que je ne le pensais… dit-elle, taquine.
- Je vais considérer cela comme un compliment, décida-t-il en esquissant un sourire en coin. Ça ira ? » interrogea-t-il encore.
Puis, remarquant qu'elle semblait hésiter, il proposa :
« Je ne veux surtout pas que vous soyez mal à l'aise mais je peux vous aider un peu, si vous le souhaitez.
- Je suis vraiment pitoyable… se désola-t-elle sans le regarder.
- Absolument pas, répliqua-t-il fermement. Miss Stuart, vous avez vécu des choses véritablement horribles hier, d'une cruauté et d'une violence sans nom. Vous avez beaucoup de chance d'être encore en vie et il est logique que vous souffriez encore et que vous ne puissiez pas vous débrouiller seule dans un premier temps, expliqua-t-il sagement. Maintenant, je ne veux pas vous y obliger, je vous propose mon aide, c'est tout.
- Oui, je… je veux bien un coup de main, Monsieur… approuva-t-elle finalement. Mais Christian… On ne peut pas le laisser tout seul.
- Il est occupé, lui assura-t-il. Regardez », ajouta-il en pointant sa baguette sur l'un des murs de la salle de bain afin de le rendre transparent.
Ella put alors voir à travers le mur, comme s'il s'agissait d'une vitre, que son enfant jouait tranquillement avec la peluche que Rogue lui avait donnée sur la petite couverture qu'il avait étendue à terre.
« Il ne craint rien. J'ai lancé des sortilèges pour sa sécurité et aussi pour me prévenir si jamais il se mettait à pleurer ou à chercher après vous. »
La jeune femme l'observa dans les yeux sans rien dire, abasourdie et profondément émue par tout ce qu'il faisait pour eux, et Rogue décréta en retroussant ses manches et en s'agenouillant à côté de la baignoire :
« Bon, allons-y, dans ce cas. »
Il lava doucement son corps meurtri comme un infirmier l'aurait fait pour son patient en évitant seulement sa poitrine et son sexe, qu'elle nettoya elle-même après qu'il lui eut passé l'éponge, puis il lui demanda en se redressant :
« Voulez-vous que je lave aussi vos cheveux ?
- Oui, s'il vous plaît, acquiesça-t-elle immédiatement. Mais avant vous voulez bien les recouper ?
- Vous ne les voulez plus longs ? interrogea-t-il en haussant un sourcil.
- Non… répondit-elle en grimaçant et en frissonnant suite au souvenir des Mangemorts qui lui avaient dit aimer les longs cheveux pour pouvoir tirer dessus pendant qu'ils baisaient.
- Pardon, je suis stupide, s'excusa-t-il aussitôt en captant sa pensée.
- Non, vous n'êtes pas stupide, répliqua-t-elle en lui souriant.
- Je vous les recoupe à la longueur que vous aviez lors de votre dernière année à Poudlard ? demanda-t-il alors.
- Faites comme vous voulez… » dit-elle, indifférente, en haussant ses épaules.
Rogue s'empara alors de sa baguette magique et décida de lui faire le petit carré qu'elle avait en septième année. Il fit rapidement disparaître les cheveux qu'il avait coupés pour ne pas lui faire mal au cœur en les voyant par terre puis il entreprit de lui faire un shampoing.
Une fois cela fait, il vida l'eau, la sécha d'un sort, l'habilla d'une autre chemise à lui et la reprit dans ses bras pour venir la redéposer sur son lit.
« Merci pour tout, professeur, déclara-t-elle en passant une main dans ses cheveux courts.
- De rien, mais je suppose que vous vous doutez que j'ai un prénom, comme tout le monde, répondit-il en réagissant au terme "professeur" qu'elle venait d'employer une fois de plus.
- Je suppose que oui, répliqua-t-elle en souriant.
- Alors, faites-moi plaisir et utilisez-le donc.
- D'accord… Severus », dit-elle avant de pouffer et d'ajouter en relevant ses yeux bleus vers lui : « Ça fait bizarre.
- C'est une simple question d'habitude.
- Parce que vous croyez que je vais avoir le temps de m'y habituer ? » demanda-t-elle, incertaine.
Alors que le maître des potions l'observait sans rien dire, le petit garçon remarqua soudain qu'ils étaient revenus dans la chambre et il s'exclama en voyant sa mère et en grimpant sur le lit pour la rejoindre :
« Waw ! Maman, tu es la plus belle ! Tu es encore plus jolie qu'avant !
- Merci, mon cœur ! répondit-elle en riant et en ouvrant ses bras pour l'accueillir contre elle. Toi, tu es le plus gentil petit garçon, ajouta-t-elle en passant son index sur son nez, ce qui le fit cligner des yeux et rigoler.
- Je vais vous laisser, j'ai deux ou trois choses à faire, décréta Rogue en se dirigeant vers la porte. Si jamais, vous avez besoin de quoi que ce soit, appelez-moi.
- D'accord, merci. »
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Le soir venu, Severus, qui s'était assuré de pouvoir encore rester quelques jours chez lui pour s'occuper de la jeune femme et de son fils, monta une dernière fois à l'étage pour s'enquérir de leur santé avant d'aller lui-même se coucher dans son salon.
Il frappa doucement à la porte, se doutant que le petit de trois ans devait déjà dormir à cette heure-là, puis pénétra à l'intérieur de la pièce après avoir entendu la réponse d'Ella.
Comme il l'avait deviné, Christian dormait à poings fermés, blotti contre sa mère qui l'entourait d'un bras et caressait machinalement ses petits cheveux noirs tandis qu'il suçait son pouce. Il approcha légèrement du lit en prenant garde de ne pas faire trop de bruit et déclara à voix basse :
« Je vais aller me coucher. Je voulais savoir si vous ne manquiez rien.
- Non, je n'ai besoin de rien. Je vous remercie.
- Bon, très bien dans ce cas, répondit-il en s'apprêtant à faire demi-tour.
- Pro… Severus ? l'interpella-t-elle pour le retenir.
- Oui ?
- Vous ne voudriez pas… rester près de moi ? demanda-t-elle, hésitante.
- Vous voulez que je reste ici avec vous ? répéta-t-il, surpris.
- Oui.
- Cela vous rassurerait ?
- Oui, beaucoup…
- Vous voulez que… je dorme là ? s'assura-t-il pour être sûr qu'il comprenait bien, en désignant le lit du menton.
- Oui, s'il vous plaît, confirma-t-elle en hochant la tête.
- Cela ne va pas perturber votre fils, si jamais il se réveille et qu'il me voie couché auprès de vous ? interrogea-t-il encore.
- Non, répondit-elle en secouant la tête de droite à gauche. Il n'a que trois ans. Il ne sait pas ce qui se fait ou non. Si on lui dit qu'il n'y a rien d'anormal, il nous croira.
- D'accord, acquiesça-t-il finalement, toujours un peu hésitant. Je vais me changer », ajouta-t-il en partant vers la salle de bain.
Il revint quelques minutes plus tard, vêtu d'un pyjama noir à manches longues, se dirigea vers son lit, souleva la couverture et s'y coucha à une distance respectable de la jeune femme.
« Pourquoi souriez-vous ainsi ? demanda-t-il ensuite, en tournant la tête vers elle.
- Je ne sais pas… C'est juste que…
- Que quoi ? insista-t-il en fronçant les sourcils.
- Voir le professeur Rogue en pyjama, c'est un concept plutôt étrange, avoua-t-elle alors.
- Je savais que ce n'était pas une bonne idée, répliqua-t-il en repoussant la couette et en se tournant pour se lever du lit.
- Non, je vous en prie ! le retint-elle, une nouvelle fois, en agrippant son bras. Pardon ! Je ne me moquais pas de vous. Je suis désolée… »
Severus fixa ses yeux bleu clair, toujours sourcils froncés, et elle ajouta, contrite :
« C'était complètement ridicule. Une réflexion stupide, même pas digne d'une gamine de quinze ans… Évidemment que vous êtes comme tout le monde et que vous portez un pyjama pour dormir. C'était idiot de ma part. Excusez-moi, s'il vous plaît. »
Rogue l'observa encore quelques secondes sans rien dire en remarquant la crainte qu'elle éprouvait à l'idée qu'il ne se lève réellement et qu'il ne parte, puis il se réinstalla contre la tête du lit en soupirant, remit la couverture sur ses jambes et déclara, moqueur :
« Après m'avoir vu à moitié dénudé à la fin de votre scolarité, je ne pensais pas qu'un simple pyjama pourrait vous faire cet effet-là… »
Un grand sourire se dessina sur les lèvres roses et rebondies de la jeune femme, heureuse qu'il lui pardonne et accepte de rester tout près d'elle, et elle répliqua en plaisantant :
« J'ai toujours raffolé des beaux pyjamas noirs comme le vôtre.
- Je suis navré d'avoir réagi de cette façon, répondit-il après avoir secoué légèrement la tête, amusé. Je n'ai pas l'habitude. Vous êtes la première à me voir habillé de la sorte…
- C'est vrai ? demanda-t-elle, étonnée.
- Vous ai-je jamais menti ? rétorqua-t-il en plongeant ses yeux noirs dans les siens.
- Non, mais…
- Personne ne partage ma vie, donc c'est parfaitement logique.
- Est-ce que c'est… commença-t-elle avant de s'interrompre en mordillant sa lèvre inférieure.
- Quoi ?
- Je ne voudrais pas vous froisser.
- Allez-y, posez votre question, l'engagea-t-il d'un signe de tête.
- Est-ce que c'est à cause de votre appartenance aux Mangemorts que vous ne voulez personne dans votre vie ? demanda-t-elle alors.
- En partie, oui… reconnut-il en hochant la tête.
- C'est pour ça que vous m'avez dissuadé d'espérer quoi que ce soit de plus, après notre moment passé ensemble, et que vous m'avez conseillé de retourner avec Éric ?
- Oui, mais aussi et surtout parce que vous étiez amoureuse de ce jeune homme, avoua-t-il en l'observant dans les yeux.
- Vous ne pensez jamais à vous ?
- Rarement, en effet… répondit-il en haussant une épaule. Je ne pouvais pas vous laisser entrer dans ma vie parce que mon monde est dangereux et que je ne suis pas quelqu'un de bien.
- Si, vous êtes quelqu'un de bien, le contredit-elle.
- Je suis un Mangemort qui a tué le professeur Dumbledore et qui dirige Poudlard en suivant les ordres du Seigneur des Ténèbres, déclara-t-il.
- Vous êtes l'un de mes anciens professeurs qui m'a toujours prêté une oreille attentive, qui m'a réconfortée lorsque je me sentais mal, qui m'a donné des conseils avisés, qui est venu à mon mariage et a accepté de danser avec moi, qui m'a recueillie avec mon fils et qui m'a soignée et hébergée tout en s'occupant de mon petit garçon, alors que mon mari lui-même n'a même pas tenté de nous protéger et a préféré fuir pour sauver sa vie, dit-elle alors.
- Vous m'attribuez de trop grands mérites…
- Non, je dis la stricte vérité. En un jour à peine, vous avez fait plus pour Christian et moi qu'Éric ne l'a jamais fait au cours des cinq années qu'a duré notre mariage, affirma-t-elle avec aplomb.
- Vous n'étiez pas heureuse ? demanda-t-il, peiné pour elle.
- Si, enfin, je n'avais pas à me plaindre, mais ce n'était pas un mariage parfait… répondit-elle honnêtement.
- Aucun ne l'est. Vous ne pensez pas ?
- Je n'en sais rien… répliqua-t-elle, pensive.
- Vous devriez dormir, il est tard, conseilla-t-il.
- Oui, d'accord, approuva-t-elle en se renfonçant un peu dans les couvertures tout en jetant un œil à son fils qui dormait toujours tout contre elle.
- Ça va, vous êtes bien installée ? s'assura-t-il en se couchant de son côté.
- Oui, ça va, affirma-t-elle en souriant. Bonne nuit, Severus, ajouta-t-elle avant de venir l'embrasser sur la joue.
- Bonne nuit, Ella. »
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Severus était encore resté trois jours entiers pour s'occuper d'Ella et de son fils mais, désormais, il fallait absolument qu'il retourne à Poudlard.
N'étant plus sous son étroite surveillance, les Carrow prenaient un peu trop de libertés à son goût et il devait vraiment rentrer au château pour protéger les élèves de ces deux dégénérés. En outre, la jeune femme se remettait plutôt bien de ses blessures et il pensait qu'elle était maintenant capable de se charger d'elle-même et de son petit garçon toute seule.
Il vint donc la trouver, en fin d'après-midi, pour lui expliquer qu'il devait repartir pour Poudlard.
« Je comprends, Severus, acquiesça-t-elle à la fin de ses explications. Vous devez y aller, les élèves ont besoin de vous. Christian et moi allons retourner chez nous.
- Il en est hors de question, rétorqua-t-il fermement pour la plus grande surprise de la jeune femme. Ella, je dois retourner au château mais cela ne veut pas dire que je vous abandonne à votre sort pour autant. Je ne vais certainement pas prendre le risque de vous laisser retourner chez vous et que les Mangemorts repassent vous rendre une nouvelle visite.
- Mais que… balbutia-t-elle, incrédule.
- Je vous ai acheté des vêtements à Christian et à vous et je vais vous conduire tous les deux dans une maison de campagne dont personne ne connait l'existence et dont je suis l'unique Gardien du secret, décréta-t-il en lui expliquant ses intentions. Vous resterez là-bas avec tout le confort nécessaire et suffisamment de vivres et je passerai vous voir au moins une fois par jour.
- Vous pensez que tout ça est vraiment nécessaire ?
- Oui, je ne peux pas vous laisser ici ni vous permettre de rentrer chez vous ni encore vous emmener avec moi au château… Une guerre se prépare, Ella, et je ne veux pas que vous ayez à la subir.
- Une guerre ? répéta-t-elle, les yeux ronds.
- Entre les partisans du Seigneur des Ténèbres et ceux de l'Ordre du Phénix, oui, confirma-t-il en hochant la tête.
- Mais, vous, vous n'allez pas vous battre ? interrogea-t-elle, inquiète.
- Il le faut…
- Mais, non ! Vous… Vous ne pouvez pas… commença-t-elle à s'agiter, les larmes aux yeux.
- Chut… Calmez-vous… murmura-t-il en posant ses mains sur ses épaules. Ce n'est pas pour tout de suite, ajouta-t-il en essuyant de son pouce une perle salée qui avait débordé de ses paupières.
- Mais, Severus…
- Chut… répéta-t-il en posant son front contre le sien. Tout ira bien pour vous, je vous en fais le serment, promit-il.
- Oui, mais, et vous alors ?
- Nous verrons bien… se contenta-t-il de répondre. Êtes-vous prête à partir ? demanda-t-il ensuite en s'éloignant d'elle.
- Heu… eh bien, oui, je suppose que oui…
- Nous allons nous y rendre par cheminette, le transplanage est trop rude pour un enfant de trois ans et une femme enceinte, décréta-t-il. Tu viens sur moi, bonhomme ? interrogea-t-il en s'accroupissant auprès de Christian.
- Oui ! » répliqua vivement le petit garçon, ravi, en tendant ses mains vers lui.
Severus le prit dans ses bras et se dirigea vers l'âtre avec Ella qu'il tenait par la main.
« Nous allons y aller tous les trois en même temps. D'accord ?
- Oui, acquiesça la jeune femme.
- Tu t'accroches bien à moi, bonhomme, ordonna-t-il en s'adressant au petit qui s'accrocha plus fortement à son cou tout en hochant la tête. Accrochez-vous aussi à moi », demanda-t-il à la jeune femme tandis qu'il prenait une poignée de poudre de cheminette dans sa main droite.
Ella acquiesça en faisant ce qu'il conseillait et, lorsqu'il sentit qu'ils étaient tous les deux bien serrés contre lui et qu'ils ne le lâcheraient pas, il jeta la poudre dans l'âtre et prononça distinctement la maison dans les collines avant d'entourer la jeune femme de son bras droit.
Merci d'avoir lu! J'espère que ce chapitre vous a plu!
A la prochaine pour la fin de notre histoire!
Bisous ;-)
