Coucou!

Merci à tout le monde pour vos commentaires! Ca me fait très plaisir ;-)

Severus avait conduit Ella et son fils dans sa maison de campagne, dont personne ne connaissait l'existence.

Voici donc la fin de cette brève histoire.

Bonne lecture!


Chapitre 4

Severus les avait bien installés dans sa maison de campagne, qui était une jolie petite chaumière isolée au beau milieu des highlands écossais, il avait directement déconnecté sa cheminée du réseau pour empêcher que quiconque puisse les trouver et il allait les voir en transplanant.

Christian avait sa propre chambre, dans laquelle le directeur des Serpentard avait disposé un lit d'enfant, une armoire avec quelques vêtements, des peluches et des jouets, et Ella occupait sa chambre à lui et ses habits étaient rangés dans sa propre penderie.

La petite maison était très fonctionnelle et leur donnait tout le confort dont ils avaient besoin, la jeune femme se remettait petit à petit de ses blessures et du choc psychologique qu'elle avait subi en voyant son mari se faire assassiner sous ses yeux et en subissant la torture et les abus des Mangemorts, et Severus leur rendait visite une fois par jour, comme il leur avait promis, leur apportant régulièrement de la nourriture ainsi que des nouvelles de Poudlard et passant un peu de temps en leur compagnie.

La jeune femme l'accueillait toujours avec un incroyable sourire aux lèvres lorsqu'il venait et le garçonnet, qui avait apparemment développé de l'affection pour le sombre sorcier, se précipitait sur lui presque à chaque fois afin qu'il le soulève dans ses bras.

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Un jour, alors qu'Ella lui avait demandé s'il ne voulait pas rester avec Christian afin qu'elle puisse prendre un bain toute seule, Severus, qui avait directement accepté et qui s'occupait du garçon depuis que sa mère était montée à l'étage, entendit le petit déclarer fermement, tandis qu'il jouait par terre avec ses petites autos :

« Tu sais, je crois que mon papa il reviendra pas.

- Pourquoi tu penses ça ? demanda Rogue, surpris.

- Maman et moi, on est tout seuls depuis longtemps. Papa, il est jamais parti en nous laissant comme ça, expliqua-t-il, pragmatique.

- Où est-il à ton avis ? l'engagea-t-il à poursuivre de lui-même.

- Tu dois pas le dire à maman, sinon elle va être triste, mais, moi, je crois qu'il est sûrement mouru… répondit-il alors. Il est parti au ciel, clarifia-t-il en levant ses yeux noirs vers lui.

- Tu as sans doute raison… approuva-t-il en hochant légèrement la tête. Mais, toi, tu n'es pas triste ?

- Si, un peu… répliqua-t-il en haussant ses épaules. Mais c'est pas grave, c'est toi qui es mon papa maintenant », décréta-t-il avant de lui sourire.

Severus écarquilla les yeux de stupeur, totalement abasourdi par les paroles du petit garçon qui se trouvait devant lui, et il se contenta d'ouvrir les bras et de le serrer contre lui quand il se dirigea vers lui pour un câlin.

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Ce soir-là, alors que Christian était couché et que Rogue songeait tout doucement à s'en aller pour rejoindre Poudlard et laisser la jeune femme se reposer, Ella, qui avait capté son intention, posa sa main sur la sienne pour le retenir et demanda :

« Restez encore un peu avec moi, s'il vous plaît.

- Il se fait tard, Ella, vous devriez aller dormir, conseilla-t-il après avoir observé sa main qui restait sur la sienne. C'est important pour vous et pour votre bébé.

- Vous m'avez dit que tout allait bien et qu'elle était en pleine forme, objecta-elle.

- Oui, je n'ai plus d'inquiétude à son sujet, acquiesça-t-il en souriant légèrement. Ce sera une belle petite fille aussi forte et courageuse que sa maman.

- Restez, répéta-t-elle en posant sa tête sur son épaule et en se blottissant contre lui. Personne au château n'a besoin de vous à cette heure-ci, mais moi bien. »

Severus caressa tendrement ses cheveux, touché par ses paroles, et demeura assis sur le divan sans rien dire.

Au bout de plusieurs minutes de silence, Ella déclara tout à coup :

« J'ai entendu ce que Christian vous a dit tout à l'heure…

- Vous étiez là ? interrogea-t-il, étonné, en baissant son regard sombre vers elle.

- Oui, acquiesça-t-elle simplement.

- Je… Je ne savais pas trop comment réagir, répondit-il, hésitant. Il faudrait peut-être lui expliquer que, même si je veille sur vous deux, je ne suis pas son papa pour autant…

- Non, je ne veux pas lui dire ça, refusa-t-elle. Il vous aime beaucoup et… moi aussi, avoua-t-elle en plantant ses yeux bleu clair dans les siens.

- Ella, je… soupira-t-il en secouant légèrement la tête de gauche à droite.

- Severus, embrassez-moi, l'interrompit-elle, suppliante.

- Je ne peux pas…

- Pourquoi ?

- Je ne peux pas, c'est tout, répéta-t-il en fermant les paupières et en songeant qu'il ne survivrait probablement pas à la guerre à venir.

- Je ne sais pas ce que vous essayez de faire ni ce dont vous tentez de me protéger mais c'est déjà trop tard, Severus, je vous aime, déclara-t-elle alors.

- Non, ne dites pas ça, la supplia-t-il en grimaçant de douleur.

- C'est la vérité…

- Je le sais, c'est pour cela que c'est encore pire…

- Pourquoi ? Vous, vous ne m'aimez pas ?

- Hum… Comment pourrais-je ne pas vous aimer, Ella ? rétorqua-t-il après avoir émis un petit rire nerveux. Si vous avez une idée, dites-le-moi car j'ai essayé mais cela s'est avéré impossible… avoua-t-il en la fixant de ses yeux sombres.

- Quel est le problème dans ce cas ?

- Je ne peux pas vous aimer parce que j'aurais bien trop peur de vous perdre. Et si j'ai peur de cela, alors je ne pourrais pas remplir la mission qui est la mienne… expliqua-t-il brièvement. Si j'échoue, tout le monde magique et non magique en pâtira…

- Embrassez-moi, demanda-t-elle une nouvelle fois en s'accrochant à sa nuque et en se collant contre lui. Je vous en prie…

- Je… tenta-t-il vainement de protester en sentant sa détermination flancher. Vos lèvres avaient un goût de groseilles… murmura-t-il en fermant les yeux et en se rappelant de leurs baisers.

- Vous ne voulez pas savoir si c'est toujours le cas ? susurra-t-elle en approchant son visage du sien.

- Si… » reconnut-il, vaincu, en l'encerclant de ses bras tandis qu'elle déposait ses lèvres rebondies et sucrées sur ses fines lèvres.

Severus profita longuement de ses chastes petits baisers en la serrant tout contre lui et en caressant doucement son dos avant que leurs langues ne se rencontrent et ne se mêlent à leur étreinte pour leur plus grand plaisir.

À la fois sucrée et acidulée, elle goûtait toujours les groseilles, songea-t-il en souriant contre sa bouche avant de rouvrir ses yeux noirs pour les plonger dans son regard océan.

Les yeux brillants de la jeune femme l'enveloppèrent dans une douce caresse et le détaillèrent comme s'il était l'homme le plus beau, le plus fort et le plus courageux qu'elle ait jamais vu et aimé, ce qui affola les sens de Rogue et le toucha au plus profond de son âme.

C'était lui et uniquement lui qu'elle voyait, lui qu'elle aimait, lui qu'elle embrassait, lui qu'elle touchait, lui qu'elle étreignait, lui qu'elle désirait de tout son cœur et de tout son corps. Il la croyait sans peine, il la savait sincère et, ça, c'était la plus belle chose qu'il avait jamais éprouvée…

Il se leva doucement du fauteuil et se pencha pour la prendre dans ses bras. Elle lui offrit un baiser avant de reposer sa tête contre son épaule et il monta les escaliers pour la mener à l'étage.

Là, il la posa précautionneusement sur le lit, comme si elle était le fardeau le plus précieux qu'il ait jamais eu entre ses mains, et il enleva ses lourds et sombres vêtements de sorcier avant de se coucher à ses côtés lorsqu'il ne lui resta plus que son caleçon.

Ella l'accueillit auprès d'elle en caressant son torse et ses bras et elle demanda à voix basse :

« C'est à cause de cette marque que tu n'as pas voulu te déshabiller la dernière fois ?

- Oui, acquiesça-t-il. Cette horrible marque de malheur… Mais aussi parce que je ne suis pas un Adonis.

- Je t'aime exactement comme tu es, Severus, et, à mes yeux, tu es beau », déclara-t-elle en caressant tendrement son visage.

Le directeur de Poudlard ne résista pas à ces mots si doux et il fondit une nouvelle fois sur sa petite bouche pulpeuse pour l'embrasser langoureusement tout en faufilant ses mains sous sa chemise de nuit pour caresser les courbes délicieuses de son corps.

Il se débarrassa assez rapidement de son vêtement qui entravait leurs mouvements et décida de poursuivre ses caresses mais aussi de poser ses fines lèvres sur chaque centimètre carré de sa peau douce et satinée, faisant se dresser la pointe de ses seins gonflés par le désir et par le lait qu'ils contenaient déjà et provoquant la chair de poule à l'ensemble de son corps.

Alors qu'il s'était arrêté pour contempler comme elle était belle, la jeune femme se redressa sur ses genoux, le poussa légèrement pour le faire s'allonger sur le dos et lui ôta son caleçon tout en prodiguant des caresses à son ventre et à ses jambes.

« Tu es sûre que tu veux faire ça ? demanda-t-il en tenant son bras tandis qu'elle l'enjambait pour se placer au-dessus de lui sur ses cuisses. Je pourrais très bien me contenter de nos baisers et de nos caresses, ajouta-t-il, prévenant, en songeant à sa récente agression physique.

- Moi pas, répondit-elle en plantant ses yeux bleus dans les siens. Je t'aime et je veux te sentir en moi. Et ce que nous faisons là n'a rien à voir avec ce que ces espèces de brutes ont fait », expliqua-t-elle avant de placer sa verge contre son entrée et de descendre sur lui en gémissant doucement.

Ce fut la jeune femme qui mena la danse, comme la fois précédente, Severus profitant des sons qu'elle émettait, du spectacle qu'elle lui offrait et des exquises sensations qu'elle lui procurait en bougeant sur lui à des rythmes variés.

Il la sentit bientôt se contracter autour de lui, ses ongles s'enfonçant légèrement dans la peau de son buste, la vit rejeter sa tête en arrière et l'entendit pousser un gémissement plus fort que les autres au moment où lui-même laissait éclater son orgasme en se répandant dans son ventre rond et en serrant ses fesses entre ses mains.

Elle descendit de lui, à bout de souffle et il la recouvrit de l'édredon avant de l'entourer de ses grands bras et de poser ses lèvres sur son front.

« Tu restes encore un peu avec moi ? l'implora-t-elle en relevant ses yeux bleus vers lui.

- Oui, je reste. Ne t'inquiète pas, la rassura-t-il en resserrant son étreinte autour d'elle.

- Je ne veux plus que tu me laisses, j'ai besoin de toi, lui confia-t-elle en se pressant contre lui.

- Dors, ma chérie, lui conseilla-t-il avant d'embrasser son front une nouvelle fois.

- Quand je me réveillerai, tu ne seras plus là… devina-t-elle, clairvoyante.

- Non, confirma-t-il, sincère. Mais je reviendrai, rien ni personne ne pourra m'en empêcher… » lui promit-il fermement.

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Nuit du 1er au 2 mai 1998…

Severus était désespéré.

Non seulement il n'avait pas réussi à trouver Potter pour lui transmettre ses souvenirs afin de l'aider à vaincre le Seigneur des Ténèbres mais, en plus, il n'avait pas eu le temps d'aller voir Ella une dernière fois.

Tout s'était passé tellement vite…

La présence de Potter dans l'école, Minerva, Pomona et Filius qui se liguent contre lui pour le pousser à partir, le Seigneur des Ténèbres qui rassemble ses troupes pour marcher sur Poudlard, les combats, les sorts qui volent en tous sens, son ordre de le rejoindre dans la Cabane hurlante…

Son explication sur la raison pour laquelle la baguette de sureau ne lui obéit pas pleinement, le léger regret qu'il éprouve à le tuer, Nagini qui fond sur lui pour lui lacérer la gorge…

Rogue souffrait terriblement.

Ce n'était pas tellement le venin qui s'infiltrait dans ses veines à mesure que les secondes passaient ni la plaie béante qu'il avait au cou mais plutôt le fait de ne pas avoir pu lui dire au revoir, de ne pas avoir eu l'occasion de lui dire une dernière fois qu'il l'aimait et qu'il voulait qu'elle soit heureuse à l'avenir qui lui tordait les entrailles et déchirait son cœur en un millier de morceaux…

Il n'avait pratiquement plus de force et pouvait à peine bouger.

Il eut un rictus de mépris pour lui-même car, dans une poche de sa robe de sorcier, se trouvaient une fiole de Régénération sanguine ainsi qu'un antipoison, mais il n'était même plus capable de tendre la main vers celles-ci pour les déboucher et les porter à ses lèvres.

Il allait mourir comme un chien, seul dans cette misérable cabane, Ella allait être anéantie et Potter allait sûrement se faire tuer par Lord Voldemort. Toutes ces années passées à le protéger et à mettre sa vie entre parenthèses pour racheter son erreur n'auraient servi à rien.

Severus ferma les yeux en grimaçant. Il était transi de froid, l'odeur métallique de son sang agressait ses narines et lui donnait la nausée, ses mains et ses pieds commençaient à s'engourdir et sa tête à lui tourner. Il n'en avait plus pour très longtemps à vivre…

Avant de se laisser emporter par la mort, il décida alors de penser à ses meilleurs souvenirs : sa rencontre avec Lily dans le parc près de chez lui, leur entrée à Poudlard, leur longue et belle amitié, l'arrivée en première année d'une petite fille pleine de gaité dans sa maison de Serpentard, les sourires qu'elle lui offrait et sa bonne humeur tout au long de sa scolarité, sa métamorphose en une magnifique jeune femme pleine de charmes et toujours aussi pétillante, la nuit qu'ils avaient passée ensemble dans ses cachots lors de sa dernière année, son baiser sur sa joue dans les couloirs quelques jours plus tard, leur danse lors de son mariage, son petit garçon qui décrète que c'est lui son père désormais, l'aveu des sentiments d'Ella, ses étreintes, ses sourires, son amour…

Soudain, un bruit lui parvint de derrière le mur et il vit des caisses en carton bouger avant de voir débarquer dans la pièce Potter, Granger et Weasley, couverts de terre, de crasse et de sang, baguettes pointées en avant.

Tout n'était peut-être pas perdu. Il n'allait pas mourir en vain. Il allait pouvoir accomplir sa mission.

Il demanda alors à Potter d'approcher et de récolter les larmes qui coulaient sur ses joues et contenaient tous les souvenirs qui lui seraient utiles pour vaincre Voldemort. Il y avait aussi probablement des souvenirs plus personnels, liés à Ella et Christian, mais qu'importe, il ne savait pas les trier dans son état. Il lui dit de les mettre dans la Pensine de Dumbledore.

Potter, qui comprimait sa plaie à l'aide de sa main, acquiesça et s'apprêta à le laisser mais Granger lui intima de ne pas bouger. Elle s'agenouilla à côté de son professeur de potions, qui n'avait plus suffisamment de force pour parler, et se mit à fouiller frénétiquement ses poches.

« Par les caleçons de Merlin, Hermione ! Qu'est-ce que tu fabriques ? s'exclama Weasley, les yeux comme des ronds de flan.

- Il a sûrement prévu quelque chose ! Ce n'est pas possible qu'il meure ainsi ! déclara-t-elle vivement en continuant ses recherches.

- C'est un traître ! L'assassin de Dumbledore !

- Il vient de donner ses souvenirs à Harry ! Je suis sûre que tout le monde se trompe sur son compte ! rétorqua-t-elle. Ah ! Voilà ! » ajouta-t-elle, victorieuse en brandissant les deux flacons.

La jeune fille déboucha d'abord la fiole de Régénération sanguine, qu'elle lui fit aussitôt avaler, puis elle lui donna l'antipoison quelques secondes plus tard.

Bravo, Granger. Je n'ai peut-être pas perdu totalement mon temps avec vous, finalement, songea Severus, dont les idées se refaisaient plus claires.

« Hermione, il faut qu'on y aille, décréta soudain Harry.

- Allez-y ! Je vous rejoins devant le bureau de Dumbledore quand je serai certaine qu'il va bien.

- OK, comme tu veux », approuva Harry en partant avec Ron sur ses talons.

La Gryffondor sortit ensuite d'un petit sac en perles un flacon d'essence de dictame dont elle badigeonna la plaie ouverte dans son cou, employa l'un ou l'autre sortilège puis lui fit un bandage avec un morceau de sa propre chemise qu'elle avait déchirée.

« Professeur Rogue ? Vous m'entendez ? demanda-t-elle en le voyant tout doucement reprendre des couleurs. Est-ce que j'ai bien fait tout ce qu'il fallait ? questionna-t-elle encore d'une voix aigüe, angoissée.

- Bon sang, Granger… répondit-il d'une voix rauque en fronçant les sourcils. Cessez de crier ainsi, je ne suis pas sourd…

- Oh ! Professeur, vous allez bien ! s'exclama-t-elle, heureuse en le serrant dans ses bras.

- GRANGER ! gronda-t-il pour la faire reculer.

- Pardon, Monsieur, excusez-moi, répliqua-t-elle, contrite. Ai-je bien fait ce qu'il fallait, professeur ?

- Bien sûr que vous avez fait ce qu'il fallait, insupportable Je-Sais-Tout… répondit-il en essayant de se redresser légèrement tout en grimaçant de douleur.

- Ne bougez pas trop, Monsieur ! ordonna-t-elle en faisant un geste dans sa direction.

- Arrêtez de me materner ! Allez plutôt proposer vos services à vos deux crétins d'amis, conseilla-t-il alors. Sans vous, je doute que Monsieur Potter ait pu aller aussi loin. »

Alors qu'Hermione plissait son nez en réfléchissant à ses paroles et en se disant qu'il venait de lui faire au moins deux compliments d'affilée, Severus décréta :

« Allez ! Partez ! Je dois transplaner pour rejoindre quelqu'un.

- Vous ne pouvez pas transplaner dans votre état, professeur ! Vous risqueriez de vous désartibuller et de ne pas atteindre votre destination », rétorqua-t-elle aussitôt.

Comme Rogue grognait dans sa barbe et marmonnait des choses a priori pas vraiment sympathiques, la jeune fille lui proposa :

« Je peux vous emmener là où vous voulez aller, Monsieur. Du moment que ce n'est pas chez des Mangemorts… ajouta-t-elle tout de même.

- Vous croyez vraiment que je veux aller chez un Mangemort, Granger ? interrogea-t-il sèchement en haussant un sourcil noir.

- Non, Monsieur. Je ne pense pas », répondit-elle en secouant la tête.

Severus se tut durant plusieurs secondes et Hermione exigea alors :

« Dites-moi où vous voulez aller, Monsieur. Je vous y conduis. »

Le maître des potions planta alors ses yeux noirs dans ceux noisette de la jeune fille et lui décrivit simplement pour qu'elle puisse trouver le bon endroit :

« La maison dans les collines. C'est une petite chaumière isolée dans les highlands écossais à une centaine de kilomètres d'ici. C'est là que je veux aller.

- D'accord, acquiesça-t-elle, résolue. Allons-y », ajouta-t-elle en prenant fermement le bras de son professeur dans sa main avant de transplaner.

Rogue reconnut immédiatement sa maison et ses alentours lorsque Granger les fit atterrir.

« C'est ici, professeur ? s'assura-t-elle.

- Oui, c'est ici, acquiesça-t-il en se dégageant de sa poigne. Allez-y, c'est bon, décréta-t-il en marchant péniblement vers l'entrée.

- Attendez ! Je vais vous aid…

- Severus ! » s'exclama Ella en ouvrant vivement la porte et en accourant auprès de lui pour se jeter dans ses bras.

Le directeur des Serpentard réceptionna la jeune femme et la serra contre lui malgré la douleur lancinante qu'il ressentait toujours dans son corps, sous les yeux stupéfaits de la Gryffondor, qui s'était interrompue et les observait, bouche bée.

« J'ai eu si peur de ne pas te voir venir ! J'étais sûre qu'il t'était arrivé quelque chose ! Je me suis dit que je ne te reverrai jamais plus ! déclara-t-elle en pleurant.

- Je suis désolé, Ella, répondit-il en l'éloignant légèrement de lui pour contempler son visage. Je ne voulais pas te mettre dans des états pareils.

- Qu'est-ce que tu as à ton cou ? demanda-t-elle alors, inquiète, en remarquant son pansement de fortune.

- Ce n'est rien, ça va s'arranger… la rassura-t-il. Je vais tout t'expliquer, décréta-t-il ensuite en essuyant les larmes qui avaient roulé sur ses joues.

- Heu… Ça ira, professeur ? demanda Hermione, qui ne se sentait pas vraiment à sa place.

- Oui, Granger, répondit-il en se tournant vers elle. Allez donc aider vos amis à sauver le monde, ordonna-t-il, sarcastique.

- D'accord, Monsieur, acquiesça-t-elle en s'éloignant de quelques pas.

- Granger ! la rappela-t-il.

- Oui, professeur ? demanda-t-elle, surprise.

- Merci », déclara-t-il seulement, sincère.

Hermione sourit, contente qu'il l'ait remerciée, puis elle disparut devant leurs yeux.

« Je veux savoir tout ce qui s'est passé, Severus, le pressa Ella, soucieuse.

- Je vais tout te raconter, ma chérie », lui promit-il en caressant tendrement sa joue avant de déposer un baiser sur ses lèvres.

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8 ans plus tard…

« PAPA !

- Par Merlin, Christian ! Je t'ai déjà dit cent fois de ne pas crier ainsi ! déclara Severus, sourcils froncés, en arrivant dans la chambre du garçon et en entendant ses filles glousser plus loin. J'arrive mais je ne vole pas !

- Mais c'est Eileen et Grace ! Elles n'arrêtent pas de m'embêter ! répliqua son fils en croisant ses bras sur son torse.

- Qu'est-ce que tes sœurs ont encore fait ? demanda-t-il en soupirant.

- J'essaie de faire ma valise mais elles viennent tout le temps dans ma chambre pour ressortir les affaires que j'y mets ! expliqua-t-il, boudeur.

- Ce n'est qu'une plaisanterie, ne t'énerve pas comme ça… le tempéra sagement Severus.

- Oui, mais, moi, je dois prendre le Poudlard Express demain et je ne serai jamais prêt, si elles continuent !

- Ne t'inquiète pas, tu seras prêt, mon grand, le rassura-t-il en l'attirant contre lui pour lui faire un câlin.

- Papa… protesta-t-il en le repoussant légèrement sans trop de conviction. Arrête, je suis grand…

- Les grands garçons ne pleurnichent pas à cause des blagues de leurs petites sœurs, rétorqua-t-il avec un sourire en coin.

- Pa' ! » s'exclama-t-il, choqué.

Rogue se mit à rire de la mine scandalisée de son fils et lui demanda ensuite :

« Où est maman ? Je pensais qu'elle t'aidait à faire ta valise.

- Elle est allée chercher mes chaussures dans la buanderie.

- D'accord. Continue de faire ta malle, je vais parler à tes sœurs », décréta-t-il en se dirigeant vers la porte.

L'homme se rendit alors dans la chambre de sa cadette, d'où provenaient les gloussements, et il y découvrit ses deux petites filles, qui riaient, les mains devant leurs bouches, couchées sur le lit en balançant leurs pieds.

« Alors, mes princesses ? Vous embêtez votre grand-frère ? demanda-t-il de but en blanc.

- Non, papa, c'est même pas vrai, répondit Eileen, sa fille de huit ans, en se redressant sur ses genoux.

- Oui, Christian, il perd ses affaires, tout seul, approuva énergiquement Grace, la benjamine, du haut de ses cinq ans, en imitant sa sœur.

- Oh, je ne me laisserai pas avoir par vos petits visages d'ange ! s'exclama-t-il en les observant à tour de rôle. Je connais cet air-là, votre mère a exactement le même, bande de chipies ! ajouta-t-il en se laissant tomber à genoux sur le lit pour les prendre toutes les deux dans ses grands bras.

- Ah ! Papa, non ! protesta Eileen, amusée, en se contorsionnant.

- Papa, arrête ! Tu fais des guilis ! s'écria la petite Grace en riant de bon cœur.

- Alors, coquines, dites-moi pourquoi vous embêtez Christian ! exigea-t-il en les chatouillant, une fille de chaque côté de lui.

- D'accord, d'accord ! approuva sa cadette en rigolant toujours, à bout de souffle. Mais arrête alors ! Je ne saurais pas parler sinon.

- Oui, arrête, papa ! Sinon je vais faire pipi, moi ! » acquiesça la benjamine, les joues roses et les cheveux en bataille.

Severus consentit à stopper ses chatouilles, embrassa ses filles sur le front, s'assit correctement sur le lit en les entourant chacune d'un bras et baissa son regard sombre vers elles deux.

« Alors ? Vous m'expliquez ? questionna-t-il, attentif.

- C'est juste pour rire, c'est tout, expliqua la plus grande. Lui aussi, il s'amuse tout le temps à nous embêter.

- Non, c'est même pas vrai ! protesta la petite, scandalisée par le mensonge de sa sœur. C'est pas vrai, papa ! ajouta-t-elle en observant son père de ses yeux bleu clair.

- Oh, mais chut, toi ! exigea Eileen en fronçant ses sourcils noirs.

- Eileen, laisse-la parler, la gronda gentiment Severus. Vas-y, ma puce, dis-moi pourquoi dans ce cas, engagea-t-il Grace à continuer.

- C'est parce qu'on ne veut pas que Christian s'en aille à Poudlard. On veut qu'il reste avec nous, avoua-t-elle alors.

- T'es une moucharde ! maugréa la fillette de huit ans.

- Non, même pas vrai ! objecta l'autre. C'est notre papa ! Il faut toujours dire la vérité à papa et à maman ! affirma-t-elle énergiquement.

- Tu n'as pas à être en colère contre ta sœur, Eileen, déclara-t-il. De toute façon, je me doutais bien qu'il s'agissait de ça. »

Puis remarquant qu'elles ne disaient plus rien, semblant perdues dans leurs pensées, il ajouta en frottant légèrement leurs bras :

« Hé, les filles, Christian ne part pas pour toujours, vous savez. Il grandit et c'est normal qu'il aille à Poudlard. Vous aussi vous irez lorsque vous aurez onze ans.

- Oui, mais on ne le verra plus avant longtemps, objecta Grace en levant vers lui son petit visage triste.

- Il reviendra pour chaque vacance, leur promit Severus.

- Oui, mais il ne sera pas là quand on rentre de l'école moldue, affirma Eileen, peinée.

- Je suis certain qu'il vous enverra très souvent des lettres pour vous donner de ses nouvelles, rétorqua-t-il alors. Ce n'est pas pour rien que votre mère et moi lui avons offert un hibou pour son anniversaire.

- Il va me manquer très fort… murmura la benjamine en serrant son père dans ses bras.

- À moi aussi, confirma la plus grande en faisant la même chose.

- Il va nous manquer à tous, mes princesses. Alors, justement, au lieu de l'embêter, si vous l'aidiez plutôt à faire sa valise ? proposa-t-il. Comme ça, vous passerez le plus longtemps possible avec lui avant qu'il ne prenne le train demain.

- Il ne va pas vouloir de nous, après tout ce qu'on a sorti de sa malle… déclara Eileen en mordillant sa lèvre inférieure.

- Si, venez ! » intervint soudain Christian qui était penché dans l'encadrement de la porte.

Les deux sœurs levèrent leur tête vers leur frère, surprises et heureuses, et celui-ci poursuivit :

« Maman m'a expliqué pourquoi vous faisiez ça. Vous aussi vous allez me manquer, les terreurs. Alors, vous venez ?

- Oui, on vient, on vient ! s'exclama Grace, enthousiaste en sautant du lit pour rejoindre son grand frère.

- OK, j'arrive, approuva également Eileen.

- Tu viens aussi, papa ? demanda Christian.

- Bien sûr, mon grand, je viens », acquiesça-t-il en se levant du lit.

Ils passèrent tous les cinq leur après-midi à faire la malle de Christian et à vérifier qu'il avait tout et était prêt pour le lendemain puis Severus invita toute sa petite famille à aller manger une énorme glace sur le Chemin de Traverse en guise de dîner.

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Ce soir-là, alors que Rogue se glissait dans les draps pour rejoindre son épouse, Ella déclara, ironique, tandis qu'il l'entourait de ses grands bras :

« Super idée pour le dîner. Sain, équilibré, pas trop sucré… Je te félicite.

- Tu as adoré, comme les enfants, avoue, répondit-il avant de l'embrasser sur la joue.

- Oui, j'ai adoré, confirma-t-elle en rigolant. C'était vraiment génial, ils étaient tous les trois aux anges. C'était super pour fêter le départ de Christian à Poudlard.

- J'ai parfois de bonnes idées.

- Toujours, tu veux dire, le corrigea-t-elle en posant sa main sur la sienne qui se trouvait sur son ventre. Tu es un super papa, un mari formidable et je t'aime.

- Je t'aime aussi, mon amour, et c'est toi qui as fait de moi ce que je suis », répliqua-t-il en commençant à l'embrasser dans le cou et en déplaçant sa main pour aller caresser sa poitrine.

Alors que la jeune femme soupirait de plaisir en répondant à ses caresses et à ses baisers, ils entendirent soudain une petite voix ensommeillée déclarer :

« Papa, maman, j'arrive pas à dormir… »

Ils s'interrompirent aussitôt tous les deux et levèrent la tête pour voir Grace, debout au pied de leur lit, avec son lapin en peluche dans ses bras. Après un bref regard de concertation, Ella s'écarta de Severus et répondit :

« Viens, ma chérie. Mets-toi entre nous deux.

- Merci, maman, dit la petite fille en grimpant sur le lit et en venant s'installer entre ses parents.

- Pourquoi tu n'arrives pas à t'endormir, ma puce ? demanda Severus en caressant son petit nez.

- Sais pas, moi, j'arrive pas, répondit-elle en haussant ses épaules.

- C'est toujours à cause du départ de Christian ? » demanda-t-il, clairvoyant.

La petite fille hocha la tête affirmativement et Severus échangea un regard de connivence avec Ella, qui haussa la voix pour appeler leurs deux autres enfants :

« Eileen ! Christian ! Venez ! Réunion de famille ! »

Rogue s'empara de sa baguette, qu'il posait toujours sur sa table de chevet à côté de lui, et il lança un sortilège pour étirer le lit afin qu'ils puissent se mettre tous les cinq dedans sans être trop à l'étroit, puis il vit son fils et sa fille arriver dans la chambre dans leur pyjama.

« Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? demanda Eileen, en se frottant un œil.

- C'est quoi cette histoire de réunion de famille ? interrogea Christian, perplexe, avant de remarquer la taille du lit. Oh ! On dort tous les cinq ? questionna-t-il alors vivement, réjoui.

- Chouette ! s'exclama Eileen.

- Oui, venez, tous les deux, approuva Severus. Grace n'arrive pas à dormir.

- Et on a décidé qu'on devait tous profiter de Christian jusqu'au bout, ajouta Ella. Mets-toi au milieu de nous tous, mon chéri. »

Le garçon grimpa sur le lit pour se placer au centre, suivi de sa sœur qui s'installa à sa droite, tout près de son père, tandis que Grace était à sa gauche près de sa mère.

« Ça va ? Tout le monde est content ? s'assura Severus en se réinstallant correctement dans la couverture.

- Oui, papa ! prononcèrent-ils de concert.

- Bon, très bien. Dormez, maintenant, bande de crapules, décréta-t-il en soupirant tandis qu'ils pouffaient de rire.

- Bonne nuit, mes amours, déclara Ella.

- Bonne nuit, maman ! Bonne nuit, papa ! répondirent-ils en chœur.

- Bonne nuit, mes enfants. »

Grace et Eileen entourèrent leur frère de leurs bras, Ella se rapprocha de Grace et mit un bras sur tous ses enfants et Severus étendit son grand bras sur celui de sa femme, qu'il caressa de son pouce, pour tous les encercler dans son étreinte.

FIN.


Merci d'avoir lu cette histoire jusqu'au bout! J'espère qu'elle vous a plu et que vous trouvez que j'ai bien fait d'écrire une suite au premier chapitre ;-)

Pour ceux qui se poseraient la question: Rogue a épousé Ella quelques mois après la bataille de Poudlard, il a adopté Christian et il a reconnu Eileen pour qu'ils portent tous les deux son nom. Ils ont ensuite eu Grace ensemble trois ans plus tard. Quant à Dolohov, Rowle et Yaxley, ils ont été arrêtés par les Aurors et ils passent joyeusement le reste de leurs jours dans une cellule miteuse à Azkaban en compagnie de sympathiques Détraqueurs… :-D

Merci encore d'avoir lu et commenté!

Sûrement à une prochaine!^^

Bisous ;-)