Chapitre 1 : Une journée qui avait pourtant si bien commencée…

Vendredi 21 octobre 2016 - 9H du matin

Il était tôt ce vendredi 21 octobre 2016 alors qu'elle regardait d'un air vague le paysage défiler devant elle. Elle n'avait jamais été du matin, alors un départ à 7h du Brighton College de Madrid ? Ça relevait du calvaire.

Ca faisait maintenant, bientôt deux mois qu'elle avait intégré la prestigieuse institution britannique. Parmi tous les choix possibles, elle avait fini par s'arrêter sur celui-là. L'établissement avait une excellente réputation, des liens à l'international qui devraient faciliter son admission auprès de diverses universités et surtout, SURTOUT, il était basé à Madrid et disposait d'un internat. Ça n'était pas la solution idéal pour elle qui préférait la solitude, mais elle n'avait pas, à 15 ans, les moyens de se payer son propre logement. Elle savait pertinemment qu'elle n'aurait aucun soutien de la part de sa mère, puisque cette dernière considérait que le lycée du coin de sa petite ville de perdue de Cenicientos était bien suffisant, et c'était toujours mieux que de rester chez son beau-père…

En résumé, Brighton College était parfait sur le papier. Cependant l'ayant intégrer avec 2 ans d'avance à l'aide d'un programme de « diversification », qui permettait à des étudiants boursiers issus de classe populaire, d'espéré pouvoir faire leur scolarité là bas, au nom de la « mixité social » pour permettre « l'enrichissement des élèves grâce à un mélange des culture » elle était loin d'être en phase avec ses camarades de classe.

Cela, combiné à un certain manque d'aptitude interpersonnelle, ne faisait pas d'elle la personne la plus populaire de sa classe, ainsi, s'envolaient les espoirs qu'elle avait pu nourrir d'avoir une vie sociale. La seule autre personne dans une situation similaire, bien que pour des raisons différentes, était assise juste devant elle : Alison Parker, la fille de l'ambassadeur britannique à Madrid. La fille bourgeoise typique qui, élevé dans un carcan de règle d'un autre temps, n'a jamais appris à se défendre par elle-même.

Cachée derrière ses lunettes rondes, elle observa Alison écrire dans un calepin en jetant régulièrement de petits regards en direction de la bande d'élèves assise à l'avant du bus, et plus particulièrement à Pabló Ruiz, le capitaine de l'équipe d'athlétisme du lycée. L'expression « tout dans les muscles rien dans la tête » ça vous parle ? Voilà. Mais bon cela restait un jugement personnel.

A ce moment précis le téléphone d'Alison émit un son et aux vues de l'échange de regard entre elle et Pabló, il ne fallait pas être fin limier pour se douter de qui venait le message. Intuition qui ne fut que confirmée lorsque Pabló se leva pour venir s'asseoir à côté d'Alison.

« Salut » commença-t-il maladroitement.

« Salut » Répondit Alison après un petit rire nerveux.

« Tu sors avec moi ? »

A cette phrase la jeune fille haussa les sourcils, surprise, ça ne correspondait pas du tout au comportement classique du jeune homme.

« …. oublis ça je te laisse » Termina Pabló après une fraction de seconde, tout cela semblait tellement gênant d'un point de vu extérieur…

« non, non reste! Je…J'ai pas trop besoin d'y réfléchir …C'est oui » Balbutia Alison, semblant surprise mais heureuse de la proposition, avant que les deux ne se mirent à s'embrassant, le bruit humide de cette action arracha une grimace de dégout à la jeune fille assise derrière eux, qui détourna alors le regard. Non, définitivement, elle ne comprendrait jamais rien aux dynamiques humaines, ça n'avait pas de sens, aucune logique….

Heureusement pour elle c'est à ce moment précis que Mme Colmenar, leur professeure principale, pris la parole pour annoncer leur arrivée à destination.

« Bien, les enfants, nous sommes arrivés. » Commença l'enseignante avant de continuer avec les instructions d'usage « Nous allons directement passer au hall d'entré du musée ou nous nous regrouperons en attendant l'arrivée du reste de la classe. Si jamais vous êtes séparé du groupe, allez voir un gardien »

La jeune fille rassembla ses affaires et s'empressa de sortir du bus, ignorant les deux tourtereaux qui avançaient maintenant main dans la main. Une fois à l'extérieur, elle leva les yeux en direction du bâtiment devant lequel ils venaient de s'arrêter. Il était imposant, entièrement blanc et pourvut d'une multitude de fenêtres, elle en compta 52 rien que sur la façade du bâtiment. Il se composait de deux ailes rectangulaires disposée de part et d'autre d'une entrée pourvue de colonnades, au-dessus de laquelle flottait fièrement le drapeau espagnol, donnant sur un grand escalier en pierre tout aussi blanc que le reste du bâtiment.

« Voici l'entrée principale de la Fabrique Nationale de la Monnaie et du Timbre » Expliqua Mme Colmenar une fois ses élèves rassemblés devant elle. « Nous allons pénétrer dans le bâtiment » détailla-t-elle en montant les marches du bâtiment. Comme s'il y avait une nécessitée à décrire chaque action.

En passant les portiques de sécurité de la Fabrique sous le regard perçant des agents de sécurité, l'adolescente ressentit une pointe stresse, elle ne se l'expliquait pas, mais ce genre de dispositions la rendait nerveuse, même sans avoir quoi que ce soit à se reprocher. Ce fut Mme. Colmenar qui la sortit de ses pensées en donnant les règles à suivre lors de la visite.

« Je vous demanderais de bien vouloir rester grouper et d'éviter de parler à voix haute ou de poser des questions sans permission au personnel. » à croire que des élèves de 17 ans ne savaient pas se comporter dans un musée… « Pour ceux qui ont déjà faim, on a prévu un passage à la cafétéria un peu plus tard. En attendant, veuillez me suivre, vous allez recevoir vos badges de sécurités. »

Les élèves s'avancèrent jusqu'au bureau d'accueil du bâtiment ou ils reçurent l'un après l'autre un tour de coup avec un petit rectangle plastifié accroché au bout.

« Voici vos badges de sécurité, ils doivent être visibles tout le temps d'accord ? Gardez-les autour du cou et surtout baissez un peu la voix ! » Insista l'enseignante, un peu stressée visiblement de ne pas réussir faire en sorte que des élèves de terminal se tienne correctement dans un lieu public. Ce qui est assez ironique quand on connaît le milieu social dont venait la majorité des élèves ; dirigeants, politiciens, grands industriels, familles aisées…

Les dits élèves commencèrent à s'éparpiller en petits groupes dans la première pièce du musée, discutant joyeusement, heureux de ne pas avoir à subir une journée entière de classe aujourd'hui

La jeune fille, alors en train d'observer les pièces exposées au mur, qui avaient visiblement été retrouvées dans le corps d'un marin qui avait chercher à voler le commandant de son navire, cru entendre au loin des cris diffus, elle chassa cette impression de son esprit lorsque Mme Colmenar les rassembla pour commencer la visite.

Alors qu'il arrivait auprès d'un somptueux escalier « Entièrement fait de Marbre et de granite » selon l'enseignante, le cliquetis d'une arme se fit entendre et un homme, vêtu d'une combinaison rouge et le visage caché par un masque à l'effigie de Dali, surgit soudainement.

« On bouge plus » Cria-t-il en pointant son fusil sur la femme.

« Mais qu'est-ce q… » Balbutia-t-elle sidérée par ce qui se produisait « n..non a… attendez…. » Fit-elle en essayant de contrôler ses élèves qui se mirent à hurler et a s'enfuir avant, qu'elle aussi ne commence à paniquer, la situation s'imposant enfin à son esprit.

« Allez tout le monde par là ! Tout le monde pars-là! » Continua violemment la voix masculine.

L'adolescente, elle, courrait avec une partie de la classe vers l'entrée du bâtiment cherchant à fuir ce cauchemar. Cette fuite s'arrêta net quand deux femmes pointèrent une arme sur eux. L'une avait de longs cheveux tout aussi noir que ses yeux, un teint halé et un nez légèrement aquilin, l'autre avait de court cheveux brun ainsi qu'une frange.

« Vous! Restez là !» Ordonna la première, avant d'intimer à la seconde de foncer.

L'adolescente entendit alors vaguement un « Je vois pas l'agneau, fait chier! » Alors que la femme s'éloignait du groupe pour s'enfoncer encore d'avantage à l'intérieur du bâtiment.

Les personnes présentent dans le bâtiment étaient dans un état de panique total alors que la femme aux cheveux longs rassemblait les otages dans le hall d'accueil. « On se magne ! Allez ! Remuez-vous ! Allez allez ! » un jeune homme juvénile, à visage découvert et vêtu de la même tenue rouge que le premier homme passa à côté du groupe en direction de l'entrée, sans doute pour en bloquer les portes.

« Aller ! Tout le monde par ici! Donnez la main à votre voisin et ne bougez plus ! On se dépêche ! » Ordonna l'une des personnes masquées, ils y en avaient plusieurs maintenant, avant de leur mettre un bandeau sur les yeux.

C'est ainsi que la jeune fille se retrouva dans l'obscurité à donner la main à son voisin, un homme un peu rond vêtu d'un costume, cherchant à ne pas paniquer et à comprendre ce qu'il était en train de se produire. Tous ça n'avait aucun sens, pourquoi leur masquer les yeux ? Sachant qu'ils avaient pu voir, a découvert le visage de trois des assaillants ? Elle ne pourrait certainement pas décrire le jeune homme, il était passé trop vite, mais les deux femmes ? Sans doute… De même qu'une bonne partie de sa classe. Qui était ce fameux « agneau »? Que voulaient ces personnes ? Etait-ce un simple enlèvement ? Une prise d'otages ? Un cambriolage ? Qu'est-ce qui se passait?

Ils restèrent ainsi, dans une ambiance silencieuse et tendue, entrecoupée de sanglots, un certain temps, avant que des pas se fassent entendre dans l'escalier. Après quelques bruits indiquant sûrement l'arrivée de nouvelles personnes, une voix masculine ne prit la parole.

« Pour commencer » fit-il en marquant une pause « Bonjour à tous » Il laissa le temps à ses mots de faire leur effet avant de poursuivre toujours sur le même rythme « Ici c'est moi qui suis aux commandes… et avant tout je voudrais… » Il fit une nouvelle pause comme s'il cherchait ses mots « Présenter des excuses pour ce qui s'est passer…. » L'homme était clairement un orateur né, et visiblement il adorait ça.

Pendant ce temps un, ou deux peut être, de ses acolytes passait à travers la foule en répétant cette même litanie « Nom, Pin, Portable … »

« C'est pas la façon la plus sympa de terminer la semaine, mais voilà, vous êtes ici en qualité d'otage » Continua le maitre de cérémonie.

« Nom »

« Alison Parker »

« PIN ? »

« 2-0-18 »

« Portable »

« Obéissez, et je vous assure que tout ira bien » Continuait le chef de l'équipe la voix était cajoleuse et se voulait rassurante, mais elle semblait plutôt prédatrice en réalité, un peu comme si un félin était gentiment en train de vous tourner autour à l'affût du bon moment pour frapper.

Ce fut alors au tour de la jeune fille.

« Portable » commença une voix masculine, mais clairement assez jeune, ça aurait pu être la voix d'un de ses camarades de classe. Elle fouilla dans ses poches avant d'en sortir son fidèle Nokia 3310 et de le tendre à l'aveuglette à son interlocuteur.

« C'est quoi cette antiquité ?! Sérieux ? Ça existe encore des machins pareils ? » S'exclama une nouvelle voix, masculine encore, après un éclat de rire. « T'es dans un lycée de riches et tu te trimbale avec ça? Tu peux même pas aller sur internet avec ce truc! » Continua-t-il. Ils étaient donc bien deux.

« Je l'aime bien, il a une bonne autonomie, il est solide et il remplit bien sa fonction, téléphoner…. » Ne put s'empêcher de répondre l'adolescente, la voix un peu tremblante.

« Eh beh! C'est qu'elle se vexe la petite ! » S'esclaffa-t-il, avant qu'elle ne sente, subitement, le canon d'une arme contre sa jugulaire« toujours envie de faire la maligne? » La voix était beaucoup plus agressive d'un coup et elle commença à hyperventiler, parfois elle se giflerait pour son côté trop " spontané".

Le premier des deux reprit alors la parole. « Ca va, Denver…. Laisses la. » Il continua avec la question suivante « PIN ? »

« 0,0,42… » Fit-elle la gorge nouée.

« 42 eh? » Elle pouvait presque imaginer le sourire amusé de l'homme. « Nom ? »

« Eleonora De Fonollosa Caravella »

Elle relâcha légèrement sa respiration lorsqu'elle sentit les deux hommes passer à la personne suivante.

Un peu plus loin, elle pouvait entendre le chef de bande tenter de calmer une otage « ça va relax …relax » fit-il d'une voix basse et apaisante. « Combien de mois ? »

« Hu…huit » la voix, féminine, était tremblante.

« Huit mois hein ? »

« PIN »

Eleonora entendit alors sont voisin répondre avec un magistral « Pourquoi vous voulez le PIN? » elle, encore, avait des excuses concernant ses réactions inadéquates… Mais son voisin devait simplement être suicidaire….

« Files-moi ce putain de pin ou je te défonce la tronche! » Réagit alors, sans surprise, " Denver ", des bruit de tissu indiquant qu'il s'étant sans doute retrouver dans la même situation qu'elle quelques minutes plus tôt. « PIN ? »

« 1-2-3-4 », la voix était paniqué, et Denver éclata de rire.

« Tu fais le malin avec ton un pin de merde ? Mais quel con ! » Se moqua-t-il. « Allez donne moi ton nom…. »

« Arturo »

« Arturo quoi ? »

« Arturo Román »

« Arturo Román, très bien …. Arturito » conclut-il, moqueur.

« Vous êtes notre sauf-conduit et mon devoir et de vous protéger » Leur leader semblait imperturbable « eeh…. Donne-moi tes mains, allons, viens-là, laaa, viens-là…. Comment tu t'appelles ? » fit-il soudainement interrompant par la même son discours.

« Ariadna… » Encore une voix féminine…. Il semblait avoir une fixation sur les femmes !

« Ariadna… Suis-moi allez, viens, c'est ça, touche mes mains… ce sont les mains d'un monstre ? » Continua-t-il d'une voix interrogative.

« Non..non » la pauvre femme semblait terrifiée.

« Non, parce que je ne suis pas un monstre » il marqua une pause « je sais parfaitement comment tu te sens, la bouche sèche la sensation d'être à bout de souffle, allons, il faut te détendre… Vas-y respire, expire, inspire… c'est ça, très bien… Allez respirer avec moi ! » Continua-t-il s'adressant à la foule maintenant. « Inspirer, doucement … oui, voila » Et Eleonora sentie alors toute la foule faire exactement ce que l'homme demandait, il les menait tous par le bout du nez… s'en était impressionnant, bien qu'elle soit reconnaissante pour ce petit exercice de respiration, essayant déjà depuis quelque temps de calmer la sienne. « Tu dois être responsable de ta respiration… allez, expire, voila c'est ça excellent…. »

Le petit show de l'homme fut soudain interrompu par la sonnerie du téléphone de l'accueil, un silence de mort plana soudain sur l'assemblée.

« Mademoiselle Monica Gaztambide s'il vous plaît » énonça-t-il d'une voix claire, impérieuse et vide d'émotions.

« Ne bouge pas, je t'en prie, il ne nous feront rien, il ne nous feront rien » murmura alors Arturo Román à sa voisine.

« Okay »

« Je voudrais voir Monica Gaztambide, vous voulez bien faire un pas en avant s'il vous plait ? » La voix, toujours aussi impérieuse était devenue menaçante.

« C'est moi… » Répondit une voix tremblante, et il y eu du mouvement à côté d'Eleonora.

Eleonora n'écouta pas la suite des évènements, trop occupée à éviter une attaque de panique… Ce n'était vraiment pas le moment…. En fait, c'était le moment idéal pour faire une crise de panique, ça serait totalement justifié, mais ça ne ferait qu'empirer les choses. L'heure du discours semblait terminée et les otages étaient maintenant laissés en paix, en silence, si on faisait abstraction des sanglots qui raisonnaient dans le hall, la vision toujours obscurcie par leurs bandeaux. Ce laps de temps était tout ce dont l'adolescente avait besoin pour reprendre le contrôle.

Cette paix relative prit malheureusement fin au moment du retour de la " personne en charge".

« Otages! Pour votre sécurité, reculer de trois pas en arrière ! » Ordonna-t-il d'une façon presque militaire. « Un peu plus par là… là c'est bien … Vous verrez tout se passera bien » Fit-il, paternaliste. « Approchez encore un peu …. Voilà » l'homme sembla alors s'éloigner du groupe.

« Restez tranquille, ça va aller, je peux voir leur sac, on dirait qu'ils sont plein de fric, ils vont foutre le camp, c'est pour bientôt la je crois » chuchota alors Arturo.

C'est à ce moment-là que l'alarme se déclencha.

« 2 minute ! » Repris l'homme, d'une voix forte, s'adressant visiblement à ses collègues.

Eleonora entendit alors Alison parler d'une voix paniquée « Pourquoi, ils ont déclenché l'alarme? »

« J'en sais rien, il reste là, sans bouger devant la porte…. » Répondit Arturo, stressé.

« Pourquoi ils filent pas avec l'argent? » Alison avait complètement perdu le contrôle de ses nerfs

« Chhhht, j'en sais rien! » Et visiblement Arturo aussi ….

« 1 minute quarant… » Continua le chef des braqueurs avant de se stopper net. Eleonore le sentit alors se rapprocher du groupe.

« Comment tu t'appelles ?»

« Arturo »

« Arturito….. » Fit-il dans un soupir, avec un ton totalement blasé, comme un père fatigué face à un enfant turbulent.

« J'ai rien vu du tout, je vous jure, j'ai rien vu du tout » la voix d'Arturo était complètement paniquée, et un peu geignante, comme s'il était au bord des larmes.

« Regarde moi. »

« Je vous jure, je n'ai rien vu du tout …. »

« Allez Arturo, tu peux me regarder.. »

« Non »

« Regarde moi….. Regarde moi …. hey ça va aller, c'est rien… » La voix encore une fois, cajolante, paternelle. Ce type était un grand sadique ou un psychopathe.

Pendant ce temps, Eleonora refaisait le film des évènements, maintenant qu'elle était plus calme… tout ça, les bandeaux, " l'agneau", l'alarme, l'attente,… ça n'avait pas de sens, pourquoi pendre le soin de faire une entrée aussi discrète de faire un tel discours devant eux si c'était pour fuir aussi rapidement? à moins que …

« C'est une mise en scène…. » Fit-elle dans un souffle.

Elle sentit l'homme en face d'elle se figer et détourner son attention d'Arturo, avant de lui retirer son bandeau.

« Tiens, tiens, une petite fouineuse …. » Fit-il en la regardant droit dans les yeux « tes parents ne t'ont jamais dit de ne pas te mêler de ce qui ne te regarde pas ? »

Eleonora, elle, restait interdite le regard fixé sur l'homme en face d'elle.

« Comment t'appelles-tu ? »

« Ele…Eleonora » Parvient-elle à croasser, son souffle court et sa gorge nouée, la crise d'angoisse pointant le bout de son nez.

« aah… Eleonora, quel joli nom…. Dis moi Eleonora, tu sais ce qui arrive aux personnes qui viennent mettre leur nez dans les affaires des autres ? » L'adolescente déglutit difficilement, mais resta muette, alors que l'homme l'attrapa doucement par la gorge. « Elles meurent… » Continua-t-il sur le ton de la conversation. « Eleonora, crois moi, toi, tu vas mourir » lui chuchota-t-il le regard froid, son visage à quelques millimètres de celui de l'adolescente.

L'adolescente quant-elle était totalement paralysé, ses yeux ne quittant pas les prunelles marrons en face d'elle, son esprit entièrement vide, parce que ce visage, cet homme, qui la menaçait de mort aussi sereinement, elle ne le connaissait que trop bien, elle l'avait vu des centaines de fois dans les médias, à la une des journaux internationaux ou sur des avis de recherche…. Même sans l'avoir jamais rencontré, il n'y avait aucun doute possible sur l'identité de la personne en face d'elle …. Andrés De Fonollosa Gonzalves.

Son père.