Bienvenue sur le septième chapitre des aventures de notre tendre Jackson abîmé par la vie et de Stiles le coeur vaillant ! Au programme aujourd'hui : ça s'améliore, ça s'améliore ! (Si ça ce n'est pas du résumé... xD)

Mais tout d'abord, je m'excuse platement pour mon retard ! Je poste habituellement les dimanches soirs mais hier, ma connexion Internet m'a lâchée, ce qui m'a contrainte à ne poster que ce soir. J'en suis navrée ! J'espère que vous me pardonnerez ! :)

Merci à babylon pour son adorable review ! Merci de toujours me lire et de laisser d'aussi gentilles reviews !

Encore merci à jacksonstilinskis, auteur de l'idée originale de cette fic', sans qui rien n'aurait été possible !

Merci à vous tous de lire et de commenter, je me sens gâtée ! J'espère que ce chapitre vous plaira !


CHAPITRE 7

Every time someone steps up and says who they are,
the world becomes a better, more interesting place.

A chaque fois qu'une personne fait un pas en avant et révèle qui elle est,
le monde devient un endroit meilleur et plus intéressant.

Capitaine Raymond Holt, Brooklyn Nine Nine


Stiles et Jackson étaient assis sur le lit de Stiles, chacun d'entre eux vaquant à ses propres activités. Jackson lisait le troisième tome de Percy Jackson – bordel, Stiles l'avait vraiment converti – et Stiles lisait quelque chose sur son ordinateur que Jackson suspectait être une fanfiction. Stiles était dans sa période Supernatural, il devait certainement lire du Destiel. Ou bien du Sabriel. Encore. Et le fait que Jackson savait pertinemment ce qu'étaient le Destiel et le Sabriel et que Stiles était en train d'en lire en disait très long sur le fait qu'il passait trop de temps avec Stiles, songea-t-il en retenant un sourire.

A ce moment-là, Stiles releva brusquement la tête, et Jackson croisa les doigts pour qu'il n'arbore pas son expression « j'ai eu une idée, allons faire un truc, on va s'amuser et ça va se terminer en désastre ». La dernière fois, Jackson s'était retrouvé à faire des blagues téléphoniques à Peter Hale, le mystérieux peut-être-psychopathe de la ville, et il passerait son tour cette fois, merci bien.

Mais cette fois-ci, Stiles semblait avoir eu une révélation.

─ Jackson, dit-il, je n'y ai jamais pensé, mais tu dois avoir peur que mon père découvre que tu es bi, c'est ça, non ?

Jackson en resta bouche bée. D'abord parce qu'ils ne parlaient pas vraiment de ce que Jackson avait révélé le soir où ils étaient allés au commissariat (essentiellement parce que Stiles semblait respecter sa discrétion sur le sujet), et ensuite, parce que ça sortait carrément de nulle part. Même si c'était vrai.

─ Euh, eh bien, je ne sais pas comment il réagirait, répondit prudemment Jackson.

─ Oui, je me doute, réfléchit Stiles, pensif. Tu dois avoir peur qu'il le découvre et qu'il te juge, pas vrai ? J'aurais dû te rassurer tout de suite, je suis désolé, je suis vraiment trop nul des fois. Bref, ne t'en fais pas pour ça.

─ Tu penses que je devrais lui dire ? marmonna Jackson en refermant son livre et en jouant avec la couverture, nerveux.

Un coming out raté, c'était déjà bien assez, il n'avait pas franchement envie de retenter l'expérience.

─ Bien sûr que non, tu fais ce que tu veux, enfin, répondit Stiles en levant les yeux au ciel. C'est ta vie privée, mec, réfléchis deux minutes. Je voulais juste te rassurer et te dire que tu n'as pas à vivre dans la terreur, si un jour mon père le découvre, ça passera crème.

─ Comment tu peux en être aussi sûr ? demanda Jackson, perplexe.

Stiles fronça les sourcils, tout aussi perplexe.

─ Eh bien, parce que ça s'est bien passé pour moi, c'te question.

Jackson en demeura bouche bée.

─ … Quoi ?

─ Quoi, quoi ?

─ Quoi, « quoi, quoi ? »

─ Tu n'étais pas au courant ? s'étonna Stiles.

─ Eh bien, non, visiblement, s'agaça légèrement Jackson.

Stiles cligna des yeux.

─ Sérieux ? Je pensais que tu le savais. Je veux dire, le monde entier est au courant, alors je croyais que toi aussi !

─ Le monde entier ? répéta faiblement Jackson.

─ Hun-hun, acquiesça Stiles. Mon père, Scott, sa mère, Isaac, son frère Derek, Allison, Lydia, Danny…

─ Lydia et Danny sont au courant ?

Jackson savait que depuis qu'ils mangeaient tous ensemble, Stiles était devenu proche de Lydia, tout particulièrement, qui semblait adorer son nouvel hyperactif apprivoisé, et de Danny. Mais il ne savait pas qu'ils se connaissaient aussi bien.

Surtout, réalisa-t-il avec un pincement de cœur, que lui ne savait rien, alors qu'il vivait avec Stiles.

─ Hun-hun, acquiesça de nouveau Stiles. Depuis l'année dernière. Je pensais que le lycée entier savait et que toi aussi, du coup.

Jackson le dévisagea avec stupéfaction. Stiles ne semblait avoir aucun problème. Il semblait aller parfaitement bien. Il semblait tout à fait à l'aise avec lui-même.

─ Et… personne ne t'a fait de remarque ?

─ Bof, y a bien deux ou trois cons qui se sont permis, mais je ne les fréquente pas, donc je m'en fiche.

─ Et Lydia et Danny l'ont bien pris ?

Stiles fronça les sourcils.

─ Très, très bien, si c'est ce qui t'inquiète.

Oh. Jackson avait l'impression que le monde entier venait de changer de couleur et de perspective, de se renverser sur son axe. C'était… inattendu. Et bienvenu.

─ Et ton père l'a bien pris aussi ? demanda-t-il finalement.

Stiles acquiesça.

─ J'ai mis des mois avant de me décider à lui dire, avoua-t-il. Je savais qu'il ne me détesterait pas ni rien, mais j'avais peur de… je ne sais pas. Que les choses changent entre nous. Qu'il soit déçu parce qu'il me voyait avec une femme et tout. Ou qu'il ait du mal à l'accepter, ou que les choses deviennent trop bizarres, qu'il ait une opinion différente de moi, tu vois ? Qu'il me regarde différemment.

Jackson acquiesça.

─ Mais au final, quand je lui ai dit, il m'a juste dit : « Ok. Et ce que je t'ai dit pour les filles marche aussi avec les garçons : protège-toi, fiston, d'accord ? »

─ Et… c'est tout ?

Stiles fit la moue.

─ En fait, ça a été étrange pendant quelques temps. Et ensuite j'ai découvert que si mon père était mal à l'aise, c'était surtout parce qu'il avait peur de dire quelque chose qui n'irait pas et qui me blesserait. C'était assez con, au final, rit-il.

Jackson décida que le Shérif devait être le meilleur père du monde.

Si seulement c'étaient les Stilinski qui l'avaient adopté… Mais non, décida-t-il, pas une bonne idée, car Stiles aurait été son frère, et l'idée était dérangeante.

─ Alors… tu es bi ? demanda-t-il timidement.

Stiles fit de nouveau la moue.

─ Tu sais, les étiquettes et moi… Je ne sais pas exactement ce que je suis, mais quand je tombe amoureux et que c'est, genre, Lydia, ça me va, et quand je tombe amoureux de… enfin, de quelqu'un qui se trouve être un gars, eh bien, ça me va aussi.

─ Toujours amoureux de Lydia ? demanda Jackson d'un ton qui se voulait taquin.

─ Nope, répondit Stiles. Elle est merveilleuse et tout, mais... J'ai quelqu'un d'autre en tête.

Jackson eut beau insister, Stiles refusa de révéler quoi que ce soit à propos de son nouveau béguin, se taisant obstinément.

Qu'est-ce qu'il pouvait être frustrant parfois.


Le Shérif était tranquillement en train de lire le journal lorsque Jackson vint s'asseoir à côté de lui. Si John en jugeait par la raideur de son maintien et la façon dont il se mordait légèrement la lèvre, Jackson était nerveux.

─ Oui, mon garçon ? Je peux faire quelque chose pour toi ? dit-il en baissant son journal.

─ Euh, John… j'ai quelque chose à vous dire.

John l'invita à poursuivre d'un geste de la main. Jackson se mordit davantage la lèvre, et soupira.

─ John, je… je suis bi.

Le Shérif haussa les sourcils et retint un sourire.

─ Très bien, Jackson. Je suis content que tu me l'aies dit, lui dit-il en lui tapotant le bras.

Jackson cligna des yeux, l'air surpris.

─ … C'est tout ?

─ Tu voudrais que je fasse un discours ? s'amusa le Shérif.

─ Non, mais je pensais que… ça vous choquerait peut-être.

─ Je suis vieux mais pas un vieux con, Jackson, sourit John. Que je sache, entre hier et aujourd'hui, tu n'es pas devenu quelqu'un d'autre, si ?

─ Donc… ça vous va ?

─ C'est ta vie, répondit John en lui serrant l'épaule. L'amour ne se contrôle pas, Jackson, et il est partout le même. Il n'y a aucune différence. Aime qui tu aimes, et à partir du moment où tu es heureux et que la personne avec qui tu es te traite bien, je serai content.

Un sourire se forma lentement sur les lèvres de Jackson. Ça faisait du bien de le voir aussi détendu. Il semblait toujours un peu crispé lorsqu'il était près de John. Il commençait à guérir, songea John. Il était sur la bonne voie. Un jour, les dommages que ses parents avaient infligés à ce pauvre gosse ne l'empêcheraient plus d'être heureux.

─ Tu dois être content, non ? lança-t-il à Stiles un peu plus tard.

─ Content de quoi ? demanda Stiles, perplexe.

Sans mot dire, le Shérif désigna la cuisine, où se trouvait Jackson, du menton. Stiles rougit violemment.

─ Arrête, P'pa, marmonna-t-il.

─ J'en étais sûr, sourit le Shérif.

─ Oh, chut, hein, répondit Stiles avec une éloquence rare.

John secoua la tête en souriant. Ses deux garçons étaient des imbéciles.


─ J'ai quelque chose à vous dire, lâcha Jackson brutalement.

Lydia et Danny relevèrent la tête, le regardant avec curiosité. Jackson s'empêcha de rougir ou d'avoir l'air intimidé.

Ce jour-là, ils se trouvaient tous les trois chez Lydia, occupés à discuter de tout et de rien, comme souvent.

Il avait pris sa décision. S'ils avaient bien pris les choses pour Stiles, alors, ils prendraient bien la nouvelle le concernant. Et de toute façon, en valaient-ils vraiment la peine s'ils n'étaient pas contents ou s'ils étaient gênés ? Il aurait toujours Stiles, de toute façon. Tant pis pour eux.

Du moins, c'était ce qu'il se répétait.

─ Je suis bi, lâcha-t-il brusquement avant de pouvoir revenir en arrière.

Danny et Lydia restèrent silencieux un moment, puis :

─ Il était temps que tu nous le dises, lâcha Danny.

─ Je le savais ! s'exclama Lydia avec satisfaction. J'en étais sûre ! J'ai cru que tu ne t'en apercevrais jamais !

─ Vous… vous en doutiez ? répéta Jackson, choqué.

─ Depuis le jour où tu as maté les fesses de Derek Hale quand il est venu chercher Isaac Lahey devant le lycée, révéla Danny avec un sourire. C'était pas super discret, mon pote.

─ Je te connais, dit Lydia avec un immense sourire en lui donnant un petit coup de poing dans l'épaule. Tu croyais vraiment que je passerais à côté d'un truc comme ça ?

Dire qu'il avait attendu tout ce temps, songea Jackson, brusquement soulagé, alors qu'ils savaient déjà et qu'ils l'accueillaient toujours à bras ouverts, attendant patiemment qu'il soit prêt à leur révéler qui il était vraiment. Dire qu'il avait eu peur d'eux.

─ Tu vas le dire à tes parents ? demanda Danny.

Jackson baissa les yeux.

─ Euh, en fait, ils sont déjà au courant. Ils m'ont… surpris, disons.

─ Oh. Ça s'est bien passé ? demanda l'Hawaïen.

Lydia ouvrit la bouche.

─ Oh, mon Dieu, dit-elle, ses yeux détaillant le visage de Jackson avec horreur. Ça ne s'est pas bien passé.

─ Non, admit Jackson. Ils… ils m'ont mis à la porte.

Lydia poussa un cri et Danny eut l'air catastrophé, les yeux lui sortant pratiquement des orbites.

─ Mais ça va, se dépêcha-t-il d'ajouter.

─ Oh, mon Dieu, mais où est-ce que tu vis, maintenant ? s'enquit nerveusement Lydia. Dis-moi que tu as un toit, et… (Elle s'interrompit et fronça les sourcils, réfléchissant et additionnant deux et deux, comme toujours.) Oh. Tu vis chez Stiles, c'est ça ?

─ Je vis chez Stiles, confessa Jackson. Il m'a trouvé vivant dans ma voiture et il m'a ramené chez lui.

Danny ferma les yeux, consterné.

─ OK. D'abord, tu vas tout nous raconter. Et ensuite, tu nous diras comment on peut t'aider.

Jackson avait l'impression qu'on lui retirait un poids immense des épaules.


─ Qu'est-ce que vous faites, les garçons ? demanda le Shérif en entrant dans le salon.

Jackson et Stiles étaient assis à la table du salon, perdus sous des montagnes de papiers, de livrets et de notes.

─ On essaie de faire nos candidatures pour la fac, répondit Jackson.

─ Et c'est compliqué, ajouta Stiles.

─ Allons bon, soupira le Shérif. C'est si dur que ça ?

─ Mon programme à moi, c'est d'étudier la psychologie et la criminologie à la fac, et après mon diplôme, l'académie de police, expliqua Stiles.

─ Je sais, fils, soupira le Shérif. Tu me l'as expliqué un demi-million de fois environ.

─ Le truc, c'est que c'est compliqué, les inscriptions, soupira Stiles en se passant une main dans les cheveux.

─ Et toi, Jackson ? demanda le Shérif.

Jackson hésita.

─ Eh bien… j'ai toujours pensé que je deviendrais avocat comme mon père, mais je ne suis pas sûr de vouloir être comme lui…

─ Jackson, tu pourrais t'habiller comme lui, avoir le même métier, la même coupe de cheveux et la même garde-robe, tu serais toujours à des milliers d'années-lumière de ton soi-disant père, répondit le Shérif.

Jackson baissa la tête pour cacher son rougissement.

─ De toute façon, reprit-il, je ne suis pas sûr d'être très tenté par la carrière d'avocat. Et… j'aime bien enquêter avec Stiles (le Shérif poussa un soupir, conscient qu'ils avaient désobéi à ses ordres et fouillé dans ses dossiers), alors je me disais que, peut-être… devenir policier… ça pourrait être pas si mal.

Le Shérif sourit.

─ C'est une bonne idée, mon garçon, si c'est ce qui te plaît.

─ Du coup, Jackson voudrait s'inscrire en études de droit et justice criminelle, et ensuite faire l'académie de police, annonça Stiles, excité comme une puce. Ou du moins faire droit et ensuite voir s'il a envie d'être avocat. Tu imagines, P'pa ? On pourrait être collègues et tout ! On sera colocs ! C'est fantastique !

─ Vous vous inscrivez dans les mêmes facs ? demanda le Shérif.

─ Stanford, UCLA, Berkeley, UC Davis, USC, San Luis, San Barbara, énuméra Stiles, plus quelques facs dans d'autres Etats, au cas où. Plus les demandes de logement. C'est un cauchemar de paperasse.

─ Bienvenue dans la vie de flic, s'amusa le Shérif. Vous comptez partager un appartement ?

─ Oui, sourit Jackson.

Stiles et lui en avaient longuement parlé, et Jackson devait s'avouer qu'il aimait le concept. Partager un appartement avec Stiles, aller dans la même fac, aller ensemble à l'académie, devenir collègues ensuite… C'était à la fois excitant et incroyablement agréable.

─ Bien sûr, ce sera des frais, admit Stiles, ennuyé.

─ Puisque je te dis que non, soupira Jackson. En juin, je toucherai l'argent de mes parents.

─ Jackson, dit délicatement le Shérif, je ne crois pas que les Whittemore t'aient laissé…

─ Attends, coupa Stiles. Depuis, le début, quand tu parles de cet argent… c'est l'argent que tes parents biologiques t'ont laissé, c'est ça ?

─ Eh bien, oui, approuva Jackson en fronçant les sourcils. Je ne suis pas stupide, bien sûr que les Whittemore ne m'ont rien laissé du tout.

─ Je n'avais pas réalisé, chuchota Stiles. Oh, bon sang, ça m'enlève le poids de devoir te le révéler ! J'avais tellement de stress ! J'étais sûr que tu allais t'effondrer !

─ Fiou, ça m'enlève un poids à moi aussi, marmonna le Shérif, l'air soulagé.

Le regard de Jackson navigua de Stiles au Shérif.

─ Attendez. Vous comptiez me payer la fac ?

─ Mais oui, dit le Shérif comme si cela allait de soi.

─ Mais ça coûte une fortune, et vous n'aviez économisé que pour Stiles !

Stiles leva les yeux au ciel et lui sourit, tandis que le Shérif secouait la tête.

─ Tu fais partie de la famille, Jackson.

─ Va fallloir t'y faire, mon grand, lâcha Stiles avec un sourire ravi. Une fois que tu entres dans la grande Stilinski family, on n'en part plus !

Jackson se sentit rayonner.


Jackson fut pris d'une révélation un soir, alors que Stiles et lui, assis dans leur lit, étaient occupés à lire avant d'aller se coucher – Stiles un comics, et Jackson Bilbo le Hobbit, parce que Stiles avait réussi à le convertir à ça aussi, même s'il ne l'avouerait jamais, même sous la torture. Officiellement, Jackson lisait les aventures de Bilbo parce que Stiles l'avait harcelé pour qu'il le fasse.

─ Ça fait deux semaines que je n'ai pas pleuré, réalisa soudain Jackson en baissant son livre.

Il se tourna, choqué, pour regarder Stiles, qui lui adressa un petit sourire.

─ C'est que tu vas mieux, Jackson, tout simplement.

Jackson regarda droit devant lui, perplexe. Se pouvait-il qu'il soit doucement en train de se remettre, sans même s'en rendre compte ? Pourtant, le rejet de ses parents faisait toujours aussi mal…

Stiles lui serra la main.

─ Tu penses que je vais mieux ? demanda Jackson.

─ Qu'est-ce que je viens de dire ? Bien sûr que tu vas mieux, Jacks. C'est la thérapie Stilinski qui fait ça. Je suis le meilleur, c'est tout.

Jackson retint un sourire.

─ Merci, Stiles, dit-il à mi-voix.

─ Merci de quoi ?

─ Eh bien, de la thérapie Stilinski. Est-ce que tu fais attention à ce que tu dis, des fois ?

Stiles réfléchit.

─ Pas vraiment. Les choses sortent de ma bouche sans que je les contrôle.

─ Mais tu dois au moins les penser. Tu devrais te souvenir de ce que tu penses, ou tu es trop abruti pour ça ?

─ Mon génie est hors de ta compréhension, Jackson, répondit Stiles, boudeur.

Jackson éclata de rire, puis reprit son sérieux.

─ Comment est-ce que je peux te remercier ? demanda-t-il.

─ De ?

─ De tout ce que tu fais pour moi, chuchota le sportif. Je veux dire… tu fais tellement pour moi, et je ne fais rien en retour pour toi.

─ Ça ne fonctionne pas comme ça, Jackson, rétorqua Stiles. Pour que tu me rendes la pareille, mon pote, il faudrait qu'il m'arrive un malheur et on n'a pas envie que ça se produise, hein ?

─ Pas faux, admit Jackson, mais quand même… tu n'étais pas obligé. J'aimerais faire quelque chose pour toi.

─ Tu fais déjà des choses pour moi, crétin. Grâce à toi, j'ai fait tous mes devoirs cette année et mon père est ultra content. Et j'ai obtenu de meilleurs résultats à mes SAT qu'on aurait cru. Et je me suis tellement amélioré en lacrosse que je joue à presque tous les matchs maintenant, parce que tu m'as entraîné. Et je me suis fait de nouveaux amis. Et j'ai quelqu'un qui mène des enquêtes avec moi. Et on est de nouveau trois dans la famille. Et j'aurai un super coloc l'année prochaine grâce à toi. Franchement, c'est tout bénéf, non ?

─ Un peu plus et je vais penser que tout ça n'était qu'un complot pour entrer dans mes bonnes grâces, plaisanta Jackson.

─ Mais tout à fait, mon cher. Dire qu'il t'a fallu tout ce temps pour me percer à jour. Consternant.

Pour toute réponse, Jackson attaqua Stiles à coup de chatouilles.


Stiles s'occupait de laver la vaisselle et Jackson de la sécher et de la ranger, lorsque le téléphone de Stiles se mit à vibrer. L'hyperactif y jeta un coup d'œil, puis le rangea dans sa poche après avoir tapé une courte réponse.

─ Bon, apparemment, demain, c'est aprèm' jeux vidéo avec Scott, annonça-t-il en tendant une assiette désormais propre à Jackson.

─ Cool, répondit Jackson, parce qu'honnêtement, il ne voyait pas quoi répondre à ça.

Puis soudain, quelque chose le frappa :

─ Scott ne vient jamais ici ?

Stiles fronça les sourcils.

─ Quoi ?

─ Depuis que je vis ici, Scott n'est pas venu une seule fois, sauf pour ton anniversaire. Je croyais que vous passiez votre temps fourrés l'un chez l'autre. Vous ne vous êtes pas disputés, que je sache, alors qu'est-ce qui se passe ?

C'était étrange. Stiles aimait émailler leurs soirées d'anecdotes diverses sur Scott et ce qu'il avait fait ce jour-là (Jackson en était d'ailleurs venu à trouver Scott assez sympathique. Pathétique. Mais sympathique). Alors pourquoi ne venait-il jamais ?

─ Oh, ça, répondit Stiles, absorbé dans le nettoyage d'une autre assiette. On préfère aller jouer chez lui, c'est tout.

─ Ça a un rapport avec moi, c'est ça ? comprit Jackson.

Stiles poussa un long soupir et tenta de se frotter les cheveux, oubliant qu'il avait les mains trempées et qu'il tenait une éponge.

─ Ecoute, au bout d'un moment, c'est devenu difficile de lui cacher que tu vivais chez moi, expliqua-t-il. Je ne lui ai rien dit ! s'exclama-t-il vivement. Vraiment, rien de chez rien ! C'était un secret dur à garder, bien sûr, mais je l'ai gardé, parce que c'est ta vie et ton histoire et je comprends que tu n'aies pas envie que tout le monde sache. Mais Scott n'est pas stupide, il a additionné deux et deux, je veux dire, ta Porsche dans mon jardin, moi qui t'emmenais et qui te ramenais chaque matin, la façon dont on est devenus amis, et aussi le fait que je m'arrangeais toujours pour qu'on aille chez lui et pas chez moi, et puis il savait que je menais une enquête parce que tu n'allais pas bien, et il a fini par comprendre qu'il s'était passé un truc et que tu vivais ici maintenant.

─ Oh, répondit Jackson, embarrassé. Et… il a dit quoi ?

─ Pas grand-chose, en fait. Il a bien compris que tu ne voulais pas en parler, alors il m'a dit que c'était OK, et depuis, on s'arrange pour aller chez lui, ou à la rigueur chez Isaac. Je pense qu'il a compris que tes parents t'avaient… enfin, tu vois, mais il est resté discret, c'est promis.

─ C'est pour ça qu'il n'a pas été surpris de me voir à ton anniversaire, réalisa Jackson.

─ Oui, enfin, il y avait aussi Isaac et Lydia et Danny et Allison et Erica et Boyd, ça faisait quand même du beau monde, répondit Stiles. Tu t'es fondu dans la foule, pas de souci.

Jackson soupira.

─ Je suppose que je devrais le remercier. C'est… gentil de sa part.

C'était dur d'admettre que Scott McCall avait pu l'aider et être gentil avec lui. Ou qu'il en devait une à McCall. Mais c'était la vérité.

─ Tu devrais l'inviter de nouveau, dit Jackson. S'il est au courant, ça ne sert à rien de faire semblant.

─ Tu vas réussir à le supporter ? le taquina Stiles.

─ C'est ton meilleur pote, je devrais pouvoir. Et d'ailleurs… il l'a bien pris ?

─ De quoi ? Ce que tes parents t'ont fait ? Parce que, je ne veux pas dire, mais l'autre jour, il m'a dit que ton père avait eu besoin d'un dossier à l'hôpital et Melissa l'a fait poireauter pendant trois heures entre les tarés et les gosses qui hurlent, alors…

Jackson échoua à retenir un sourire, parce que franchement, c'était hilarant d'imaginer son père dans cette situation.

─ Non, je veux dire, qu'on vive ensemble et qu'on soit… enfin, qu'on soit proches.

Stiles lui lança l'éponge en pleine figure.

─ T'es bête. Je partage déjà Scott avec Isaac et Allison, alors Scott peut bien me partager avec toi. J'ai le droit d'avoir deux meilleurs amis, quand même.

De nouveau, Jackson échoua à retenir un sourire. Alors comme ça, Stiles le considérait comme son meilleur ami ? Savoir ça… ça lui envoyait des papillons dans l'estomac.


Jackson réalisa qu'il était dans la merde un matin, alors que Stiles le conduisait au lycée.

C'était une belle journée, il faisait beau et chaud, l'air sentait bon, et il y avait un petit quelque chose dans l'atmosphère qui rendait cette journée encore plus belle, mais Jackson ignorait ce que c'était. Il voulait simplement que cela dure toujours.

─ Oh, j'adore cette chanson ! s'enthousiasma Stiles en augmentant le volume.

Jackson le regarda effectuer une petite danse joyeuse au volant, un immense sourire aux lèvres, et chantant les paroles non seulement faux, mais aussi d'une voix de fausset. Il était beau quand il souriait, et ça gonflait le cœur de Jackson, et soudain il comprit.

Il était amoureux de Stiles.

Oh, merde.

Merde, merde, merde.

Il était amoureux de Stiles !


Verdict ?

Qu'en avez-vous pensé ?