Disclaimer: Je ne suis ni blonde, ni anglaise et encore moins talentueuse. Donc JK Rowling, est l'unique et heureuse propriétaire des personnages. Les reviews sont mon seul salaire.

Avertissement: Ceci est un Slash HP/DM. Donc il y aura des hommes, des bisous et du lemon probablement. Classé G mais risque de virer au M par la suite.

Remerciement: Ayons une petite pensée pour ma relectrice, Catya, sans qui ce texte serait truffé de fautes.

N/A: Mieux vaut tard que jamais.

Méditez dessus avant de vous ruer sur la case "review" et de vous plaindre du temps de parution... J'aurais en effet plein d'excuses pour justifier ce retard, mais aucune ne serait convaincante. M'enfin, vous avez tout de même le droit de vous plaindre si ça me fait pardonner

Alors, voici donc le second chapitre. J'espère qu'il vous plaira et surtout, priez Notre Dame du Web pour que je songe à écrire la suite de cette fic un peu plus vite... Merci à tous ceux qui suivent encore après tout ce temps.

Enjoy!


Merci à Alex, Ano, Alma, Angelwyn, Ladyboy, Nekochan Miharu et Zaika pour leurs reviews.


Chapitre2 •

Cela faisait maintenant un mois que Drago se terrait dans l'ombre, derrière sa table de mixage en régie et, à vrai dire, jamais aucun travail ne lui avait plus plu. La lumière était une science à part entière que Drago se faisait un plaisir de dompter. Chaque spectacle, pourtant pareil au différent, était unique en lui-même.

Le stress qui montait quelques heures avant que le Survivant ne monte sur les planches et les mains délicieusement tremblantes au moment d'éclairer la scène de la lumière quasi divine étaient tant de choses qui faisaient adorer ce métier au jeune blond. Et d'ailleurs, son patron lui répétait chaque soir qu'il n'avait jamais vu pareil chef des lumières.

Pour la première fois de sa vie, Drago Malefoy était -trop- passionné.

Chaque soir de représentation, Drago attendait avec impatience -et quelques fois appréhension- la scène la plus forte du spectacle, celle où Harry Potter se déshabillait platement, lui refilant à coup sûr une trique d'enfer. A chaque fois, l'émotion de la scène lui frappait au visage, même si cela n'était pas toujours partagé avec le public.

En effet, Drago avait vu si souvent le Survivant se faire huer, se faire dévisager avec dégoût ou même recevoir la disgrâce de voir des spectateurs quitter la salle lorsqu'il jouait nu qu'il avait finalement pris l'habitude de pareilles choses. Et dans ces moments de solitude, Drago admirait Harry Potter. Il l'admirait de jouer toujours avec autant de conviction alors que le public l'insultait.

-Hey, Sucre d'orge! Sors de ta rêverie, nom d'un Sinistros! Le spectacle commence dans dix minutes et, une fois n'est pas coutume, on fait salle comble! rugit Robert le metteur en scène tandis que Drago lui lançait un regard désintéressé.

Drago appuya sur deux boutons avec le bout de sa baguette pour ouvrir la table de mixage, table qui lançait les sorts de lumière à sa place durant la pièce. Doucement, il avala une gorgée de café froid qui reposait à côté de sa chaise depuis une heure maintenant et se prépara. Une lumière tamisée éclaira la salle aux murs de pierre, tout juste assez pour que les spectateurs trouvent leur chemin jusqu'aux sièges de velours qui leur était réservés.

Heureusement, en un mois, Drago n'avait pas eu à croiser Potter dans les coulisses. Durant les répétitions, il restait bien calé au fond de son siège de sorte que l'ombre des sièges couvre les traits de son visage. Drago était d'ailleurs persuadé que la chance était avec lui, car comme de par hasard, son patron lui-même ne l'appelait jamais par son prénom, trouvant que Sucre d'orge était un surnom bien plus approprié pour un visage de chérubin tel que le sien.

Au fil des séances, Drago avait fini par connaître la pièce par cœur, sachant l'emplacement de chaque pause, chaque mimique et chaque déplacement à la perfection. Et pourtant, même après un mois qu'il la voyait en boucle, Drago était toujours fasciné par la pièce. Certes, le scénario était un peu bateau et la mise en scène était à revoir, mais quelque chose en cette histoire ne le laissait pas indifférent.

Même si Drago n'oserait jamais se l'avouer, il savait que le Survivant jouant merveilleusement un amant homosexuel, nu sur scène qui plus est, n'était pas étranger à cette passion.

Le théâtre possédait une magie que Drago rêvait chaque soir de posséder. Mais il savait qu'il n'arriverait jamais à la cheville du Survivant et surtout, qu'il n'aurait jamais le culot de se déshabiller sur scène. Peu d'acteurs, d'ailleurs, s'y risqueraient...

-Cette histoire ne parle ni de jolies roses en fleur, ni de Cupidon bandant son arc, murmura Drago tel un automate en voyant le rideau se lever.

-Cette histoire ne parle ni de jolies roses en fleur, ni de Cupidon bandant son arc, clama ensuite Cheyenne Spencer dans le rôle de la jolie narratrice. Et pourtant elle nous rapporte le récit d'un amour charnel qui ferait pâlir Roméo et Juliette eux-mêmes. Comme ces derniers, ils sont jeunes, ennemis de sang, amoureux de cœur. La mort les fauchera-t-elle eux aussi avant l'heure?

Drago reporta son attention sur la table de mixage de sortilèges. Il devait bientôt faire un noir après cette courte scène d'exposition pour ensuite rouvrir la lumière sur le visage dur de Potter. Chaque geste était devenu pour lui un automatisme. Lorsque le jet de lumière arriva sur le visage du Survivant, les derniers murmures s'éteignirent, bien vite suivis par quelques timides applaudissements.

-L'public est encore d'bonne humeur, aujourd'hui, intervint un jeune homme boutonneux en entrant dans la salle de régie.

-Salut Marcus, le salua Drago. Alors, t'as vendu toutes les entrées aujourd'hui?

-Ouais, jte le dis, ce public, c'est un bon! Tu l'y aurais pas ensorcelé par hasard? J'parie que ta baguette te démangeait!

-On m'a dit que toi, c'était ta braguette qui te démangeait, plaisanta Drago. Mais non, je n'ai rien fait au public. Surtout, ne t'y habitue pas. Demain, tout redeviendra comme avant et les spectateurs lanceront de nouveaux des tomates, se plaignit Drago. Ou peut-être des concombres, s'ils ont envie de renouveau... Alors aujourd'hui, profite du calme!

Drago avait parlé trop vite. A peine eut-il achevé sa phrase que des huées s'élancèrent des gradins. Sur scène, les acteurs, imperturbables -ou habitués- continuèrent de déverser leurs flots de paroles.

-Ah, ça commençait à m'manquer, ces insultes, lâcha Marcus en chipotant à quelques boutons de la table de mixage.

-Ne touche pas aux lumières centrales, Marc! gronda Drago. Une fois que j'aurai passé l'arme à gauche et que tu reprendras le poste de chef des lumières, tu feras ce que tu veux. En attendant, tu ne touches que si je te dis de toucher!

-Ouais, ouais. Mais faut dire que t'as la belle vie comparé à moi qui dois vendre ces putain de billets...

-Un jour, ton heure de gloire viendra, Marcus. Je te l'ai déjà dit...

-Ouais, si tle dis, Sucre d'orge...

-Arrête avec ce surnom débile et allume plutôt la douche centrale!

-A vos ordres, répondit le jeune homme en s'exécutant d'un coup de baguette magique.

Drago s'enfonça dans son siège et fixa la scène. Sur le front du Survivant, quelques gouttes de sueur perlaient sous les feux de la rampe. Son amant de scène, Jude Marshall, un beau gosse aux cheveux couleur de son, loupa alors une réplique.

En effet, le seul reproche que Drago avait à faire à cette pièce avait un nom. Jude Marshall. Cet homme était aussi beau qu'il jouait mal. C'était d'ailleurs, aux yeux de Drago, une honte de polluer ainsi le jeu de Harry Potter avec un pareil donneur de réplique. Car non, Jude Marshall n'était même pas assez bon pour être appelé acteur. C'était un incapable donneur de réplique, mais malheureusement le seul sorcier de Grande Bretagne qui ait accepté le rôle dans cette pièce à scandale.

D'ailleurs, le public semblait être du même avis que Drago concernant l'acteur. L'un des spectateurs se leva de son siège et envoya une tomate sur scène. Malheureusement -ou heureusement, tout dépendait du point de vue- le légume atterrit en plein sur le visage de Jude et le jus qui gicla aveugla l'acteur un instant. Celui-ci, déboussolé, se prit les pieds dans un câble et tomba en arrière, son crâne heurtant durement le coin de la scène.

-Merde, ça doit faire un mal de chien, s'étonna Marcus à côté de Drago.

-Fais un noir, vite! ordonna Drago qui ne put s'empêcher de laisser passer un sourire sur ses lèvres.

-Quoi?

-Le bouton à ta droite, appuie dessus. Il faut cacher cela au public avec un noir!

Le jeune boutonneux s'exécuta aussitôt tandis qu'un brouhaha s'élevait des tribunes. Certains membres du public se dressaient sur leur siège pour mieux voir ce qu'il se passait sur scène. Sur cette dernière, le metteur en scène s'était précipité, suivi de près par la totalité des acteurs qui s'inquiétaient de l'amorphie de leur collègue.

-Il a l'air mort, fit remarquer l'assistant de Drago.

-C'eut été trop beau, plaisanta le jeune homme blond. Bon, reste ici, je vais voir ce qu'il se passe.

Drago se rendit ensuite dans les coulisses du spectacle. Après avoir dévalé les marches d'un vieil escalier de pierre puis pénétré par delà une tenture noire, il arriva dans le lieu le plus secret du spectacle. Là-bas, c'était l'effervescence. Le corps évanoui de Jude Marshall avait été transporté dans les loges et Robert, le metteur en scène, tentait vainement de le ranimer en lui appliquant un torchon humide sur le front. En vain.

-Fallait vraiment que ça arrive aujourd'hui! râla le vieil homme.

-Peu importe le jour. Tout ce qui importe c'est qu'il risque d'être gravement blessé! le corrigea Orphée, toujours saucissonnée dans sa robe jaune à dentelle.

-Sais-tu, petite idiote, que cette représentation est la plus importante que nous ayons eu depuis le début? La célèbre Amanda Clark est dans le public! On ne peut pas se planter, rugit Robert.

-La petite idiote, elle t'emmerde, Robert! Il faut appeler un médicomage pour Jude!

-Il me faut mon acteur!

-Il va mourir!

-Ma réputation est détruite!

-Je peux le remplacer, intervint Drago pour calmer l'assistance.

-Toi, Sucre d'orge, on ne t'a pas demandé ton avis. Retourne à tes lumières et mêle-toi de ce qui te regarde! Hurla Robert à bout de nerfs.

-Malefoy? s'étonna Harry Potter qui venait juste d'entrer dans la loge et le lorgnait d'un œil intrigué.

-Potter, répondit simplement Drago en détournant son regard de l'acteur.

-Oh, le survivant. Arrêtes de draguer Sucre d'orge et remonte sur scène! Les spectateurs vont partir. Je vous jure que si Amanda Clark part, vous allez avoir de mes nouvelles!

-Qu'est-ce qu'il te fait croire que tu pourrais le remplacer? demanda simplement Harry sans une once de sympathie.

-Je... tu as dû te tromper, je n'ai jamais dit cela, mentit Drago en se rendant compte que la bêtise qu'il avait proposé.

-Tu as dit que tu pouvais le remplacer, ne mens pas, Malefoy!

-Je... je m'occupe des lumières. Je connais le texte par cœur... mais c'était une très mauvaise idée. Oublie!

-Ne me donne pas d'ordre, Malefoy! Je te méprise et si j'avais su que c'était toi qui m'éclairais depuis tout ce temps, je t'aurais fait virer. Mais manque de bol, tu es là et si tu es notre dernière chance de ne pas virer en ridicule, alors je la saisis, animosité ou pas!

-Mais je ne...

-Enfile le costume de Jude, et vite. On a un spectacle qui nous attend!

-C'est hors de...

-Allez, Sucre d'orge, le pressa Robert en commençant à déboutonner la chemise de Drago.

-Mais qui s'occupera de la lumière?

-Tu as toujours promis à mon fils qu'il aurait son heure de gloire aux commandes de la régie, rappela Robert. Cette heure est arrivée, Marcus va être ravi!

-Mais il ne connaît pas les lumières par cœur!

-Tu ne connais pas non plus la pièce! Allez, enlève-moi ce pantalon!

Drago avait presque été entièrement déshabillé par les acteurs. Robert venait tout juste de lui enlever sa chemise et Orphée s'attaquait à dénouer le lien de sa cape. Lorsque Cheyenne entreprit de lui ouvrir la braguette, Drago céda et enfila lui-même le costume qui avait été enlevé du dos de Jude.

Une fois habillé de pied en cape, les actrices le pressèrent vers la scène. Alors qu'il se débattait pour ne pas avoir à monter devant les projecteurs, il entrevit son reflet dans un miroir. Affublé d'une chemise bouffante, d'une fraise et d'un pantalon pourpre, il avait l'air d'un guignol. Pour Drago, c'était une question d'honneur de ne pas monter sur cette scène.

Mais Cheyenne Spencer avait un caractère bien trempé. En voyant leur unique chance de ne pas perdre la face et faire des comédies pour ne pas devoir jouer leur tragédie, elle plaqua sa main sur les bijoux de famille de Drago et les serra violemment. Crispé de douleur, Drago n'eut pas d'autre choix que de suivre l'actrice qui le tenait toujours bien en main.

Sans comprendre comment ni pourquoi, Drago se retrouva catapulté sous les feux des projecteurs. L'adrénaline monta d'un cran, le public applaudit et, de l'autre côté de la scène, le Survivant lui adressa un sourire carnassier qui ne lui disait rien qui vaille...

Dans quel merdier s'était-il encore fourré?

TBC...