Disclaimer : Les personnages cités dans la septualogie (?) d'Harry Potter sont propriétés de son auteur, madame Rowlings, les autres sont de mon cru...


Années : 1971 – 1975

Résumé : Préambule à Trop gentille pour toi, Potter ! et Occasion de retracer un peu l'enfance de personnages qui seront unis dans l'Histoire à jamais. Mini-fic qui comprend des passages de la première (l'amitié, les pouvoirs, le racisme moldu, l'étrangeté de Dumbledore, la compétition, les disputes), la pré-deuxième (les Evans, les Potter, l'été, Pétunia), la deuxième (la lycanthropie, les amis, l'illégalité juvénile, le caractère de Lily), la pré- quatrième (Les Black, les filles, les maraudeurs, Super- Pétunia) et enfin la quatrième et pré-cinquième (James-Lily : Embrasse-moi, moi non plus, garçons vs filles)

--L'indécision fait partie du caractère des auteurs et plus certainement du bien. Ça, et le besoin de rigueur et d'ordre.

J'ai été confrontée à un choix, soit faire disparaître cette fic, soit faire disparaître ces cinq chapitres, soit couper ça en deux beaux morceaux bien séparés. J'ai choisi la dernière proposition en espérant que les gens ne seront pas trop perdus. La suite de la fic (si on peut dire que ceci avait la moindre chose de suivi) est donc bien Trop gentille pour toi, Potter ! (J'y arriverai, un jour, je comprendrai comment j'écris cette histoire et j'arrêterai de changer d'avis tout le temps). C'est le problème des fics qu'on publie avant qu'elles soient terminées : on ne sait jamais ce qui va arriver à l'auteur après.


We were Friends

4.


Pétunia sortit du métro en frissonnant. Elle observa un instant la rue autour d'elle, protégée par le toit la station qu'elle n'avait pas encore quitté. Elle resserra son manteau autour de ses épaules et leva la tête vers le ciel à qui elle fit les gros yeux. Elle détestait la pluie londonienne. Ce n'était pas juste de la pluie, glacée et mouillante. A Londres, la pluie salissait. La pluie s'incrustait partout, collant de légères particules de pollution à votre visage et à vos habits, souillant tout ce qui arrivait à sa portée.

Respirant un coup, la jeune fille s'avança, retenant un cri quand elle se retrouva sous le rideau d'eau. Comment Diable avait-elle pu oublier son parapluie ? Rapidement, d'un petit pas pressé, elle avança, tourna à droit et se retrouva dans une allée sombre. Elle dut plisser les yeux pour apercevoir les quelques perrons s'alignant de droite à gauche. Et dire qu'il était à peine treize heures. Comment faisait-il aussi noir.

Serrant contre elle le paquet qu'elle avait pensé à emballer de cellophane avant de partir, comme quoi, elle pressentait très bien qu'il allait pleuvoir, elle se mit à courir. Elle ne regarda pas le hibou, perché sur le lampadaire éteint, ni le vieux monsieur à l'allure décharnée, qui gobait les gouttes avec délivrance. Elle aperçut au fond de la rue un arbre – ou plutôt l'ombre d'un arbre- vert et vivant. Elle accéléra encore un peu et se retrouva dans une place animée.

A droite et à gauche, des gens criaient, couraient, passant d'un abri à un autre avec une vitesse étonnante. Elle pouvait comprendre, elle aussi donnerait tout pour échapper à cette averse. Elle tourna à droite, secoua la tête propulsant autour d'elle une multitude de gouttelettes. L'eau avait commencé depuis longtemps à infiltrer ses vêtements, ses déplacements étaient entravés par le froid et le poids. Loin de se découragée, elle pensa à Lily et à ses amis, au mal qu'ils s'étaient tous donnés pour que cette soirée soit parfaite. Elle le serait, c'était une promesse faite à elle même.

Elle regarda à gauche, l'immense maison s'élevait sur 5 étages, légèrement grisonnante et bancale. Sûrement la première maison sorcière de l'endroit pourtant molpu... Non, moldu. Elle ferma les yeux, se concentrant sur son rôle. Elle se souvenait des mots avec précision. Il le fallait absolument. Gryffondor, Serpentard, sang pur, sang de bourbe, héritière, Poudlard. Ça allait aller. Ça devait aller. Elle était bonne comédienne. Oui. Un dernier effort pour se rappeler les noms. Walburga mariée avec Orion, parents de Sirius et … Zut, comment il s'appelait le frère ? Régis ? Non, c'était plus long, un nom d'étoile aussi.

Sans céder à la panique, elle jeta un coup d'œil à la plaque. N° 14. Elle avança encore un peu, se retenant de claquer des dents. Regulus ? Non, ce n'était pas ça. Personne ne s'appellerait ainsi. Comment s'appelait-il ? Phineas ? Non, ça c'était le grand oncle qui avait dirigé l'école… Haussant les épaules et se disant qu'elle était définitivement folle d'oser se jeter ainsi dans les bras d'un ennemi potentiel, elle se protégea sous le perron du n°12, et observa d'un air inquiet le serpent qui la fixait.

Elle respira, se concentra. Vert et argent. Sang pur. Héritière. Evary. Elle allait parfaitement le faire. Elle s'était entraînée. Et puis, les sorciers ne devaient pas être si compliqués que ça, même avec leurs idées bizarres, non ? Elle sortit la cape du papier plastique qu'elle tenait contre elle. Bien, elle était à peine humide. Elle enfila l'habit sorcier, sentant directement une douce chaleur l'infiltrer. C'était une bonne chose qu'elle soit un peu grande pour Lily, elle lui seyait parfaitement. C'était un tissu épais et lourd, d'un vert profond et magnifique.

Pétunia se composa un sourire élégant et méprisant, comme elle s'imaginait parfaitement quelqu'un de riche et snob. Elle essaya, combat vain, de remettre ses cheveux correctement, mais la pluie les avait achevé – et elle toqua à la porte.

Aussitôt, avec une rapidité extrêmement déconcertante, celle-ci s'ouvrit. La jeune fille espéra qu'on ne l'avait pas vue en train de s'habiller mais elle avait beau regarder il n'y avait personne dans le grand hall de cette maison. Se disant que ce devait un sort, elle leva le pied pour rentrer, quand un couinement vint du sol.

Oh – Mon – Dieu. Une horrible petite créature à la peau grise se tenait là. Elle avait des yeux atrocement globuleux et des oreilles d'au moins trente centimètres de long. Reprenant son calme aussi vite que possible, elle sourit et lança « Je voudrais parler à Mme Black je vous prie » la petite créature grimaça, puis lui claqua la porte au nez

C'est alors que son franc tomba. Un elfe de maison ! Oui, elle se souvenait bien, il fallait les mépriser. Ils n'obéissaient qu'aux maîtres de maison. Oui, c'était cela, bien sûr ! Qu'elle peur elle avait eu. Bon, est-ce qu'il était parti chercher sa maîtresse ou est-ce qu'il ne l'avait pas entendue ? Elle s'apprêta à retaper contre le vieux bois, quand le serpent releva la tête et lui parla en susurrant des sons qu'elle ne comprit pas.

Son cœur battait la chamade, ses yeux fuyait l'étrange créature et en même temps étaient intrigués que la porte puisse se mouvoir. Celle-ci s'ouvrit d'ailleurs, révélant une femme d'une quarantaine d'année, au visage sévère, maigre et sèche. Elle regarda la jeune fille des pieds à la tête et un rictus déforma son visage. Elle frissonna. C'est vrai qu'avec ses cheveux détrempé et son visage ruisselant, son air de petite fille favorisée par le destin devait avoir disparu depuis longtemps.

N'en tenant pas rigueur, elle articula calmement, laissant traîner sa voix sur les consonne « Madame Black, je suppose ? » La femme acquiesça en plissant les yeux. Elle tira une bouffée d'un long tube métallique qu'elle tenait à la main, puis cracha la fumée au visage de la jeune moldue qui ne s'en formalisa pas. « Veuillez excuser mon état déplorable, mais cette pluie ! » Elle rit un peu, se retenant de secouer la tête. « Et ces gens du ministère qui nous interdisent de faire de la magie en dehors de Poudlard, c'est une honte »

Walburga la fixa encore un instant, avant de se reculer et de la laisser pénétrer dans le manoir londonien. Pétunia se retint de dévisager la pièce d'un air avide, ce n'était pas ainsi qu'aurait été éduquée miss Evary. « Qui êtes vous ? »

« Excusez mon manque de politesse. Je m'appelle Erika Evary. Je suis une condisciple de votre fils. En réalité, si je suis ici, ce n'est pour autre raison que de le convier à une petite sauterie en l'honneur de mon déménagement en Angleterre »

La femme plissa les yeux. « Evary ? Ce nom ne me dit rien »

« Bien sûr, comprenez, mon grand père était haut placé du ministère anglais, il a appris avant l'heure l'arrivée de la guerre et a emmené sa famille en Amérique. Simple question de préserver la descendance. » A nouveau, petit rire hypocrite et bourgeois. « notre nom s'est malheureusement vite effacé des mémoires anglaises. Une erreur que mon frère s'empressera de corriger dès qu'il sortira de ses études. »

La femme lissa ses cheveux blonds cendré un instant, puis, très sobrement, pointa sa baguette sur Pétunia qui ne frémit pas. Mme Black, d'un simple mouvement, la sécha entièrement. Wouah ! Elle adorait la magie ! « Merci » Se contenta-t-elle de répondre à ce geste, comme s'il s'agissait là de la moindre politesse que de sécher son hôte.

« Que voulez-vous donc à Regulus ? » Demanda la mère en lui faisant descendre un petit escalier en pierre qui la mena dans un petit salon décoré comme au 17e.

« Oh, c'est Sirius que j'aurais voulu vous emprunté madame » Sans se départir de son sourire agaçant, elle s'expliqua « je sais que votre fils vous cause de nombreux problèmes... Il suffit de voir la manière dont il traîne avec ces abjectes gryffondors ! » Elle passa une de ses mèches derrière son oreille, ne prêtant pas attention à la créature aussi soumise que la première venant amener le thé. « Cependant, mes parents pensent, avec raison, qu'il est temps que je commence à penser à l'avenir. Aussi dois-je m'entourer de personnes intéressantes, et, sans vouloir vous abuser, Black est un fort grand nom »

La mère éclata de rire, puis reprenant son calme, elle s'exclama « j'aime les jeunes filles entreprenantes qui savent ce qu'elles veulent, moi non plus je n'étais pas destinée à finir dans une telle positon que celle-ci » Les deux femmes échangèrent un regard, sachant l'une et l'autre à quel point le moment était crucial. « Malheureusement, je crains que mon fils aîné n'ait point encore songé qu'il faudrait un jour assumer son rôle dans notre société. Il est tellement plongé dans sa révolte, et malgré toute l'éducation que je tente de lui donner, il ne semble pas réaliser que sa vie se joue maintenant »

« Justement » Interrompit poliment Pétunia en souriant d'un air serein. « Le but, autre que le pousser dans ses responsabilités, est de démontrer à Sirius que nous autres, serpentards de sa classe et de son rang, avons beaucoup à lui apporter. » D'un geste négligeant, elle prit la tasse blanche nacrée et la porta à ses lèvres, prenant garde de ne pas réellement boire. « Il a de grands intérêts à se débarrasser de ses stupides amis. »

L'autre femme acquiesça, et sourit. « Il vous faut être bien courageuse que pour vous lancer dans une telle entreprise. »

« Des efforts combinés peuvent mener à la construction de grandes choses madame » répliqua-t-elle poliment. Walburga sourit.

« Et vos parents, ne vous accompagnent-ils pas dans votre démarche ? »

« Malheureusement, j'ai bien peur que mes parents ne soient retenus encore un bon moment par leurs affaires américaines.» Elle reposa la tasse, et regarda la quadragénaire sévère lui faisant face. Son chignon était tiré vers l'arrière, aucune mèche de s'en échappant. Elle était habillée d'une robe sophistiquée qu'il ne viendrait jamais à l'idée de Pétunia de porter en dehors de grandes occasions. « De vous à moi, madame Black, Sirius a un caractère difficile et indécis. Il serait bien plus simple pour moi de venir quémander la présence de votre autre fils. Mais les Avery, les Malfoy, les Rosier seront là. La présence de votre aîné semble recommandée. »

« Mademoiselle Evary, de vous à moi, je trouve que vous avez un certain culot de venir jusque ici habillé d'une simple cape de voyage et de me parler de mon fils, dont nous savons toutes deux qu'il abhorre les soirées officielles et officieuses de notre cercle, comme s'il s'agissait d'un investissement »

« Sans vouloir être impolie madame, avec tous ces moldus qui rôdent près de chez vous, et sans avoir l'occasion de me défendre à coup de magie, je me voyais mal sortir une belle tunique. » Elle plissa légèrement le nez. « Et sans vouloir me montrer injurieuse envers votre fils, ce que je ne me permettrais pas, Narcissa m'a déjà parlée des problèmes que vous rencontriez à trouver chaussure au pied de Sirius. Nous savons toutes deux que c'est un garçon difficile, et qu'en sa position de futur chef de famille, il se doit de choisir lui même sa future femme. Et je me propose, non pas de vous faire le déshonneur de me proposer, bien que ma famille vous serait un bon investissement, mais de le plonger dans un univers où il ne pourrait que finalement trouver une demoiselle convenable pour lui. »

Walburga fit un signe de tête et agita une petite cloche. Un autre de ces horribles elfes arriva. « Va chercher Sirius ».

La créature disparut, plongeant la pièce dans un étrange silence. « Alors ainsi, vous connaissez Narcissa ? Elle pourtant quitté Poudlard il y a un an. »

« Nous correspondons par courrier. J'ai été heureuse d'apprendre le choix de Lucius sur elle. Elle méritait une telle position » Pétunia sourit, et replaça à nouveau une de ses mèches qui commençait à l'ennuyer sérieusement. Il lui semblait que tout se passait relativement bien.

« Savez vous que ces horribles sangs mêlés qui lui servent d'amis ont osé l'inviter de l'autre côté ? »

Elle fint à merveille de retenir un cri d'indignation. « Je me demande comment ils se sont permis. Tout de même. Et je suppose qu'ils n'ont pas fait l'effort de se déplacer ? »

« Typique de ceux-ci, ce manque de savoir vivre » approuva Walburga. Cette petite lui plaisait beaucoup. « Quelle est la devise de votre famille, ma petite ? »

« Oh » Pétunia se raidit, cherchant rapidement que répondre. « Les honneurs du rang en premier » Récita-t-elle une phrase en français qu'elle avait entendu lors d'une reconstitution historique. Puis, elle espéra réellement que l'aristocratie sorcière anglaise avait également eu l'habitude d'utiliser le français pour se séparer de la populace.

La femme jeta un regard énervé à la porte, qu'apparemment son fils ne semblait pas pressé de franchir, puis revint sur la jeune fille. « Voilà qui confirme que votre éducation a été rondement menée »

« Effectivement » Puis, avant qu'elle ne cherche un sujet moins dangereux, un jeune homme d'une quinzaine d'année pénétra, et se figea à la voyant. Pitié, qu'il ne fasse pas d'erreur.

« Sirius ! » l'interpella sa mère. « Tiens toi correctement veux-tu ! Et viens saluer ta camarade de classe ! »

Il cligna trois fois des yeux, se demandant s'il rêvait, puis s'approcha de Pétunia à qui il fit un sobre baisemain. Elle pouvait clairement voir l'interrogation dans ses yeux. « Miss Evary » Reprit sa mère « Nous a gentiment fait la proposition de t'emmener à un après midi durant lequel tu pourras enfin faire connaître ton nom là où il doit l'être »

Il plissa les yeux, interrogeant la jeune blonde du regard qui, avec un regard aussi méprisant qu'elle put, asséna d'une voix étrangement tranchante « Et je t'en prie Black, ne nous fait pas ton caprice 'je ne fréquente pas les serpentards' »

Toujours sans voix, il acquiesça. Il jeta un regard à sa mère qui semblait ... heureuse ? Il était prêt à parier qu'elle ignorait que la jeune fille était moldue. « Bien, si vous me permettez, je vais contactez mon mari par cheminée, je ne voudrais pas prendre une décision sans son accord »

« C'est évident » Approuva Pétunia en souriant. « Si vous permettez, je vais choisir à Sirius une tenue respectable »

« Faite donc en sorte qu'il ne nous fasse pas honte pour une fois » La femme partit, tandis que Pétunia se laissait guider vers sa chambre, lui interdisant de parler tant qu'ils n'étaient pas à l'abri.

« T'es folle ? » Cria-t-il à peine eut-il fermé la porte. « Et si tu t'étais fait prendre ? Tu sais ce qu'elle aurait fait ? »

« Je ne me suis pas faite prendre » Coupa aussitôt la sœur Evans. « Et ne me fait pas la morale, d'accord. Je me suis très bien débrouillée, et tu vas pouvoir passer l'après midi avec tes amis sans te faire punir après. »

Il secoua la tête, n'en revenant pas du culot qu'elle avait eu de faire croire à sa mère qu'elle était une héritière aristocrate. Il se tourna vers son armoire et choisit une de ces horribles robes que sa mère affectionnait tant. « Merci quand même » murmura-t-il.

A ce moment, Regulus pénétra dans la pièce en souriant. « Mère vient de me dire qu'une de mes copines de serpentard était là. Bizarrement, je ne connais aucune Evary »

« Si tu lui quelque chose » Commença à s'énerver son frère, mais Pétunia, qui n'avait pas dit son dernier mot, se leva du lit et l'arrêta.

Elle se plaça devant Regulus qui la regarda, dégoûté, sachant parfaitement ce qu'elle était. Une moldue. Dans sa demeure ! « Regulus, c'est ça ? » Demanda-t-elle. Puis, sans attendre la réponse, elle ajouta « Dis la moindre chose à ta mère, et je lui dis que tu corresponds avec madame Potter depuis quatre ans pour orchestrer les sorties de Sirius chez eux sans son consentement »

Les deux Blacks retinrent une exclamation étouffée en même temps, et se regardèrent comme si c'était la première fois qu'ils se voyaient. Apparemment, Sirius ne savait pas que son frère l'aidait d'une quelconque façon dans quoique ce soit. Le plus jeune soupira et serra les poings, avant de lui cracher hargneusement

« Comment as-tu pu tromper mère ? »

La jeune fille haussa les épaules et poussa Sirius derrière une sorte de grand paravent pour qu'il se change. « J'ai lu des trucs sur la magie, les journaux, j'ai regarda la tête de tous les petits poinçus de ton genre dans les chroniques de Poudlard, j'ai savamment cuisiné Lily, James et Remus. » Elle lui sourit hypocritement et ajouta « Et je fais du théâtre depuis que j'ai 4 ans. Ça porte juste ses fruits »

Sirius apparut alors, et pointa un doigt vers son frère, il s'exclama « Toi et moi, on va discuter quand je rentrerai »

Regulus prit l'air le plus dégoûté qu'il put, puis s'exclama avant de quitter la pièce en claquant la porte « De toute façon, Mère l'apprendra, et là, vous payerez tous les deux »

Sirius soupira doucement, essayant de remettre de l'ordre dans ses pensées. La dernière chose à laquelle il s'était attendu était de voir débarqué la sœur de Lily dans sa maison, avec des renseignements de premier ordre sur le monde magique et connaissant des choses sur son frère que même lui ignorait.

« On y va ? » demanda-t-elle en souriant et en lui proposant son bras. Il s'apprêtait à s'en saisir, se demandant vaguement depuis quand les filles avaient ce genre d'initiative, mais elle le retira aussitôt. « Fais un effort Sirius !

Tu te souviens, je suis sensée t'obliger à me suivre à cette fête- tu es sensé ne pas m'aimer du tout »

Il acquiesça, un peu perdu, puis la suivit dans l'escalier en traînant les pieds, ce qui était sa démarche naturelle dans cette maison. Sa mère les attendait au bas des marches.

« Tiens toi droit » Le corrigea-t-elle quand elle l'aperçut. Il fit un effort minuscule pour redresser un peu les épaules, mais il se fichait pas mal de ce qu'elle racontait. Elle s'approcha, replaça ses cheveux un peu plus correctement, releva le col de sa robe, l'épousta et le darda d'un regard sévère. « Vous avez bon goût mademoiselle Evary, cette robe est parfaite pour l'occasion. »

Pétunia sourit, très amusée du fait que la mère ne trouve aucun goût à son fils mais le félicite pour son choix quand elle ne savait pas qu'il en était à l'origine. « Et si je refuse d'y aller ? » Demanda courageusement Sirius, cachant au mieux son envie de sortir de là au plus vite.

« Tu iras, et sans discuter » Elle le prit par l'oreille, le faisant grimacer et l'emmena vers la cuisine. « Tenez, voici un peu de poudre » Elle tendit à Pétunia un petit pot en terre cuite. La jeune fille s'en saisit et observa la poudre un instant, se demandant vaguement ce qu'on attendait d'elle.

Sirius, ayant remarqué son trouble, en profita pour bien montrer à sa mère sa répugnance face à la 'serpentard'. « Bravo, et c'est avec ça que je dois passer l'après-midi ? Elle a peur de se salir les ongles en prenant une poignée de poudre ? »

« Vas tu te taire, petit insolent ! » le reprit automatiquement Walburga, mais la jeune blonde – qui avait compris le message et prit une poignée de la substance avant de donner le pot à Sirius -s'exclama au même moment :

« Vas-tu arrêter de parler comme si je n'étais pas là ? » La mère de Sirius, peu habituée à tant de caractère chez une demoiselle sourit.

« N'hésitez pas à le reprendre s'il le faut » Affirma-t-elle. Au moins, il ne partait pas n'importe où. « Et prévenez moi de tout débordement de comportement, je le punirai en conséquence »

« Ne vous en faîtes point madame » Sourit Pétunia avec un regard entendu « Ce n'est pas aujourd'hui qu'il fera honte à votre nom »

Avec un geste d'assentiment, elle poussa son fils vers le feu. Pétunia eut un geste de recul, mais la femme se retourna et lui demanda « Et bien qu'attendez vous ? »

« Oh oui » Elle se mit à côté de Sirius, qui lui fit un sourire rassurant et lui chuchota « Jette la poudre, rentre dans la cheminée et articule nettement 'chaudron baveur' »

Pour appuyer ses dires, il jeta sa propre poudre dans l'âtre et fit un pas à l'intérieur de flammes… vertes. Pétunia ouvrit de grands yeux, jeta sa poudre à son tour, et vint se positionner à côté du jeune brun, et ensemble, ils crièrent leur destination.

Le sol trembla sous ses pieds, tandis qu'une légère chaleur enveloppait tout son corps. Elle se sentit tourner, à un rythme effréné, dans tous les sens, apercevant parfois devant elle des scènes cocasse de sorciers, éphémères et insaisissables. Finalement, le retour avec la réalité fut un peu brusque, ses pieds heurtèrent le sol et elle fut propulsée

en avant.

Tombant à genou, elle toussa, pour essayer d'évacuer les dernières cendres, et prit la main que Sirius lui tendait pour se relever. Il lui sourit. « Premier voyage ? »

« C'était trop cool ! » S'exclama-t-elle, toute enjouée. « C'est comme les grands huit, en mieux ! »

Il se gratta l'arrière de la tête, sans oser demander de quoi elle parlait. « Sûrement »

« Et c'est quoi ici ? » grogna-t-elle en regardant autour d'elle. Les murs étaient gris de crase, au plafond pendaient des toiles d'araignées qui semblaient être là depuis des lustres. Aux petites tables rondes, qui d'ailleurs semblaient prêtes à s'affaisser à tout moment, étaient assis de drôles de personnages, presque tous vêtus de grandes capes hideuses, comme s'il cherchait à se protéger de la vue des autres. « C'est un repère de vampires ? » murmura-t-elle, en jetant de petits regards effrayés un peu partout.

Sirius la fixa un moment, se demandant si elle se moquait réellement de lui, puis, éclata de rire. « C'est un bar » Expliqua-t-il, trouvant étonnant que Lily ne l'y ait jamais emmenée. « Devant le chemin de traverse. Si tu sors par l'avant, monde moldu, si tu sors par l'arrière, monde sorcier »

Elle acquiesça, puis quitta à regret la cape sorcière, qu'elle rangea roulé en boule au fond d'un sac, et se força a adopter un air décontracté en avançant vers la porte de sortie. Le jeune homme la rattrapa « Par là, c'est les toilettes » Il enleva sa cape à son tour, et ajouta « J'éviterais d'y aller sans savoir lancé un bon sortilège de récur'vite »

Mais Pétunia ne réagit pas, le fixant, bloquée sur sa tenue. Ses yeux semblaient tout à coup très globuleux et son cou s'être allongé de quelques centimètres. « Tu ne comptes pas sortir comme ça ? » Essaya de se rassurer la jeune fille.

Sirius baissa la tête sur son polo jaune, et son pantalon noir. Il trouvait que ça lui donnait l'air bien. Bon, le jaune lui allait mal, il lui donnait un air malade, mais c'était le seul que monsieur Evans n'avait pas encore jeté et qu'il avait accepté de lui donner pour ce genre d'occasion (ça datait de l'année précédente, c'était un peu serrant, mais puisqu'il rentrait dedans, il continuait à le porter). Le pantalon était aussi de monsieur Evans. Le père des deux filles voulait s'en débarrasser et Sirius avait sauté sur l'occasion d'échapper à une séance torture 'faisons les boutiques moldues' avec Lily. Un petit sort de raccommodage avait largement suffit.

Bon, le pantalon avait été raccourci au niveau des chevilles et ça le serrait un peu, et puis, ça laissait légèrement entrevoir ses chaussettes vert- serpentard (cadeau de tante Lucretia). Il haussa les épaules. Ce n'était pas de si mauvais goût ?

« Bon » Elle jeta un œil à la grande horloge du bar, puis décida « Il reste une demi-heure, on va vite aller t'acheter quelque chose de passable et après on rentrera rapidement en métro »

« Non, pas les boutiques ! » Supplia Sirius « S'il te plait, n'importe quoi mais pas les magasins de vêtements »

« On y va » Ordonna la jeune file en se dirigeant rapidement vers la bonne porte. « Et cesse de te conduire comme si tu avais 4 ans ! »

« Je t'en prie » Continua-t-il, terrorisé à l'idée de ce qu'elle allait faire de lui « Je t'embrasserai les pieds »

« N'y pense même pas » Coupa-t-elle avec une moue dégoûtée

« Je ferai la cuisine ce soir ! » Proposa-t-il. Elle arqua un sourcil. « Je… Je te prêterai des livres de magie sans le dire à Lily » Elle fit non de la tête. « Je serai ton esclave pendant toute la semaine ? » Essaya-t-il en désespoir de cause.

« Bien » Elle accepta « Et je refuse que mon esclave s'habille pareillement. Donc, on va faire les boutiques ! »

Puis, elle s'exclama en le tirant derrière elle « Je me demande ce qui a pu t'arriver pour que tu aies peur d'habits »

Sirius ne répondit rien, se rappelant avec horreur ce jour où sa mère avait laissé sa cousine Bellatrix le surveiller et qu'elle l'avait habillé avec toute une multitude de robes, puis emmené au magasin chercher des chaussures. Il frissonna. C'était le genre de souvenirs qui vous poursuivait une vie entière.

A sa grande surprise, la jeune Evans ne l'emmena pas dans un de ces petits magasins où le client est accueilli est suivi partout où il veut aller, mais dans une énorme boutique qui vendait tout et rien. D'abord, il se demanda vaguement pourquoi elle l'avait emmené dans un endroit où l'on vendait des fruits et des légumes, puis, les rayons défilaient, et il s'aperçut que c'était le magasin le plus immense qu'il ait jamais vu !

« On est où ? »

« Tesco » Elle le tira vers un rayon où s'empilaient de toute part des vêtements multicolores et variés. Avec un rougissement de la part de son compagnon, ils dépassèrent la section sous-vêtements pour enfin atteindre le prêt-à-porter homme. Pétunia n'était pas férue de mode – c'est à dire qu'elle n'était pas gênée de se promener avec quelqu'un qui ne connaissait pas le sens de ce mot – mais les vêtements du sorcier ressemblaient vaguement à ceux qu'elle avait interdit à son père d'encore porter l'année passée et qu'il avait promis de déposer à une œuvre de bienfaisance. « C'est un supermarché » précisa-t-elle quand elle s'aperçut qu'il réagissait comme s'il était entouré d'envahisseurs.

Elle avait bien fait l'effort de jouer la parfaite petite sorcière, il pouvait au moins supporter un peu la lumière des néons, non ? Elle sélectionna deux pantalons passables et rapidement un tee-shirt et un sweater, lui fourra le tout dans les mains, et le poussa dans la cabine d'essayage sans entendre ses cris de négation. Parfois, elle avait l'impression que les sorciers vivaient encore à l'ère néolithique.

Quand il ressortit deux minutes plus tard, elle fut pleinement satisfaite de ce qu'elle voyait. Mais le pantalon était encore un peu court. Elle lui ordonna d'essayer le second. Cette fois, c'était juste ce qu'il fallait. Un jeans léger, un tee-shirt foncé qui lui allait beaucoup mieux, et un pull gris juste à sa taille. Elle sourit, récupéra ses autres vêtements, puis l'emmena vers les caisses.

« Mais » Tenta-t-il « Je suis pas sensé les enlever ? »

Pétunia répondit en s'arrêtant et en sortant une paire de ciseau de son sac. Sirius, légèrement inquiet, recula en levant les mains pour se protéger. Mais elle l'attrapa d'une main autoritaire et coupa les trois étiquettes ; puis, ils passèrent pour payer.

« Salut Angie » s'exclama la blonde « Tu peux passer ça, j'avais besoin qu'il porte ces habits »

La caissière sourit, et prit juste les étiquettes qu'elle pointa grâce à une série de barres dessinées les unes à côtés des autres. Et après, on dirait encore que les moldus ne sont pas bizarres ?

« Pétunia ! » S'exclama gaiement la caissière « ça fait longtemps. Tu as changé d'horaire ? »

« Je fais les soirées, tu sais avec l'école et tout ça… » Les deux filles se sourient, et dans un mouvement identique, remirent leurs cheveux correctement. « Mais pendant les vacances, je reviendrai plus souvent »

« Voilà, ça fera 27.45£ avec la réduction pour le personnel. »

« Merci 'gie. Tu ne voudras pas déposer ça dans le dépôt pour l'armée du salut ? » Demanda-t-elle encore à sa collègue, en lui tendant les autres affaires de Sirius. « Je ferais un blasphème en le laissant les porter encore »

« Bien sûr » Elle encoda quelque chose sur le clavier, puis le salua en faisant un clin d'œil à sa copine. « Rancard ? »

L'autre fit une grimace révélatrice. « J'ai l'air pervers ? C'est un copain à ma sœur- ça s'apparente plus à du babysitting »

« Dommage, il est canon pour un gosse »

Avec un dernier signe de la main, elle traîna Sirius à travers les portes vitrées – d'ailleurs, il ne comprenait comment des portes pouvaient savoir quand il passerait sans le hacher menu, puis ils se précipitèrent en courant dans la rame de métro à quelques pas de là, pour éviter la pluie qui continuait de tomber averse.

« Je te rembourserai » Signala-t-il quand ils furent en chemin vers Capel.

Elle lui fit une gentille bourrade sur l'épaule. « Considère ça comme mon cadeau d'anniversaire » Puis, elle se reprit et ajouta « Au fait, joyeux anniversaire, j'allais oublier »

Sirius fit un geste évasif de la main, montrant tout son attachement à cette stupide journée. Après tout, cela faisait 13 ans qu'il passait cette fête idiote en famille, avec réception et toutes ces choses horribles auxquelles les femmes semblent porter tant d'intérêts.

Quand tu es petit, c'est tout bonnement la pire des choses, parce qu'au lieu d'aller jouer, tu dois être à table, et bien te tenir et ne pas dire de gros mots. Et c'est encore pire quand tes cousines, qui se considèrent comme des grandes, refusent de t'adresser la parole et tentent de s'immiscer dans la conversation des adultes sans y parvenir.

En grandissant, c'est de pire en pire. On te demande de mieux en mieux te comporter – on peut accepter un débordement de joie à 4 ans, mais pas à 8 – et de mieux te tenir. A dix ans, tu commences à avoir des cours de maintien, pour apprendre de quoi tu peux parler à table, et ce qu'il ne faut pas dire. Quels couverts il faut utiliser, quels gestes la galanterie exige – et depuis peu, Sirius avait appris que cet été, il allait avoir un cours sommaire d'œnologie- pour reconnaître les bons vins.

Alors, son anniversaire, Sirius avait appris à le vivre comme une pénitence, surtout qu'étant situé au 1e juillet, il signait le 1e jour de vacances et surtout, le retour dans la famille où il allait devoir répondre de toutes les lettres et les on-dit dont ses parents avaient eu vent pendant l'année. Oui, définitivement, il n'aimait pas son anniversaire.

Mais cette année, cela allait être différent.

« Alors, on va chez toi ? » Demanda-t-il, faisant se retourner la tête d'une vieille dame qui les fixa d'un air réprobateur. Il lui sourit, ne comprenant pas pourquoi elle persiflait quelque chose à propos de la décadence de la jeunesse.

Elle acquiesça, tandis qu'ils tombaient dans un silence léger. Il regarda un instant les graffitis du tunnel défiler devant ses yeux, se demandant vaguement ce que Madame Potter allait pouvoir inventer cette année pour convaincre l'horrible et vindicative Walburga de laisser son fils profiter de ses vacances et de ses amis. Il espérait que les Potter ne partiraient pas trop longtemps en vacances, même s'il se doutait que ce serait jusqu'à la première quinzaine de juillet. Comme tous les ans.

Après, comme d'habitude, la fabuleuse mère de James viendrait le tirer des griffes de sa famille pour qu'ils passent le reste de l'été ensemble. Ce qui fit un coup à Sirius, c'est de se rappeler ce que Pétunia avait dit à Regulus… Ainsi ce petit morveux arrivait à faire une bonne action par an – aider son frère à s'enfuir de la maison.

« On y est ! » S'exclama avec entrain la jeune fille en le tirant hors du tram. Il regarda autour de lui, trouvant le coin charmant. Ce n'était pas trop loin de la ville, le métro n'avait pris que 20 minutes, et c'était très cosu. De petites maisons blanches, qui s'alignaient avec de petits jardins rectangulaires très bien entretenus. L'endroit semblait tout droit destiné à accueillir une pancarte comme 'Ici, le village du bonheur perpétuel'. En plus, il ne pleuvait pas.

Ils traversèrent le village, et il ne put que remarquer avec effarement que Pétunia semblait connaître tout le monde dans la banlieue. Elle faisait des signes à tous les jeunes, leur souhaitant principalement de profiter de leurs vacances, elle remerciait tel ou tel adulte pour lui avoir rendu certains services, et les vieux l'invitaient la plupart du temps à venir discuter avec eux. Elle déclinait toujours poliment l'invitation, et leur promettant de passer un autre jour.

A vrai dire, c'était assez effrayant. Pour finir, ils atterrirent devant une demeure tout aussi blanche que les autres, avec un jardin tout aussi entretenu que les autres, bref, la seule chose qui différait du voisin était le numéro sur la petite boîte aux lettres rouges et le bruit qui s'échappait régulièrement de la maison. Il semblait y avoir de l'agitation.

Alors qu'ils s'approchaient, Sirius aperçut un pan de rideau s'élever, puis s'abaisser rapidement, et quelqu'un dire suffisamment fort pour que lui aussi entende « Ils arrivent »

Il ne dit rien, et sourit. Ils avaient organisé quelque chose ? Pour lui ? Quand ils ouvrirent la porte, elle ne grinça pas comme cela le faisait toujours chez lui. Le silence les accueillis, suivit de chuchotements pas très discrets : « 3… 2… 1… »

« Bonne anniversaire Sirius » S'exclama alors Peter en se relevant de derrière le fauteuil, puis, il jeta un regard autour de lui, pour s'apercevoir qu'il était le seul à avoir crié.

« Peter ! » S'exclamèrent une dizaine de voix différentes, tandis que leurs propriétaires se relevaient. James, qui était caché juste à côté de Peter le fusilla du regard « On avait dit qu'on criait à 0 ! »

Sirius jeta un coup d'œil à ses amis qui se chamaillait et éclata de rire… Comme quoi, certaines choses ne changeraient jamais.

Lily s'approcha de lui et le serra dans ses bras en lui mettant un petit paquet dans les mains, avant de se retourner vers sa sœur. Le garçon décida de s'éloigner le plus possible avant que la tornade Evans ne déclenche… juste au cas où l'aînée avait autant de coffre que la cadette…

« Salut » Salua-t-il les trois garçons. Ils se figèrent, stoppant par le même coup leurs remontrances sur Peter, puis lui sautèrent dessus.

James lui ébouriffa les cheveux. « Joy'eux annif ! »

« Bonne fête Si » Grogna Peter – apparemment vexé et honteux – en lui faisant une grosse tape dans le dos, qui le fit tomber en avant et finir dans les bras de Remus

« Tant d'affection… c'est trop Sirius ! » Celui-ce se releva, essayant sans succès de se frotter le dos là où il venait d'être agressé par son 'ami' « Je sais que rejoindre enfin les grands, c'est important… »

« C'est ça, moque toi » Le reprit aussitôt Sirius « Comme si j'avais décidé d'être le plus jeune du groupe » Il fit semblant de râler une minute, puis, s'apercevant que les trois autres n'avaient pas l'intention de lui tendre ses paquets, les leur arracha des mains. « Toute façon, Lily a pas encore 14 ans non plus ! »

Il alla s'installer dans un des sofas de la pièce, et commença à déballer ses paquets, définitivement persuadé que c'était le meilleur anniversaire qu'il ait eu. Il fit un gros tas avec les quatre cadeaux, puis jeta un coup d'œil autour de lui… Ce monde ! Ils avaient invité le tout Poudlard ?

Une fille qu'il se rappelait être dans sa classe s'approcha de lui, et lui sourit en lui tendait elle aussi un cadeau. « Merci » Il réfléchit un moment… « Swann »

La jeune brunette rit et lui tapota la tête comme s'il était un caniche - non, mais est-ce qu'il avait la tête d'un chien que tout le monde lui caressait le crâne ? – et s'en alla en racontant à une autre fille qu'il s'était même souvenu de son nom. Décidément, les filles sont des créatures étranges.

Il se passa un moment de flottement durant lequel il reçut beaucoup de paquets, qu'il se contenta d'empiler les uns sur les autres – il ne se savait pas si aimé ! – puis un garçon plus âgé vint s'asseoir à côté de lui.

« Alors, Pétunia dit que ta mère est bizarre » Engagea-t-il la conversation. Sirius fronça les sourcils, se demandant s'ils s'étaient déjà rencontrés un jour, et acquiesça.

« C'était complètement suicidaire de sa part de venir à la maison »

« J'ai cru comprendre en entendant Lily crier » Il réfléchit, puis ajouta « Pétunia a l'habitude, ma mère ne l'aime pas trop non plus » Il haussa les épaules, et Sirius regarda ailleurs. « Au fait, je suis Aubrey, un copain de Pet, je voulais juste savoir avec qui elle avait passé l'après midi »

Le sorcier le regarda et rit. « Aucune raison d'être jaloux… Cette fille est aussi tortionnaire que sa sœur »

« C'est que tu ne connais pas encore maman Evans »

« Boh… monsieur Evans a l'air plutôt cool » Aubrey fit la moue un instant, et Sirius rajouta « Enfin, je sors pas avec une de ses filles moi »

« Faut dire qu'en voyant le nombre de filles qu'il y a ici, tu dois plutôt avoir le choix… » Murmura pensivement l'autre avant de se lever et d'aller à la recherche de sa petite amie. James, Remus et Peter vint s'asseoir près de lui en lui fourrant un verre blanc dans les mains. A sa grande surprise, le verre craquait et pliait quand il le serrait un peu fort, et il était rayé. Pas comme s'il était vieux, plutôt comme s'il était moulé ainsi, dans cette drôle de matière.

« C'est une gobelet en plastique » Récita James avec un air ravi « Quand la soirée est finie, tu les jettes à la poubelle. Les moldus n'aiment pas faire la vaisselle »

« C'est surtout qu'ils ne se cassent pas » Ajouta Peter en froissant son verre lui-même, puis jurant car il s'était fendillé et que la boisson coulait sur lui.

Sirius renifla le contenu du 'plastique' et grimaça « Moi qui croyait que j'aurais droit à un peu d'alcool pour fêter dignement mes 14 ans »

« Pas avant 21 ans » Lily s'installa près d'eux, avec une bouteille de… champagne ?

« C'est pas 17 ? » demanda James en se grattant la tête.

« Pas chez les moldus » Elle déboucha sa drôle de bouteille et en versa dans cinq verres vides. « De toute façon,

Pétunia et moi refusons que la moindre goutte alcoolisé franchisse le seuil de la maison de maman »

« Et ce truc ? » Demanda Sirius en pointant son verre duquel se dégageait une douce odeur fruitée. En plus, ça pétillait. Les seules boissons pétillantes qu'il connaissait étaient des alcools.

« C'est une sorte de limonade – cidre pétillant sans alcool spécial pour les fêtes. » L'informa Lily « Les moldus sont bien plus inventifs que les sorciers dans ce domaine »

Sirius – accompagné des autres – plongea ses lèvres dedans avant de s'exclamer « C'est meilleur que le bordeaux en tout cas ! »

¤ - ¤ - ¤ - ¤ - ¤ - ¤ - ¤

« Lily ? »

La jeune fille, qui s'apprêtait à rejoindre les garçons, qui après une course chevronnée dans toute la maison s'étaient laissés tomber dans les fauteuils, se retourna. Devant elle se tenait une jeune fille blonde, peut-être un an plus vieille qu'elle et qui se tortillait les mains

« Salut, je suis Mary Rose, quatrième année, serdaigle » Elle lui tendit la main, amusée de l'air étonné de Lily. « Je me demandais si t'avais pas envie de venir t'asseoir avec nous ? » Elle lui sourit, dévoilant une ligne de dents blanches parfaites mais recouvertes d'une traînée rouge.

Lily fronça les sourcils. « Heu, t'as un truc dans les dents » Fit-elle remarquer. Mary se frotta les dents avec le bout du doigt, puis essaya de reprendre contenance.

« Ah heu, problème de maquillage, tu dois connaître ça »

« Non » Avoua Lily en regardant plus loin que cette 'Mary Rose' et s'apercevant qu'une toute une bande de filles la dévisageait avec curiosité. Qu'est-ce qu'elle avait fait ?

« Oui, enfin » Reprit l'autre « On se disait, tu sais, tu traînotes beaucoup avec les » elle se pencha en avant et murmura du bout des lèvres, d'un air conspirateur « Les maraudeurs »

Lily ouvrit les yeux, d'un air idiot puis réfléchit. C'était la première qu'elle entendait ce nom. Elle traînait avec eux maintenant ? « Heu, qui ça ? »

« Les maraudeurs ! » Souffla Mary en levant les yeux au ciel. « Ne me dis pas que tu ne sais pas ? »

« Ben, non » Avoua Lily en levant les yeux au ciel à son tour. C'était exactement pour ce genre de cas qu'elle ne faisait pas copine avec les filles. « À part James, Sirius, Remus et Peter je traîne avec personne »

« Justement ! » s'enjoua l'autre d'un ton aigu « Ca te plairait de devenir membre d'honneur de notre club ? » Questionna-t-elle en jouant des sourcils. Lily se mordit la joue.

« Quel club ? » Un bruit de verre brisé retentit au fond du couloir, suivit de cris. Elle se précipita, pour trouver le vase de sa mère brisé sur le sol, et autour des sorciers qui la regardaient.

« Ben, t'avais pas mis de sort anticasse ? » Demanda bêtement un « Si on avait su, on aurait pas jouer à se le lancer »

Avant qu'elle ne s'énerve, l'un d'eux sortit sa baguette et recomposa l'objet. Elle arqua un sourcil. « Et l'interdiction de faire de la magie en dehors de Poudlard ? »

Il haussa les épaules. « Mon père travaille au ministère, il réglera ça ». Le groupe se dispersa, tandis que Lily leur criait de ne plus toucher aux objets de sa maison. À ce moment, un hibou pénétra par une fenêtre ouverte et vint se poser devant le garçon qui avait lancé le sortilège – sans doute un avertissement. Lily leva les yeux au ciel, puis essaya à nouveau de ses diriger vers ses amis, mais une main l'attrapa par le bras, et la tira sur une chaise de la terrasse. Elle jeta un coup d'œil autour pour se rendre compta qu'elle attablée avec des filles – beaucoup trop de filles.

« Alors Lily » Commença Fagnes Lancelot, une de ses compagnes de chambre. Lily et elle s'était plus ou moins bien entendues au début de la première, c'était pour ça que c'était elle qui parlait. « Mary m'a dit que tu voulais jouer l'ignorante… »

« C'est à -»

« Allons, tu ne vas dire que tu ne connais pas les maraudeurs quand même ! » S'exclama avec entrain Kessy, une autre de ses condisciples. « Tu n'est pas être aveugle quand même. Pas à ce point-là du moins ! » Se reprit-elle.

Lily ouvrit de grands yeux, observant chacune des filles, se demandant réellement de quoi on parlait ici. « Je ne sais pas qui sont les maraudeurs » Expliqua-t-elle lentement, en détachant chaque syllabe. « Si vous pouviez ma laissez partir mainte -»

« Non ! » Un murmura parcourut la table, puis Fagnes reprit. « Tu sais quand même que ce sont eux, Les bombabouses chez Binns ? »

« Et les crayons ensorcelés de McGonagall qui l'empêchaient de mettre moins que E ? »

« Et les bieurraubeure au banquet de fin d'année ? »

« Et les cheveux roses de Slughorn ? »

« Et la transformation des serpentards en poules ? »

« Et -»

« C'est bon ! » Interrompit la rouquine. « Vous êtes en train de me dire que vous avez donné un nom de groupe aux garçons ? »

« M'oui » acquiesça Swann, avec une mimique gênée. Lily savait la jeune fille facilement mal à l'aise et timide. Elle se laissait facilement emmenée par les autres. « On s'est dit que tu étais un peu trop… »

« Sérieuse »

« Rabat-joie »

« À cheval sur le règlement »

« Raisonnable » La jeune fille termina sa phrase en trucidant les autres du regard « pour participer à tout ça. Même si d'une certaine façon, tu étais au courant »

« Evans, sans rire, on t'imagine mal forcer ce pauvre prof de Défense contre les forces du mal à baver à chaque fois qu'il essayait de parler » Ajouta Kessy

« Et vraiment, cette chose d'avoir libéré les balles de quidditch pour qu'elles s'enfuient avant les entraînements de serpentard, ce n'est pas le genre de choses dont tu pourrais avoir l'idée » Fit remarquer Judy March. « Sans vouloir t'offenser bien sûr »

« Bien sûr » Répéta Lily, légèrement – mais très légèrement – vexée. Après tout, pourquoi serait-elle offensée d'entendre ces filles – auxquelles elle avait peut-être parlé trois fois dans le meilleur des cas – faire le procès de ses défauts ? « Et vous me dites ça car ? »

« Pour les infos ! » Glapit Kessy en se frottant les mains l'une contre l'autre. Lily grimaça. Elle avait l'impression de s'être faites kidnappée par une organisation mafieuse. Kessy, qui semblait se rendre compte du manque de féminité dans le fait de presque baver d'anticipation, se reprit et remit une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Tiens, elle n'était pas châtain la dernière fois que je l'ai vue ? Se demanda Lily en observant la blondeur un peu trop paille de ses cheveux. « Enfin, je veux dire, tu es proche d'eux »

« Donc tu sais des choses »

« Et ça nous intéresse »

Oui, un groupe parfaitement organisé. Ou bien ces filles partageaient un seul cerveau, ce qui expliquerait leur faculté de penser toujours toute la même chose. « Je n'ai rien à vous dire » Décida Lily d'une voix dégoûtée- et horrifiée aussi, il fallait l'admettre.

« Mais Lily » Essaya Shaïni, la seule autre rousse de son année à Gryffondor qui – s'étant aperçue à quel point roux et rouge juraient – avait opté pour le blond également, à l'âge de 11 ans. Quatre jours après la répartition si Lily se souvenait correctement. Elle avait emmené avec elle le nécessaire pour changer ses cheveux en fonction de la maison dans laquelle elle serait. « Je ne vois pas à quoi ça te sert de garder des infos croustillantes pour toi – c'est de l'égoïsme ! »

« C'est leur vie privée, à vos chers maraudeurs » Elle se leva, bien décidée à ne pas rester une minute de plus avec ces harpies. « Et malgré ce que vous pouvez penser, l'amitié est quelque chose qui ne se trahit pas »

« Ils ont juste pitié de toi » Fit remarquer Mary d'une voix moqueuse « Tu crois franchement qu'ils n'en ont pas marre que tu traînes dans leurs pattes ? »

Lily bouscula sa chaise et partit rapidement, sans entendre les autres filles reprendre la Serdaigle pour son manque de tact. Elle aurait pu le dire plus gentiment !

Elle se dépêcha de sortir, et s'assit sur le perron en retenant ses larmes. Ce n'était pas vrai, hein ? Ils n'avaient pas pitié d'elle ? Ils… ils étaient amis, non ? Après tout, ces filles n'en savaient rien, elles se trompaient ! N'est-ce pas ?

Elles étaient forcées de se tromper !

« Hey, Lilou » Sirius s'assit à côté d'elle. Elle lui jeta un regard à la dérobée. Non, si c'était de la pitié, il ne serait pas venu de lui-même la rejoindre ? Et puis, au départ, si ils étaient amis, c'est parce que Dumbledore leur avait ordonné de s'entendre correctement – James et elle et qu'il avait absolument tenu à ce qu'elle rencontre ses 'trois fabuleux amis'. Oui, si James n'y pas avait tenu, elle ne serait jamais devenue amie avec eux ! Et… et si le directeur lui avait demandé de rester avec elle parce qu'il avait vu qu'elle était seule ? Après tout, ça ressemblait bien au caractère du garçon de faire des choses idiotes par pure pitié – et si l'une d'entre elles avait été de s'approcher d'elle ?

« Tu n'es pas obligé de rester là » Dit-elle à Sirius. Elle lui jeta un regard à la dérobée, il semblait surpris. « Je veux dire, aucun de vous n'est obligé de rester avec moi »

« Tu en as marre de nous ? » Demanda-t-il. Il semblait un peu blessé, et elle se mordit les lèvres. Que faisait-elle ? Comment pouvait-elle savoir si tout ça n'était pas qu'une comédie ? « Je sais qu'on est pas facile tous les quatre mais »

« C'est pas ça » Le stoppa-t-elle. Auraient-ils eu le courage de rester trois ans avec elle sans qu'ils soient tous amis ?

« Pourquoi tu es ami avec moi ? » Questionna-t-elle sans oser le regarder.

Il toussa, apparemment cherchant à retenir son rire, puis posa sa main sur son épaule. Pourquoi riait-il ? Qu'est-ce qu'il y avait de marrant là dedans ? Ce n'était pas drôle ! « Laisse moi deviner, une de ces filles t'a dit qu'on avait pitié de toi ? »

Elle se retourna brusquement vers elle. « Comment tu le sais ? »

« Parce que je ne comptes plus le nombre de fois où une de ces idiotes a essayé de nous faire comprendre qu'on était pas obligés de continuer à traîner avec toi » Il se rapprocha un peu, et l'obligea à le regarder. « Mais ce qu'elles n'ont pas compris, c'est qu'on n'a jamais été obligé – réellement Lily, on n'arrive déjà pas à supporter l'idée de respecter un règlement, tu crois vraiment qu'on arriverait à garder quelqu'un près de nous parce qu'un prof l'a demandé ? »

« Un prof l'a demandé ? »

Sirius leva les yeux au ciel. « Oh oui, tous les matins je me dis que je vais être obligé de traîner un boulet imposé par Dumbledore. Parce que si ça avait été le cas, j'aurais été très désagréable avec toi pour te faire fuir » Il lui passa une main réconfortante dans le dos avant d'ajouter « C'est blessant de penser que tu doutes de notre amitié Lily. C'est la chose la plus forte et la plus sincère que je vive. »

« Merci » murmura-t-elle, en essuyant ses yeux. « Excuse moi, c'est juste… tout ça a commencé tellement vite. Un jour, on se déteste et le lendemain, on est ami ? Ça semble tellement superficielle avec le recul »

« M'oui. Les trois premiers jours, c'était peut-être un peu de compassion… disons aussi de la peur, parce qu'après le truc avec Longdubat » Lily sourit. « Mais trois jours, ça n'a pas pris plus pour comprendre que t'étais vraiment une fille chouette. Et si tu comptes que je suis celui qui avait le moins envie que tu incorpores le groupe, je crois que t'as plutôt réussi ta mission d'infiltration, non ? »

Elle acquiesça, rassurée et confiante, décidée à ne plus jamais écouter ce que ces demoiselles pourraient dire. Sirius se leva et se dirigea vers l'arrière la maison du voisin. « Au fait, tu diras merci au copain du copain de ta sœur de nous avoir trouvé de la bière ! »

Lily se releva en criant après Pol. Les gens qui étaient chez elle étaient déjà suffisamment énervés sans qu'en plus ils se mettent à picoler !

Plus tard dans la soirée, alors que le soleil commençait à décliner, Lily quitta sa sœur et Aubrey qui lui avait fait comprendre qu'ils avaient envie d'un peu d'intimité… Elle s'était alors occupée de faire fuir un couple de sa chambre – aucune envie de retrouver de drôles de résidus ce soir dans son lit - et chercha les garçons. Faire cette fête pour Sirius était une bonne chose, il leur avait semblé si démoralisé dans le train, à l'idée de rentrer chez lui. En plus, d'après ce qu'elle avait compris, sa mère s'était décidée à ne plus fêter son anniversaire, cause de déshonneur à chaque fois. Elle avait fait circuler l'invitation dans le poudlard express, demandant explicitement qu'on ne dise rien à Sirius- mais elle ne s'était pas attendue à voir tant de monde déboulé chez elle. Heureusement, Dorina et Thimoty était partis jusqu'à la fin de la semaine, ce qui leur laissait le temps de ranger.

Quand elle s'approcha des garçons, elle ne put s'empêcher de sourire.

James était affalé dans un des canapés du salon, clignant des yeux en rythme avec la musique de fond. Sa bouche était légèrement ouverte, la lèvre inférieure pendouillait peu gracieusement. Ses yeux étaient à moitié fermés, suivant d'un air absent la fumée se dégager du feu de bois installé sous la cheminée et être absorbée par le haut, puis rejetée à l'extérieur de la maison. Il s'était proposé d'aller chercher dans la cabane au fond du jardin la nourriture et les bouteilles pour tout préparer, alors qu'il pleuvait averse. Ses cheveux étaient encore un peu humides, ce qui ne les empêchait pas de piquer dans tous les sens. Ses lunettes étaient toutes embuées et avait glissé le long de son nez.

Sirius était assis au pied du fauteuil, somnolant. De son souffle, il cherchait en faire s'envoler une mèche qui était collée sur son front. Dans la concentration, une ridule était apparue sur son front, et ses yeux louchaient pour ne pas lâcher la mèche du regard.

Remus était en face, les pieds sur la table, un magazine de mode ouvert sur les genoux. Il avait été malade toute la soirée. Son teint était blême, ses yeux coulaient et son nez était rouge d'avoir été en contact avec un mouchoir. De temps en temps, il semblait reprendre vie, se redressait, reniflait une bonne fois, puis s'apaisait.

Peter, quant à lui, était assis devant une table basse, sur le sol. Sa tête était couchée sur un bouquin qu'il avait un peu feuilleté avant de s'apercevoir avec horreur qu'il s'agissait d'un livre de cours de Pétunia. Un peu de bave coulait le long de son menton, allant s'écraser dans l'encre qui doucement commençait à former une belle tache.

Et, en bruit de fond, tous quatre entendaient des filles glousser. Lily secoua la tête, se demandant ce qu'ils avaient pu faire de leur journée pour être si fatigués. Elle se portait parfaitement bien !

« Bande d'épaves » grogna-t-elle en se laissant tomber près d'eux. Elle s'aperçut qu'à cet endroit, il y avait des bruits de fond bien plus qu'ailleurs.

« Elles ont quoi, ces filles ? » Bougonna James, énervé d'être déranger dans la tâche très ardue de 'je ressemble à une merde ou pire' « On se croirait à la saint valentin ! »

Lily sourit, elle affichait un air 'je sais quelque chose que vous ignorez' mais ne dit rien. Sirius s'interrompit et fit remarquer que « On leur a peut-être jeté un sort de caquètement »

Mais Remus ajouta « Ce sont des filles, Sirius, le caquètement est leur moyen de communication le plus répandu »

Le jeune homme fronça les sourcils, se gratta le dos, puis se tourna vers les filles qui lui firent coucou et rigolèrent. « M'ouais, mais Lily ne fait pas ça »

Avant que la jeune fille n'ait pu se défendre, James coupa « mais Lily, c'est pas vraiment une fille »

« Tu veux que je te montre peut-être ? » Grogna la concernée

Sirius éclata de rire en marmonnant 'tu vas regretter d'avoir dit ça', Remus haussa les sourcils et sourit, et Lily commença à respirer plus fort. James parut se rendre compte de sa bêtise car il continua : « enfin, si, tu en est une mais pas vraiment. Enfin, t'es une fille, mais sympa, pas comme les filles normales – enfin je veux pas dire que tu n'es pas normale mais tu une fille amie, donc forcément pas une fille comme on s'imagine une fille et »

Il se passa la main dans les cheveux, souffla « je m'enfonce ? »

Ses deux amis acquiescèrent et Lily se laissa tomber à côté de Peter qu'elle secoua. « Tu vas être tout barbouillé » Lui signala-t-elle avant de se remettre debout, et de se diriger vers un groupe de filles.

James, qui n'était pas habitué à ce qu'elle se montre si peu… enclin à se disputer avec lui, se redressa un peu et la regarda s'approcher d'elles. Les trois autres en firent de même. Ce n'était pas comme si Lily les avait habitués à bien s'entendre avec d'autres filles.

« Vous êtes toujours prêtes à me payer pour des informations croustillantes ? » demanda-t-elle en la cantonade, s'apercevant parfaitement qu'ils écoutaient tous trois. Les yeux se tournèrent vers elle.

« Vas-y » L'enjoint Mary Rose, comme si elles étaient grandes amies. Lily résista à la tentation de se jeter sur elle pour lui faire ravaler son grand sourire.

« Le plus décoiffé des maraudeurs » Commença-t-elle « n'est pas vraiment un garçon ». Devant les ébahies, elle se corrigea un peu en expliquant « Disons qu'il y a une erreur de fonctionnement avec son service trois pièce »

Elle s'en alla, sans prêter attention à James qui se passa la main dans les cheveux, inquiet de voir tout le monde le regarder avec un sourire en coin, et demanda « Mais c'est qui, ces maraudeurs ? »

I'm trying and I'm living my life the best way that I can'
Cause I'm trying to be somebody

I'm not trying to be somebody else
Don't you know me?
I wont ever let you down


Likyboy's