Chapitre 4 : Find me that bitch
Le lendemain matin, McGee s'écria :
- Patron ! Kate ! J'ai... j'ai réussi ! J'ai ouvert le dossier !
Comme un seul homme, Gibbs et Kate se précipitèrent vers lui.
- C'est utile ? demanda aussitôt l'ancien marine.
- Je... je ne sais pas...
Il fit glisser la barre de défilement vers le bas.
- McGee, je crois que tu viens de tomber sur le dossier où le quartier-maître Amberson cachait ses fichiers pornographiques, soupira la jeune femme en se redressant, les bras croisés.
- Attends...
Gibbs pointa quelque chose sur l'écran.
- Ça, ça n'a rien de pornographique...
C'était une image. McGee cliqua deux fois pour l'ouvrir, et l'agrandissement s'étala sur l'écran.
- On dirait un plan, fit-il maladroitement remarquer.
Caitlin fronça les sourcils.
- Non seulement c'est un plan... mais c'est un plan de...
- Du Pentagone, coupa l'agent fédéral.
Après de longues recherches, ils avaient découvert dans le dossier des plans de bon nombre de bâtiments fédéraux, et même...
- C'est... c'est ici ! s'exclama Kate.
- J'imagine que le quartier-maître n'avait pas prévu qu'il n'aurait pas à se déplacer et que le NCIS viendrait à lui, répondit sombrement Gibbs alors que McGee ouvrait un sous-dossier.
Une grande quantité de documents Word s'offrit alors à leurs yeux. « Afaf1.doc », « Afaf2.doc », etc.
- Afaf ? demanda Gibbs en fronçant les sourcils.
- Peut-être un sigle, suggéra Kate.
- Afaf est un prénom féminin dans les pays arabophones, ajouta McGee.
- Imprimez-moi tout ça, ordonna l'homme aux cheveux gris en se redressant. On va avoir de la lecture...
Lorsque l'imprimante eut fini de cracher des feuilles, il sépara le paquet en trois parties à peu près égales, en tendant une à chacun de ses agents.
La jeune femme se plongea aussitôt dans sa lecture.
Il s'agissait de copies d'emails envoyés par la dénommée Afaf. Après de longues minutes, elle lança à la cantonade :
- On dirait que le quartier-maître avait une aventure...
- On dirait surtout qu'il a couché avec une femme qui avait des idées de grandeurs, marmonna Gibbs. Écoutez ça : « Avec ton aide, mon cœur, notre succès, notre victoire, est garanti ».
- Il semble qu'il a exprimé des réticences à l'idée de jouer au microbiologiste, rajouta McGee. « Ne t'en fais pas, mon beau, tu auras tout le matériel et les renseignements nécessaires pour mener ta mission à bien ».
- Alors Amberson n'était qu'un pantin, constata Kate. Cette Afaf devait être chargée de piéger quelqu'un de crédule. Regardez : « Grâce à toi, je sens que je peux réaliser mes rêves ».
- Il leur fallait quelqu'un dont la mort, en cas d'erreur, ne serait pas une perte pour eux, comprit Gibbs.
- Ils devaient avoir aussi besoin d'un endroit et d'une personne à qui on ne pourrait pas les relier. Amberson leur offrait les deux, enchaîna Kate.
- Qui aurait soupçonné un quartier-maître tel que lui ? poursuivit l'ancien marine. Tout ce qu'on savait sur lui tendait à dire que c'était quelqu'un de banal et de bien. Quelqu'un qui aimait son pays.
Quatre heures (et autant de cafés pour Gibbs) plus tard, ils avaient terminé leur lecture et il apparaissait que cette Afaf était la meneuse (ou, à tout le moins, une personne influente) d'une organisation bioterroriste dont le plan était de s'en prendre simultanément à un grand nombre d'édifices fédéraux pour en infecter les occupants.
- Décapitation, soupira Gibbs.
- Je comprends pas, intervint McGee.
- On fait ce genre de chose avec les groupes de crime organisé, expliqua Kate. Une fois qu'on a capturé les têtes pensantes, les décideurs, les gens qui étaient en dessous sont déstabilisés, l'organisation se démantèle et on obtient des aveux beaucoup plus facilement. Que deviendrait le pays si on le privait simultanément du Pentagone, du FBI, du NCIS, de tous ces endroits dont on a trouvé les plans dans l'ordinateur ?
- Sans parler du nombre de personnes infectées qui deviendraient la priorité numéro un, compléta Gibbs. C'est une énorme distraction. Le pays aurait été extrêmement vulnérable suite à une telle attaque massive.
Il reprit les trois paquets de feuilles pour en faire un seul, qu'il laissa tomber devant McGee.
- Trouvez tous les emails parlant des caractéristiques du virus, et emmenez-les à Ducky et à Abby au plus vite. Kate...
- Je trouve tout ce que je peux sur Afaf, oui patron.
- Ouais, trouve-moi cette salope.
En temps normal, la jeune femme se serait offusquée du terme, mais, cette fois-ci, elle était bien d'accord.
Elle s'installa devant son ordinateur alors que Gibbs s'éloignait.
- Où vas-tu ?
- Voir Tony, répondit l'ancien marine sans cesser de marcher.
Lorsqu'il arriva à l'hôpital, il passa tout droit devant le bureau de la réceptionniste.
- Monsieur... monsieur ! Qui êtes-vous, où allez-vous ? Arrêtez-vous !
- Agent spécial Leroy Jethro Gibbs, je suis venu voir l'agent spécial Anthony DiNozzo, inutile de m'accompagner, je connais le chemin.
L'infirmière qui l'avait interpellé amorça un geste pour le retenir, mais, sans même cesser de marcher, il tourna vers elle ce regard typiquement « Gibbs » qui obligerait n'importe qui à obtempérer et à se la fermer.
En le voyant faire son arrivée dans la zone de quarantaine et se diriger vers la cage de verre, le docteur Jefferson se leva de derrière son bureau.
- Woh, woh, woh, qu'est-ce que vous faites là ?
- Balade santé. Je suis venu voir mon agent, que croyez-vous que je fiche ici ?
- Vous n'entrez pas ! Je n'arrive pas à croire que vous soyez arrivé jusqu'ici...
Le médecin retint l'ancien marine par le bras. Ce qui devait se révéler une grave erreur, rétrospectivement. L'agent du NCIS saisit immédiatement l'insolent par le col de sa blouse blanche.
- Certaines personnes ont simplement un instinct de survie dont vous semblez singulièrement dépourvu, répliqua Gibbs d'un ton froid.
- L'agent DiNozzo est en quarantaine, pour l'amour de Dieu !
- Alors, donnez-moi un masque et des gants.
Le médecin trouva moyen de croiser les bras.
- Non.
- Dans ce cas, je prends le risque.
- Qu...
Gibbs lâcha prise et se dirigea vers la porte coulissante.
- Dans la boîte à côté de la porte, céda le médecin en un soupir.
Sans un mot, l'agent fédéral mit une paire de gants et un masque blanc avant de pénétrer dans la « chambre » plongée dans la pénombre.
La première chose qui le frappa fut la vitesse des « bip » indiquant les battements cardiaques de son agent. Tony ne semblait pas s'apercevoir de l'arrivée de son patron. Sa respiration était saccadée, comme si elle était difficile. Il fut alors pris d'une quinte de toux.
Gibbs s'approcha lentement du lit, et posa sa main sur son bras. Ce ne fut qu'à cet instant que Tony sembla se rendre compte de sa présence, à laquelle il réagit très étrangement : il se recula brutalement pour mettre fin au contact, regardant Gibbs avec des yeux d'animal sauvage effarouché. Les battements cardiaques s'accélérèrent.
- Hé, Tony, dit doucement Gibbs. C'est moi...
En voyant le regard intrigué du jeune homme, il se souvint de ce que Ducky avait dit la veille en revenant : Tony était confus. Il ne semblait pas avoir reconnu le médecin légiste le jour d'avant, et le même scénario semblait se répéter avec son supérieur aujourd'hui.
- C'est moi, c'est Gibbs...
- Gibbs ?
Les battements de son cœur se calmèrent. Relativement.
- Je croyais que c'était encore un docteur...
- Je te montrerais bien mon visage pour te prouver le contraire, mais je serais alors forcé de tuer le docteur Jefferson. Ce serait fâcheux.
Contre toute attente, l'Italien rit – ce qui lui valut une autre quinte de toux.
- Maintenant, j'y crois... personne d'autre ne dit un truc pareil... comment allez-vous...
- On est sur une piste.
- Et t'es ici ?
- Kate y travaille. Ne t'en fais pas...
Tony toussota.
- Je suis... vraiment un... un idiot, hein, patron ?
- Si tu redis ça, tu vas vraiment l'être, répliqua fermement Gibbs.
- Non, sérieusement... je trouve un labo louche, et je ne tire pas la sonnette d'alarme...
- Hé, Tony...
Il se pencha vers lui.
- On fait tous des erreurs. Ça aurait pu arriver à moi. À Kate. À McGee...
- Surtout au bleu.
L'ancien marine se mit à rire.
- Ouais, sans doute...
- Alors disons que j'ai pas de chance, dit le jeune homme d'une voix rauque.
- Non, en effet...
Le mot de la fin : Hé oui... j'ai pu finir mon chapitre 4 avant que le site revienne à la normale et me laisse poster (c'est de la CENSURE). Vais-je arriver à faire le cinquième ? Hum, la question se pose... (voilà, je peux enfin mettre en ligne... pour la petite histoire, j'ai déjà presque fini le chapitre 5... mdr...)
