Klariss : Oh, ma première review ! Merci des compliments, je ne pense pas t'avoir trop fait attendre pour le chapitre 5... LOL.

Lilli-Puce : Tiens donc, ne t'ai-je pas déjà vu dans mes fics HP ? ;) Moi aussi j'ADORE NCIS comme tu dois bien t'en douter lol... ici par contre ça passe à des heures pas terribles, je le loupe souvent :( (je vais m'acheter les DVD des deux premières saisons tiens... après avec Ziva, bof, j'aime moins... je veux pas investir pour LOL).

Chapitre 5 : Don't mess with me

Deux jours plus tard, Kate vint se planter devant le bureau de Gibbs, qui leva les yeux vers elle.

Elle jubilait.

- Je l'ai, Gibbs. J'ai Afaf. Son nom complet est Afaf Basma Fouli.

L'ancien marine bondit de sa chaise et sortit son arme de son tiroir.

- Et où trouve-t-on Afaf Basma Fouli ?

- À cette heure ? À son lieu de travail.

- Et que fait-elle ?

- Je sens que tu vas adorer.

- Je sens surtout que je vais perdre patience.

- Microbiologiste.

- McGee, bougez vos fesses, on va rendre visite à notre chère Afaf !

- Oui, patron !

Le trio quitta rapidement le bâtiment. Puisque Gibbs avait décidé de prendre le volant, inutile de préciser que le trajet jusqu'au laboratoire où était employée la fameuse Afaf se fit en un temps record.

Et que deux piétons faillirent y laisser leur peau.

- Où est Afaf Basma Fouli ? tonna immédiatement Gibbs en mettant ses deux mains à plat sur le bureau du réceptionniste.

- Monsieur, je ne peux pas transmettre de tels renseignements à n'importe qui, dit-il d'un ton un brin prétentieux. Imaginez que vous soyez des preneurs d'otage...

- Imaginez surtout que nous sommes des agents fédéraux, coupa brusquement le chef d'équipe.

Le réceptionniste maniéré eut un petit rire superficiel et faux.

- Oui, bien sûr...

D'un même geste, les trois agents fédéraux brandirent leurs insignes sous le nez du jeune homme.

- Agent spécial Gibbs, agent spécial Todd et agent spécial McGee. NCIS. Je n'ai pas besoin de vous dire ce qu'est le NCIS. Nous voulons voir Afaf Basma Fouli. Et je ne le dirai pas une troisième fois, prévint l'amateur de café.

- Avez-vous un mandat ? Sans mandat, vous n'êtes pas autorisés à...

Ralentir ainsi l'équipe de l'agent spécial Leroy Jethro Gibbs était, n'importe qui de sensé pouvait aisément le dire, une très mauvaise idée. Cependant, à la surprise générale, ce ne fut pas Gibbs, mais Kate qui perdit patience la première : en une seconde, elle se trouvait derrière le réceptionniste.

Encore deux secondes et il se retrouvait la tête écrasée dans sa paperasse, dans une position doublement fâcheuse : non seulement la jeune femme lui tordait le bras, mais elle avait sorti son arme et avait posé le canon sur sa nuque.

Le pauvre homme déglutit avec difficulté. Son père lui avait bien dit que les femmes étaient toutes des folles et qu'on ne devrait jamais les laisser en possession d'une arme...

- Vous allez tout de suite nous dire où trouver Afaf Basma Fouli, ou je vous JURE sur la tête de mon collègue MOURRANT que je TIRE !

- P... pause c... c... café... bégaya l'homme terrifié. Au... au fond du couloir...

Elle le lâcha et s'élança dans le couloir, Gibbs et McGee peinant à la suivre tellement l'adrénaline lui donnait des ailes.

- Afaf Basma Fouli ! cria-t-elle en entrant dans la pièce.

La suspecte fut facile à identifier : premièrement, il y avait trois personnes dans la pièce, dont une seule femme.

Deuxièmement, elle se mit à courir en entendant Kate l'interpeller. Elle bouscula l'agent fédéral au passage, mais fut violemment plaquée – plus violemment que nécessaire, en fait – sur le mur en retour par Gibbs.

- Afaf Basma Fouli...

Il la tâta rapidement pour s'assurer qu'elle était dépourvue d'armes.

- Vous êtes en état d'arrestation...

Il y eut des cliquetis métalliques alors qu'il lui passait les menottes, malgré sa résistance.

- Pour activités bioterroristes, planification d'attaques biologiques sur divers bâtiments fédéraux, et, j'allais oublier... attaque biologique contre un agent fédéral.

Il l'entraîna dans le couloir, suivi de McGee.

- Vous avez le droit de garder le silence. Vous pouvez renoncez à ce droit n'importe quand, et alors, tout ce qui sortira de votre bouche pourra être retenu contre vous.

Devant les regards choqués des deux hommes toujours présents dans la pièce, Kate lâcha un :

- Quoi ? Y'a rien à voir, dégagez !

Puis, elle emboîta le pas à Gibbs.

- Vous avez droit à un avocat, si vous n'en avez pas les moyens ou que vous n'en connaissez pas, nous pouvons vous en fournir un...

En temps normal, Gibbs aurait laissé cette femme « mariner » une bonne heure avant de faire son entrée. Tony appelait ça « brasser la cage ».

Aujourd'hui, justement en raison de Tony, il n'en avait pas le temps.

Il entra dans la salle d'interrogatoire en claquant la porte avec violence.

Avant de s'installer devant elle, il lui arracha au passage la cigarette qu'elle tenait entre ses doigts, qu'il éteignit en la faisant tomber dans le café qu'elle avait exigé en arrivant.

- On ne fume pas dans ma salle d'interrogatoire, dit-il simplement d'un ton froid.

- Je peux savoir ce que je fais ici à vous supporter ?

Elle semblait jeune. L'âge de Kate, peut-être même un peu moins. Elle était belle, aussi : de longs cheveux noirs et lisses, de grands yeux sombres, une belle peau légèrement basanée. Qu'est-ce qu'une femme pareille faisait dans le bioterrorisme ?

- Je vais vous présenter trois personnes. Vous me dites si vous les connaissez.

- D'accord.

- J'espère bien que vous l'êtes, répliqua Gibbs, parce que ce n'était pas une question.

Il fit glisser vers elle une des photos de Lisa Amberson que Tony avait prise sur la scène de crime.

- Jamais vue, répondit-elle en la repoussant.

- Possible. Son mari vous sera peut-être plus familier.

Gibbs lui montra la photo qu'avait prise Kate en arrivant sur la scène pour la première fois : le quartier-maître, gisant sans vie sur la moquette de son salon. Afaf tressaillit légèrement, mais affirma ne l'avoir jamais rencontré de toute sa vie.

- Vraiment ? C'est curieux, vu les emails qu'on a retrouvés dans son ordinateur. Êtes-vous toujours aussi intime avec les gens que vous n'avez jamais croisés de votre vie ?

- Vous vous trompez de personne.

- On ne ment pas dans ma salle d'interrogatoire, prévint-il d'un ton menaçant.

- Vous croyez que j'ai tué ces deux personnes ? C'est ridicule.

- Non, je ne crois pas que vous ayez tué le quartier-maître Andrew Amberson et son épouse. Mais c'est VOUS qui l'avez forcé à s'improviser microbiologiste, c'est VOUS qui l'avez entraîné là-dedans, et c'est VOUS qui aurez peut-être sur la conscience... la mort de... cet homme.

La veille, l'ancien marine avait pris des photos de DiNozzo à l'hôpital. Il les fit tomber devant les yeux d'Afaf, qui les regarda à peine avant de planter son regard dans celui de Gibbs :

- Je ne connais pas cet homme.

- Pas plus que vous ne connaissez les gens travaillant dans les bâtiments fédéraux contre lesquels vous vouliez lancer votre attaque biologique.

- Ça devient de plus en plus risible.

La microbiologiste se leva pour sortir, mais il la retint très fermement par le bras.

- Je vous ai récité vos droits. Celui de quitter selon votre bon vouloir n'en faisait pas partie et ce n'est toujours pas le cas.

Sans trop de ménagement, il la repoussa en direction de la chaise, mais elle demeura debout, les bras croisés, le défiant du regard.

- Vous allez me dire ce que MON agent a.

- Je ne suis pas médecin, commença-t-elle d'un ton sarcastique, mais je serais portée à croire qu'il est malade.

Afaf marqua une courte pause.

- C'est quand même dommage, il est plutôt mignon.

Derrière le faux miroir, Kate perdit toute trace de patience et se dirigea vers la porte de la salle d'interrogatoire.

- Euh, Kate, tu sais qu'on ne doit pas déranger Gibbs quand il questionne un suspect, sous aucun prétexte, prévint McGee, nerveux.

L'agent fédéral ne répondit pas à son collègue et pénétra dans la salle.

- Kate... commença Gibbs.

- Vous allez arrêter votre cinéma et nous dire comment s'y prendre pour sauver Tony.

La jeune femme se redressa de toute sa hauteur avant de répondre :

- Cela ne dépend ni de vous ni de moi. Cela dépend de la clémence d'Allah.

Caitlin la saisit par les épaules et la força à reculer, ce qui écrasa Afaf de façon très inconfortable entre la chaise et le corps de l'agent du NCIS.

- Je n'ai pas dormi depuis cinq jours, j'ai une migraine affreuse, mon ami MEURT à cause de VOUS, et je suis armée, alors... NE ME CHERCHEZ PAS !

Doucement, mais fermement, l'ancien marine obligea son agent à lâcher la suspecte. Comprenant la signification de son regard, elle quitta la pièce, laissant une Afaf passablement déstabilisée en compagnie de son patron, qui mettait maintenant les mains sur ses hanches, faisant face à la jeune femme.

- Vous me répondez, ou bien je la laisse toute seule avec vous.

- Des menaces, maintenant ? Vous êtes pathétique.

- Vous êtes dans l'eau bouillante. Les preuves contre vous sont irréfutables. Sauver la vie d'un agent fédéral serait un moyen d'aider votre cause. Je ne dis pas que vous seriez acquittée, mais peut-être éviteriez-vous la condamnation à mort. Avec un peu de chance.

Elle laissa échapper une exclamation de dédain.

- Vous bluffez. Vous n'avez aucune preuve puisque vos accusations sont fausses.

- Nous avons les emails que vous avez envoyés. Nous avons les plans qu'avait reçu le quartier-maître Amberson. Vous êtes microbiologiste. Il sera facile pour un jury de comprendre que c'est vous qui avez donné à cet homme les indications nécessaires pour qu'il parvienne à concevoir ce virus.

Afaf demeura silencieuse, mais soutenait toujours son regard.

- Vous croyez peut-être que si vous servez à un jury l'excuse de la femme manipulée et exploitée par le grand méchant loup – l'organisation dont vous faites partie – vous serez épargnée ? Cessez de le croire. Parce que lorsque les jurés sauront que vos actes visaient à attaquer la nation d'une façon qu'on n'avait jamais osé imaginer avant, lorsqu'ils sauront que cela a poussé un homme bien à commettre des actes regrettables et à tuer sa propre femme avant de s'enlever la vie, lorsqu'ils sauront que cela a conduit à la mort d'un agent tel que Tony... les délibérations seront courtes. Coupable, voilà ce qu'ils déclareront.

- Vous n'en savez rien.

- Quand bien même ils vous acquitteraient, Afaf... si mon agent meurt...

Il se pencha pour lui glisser à l'oreille :

- Je jure sur sa tête que vous le suivez dans la tombe.

Il y avait quelque chose dans le regard de Gibbs, quelque chose d'indéfinissable, qui fit frissonner la microbiologiste et lui donnait la chair de poule. Quelque chose, une flamme, une lueur, qui indiquait que cette menace serait mise à exécution s'il le fallait.

- Il n'y en a pas.

Gibbs encaissa, la transperçant de son regard d'acier.

- Il n'y a PAS de remède ! répéta-t-elle avec force.

L'ancien marine la regarda droit dans les yeux et ce qu'il y vit le troubla profondément.

Elle disait la vérité.

- Alors, dit-il sèchement, dans ce cas, priez pour qu'il survive.

Il sortit de la salle. Ne voyant que McGee, il fronça les sourcils.

- Où est Kate ?

- Je... je ne sais pas, elle... elle est partie après être sortie de la salle... elle ne m'a rien dit...

En quittant la salle d'interrogatoire, Caitlin avait pris le chemin de l'hôpital.

Le docteur Jefferson, qui avait abandonné depuis la dernière visite de Gibbs l'idée d'empêcher les agents du NCIS de venir voir leur collègue, la laissa faire.

- Je vous demande simplement de ne pas l'épuiser, dit-il alors qu'elle mettait son masque. Il est très fatigué depuis hier soir. S'il est en train de dormir, ne le réveillez pas.

Kate hocha lentement la tête avant de passer la porte coulissante. Le médecin regarda tristement la porte de verre se refermer derrière la jeune femme. Ce Gibbs semblait mener une équipe très soudée.

Au fond, il était touché par la solidarité de ces agents envers leur collègue malade et l'affection qu'ils se portaient entre eux. C'était l'une des raisons qui poussait le jeune homme à accepter ces visites. L'autre raison étant malheureusement qu'il ne nourrissait guère d'espoirs quant à la survie de l'agent Anthony DiNozzo...

Elle s'approcha lentement du lit. Contrairement à la veille, les battements cardiaques de Tony étaient lents – trop lents, sembla-t-il à Kate. Ses paupières étaient closes, sa respiration, très lente. Pour la première fois depuis qu'il était entré à l'hôpital, son visage était dépourvu de souffrance.

La jeune femme demeura silencieuse un temps indéterminé, observant son ami plongé dans le sommeil. Après de longues minutes, il ouvrit lentement, péniblement les yeux, comme si ses paupières étaient terriblement lourdes.

- Kate ? demanda-t-il faiblement en discernant avec difficulté une silhouette près de lui.

- C'est moi, oui, répondit-elle doucement en s'asseyant sur le lit à côté de lui, faisant bien attention à ne rien déranger. On a trouvé la responsable, Tony... Gibbs est en train de lui faire cracher le morceau...

- Y'a rien à cracher, Kate... les gens qui font des virus comme ça... ne font pas les remèdes qui vont avec...

- Gibbs va l'obliger à trouver, assura l'agent du NCIS en prenant délicatement la main de Tony dans la sienne.

- Même s'il y arrive... ce sera trop tard...

- Tony, fais attention, ne me contrarie pas. J'ai brutalisé un civil et une suspecte.

- Toi, ça ?

- Gibbs a une influence désastreuse, hein ?

Le jeune homme tenta de rire, mais ne parvint qu'à tousser.

- Kate, écoute... les médecins ne me le disent pas, mais moi, je le sais... je vais mourir.

- Tony, arrête, ordonna-t-elle.

- J'ai du mal à garder les yeux ouverts... je ne sais pas comment je fais pour te parler... je suis mort de fatigue... j'ai mal partout... c'est au plus profond de mes os, le sang bouille dans mes veines, mes poumons brûlent... mourir ne peut pas être pire que ça...

Kate sentit une larme quitter ses yeux et aller se perdre sur son masque blanc.

- Tu pleures...

Elle détourna la tête, cachant son visage derrière ses cheveux noirs. Comment quelqu'un d'aussi malade pouvait-il être aussi observateur ?

Kate sentit la main de Tony augmenter – très légèrement – sa pression autour de la sienne.

Puis, il souffla, si faiblement qu'elle était en droit de se demander si elle ne l'avait pas imaginé :

- Je t'aime, Kate...

La pression de ses doigts diminua de beaucoup. Soudain paniquée, la jeune femme tourna la tête vers lui, pour constater qu'il avait à nouveau sombré dans le sommeil.

Derrière son masque, elle sourit très faiblement.

« Moi aussi » répondit-elle mentalement.

Le mot de la fin : Bon, là, on va pas se plaindre de ma lenteur pour une fois... lol ! Qu'en pensez-vous, chers lecteurs ?