Lilli-Puce : Euh oO et pourtant, c'est vrai. Je te mets au défi de retrouver « le coup de l'ascenseur » quelque part ailleurs dans mes écrits...

Ncislacrymosa : Merci ! Quant à rendre les deux (enquête et amour) aussi intéressants l'un que l'autre, hé bien... j'essaie !

Willaimine : Ouais, ensemble, ils sont terribles !!!! Mdr...

Hermione2b : C'est drôle, tu n'es pas la seule !!! ;)

Barna : Je dois avouer, les paroles et actes d'Abby sur ce coup-là ressemblent énormément à ce que je dirais et ferais à sa place. Elle est ce coup de pied aux fesses que je donnerais si je voyais deux zigotos pareils, qui ne savent pas faire simple ! XD

Chapitre 13 : The power of the people to the people

Lorsque l'équipe arriva au bureau un matin, une surprise attendait chacun d'entre eux : une enveloppe, sagement posée sur leur bureau respectif, attendant d'être ouverte.

- Une convocation au tribunal ? lança Kate en ouvrant l'enveloppe posée sur son bureau. Pourquoi ?

- Tu ne devines pas, Kate ? répondit Gibbs en ouvrant la sienne. C'est pour le procès d'Afaf.

- Pourquoi est-ce que j'en ai une aussi ? demanda Tony. Je n'ai même pas travaillé sur cette affaire.

- Non, mais le procureur veut peut-être ton témoignage pour montrer au jury le pauvre petit agent fédéral qui ne faisait que son travail et qui a failli y laisser sa peau, répondit la jeune femme, mi-sérieuse, mi-moqueuse.

Elle regarda sa lettre.

- C'est quand ?

- Demain, répondit McGee. Demain matin à neuf heures...

Vingt-six heures plus tard, les membres de l'équipe de Gibbs, ainsi que Ducky et Abby, étaient assis sur les bancs de bois dur et inconfortable du tribunal. Abby semblait, et de loin, la plus mal à l'aise de leur petite bande : elle détestait les convocations au tribunal pour deux raisons.

Premièrement, il lui fallait abandonner ses vêtements habituels pour un stupide tailleur et d'imbéciles chaussures à talons hauts. Maudit soit le monstre de machisme qui avait inventé cet outil de torture.

Deuxièmement, on l'appellerait « Abigail », chose dont elle avait une sainte horreur.

Tony, assis juste derrière Caitlin, se pencha vers l'avant pour lui glisser à l'oreille :

- Tu sais que tu es très sexy en tailleur ?

La jeune femme se retourna avec l'intention de lui dire de se la fermer, mais ce fut ce moment précis que le juge choisit pour exiger le silence. L'agent fédéral ne put donc que fusiller son collègue du regard avant de reporter son attention sur l'honorable Jack Turner, qui énonçait le numéro de l'affaire « L'État contre Afaf Basma Fouli ».

La jeune femme, imitée par son avocat, se leva à l'indication du juge.

- Madame Fouli, au cours de cette séance, vous serez désignée par les mots « accusée », « prévenue » et « suspecte ». Acceptez-vous ces termes ?

- Oui, Votre Honneur.

- Vous êtes accusée d'avoir participé activement à une organisation bioterroriste, d'être responsable d'une attaque biologique sur un agent fédéral, ainsi que d'avoir planifié d'attaquer de nombreux bâtiments du gouvernement des États-Unis d'Amérique. Que plaiderez-vous ?

- Non coupable.

Kate, les yeux ronds, tourna brusquement la tête vers Gibbs, qui semblait aussi estomaqué qu'elle. Non coupable ? Et les aveux ?

- Pourquoi plaide-t-elle l'innocence alors qu'elle a signé des aveux ? chuchota-t-elle à son patron.

Gibbs fronça les sourcils, mais haussa les épaules, signifiant qu'il n'en avait aucune idée.

- Maître Sullivan, dit le juge en direction du procureur, appelez votre premier témoin.

Le quinquagénaire se leva et s'avança.

- J'appelle à la barre Abigail Sciuto.

« Et voilà, je le savais » pesta mentalement la scientifique en se levant à son tour.

Elle marcha jusqu'à la barre. On lui tendit une Bible, sur laquelle elle posa la main.

- Jurez-vous de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ? Dites « je le jure ».

- Je le jure, répondit la jeune femme.

- Asseyez-vous.

Abby s'exécuta.

- Déclinez votre identité et énoncez votre métier.

- Abigail Sciuto, je m'occupe du laboratoire médico-légal du NCIS.

- C'est bien vous qui avez découvert la présence d'un virus inconnu sur une scène de crime ?

- Oui.

- Expliquez aux gens présents comment c'est arrivé.

- J'ai reçu les échantillons de sang que le docteur Mallard a prélevé sur les deux victimes, ainsi que les pièces à conviction récupérées dans la maison par l'équipe de Gibbs. En faisant les analyses de routine sur les sangs des Amberson, j'y ai découvert un virus de souche inconnue. Des analyses plus poussées m'ont permis d'en retrouver des traces sur certains objets récupérés dans leur maison.

- Qu'avez-vous fait ensuite ?

- Je savais que l'équipe était retournée sur les lieux. J'ai immédiatement appelé Gibbs pour qu'ils évacuent l'endroit, puis j'ai contacté une équipe de décontamination pour les prendre en charge.

- Quel a été votre rôle dans le reste de l'enquête ?

- J'ai étudié le virus avec le docteur Mallard. J'ai aussi examiné le matériel de laboratoire qui avait été récupéré. Il était évident qu'il avait servi à fabriquer ce virus.

- Décrivez le virus, s'il vous plaît.

- Le virus présentait des similitudes frappantes avec la fièvre hémorragique Congo-Crimée et le virus Ebola – deux virus qui sont eux-mêmes très proches. Toutefois, les différences étaient trop grandes pour qu'on puisse dire que l'un ou l'autre de ses virus avait été utilisé. Il avait subi d'évidentes mutations, qui n'ont pu qu'être provoquées que par quelqu'un ayant les connaissances requises.

- Est-ce qu'une microbiologiste aurait ces connaissances, à votre avis ?

La jeune femme sentait le regard de l'accusée la transpercer. Elle ne s'en préoccupa pas et répondit avec assurance :

- Oui, bien entendu.

- Je n'ai plus de questions à poser à ce témoin, Votre Honneur, déclara le procureur Sullivan.

- Très bien. Maître Johnson, souhaitez-vous interroger Mademoiselle Sciuto ?

- Oui, Votre Honneur.

- Procédez.

L'avocat, calepin en main, s'avança vers Abby et lui posa sensiblement les mêmes questions que le procureur, mais d'une façon beaucoup plus agressive. Impassible, Abigail fournit exactement les mêmes réponses.

- Plus de questions, monsieur le juge, finit par dire l'avocat, apparemment déçu de ne pas avoir su la piéger.

La scientifique alla se rasseoir à sa place. Gibbs lui fit quelques signes avec ses mains : « Tu t'en es très bien sortie ». Abby eut un petit sourire avant de répondre de la même façon : « merci ».

- La défense appelle à la barre l'agent spécial Caitlin Todd.

L'agent fédéral se leva. Après avoir prêté serment et s'être identifiée, elle fut attaquée par la première question :

- Qu'est-ce qui vous a poussé à croire que la prévenue était la personne responsable, alors que rien de le prouvait sur la scène de crime ?

- Nous avons retrouvé dans l'ordinateur portable du quartier-maître Amberson un dossier caché, dans lequel nous avons trouvé non seulement des emails écrits par une dénommée « Afaf », mais aussi des plans de divers bâtiments fédéraux, visiblement dans le but d'une attaque.

- Qui a trouvé ça ?

- L'agent spécial Timothy McGee.

- Et qu'est-ce qui vous fait croire que l'accusée, microbiologiste pour le compte du gouvernement, était la femme que vous recherchiez ?

- Les emails montraient que la dénommée Afaf avait des connaissances certaines en microbiologie. En recoupant ces deux critères, elle était la seule et unique suspecte possible.

- Vous avez vous-même été mise en quarantaine pendant deux jours ? demanda l'avocat, sautant visiblement du coq à l'âne pour la déstabiliser.

- C'est exact. La première prise de sang montrait d'infimes traces du virus dans mon corps.

- Et vous êtes toujours vivante.

- De toute évidence.

- Et pourquoi ?

- J'ai été très peu exposée. Au bout de deux jours, mon corps avait tout éliminé.

- Est-ce donc que le virus n'était pas si dangereux que ça ?

- Posez la question à l'homme qui a failli en mourir, répliqua-t-elle, commençant à être agacée par cette attitude.

Elle avait toujours détesté les avocats, précisément à cause de personnes de ce genre : suffisant, arrogant et méprisant.

- L'agent spécial Anthony DiNozzo et vous êtes très proches ?

Kate sentit son sang se glacer dans ses veines.

- Objection, Votre Honneur ! s'exclama le procureur en se levant debout, comme s'il était assis sur un ressort. Cette question est complètement hors sujet...

- Objection rejetée. Répondez à la question, agent Todd.

- C'est mon collègue depuis un certain temps, répondit la jeune femme.

- Rien d'autre ?

- Non.

« Merde, c'est la première fois que je mens à un tribunal, j'arrive pas à croire que ce soit pour ça » songea-t-elle sombrement.

- Pourquoi avoir cru que ma cliente était responsable de tout ça ?

- Objection ! Il a déjà posé cette question !

- Objection retenue, maître Sullivan. Maître Johnson, enchaînez avec une autre question.

- Pourquoi avoir été si prompte à procéder à l'arrestation ?

- Nous avons jugé nécessaire d'agir rapidement, la situation l'exigeant.

- Je n'ai plus de questions.

L'avocat de la défense alla s'asseoir, alors que le procureur prenait sa place.

- Lorsque vous étiez en quarantaine, étiez-vous près de l'agent spécial DiNozzo ?

- J'étais juste à côté de lui, répondit Kate.

- Décrivez son état.

- Très mauvais.

L'agent fédéral baissa légèrement la tête quelques secondes alors que le souvenir douloureux lui revenait en mémoire, avant d'enchaîner :

- Il était très faible, il ne bougeait presque pas. Il semblait souffrir beaucoup. Le jour où j'ai pu sortir de l'hôpital, il était très agité.

- Comment réagissaient les médecins ?

- Ils étaient très inquiets.

Le procureur hocha brièvement la tête avant d'enchaîner :

- Vous avez dit avoir trouvé des emails de l'accusée dans l'ordinateur portable du quartier-maître Amberson ?

- Oui.

- Parlez du contenu de ces emails.

- Au début, nous croyions avoir simplement affaire à la correspondance du quartier-maître et de sa maîtresse. Nous avons très vite compris que c'était bien plus que ça. Au fil des emails, elle a poussé Andrew Amberson à créer pour elle ce virus qui a infecté l'agent spécial DiNozzo.

Kate répondit à deux ou trois autres questions, après lesquelles maître Sullivan déclara avoir terminé.

La jeune femme alla se rasseoir.

- J'appelle à la barre l'agent spécial Anthony DiNozzo, déclara le procureur.

Des murmures s'élevèrent dans la salle alors que Tony se levait. La plupart des membres du jury s'étiraient le cou pour mieux le voir alors qu'il prêtait serment à son tour, la main sur la Bible.

- Déclinez votre identité.

- Anthony DiNozzo, agent spécial du NCIS.

- Le vingt-trois juin dernier, vous étiez bien au domicile du défunt quartier-maître Andrew Amberson, et de sa femme, Lisa Amberson, également morte ?

- Oui.

- Pourquoi êtes-vous retourné sur la scène du crime ?

- Nous cherchions l'arme qui pourrait avoir servi à tuer Lisa Amberson.

- Pourquoi étiez-vous au sous-sol ?

- Gibbs m'avait chargé d'examiner cette partie de la maison.

- Qu'y avez-vous découvert ?

- Un laboratoire caché.

- Élaborez.

Le jeune homme retint une grimace.

- En cherchant l'objet qui aurait pu avoir conduit à la mort de la femme du quartier-maître, j'ai remarqué des traces dans la poussière, indiquant que la table couverte d'outils avait été déplacée récemment.

- Vous l'avez donc poussée afin de voir pourquoi on l'avait déplacée ?

- C'est exact.

- Poursuivez.

- C'est là que j'ai vu un cadenas. Je l'ai cassé avec une pince et la porte dissimulée s'est ouverte, dévoilant le laboratoire caché.

- Ce laboratoire ?

Le procureur s'avança et montra à Tony les photos qu'il avait lui-même prises.

- Oui.

- Qu'avez-vous fait ensuite ?

- J'ai commencé à emballer les éprouvettes pour qu'elles soient analysées par Abby à notre retour au NCIS. En prenant la première, j'ai cassé accidentellement une éprouvette. Environ deux minutes plus tard, Gibbs m'a ordonné de sortir de la maison au plus vite.

- Ce que vous avez fait.

- Ce que j'ai fait, assura l'Italien. J'ai aussitôt été pris en charge par l'équipe de décontamination qu'Abby avait appelée.

- Et ensuite ?

- J'ai commencé à avoir... chaud. Kate et Gibbs ont tout de suite vu que je faisais de la fièvre et ont appelé une ambulance. J'ai tenté de me lever, mais j'ai été pris de vertiges.

- Décrivez votre état de santé durant la période de quarantaine.

Au fur et à mesure qu'il progressait dans la description, les gens présents – jurés inclus – serraient les dents ou grimaçaient, chacun imaginant l'enfer vécu par l'agent du NCIS.

- J'ai fini avec ce témoin, Votre Honneur.

- Maître Johnson, voulez-vous interroger l'agent spécial DiNozzo ?

- Oui.

- Procédez.

- Vous avez trouvé un laboratoire, agent spécial DiNozzo ?

- Oui.

- Et vous y êtes entré pour emballer ce qu'il y avait à l'intérieur ?

- Maître Johnson, je crois que le témoin a été très clair sur ce point, lança le juge en haussant un sourcil.

- Oui, Votre Honneur. Bien sûr. Agent DiNozzo, pourquoi ne pas avoir prévenu votre supérieur de votre découverte au lieu de vous aventurer dans ce laboratoire évidemment suspect ?

- Objection, Votre Honneur, s'écria le procureur. Cela n'a rien à voir avec le sujet du procès.

- Objection retenue. Poursuivez, maître Johnson.

- Vous avez donc été infecté par le virus.

- Oui.

- Et vous êtes toujours vivant.

- J'en ai l'impression, répondit Tony en serrant les dents.

- Je répète la question qu'a éludé l'agent Todd : est-ce donc que le virus n'était pas si dangereux ?

- Abby et le docteur Mallard ont estimé son taux de mortalité entre trente et quatre-vingt-dix pourcent. J'ai simplement eu la chance d'être dans l'autre portion.

- Plus de question, Votre Honneur, lança l'avocat d'Afaf en pinçant les lèvres.

Anthony retint un soupir de soulagement en se levant pour aller reprendre sa place. Kate lui adressa un léger sourire au passage.

- La défense appelle à la barre Sam Davies.

- C'est qui, celui-là ? murmura Kate en direction de Gibbs.

- Aucune idée.

En voyant un jeune homme, grand et mince, se diriger vers l'avant, Caitlin s'enfonça légèrement dans son banc.

- Merde, souffla-t-elle alors qu'il prêtait serment.

Il s'agissait du réceptionniste qu'elle avait menacé pour savoir où se trouvait Afaf.

- Oui, c'est moi qui était présent lorsque ces agents sont venus arrêter Madame Fouli.

- Et qu'est-ce qui s'est produit ?

- Objection ! dit pour la énième fois le procureur. Je ne vois pas ce que ce témoignage peut apporter.

- Votre Honneur, je tente de prouver que le travail des agents du NCIS n'a pas été fait correctement.

- Objection rejetée. Répondez à la question, monsieur Davies.

- Sans mandat, j'ai refusé de leur dire où elle se trouvait, et la femme m'a brutalisé.

- Définissez « brutalisé » ?

- Elle m'a écrasé la tête sur mon bureau en me menaçant avec son arme. Et elle m'a cassé le poignet.

« Merde, merde, merde, merde » se répétait sans cesse la jeune femme.

- Vous parlez de l'agent spécial Caitlin Todd ?

- Oui, elle.

Pour appuyer ses dires, il pointa l'agent fédéral assise au deuxième rang.

- Je n'ai plus de questions pour ce témoin.

Kate secoua la tête, découragée.

- Gibbs...

- Ce n'est rien, Kate. Le jury ne va pas se préoccuper d'un truc pareil...

Le procureur ne posa pas de question au réceptionniste, qui retourna à sa place d'un air satisfait.

Par la suite, Ducky et le docteur Jefferson furent appelés à témoigner. Le médecin légiste ne fit que confirmer les dires d'Abby, alors que le médecin qui avait traité Tony décrivit plus amplement les symptômes dont il avait souffert.

- Diriez-vous que ce virus était aussi dangereux qu'il l'avait été supposé au départ, docteur Jefferson ? demanda Johnson.

- Peut-être même plus. Médicalement, je ne m'explique pas que l'agent spécial DiNozzo soit présent dans cette salle.

- J'ai terminé avec le témoin, Votre Honneur.

Après le docteur, McGee vint expliquer – nerveusement, comme on pouvait s'y attendre – le contenu du dossier caché de l'ordinateur du quartier-maître Amberson.

- J'appelle à la barre l'agent spécial Leroy Jethro Gibbs.

On lui posa les mêmes questions que celles posées à Kate jusqu'à ce que les aveux viennent sur le sujet.

- C'est à vous, agent Gibbs, que ma cliente a fait ses « aveux » ? demanda maître Johnson lorsque son tour vint.

- Oui, en effet.

- Sans avocat ?

- Elle a refusé d'en consulter un.

- Mais vous lui en avez proposé un ?

- Évidemment.

- Vous considérez tout de même ces aveux comme recevables ?

C'était donc pour ça qu'Afaf plaidait non coupable ?

L'équipe de Gibbs échangeait des regards étonnés, des murmures d'indignation s'élevèrent de partout dans la salle, tant et si bien que le juge Turner dut s'y prendre à trois fois pour réinstaurer le silence dans sa salle.

- Répondez à la question, agent Gibbs.

- Oui. Elle était parfaitement saine d'esprit et consciente de ce qu'elle faisait au moment où elle a prononcé et signé ces aveux.

- Si vous le dites... je n'ai plus de question.

Gibbs retourna se rasseoir, visiblement contrarié. Contrarié ? Non, il était furieux. Fu-ri-eux.

- La séance est levée et reprendra demain à la même heure, déclara le juge en frappant avec son maillet.

- Non coupable ? s'exclama Abby en sortant. Elle ose plaider non coupable après les aveux signés ? C'est de la folie.

- J'arrive pas à croire qu'ils aient demandé au réceptionniste de témoigner, bougonna Kate. On a l'air malins.

- Ils essaient de faire croire qu'on a mal fait notre boulot, Kate, répondit Gibbs. Ce qui ne va les mener nulle part. Les jurés n'aiment pas qu'on les prenne pour des cons...

Le lendemain, Afaf fut – enfin – appelée à témoigner.

Son témoignage fut, il fallait bien l'admettre, bluffant. La larme à l'œil, elle répondait aux questions, expliquant d'une voix pleine d'émotions comment elle avait été forcée de coopérer à ces activités de bioterrorisme, comment l'organisation l'avait menacée pour qu'elle travaille pour eux.

- Les organisations bioterroristes ont-elles toutes pour coutume de placer haut dans la hiérarchie des gens qu'ils obligent à coopérer par des menaces de mort, madame Fouli ? demanda le procureur Sullivan d'un ton cinglant.

- Quoi ? Non, je n'étais rien là-dedans...

- Les emails retrouvés dans l'ordinateur du quartier-maître par le NCIS démontrent pourtant le contraire.

- Je devais prétendre avoir de l'influence pour l'impressionner et l'obliger à nous aider, mais jamais je n'ai eu la moindre autorité, je le jure.

Tony se pencha vers Gibbs.

- Est-ce qu'elle croit vraiment entuber le jury avec ça ?

Kate tourna le regard vers le jury. Alors qu'elle s'attendait à voir des visages froids et impassibles, elle vit qu'environ la moitié semblait compatir.

- Ne me dites pas qu'elle va s'en sortir comme ça, murmura-t-elle pour elle-même.

- J'en ai fini avec la prévenue, Votre Honneur, dit le procureur en se rasseyant.

- Très bien, maître Sullivan. Souhaitez-vous vous adresser aux jurés avant qu'ils ne partent en délibérations ?

- Bien entendu.

- Procédez.

Sullivan se leva pour aller faire face au jury.

- Lorsque j'irai me rasseoir, on vous suppliera d'avoir pitié. On se mettra pratiquement à genoux devant vous pour que vous compatissiez. Voilà ce que dira maître Johnson : « Elle a énormément souffert. Comprenez ma cliente ». Telle un enfant de trois ans qui veut se faire pardonner d'avoir dessiné sur un mur, l'accusée veut aujourd'hui se faire pardonner ses crimes, alors que les preuves sont accablantes, alors qu'elle les a elle-même admis devant l'agent spécial Gibbs. Elle veut que vous lui pardonniez d'avoir failli causer la mort d'un agent fédéral et de lui avoir fait endurer maintes souffrances. Elle veut que vous lui pardonniez d'avoir mené à la mort d'un honnête homme et de sa femme. Elle veut que vous lui pardonniez d'avoir planifié la décapitation de notre nation. Hé bien moi je vous dis, membres du jury... en votre âme et conscience... ne lui pardonnez pas. Nous n'avons pas affaire à l'enfant de trois ans. Nous avons affaire à une dangereuse bioterroriste. Ne lui pardonnez pas.

Le procureur, après un dernier regard aux jurés, alla reprendre sa place.

- Maître Johnson, c'est à vous.

L'avocat se leva à son tour, faisant face au jury à son tour.

- Maître Sullivan vous donne des ordres. Je vais vous poser une question. Une seule. Pourrez-vous dormir après ? Pourrez-vous dormir après avoir condamné ma cliente en vous basant sur les conclusions d'une enquête qui a de toute évidence été bâclée ? Pourrez-vous dormir après avoir prononcé le verdict de culpabilité sur la foi d'aveux soutirés par la force et la menace ? Pourrez-vous dormir après avoir déclaré coupable une femme qui a été manipulée, une femme qui apparaît devant vous repentante ? Ma cliente ne nie pas ses actes, mais regrette profondément d'avoir été forcée à les commettre. Alors, ne pardonnez pas. Mais comprenez.

L'avocat de la défense alla se rasseoir.

Silencieusement, l'équipe du NCIS regarda le jury sortir de la salle pour les délibérations.

Le jour suivant, les délibérations prirent fin.

- Le jury en est-il arrivé à un verdict ? demanda le juge Turner.

- Oui, Votre Honneur, répondit un juré.

Il lui apporta une enveloppe.

- L'accusée est priée de se lever pour la lecture du verdict.

Afaf et son avocat se levèrent debout.

- Madame Fouli, après un procès juste et équitable, vous avez été jugée par vos pairs, qui, en leur âme et conscience, en sont arrivés à un verdict.

Il se racla légèrement la gorge et mit ses lunettes sur le bout de son nez avant de commencer sa lecture :

- En ce qui concerne les accusations de participation active à une organisation bioterroriste, nous déclarons l'accusée coupable. En ce qui concerne les accusations pour avoir planifié des attaques biologiques sur des bâtiments du gouvernement des Etats-Unis d'Amérique, nous déclarons l'accusée coupable. Et en ce qui concerne l'attaque biologique contre un agent fédéral, nous déclarons l'accusée... coupable.

Abby, littéralement euphorique, sauta au cou de Ducky. Gibbs, qui avait retenu son souffle, se remit à respirer librement.

- La séance est levée, la sentence sera prononcée lundi.

Au coup de maillet, les gens se levèrent.

Du coin de l'œil, l'ancien marine vit la microbiologiste être emmenée hors de la salle. La jeune femme aux longs cheveux noirs, sentant un regard sur elle, tourna la tête. Lorsqu'elle vit qui l'observait, ses grands yeux sombres se mirent à jeter des éclairs.

La porte se referma sur la criminelle, et l'homme aux cheveux gris, satisfait, quitta la salle avec son équipe.

Le mot de la fin : Voilà ! Pour la petite histoire, initialement, Afaf devait être déclarée non coupable, puis je l'ai mise coupable, puis non coupable à nouveau, puis encore coupable, etc., etc. ! Ça fait plus d'une semaine que je débats avec moi-même sur ce sujet ! XD Heureusement que j'avais commencé ce chapitre à l'avance, sinon, je serais pas sortie de l'auberge !!!