Titre : Actes manqués

Auteur : Mokoshna

Manga : Naruto

Crédits : Naruto est encore et toujours la propriété de Masashi Kishimoto.

Avertissements : Yaoi KakashiXIruka qui prend son temps, alors ne soyez pas pressés. J'ai aussi pris des libertés avec la trame du manga et certains éléments de la biographie des persos (notamment la scolarité d'Iruka), du coup ce sera sans doute aussi un UA (Univers Alternatif).

Je viens de découvrir qu'Iruka était en fait beaucoup plus jeune que Kakashi, de l'ordre de quatre ans de différence (contre un an comme je l'avais toujours cru, ce qui est le cas dans cette fic). Comme je n'avais pas envie de tout refaire et de repenser le scénario en entier, j'ai décidé de garder le premier chapitre et de continuer sur la lancée. Merci de votre compréhension.

Commentaires artistiquement idiots de l'auteur : Je vais utiliser à partir d'ici un point de vue alternatif dans la narration. Les chapitres impairs seront traités du point de vue d'Iruka tandis que les pairs seront ceux de Kakashi. Bonne lecture et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !

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Chapitre 2 :

Celui qui était aimé

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J'avais huit ans lorsque mon père se tua, pratiquement sous mes yeux. À ce jour, je ne me souviens que vaguement de ce qui s'est passé ; ma mémoire s'embrouille dès que je fais le moindre effort, et aucune consultation chez un spécialiste, aucun « truc » n'a réussi à la démêler jusque-là. Ce n'est peut-être pas plus mal.

Ce jour-là, j'étais rentré de mission un peu en avance : le chef de notre groupe, Mamoru Sakaki, avait absolument tenu à revenir à Konoha en apprenant la naissance de son deuxième fils le matin même. La mission qui devait nous prendre trois jours fut expédiée en deux ; nous revînmes en toute hâte, Mamoru si angoissé qu'il n'acceptait aucune pause, aucun relâchement. Nous ne lui en tenions pas rigueur car en temps normal, il était un bon chef et un bon ami. Nous le quittâmes à l'entrée du village alors qu'il se précipitait à l'hôpital sans un regard en arrière. Je laissais mes deux autres camarades avec un mot d'adieu et rentrai chez moi, tout heureux. Je savais que mon père n'était pas en mission ces jours-ci et il me tardait d'être à ses côtés. Nous passerions une soirée tranquille à deux ; je lui raconterais le contenu de ma mission (en laissant bien sûr de côté les informations qu'il m'était interdit de divulguer), il m'aiderait de ses conseils avisés. Nous avions souvent ce genre de discussions depuis le départ de ma mère, et je n'étais pas peu fier de l'attention que me donnait mon père, le Croc Blanc de Konoha. J'étais son fils et il me parlait d'égal à égal.

Je me rappelle avoir ouvert la porte à la volée en ayant remarqué ses sandales à l'entrée ; je jetais mes affaires en vrac et allais directement au dojo, là où je savais qu'il se trouvait.

Une odeur âcre de sang m'accueillit avant même d'y arriver ; ma mémoire me joue des tours à partir de là. Sans doute, ai-je ouvert la porte en craignant le pire, et je ne m'étais pas trompé. Rouge. Je crois être passé dans une sorte de transe panique ; à mon réveil, je me trouvais à l'hôpital, allongé dans un lit aux draps frais, Mamoru penché au-dessus de moi avec un visage d'une pâleur affreuse. Je me souviens m'être demandé si son bébé allait bien, si mon maître et ami était si mal en point parce qu'il était arrivé quelque chose à son fils ou à sa femme. Pas un seul instant, je ne me doutais qu'il était là pour moi.

— Félicitations au papa, fis-je sans m'en rendre compte, la voix rauque.

Mamoru me serra dans ses bras et se mit à m'adresser des excuses. Je ne comprenais pas ; pourquoi voulait-il s'excuser de la naissance de son fils ? Je l'encerclais de mes bras, gauchement, en me demandant ce que j'avais bien pu faire pour mériter ainsi sa compassion, lui qui mettait un point d'orgue à rester calme en toute circonstance. Je tournai la tête, et mes yeux tombèrent sur une coupure qu'il s'était faite lors de notre dernière mission, juste à la base de son cou. Le sang séché émettait une odeur désagréable ; je fixai la blessure qu'il avait laissée par négligence ou manque de temps... et quelque chose se réveilla dans ma tête.

Je me souviens nettement avoir hurlé jusqu'à ce que ma gorge ne soit plus qu'une lande rauque et sèche.

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La vie poursuivit son cours. J'appris de la bouche de Mamoru ce qui s'était passé, l'erreur fatale qu'avait commise mon père en mission et qui lui avait valu un blâme public, y compris de la part de ceux qu'il avait sauvés. Il était parti un homme complet et fort, une légende. Une épave repentie était revenue. Les ragots, les médisances l'avaient tués plus facilement que n'importe quelle technique interdite et je le savais ; c'était sa honte qui avait tenu la lame avec laquelle il s'était fait seppuku. Je me souviens n'avoir jamais autant détesté quelqu'un en entendant les faits. Mon père, mon héros, m'avait abandonné en me laissant les marques de son déshonneur, marques qu'il m'aurait fallu traîner pour le restant de mon existence. Son échec en tant que ninja, son échec en tant que père. Mon humiliation en tant que son fils, son héritier.

Je décidais, avec la candeur et la détermination de l'enfance, de tout faire pour ne pas commettre la même erreur et me lançais dans l'apprentissage des règles à corps perdu, règles que j'appliquais à la lettre à la moindre occasion. Je ne voulais pas me faire avoir par cette honte qui avait tué mon père plus facilement que tous les ennemis et toutes les armées du monde. À cause de cela, on me jugea plus d'une fois austère, froid, presque inhumain ; je n'en avais que faire. Seul comptait à mes yeux le respect de mon serment.

À douze ans, je fus muté dans l'équipe de celui que l'on avait surnommé l'« Eclair Jaune de Konoha ». Homme chaleureux et sympathique, il nous avait accueilli, mes deux autres compagnons chûnin et moi, en nous invitant à manger. Entre deux plateaux de sushi, je lorgnais avec raideur le garçon brun à l'allure débraillée et la jeune fille aux cheveux clairs qui m'accompagnaient. Obito et Rin avaient beau être du même rang que moi, il avaient obtenu leur titre récemment alors que cela faisait six ans que je traînais le mien. Je m'imaginais nettement supérieur à eux et je n'avais pas tort. Mais j'étais aussi et surtout plus arrogant, plus seul et triste. Notre repas s'acheva avec notre première dispute, à Obito et à moi. Il m'avait demandé pourquoi j'avais l'air si coincé ; je répliquais en lui demandant pourquoi il avait l'air si idiot. Cela dégénéra et il fallut l'intervention de notre maître pour nous séparer.

Je m'habituais vite à eux, du moins j'essayais. Un bon ninja travaillait en équipe ; Obito m'irritait par sa désinvolture et sa faiblesse, mais je devais « faire avec », comme me le dit un jour notre chef. Il était d'un rang plus élevé ; je devais obéir. Je m'abstins donc de parler avec Obito, limitant nos échanges au strict minimum, et notre équipe ne s'en porta que mieux. Malgré tout, Rin paraissait insatisfaite. Cela me perturbait, car j'avais appris à ma manière à l'apprécier. Ses techniques de guérison nous étaient fort utiles et elle était une personne sensée, contrairement à Obito. Nous passâmes les premiers mois dans une paix relative jusqu'à ce qu'un beau jour, je fus convoqué dans le bureau du Sandaime Hokage pour une mission un peu spéciale.

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Mon rôle était simple : on voulait que je serve d'examinateur à un groupe de gennin qui avait été conseillé par leur maître. La guerre qui faisait rage aux frontières ne permettait pas la mise en place d'un examen de rigueur, chaque village caché devait donc effectuer ses propres choix en la matière. Je devais m'infiltrer parmi eux dans le cadre d'une mission et vérifier s'ils méritaient de passer au niveau supérieur. C'était si facile que je me demandais pourquoi on m'avait spécialement assigné à cette mission ; un simple chûnin examinateur aurait fait l'affaire, mais apparemment on avait besoin de mes compétences. Qu'à cela ne tienne. J'acceptais sans faire de façons.

Takeshi Kanda, leur chef, vint me chercher le matin du début de notre mission et m'expliqua brièvement qui j'allais rencontrer. Ses espoirs étaient plutôt orientés en faveur de Kei Sakaki, son meilleur élément. Je le reconnus comme étant le fils aîné de Mamoru Sakaki, mon ancien chef, celui qui avait tant bien que mal essayé de me consoler après la mort de mon père. Si le fils aîné valait ne fût-ce que la moitié de son géniteur, il était en effet bien parti pour passer chûnin à la fin de la mission. La fille du groupe paraissait être une experte en taijutsu et bien que d'un niveau moindre que son compagnon, elle avait aussi toutes ses chances. Par contre, le dernier membre me laissa perplexe.

— Iruka Umino ?

Kanda me fit un maigre sourire.

— C'est le fils unique de Kujira et Kasumi Umino.

Je parcourais son dossier. Rien de bien exceptionnel dans ses résultats, ils étaient même décevants en comparaison de ses parents.

— Tout le monde ne peut pas hériter du génie de sa famille, fit Kanda en voyant ma mine dégoûtée. Iruka est un gentil garçon qui fait énormément d'efforts.

— Ce n'est pas suffisant, apparemment.

Kanda secoua la tête.

— Il avance à son rythme, c'est tout. Je suis sûr qu'il fera un excellent chûnin, et un jônin plus que convenable.

— Nous verrons ça, fis-je en m'en désintéressant. Pour l'instant, je crois que nous devrions y aller. Nous sommes en retard.

Sans attendre sa réponse, je lui emboîtais le pas.

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L'accueil fut loin d'être amical. Kanda me présenta de manière saugrenue en me dénommant « Nanaki ». Certes, je lui avais demandé de dissimuler mon identité (j'essayais autant que possible de faire oublier mes origines en tant que fils de Sakumo Hatake), mais m'affubler du sobriquet de « Sans nom », c'était ridicule ! D'emblée, le garçon le plus petit, Umino, me regarda de travers. Je me détournais de la conversation et me mit à observer mes futurs coéquipiers.

Kei Sakaki avait tout de l'allure de son père. Grand, fort, décidé, et pourtant il irradiait de sa personne une impression de douceur qui n'était pas chez Mamoru. Il devait le tenir de sa mère ; il y avait d'ailleurs dans ses gestes une manière toute maternelle de couver Umino. Celui-ci était minuscule en comparaison, et je le jugeais d'un coup d'oeil couard et sans intérêt, de ceux que l'on envoyait sur le front comme chair à canon et dont on oubliait le nom aussi vite que l'arôme d'un thé quelconque. Qu'il fût le rejeton de deux ninja aussi fameux que Kujira et Kasumi Umino me dépassait. Il leva les yeux vers moi pour les baisser aussitôt, et alla se planquer derrière Sakaki. Je fis une grimace méprisante et passait à la jeune fille.

Sanae Katsuragi était jolie dans son genre : blonde, les formes bien faites pour son âge, elle portait un kimono rose ridicule qui était un peu trop indécent à mon goût. Le rapport faisait état d'une experte avancée en taijutsu, du genre qui pouvait exploser un énorme rocher d'un coup de pied sans effort ; un bon élément au corps à corps, qu'il fallait surveiller de près et encourager. Elle avait aussi un niveau acceptable en ninjutsu bien que ses capacités en genjutsu fussent médiocres.

Sakaki était le contraire ; peu doué en taijutsu bien que se défendant assez, il avait un talent particulier pour les techniques de ninjutsu, ce qui était normal au vu de sa famille. Tout comme moi, les Sakaki avaient une affinité avec le raiton, ce qui avait rendu ma collaboration avec Mamoru plus efficace qu'elle ne l'eût été si on m'avait mis en relation avec quelqu'un qui avait des affinités avec le suiton, par exemple.

Kanda me lança un regard curieux ; pendant que j'étais perdu dans mes pensées, il avait renvoyé ses élèves chez eux pour se préparer. Nous devions nous revoir à la sortie du village.

— Alors, qu'est-ce que vous en pensez ? fit-il avec un sourire pas peu fier.

— Sakaki a l'air d'être un bon élément. Katsuragi est forte, mais il faudra voir ce qu'elle vaut sur le terrain.

Je me tus après ces propos brefs, que j'avais sortis juste par courtoisie. Kanda fronça les sourcils.

— Et Iruka ?

— À votre avis ? dis-je sur un air indolent.

Il soupira.

— Il est encore trop tôt, je vois...

— Pas seulement ça. S'il devient chûnin,ce ne sera pas demain, ni même dans un an. Je me demande d'ailleurs comment il est passé gennin. Il est loin d'avoir le niveau.

— Il l'aura, m'affirma Kanda. Avec un peu de travail et d'expérience, je suis sûr qu'il y arrivera, ne serait-ce que pour ne pas rester en arrière.

— Et s'il s'enfuit avant ?

— Pourquoi ferait-il ça ?

Mais sa voix avait tremblé un instant. Kanda évita de croiser mon regard.

— À combien de missions s'est-il déjà désisté ?

— Aucune, fit mon vis-à-vis en secouant la tête. Enfin, pas vraiment. Kei et Sanae veillaient sur lui.

— Dans le jargon, on appelle ça un boulet, fis-je sans pitié. Une bonne équipe n'a pas besoin de se traîner quelqu'un comme ça.

— Une bonne équipe n'a pas toujours besoin que ses membres soient tous forts comme des boeufs, agiles comme des singes ou je ne sais quoi, dit calmement Kanda. Quelquefois, juste une présence suffit.

— C'est absurde.

— Pourtant, c'est comme ça que ça marche dans celle-ci.

Je commençais à m'énerver. De quoi parlait-il donc ? Quel intérêt à garder un élément déficient susceptible de vous ralentir, ou pire, de faire échouer la mission ? Cet Iruka était manifestement le maillon faible de cette équipe, qu'attendaient-ils pour s'en débarrasser ?

Kanda me laissa à l'entrée de ma maison en me conseillant de méditer sur la chose. Je n'en avais aucunement l'intention ; ç'eût été une perte de temps précieux alors que je pouvais faire mon sac et lire de nouveau leur dossier. Je rajoutais celui de Kanda que j'avais réussi à obtenir d'un collègue à qui je demandais régulièrement ce genre de services, un autre membre de la famille Sakaki. J'étais prêt.

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Plus nous nous éloignions de Konoha et plus Iruka Umino me paraissait antipathique. Le voyage jusqu'à Tempura, le village qui jouxtait le temple où nous devions nous rendre, ne dura que trois jours mais j'eus le loisir d'observer plus en détail mes compagnons et les liens qui les unissaient.

Kanda était le chef, cela ne faisait aucun doute, mais un chef laxiste qui faisait plus office de grand frère que de maître ninja. Cela m'agaçait un peu mais son système avait l'air de satisfaire tout le monde. Je n'avais pas le droit de le leur reprocher tant que la mission n'était pas mise en danger.

Sakaki faisait office de voix de la raison et Katsuragi était l'élément perturbateur, dans une certaine mesure. Umino et elle passaient leur temps à se plaindre, même si Katsuragi était plus prompte à accomplir ses tâches que son partenaire. Sakaki avait tendance à calmer le jeu en motivant ses compagnons et en leur donnant l'exemple. C'était un bon ninja, soucieux d'obéir aux ordres et avec la puissance nécessaire pour résister à un assaut sérieux. Lorsqu'il se mettait en équipe avec Kanda ou même Katsuragi, cela donnait une combinaison redoutable. Ils semblaient bien rodés au travail en groupe, et n'eût été la présence incongrue d'Umino en leur sein, j'aurais eu tendance à penser qu'il formaient une équipe quasi idéale.

Jusque-là, je ne m'étais guère soucié de ma place dans ce groupe ; j'étais là pour jauger leur capacités et dire s'ils étaient prêts à passer au niveau supérieur, je n'avais pas à me mêler de leurs affaires. Je leur parlais peu, assez pour ne pas perturber la mission mais je jugeais bien inutile de m'en faire des « amis ». Après tout, je serais parti sitôt la mission accomplie. J'avais hâte de revenir au village et de réintégrer mon groupe au plus tôt, même si la présence d'Obito me tapait sur les nerfs... Il fallait que je passe au plus vite mon examen pour devenir jônin. Ils n'avaient que trop tardé à me donner cette promotion, au village.

— Un mot, Nanaki ? dit Kanda le troisième jour du voyage, alors que nous nous étions arrêtés pour la nuit.

Nous aurions été en vue de Tempura le lendemain. Il nous fallait nous préparer avec soin avant de pénétrer dans le village, et j'avais déjà enfilé mon costume de page pour m'y habituer. Je comptais bien m'endormir avec. La toge de Kanda était plus riche et plus colorée, d'un joli teint ocre alors que les nôtres, celles des pages, était d'un marron sale. Nous avions soigneusement étudié la religion sur le chemin, il ne nous restait plus qu'à nous mettre d'accord sur nos rôles respectifs.

— Je n'aime pas ce kimono, fit la voix claire de Katsuragi, sa couleur et sa coupe ne me mettent pas en valeur.

Je la fixais avec indignation. Qu'avait-elle à rouspéter en mission ?

— La coupe et la couleur ont été choisis par nos experts, fis-je sans détour, à partir des informations que nous avons pu glaner sur la mode à Tempura.

— Oui, mais orange ?

— L'orange est la couleur sacrée de la secte Inari. Avez-vous oublié que nous devons nous mêler incognito aux membres pour glaner des informations sur la princesse Minako ?

Katsuragi fit une moue dédaigneuse.

— Ok, mais n'empêche... l'orange n'est vraiment pas ma couleur.

Je ne pris pas la peine de lui répondre. Pour moi, orange ou rose, c'était du pareil au même : elle paraissait ridicule dedans. Je remarquai que Sakaki était en train d'attacher la toge d'Umino qui avait à moitié glissé sur le sol. Nous avions les épaules et une partie du torse nu ; seul un fundoshi classique, de la même couleur que le pagne, nous ceignait les reins par pudeur. Il n'aurait pas été superflu ; d'après ce que j'avais entendu dire des moines d'Inari, la pédérastie faisait quasiment partie de leurs coutumes...

— Il faudra faire attention à ne pas se séparer lors de nos déplacements, dis-je avec un regard appuyé en direction d'Umino.

En s'aventurant tout seul, les moines n'auraient fait qu'une bouchée de lui. Sakaki parut comprendre mes propos puisqu'il me fit un signe de la tête avant de se tourner vers Umino.

— On reste ensemble, hein Iruka ?

— Ok.

Parfait. En comparaison, Katsuragi ne risquait presque rien : s'il y avait une chose qu'ils respectaient à Inari, c'était la virginité de leurs filles. Leur déesse punissait sévèrement quiconque eût touché une vierge avant son mariage, surtout si celle-ci ne lui était pas promise.

Kanda se tourna vers moi.

— Le mieux serait d'avoir parmi nous un Favori de la déesse, souffla-t-il d'un air pensif. Mais c'est dangereux...

— Je peux le faire, l'interrompais-je.

Il darda ses yeux sur moi.

— C'est hors de question.

— Ce ne sera que plus facile de pénétrer dans leurs secrets.

Il soutint mon regard avec une grimace. Une petite voix flûtée, toute timide, s'éleva alors de l'autre côté de notre feu.

— Qu'est-ce que c'est, un Favori de la déesse ?

Katsuragi cogna la tête d'Umino. Il frotta longuement sa blessure, jetant un regard irrité vers son amie. La toge lui allait à ravir ; quelque part, il aurait fait un favori plus convenable que moi, surtout avec ses cheveux fins qui lui tombaient sur les épaules et son air candide...

— Tu n'as pas lu le rapport, ou quoi ? dit la fille avec exaspération.

— C'est pas ma faute s'ils utilisent des kanji compliqués !

Katsuragi soupira, mais décida de répondre à sa question.

— Il s'agit d'une catégorie spéciale de pages, fit-elle dans un murmure, censés servir les moines pour les élever à la compréhension suprême d'Inari. Pour cela, un rituel de chair est demandé.

— Hein ?

— En gros, ce sont des prostitués sacrés, ni plus ni moins.

— HEIN !

Je ricanai.

— Tu t'attendais à quoi, Umino ?

Mes compagnons me regardèrent avec un drôle d'air.

— C'est la première fois que tu nous tutoies, Nanaki, fit Sakaki.

— Nous sommes supposés être amis, alors c'est la moindre des choses, fis-je avec patience. Nous sommes donc d'accord, je serai un Favori.

Kanda paraissait néanmoins sceptique.

— Je ne sais pas trop...

— C'est mieux ainsi. Je suis le plus à même de me défendre en cas de problème, et cela ne me choque pas si c'est pour la mission. Vous préféreriez que ce soit Umino ?

Je ricanai de nouveau en voyant leurs mines horrifiées. Évidemment, il était hors de question de compromettre leur gentil Umino. Ce garçon me donnait la nausée. Il était surprotégé par ses amis et son maître ; comment espérer tirer quelque chose d'un tel personnage ? Nous étions supposés être des soldats surentraînés pouvant faire face à n'importe quelle situation, un gamin pleutre tel que lui était une insulte à notre organisation. Je savais que mon antipathie pour lui se révélait assez souvent dans la manière dont je le traitais par rapport aux autres, plus froide et condescendante. Que m'importait ? Il l'avait mérité.

— Nous sommes donc d'accord.

Ce furent mes derniers mots de la soirée. Nous nous préparâmes pour la nuit, chacun ayant son tour de garde à respecter. J'avais le premier ; Umino me suivait, et je lui laissais ma place auprès du feu en grommelant, tandis qu'il me lançait un regard craintif qui me fit frémir d'impatience. Je le brusquais en passant et m'endormis de fort mauvaise humeur.

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Tempura était un village sans prétention situé à l'extrême sud du pays du Feu. Les habitants subsistaient modestement de pêche et d'un peu d'agriculture primaire ; rien de bien passionnant si l'on désirait une carrière ou un tant soit peu d'amusement. De ce fait, la population avait tendance à vieillir au fur et à mesure des départs des jeunes pour des régions avec des perspectives d'avenir plus intéressantes. Même la présence toute proche du temple Agedofu, le refuge des moines Inari où nous devions nous rendre, n'aidait pas l'économie locale. Les adeptes d'Inari étaient en effet farouchement indépendants et cultivaient tout ce dont ils avaient besoin au sein de leurs murs, et la mer et ses trésors était à tout le monde.

L'homme qui nous accueillit dans l'unique auberge du village avait plus de quarante ans et des chicots pleins la bouche. Il nous souhaita néanmoins la bienvenue avec toute la courtoisie du monde et nous installa dans ses meilleures chambres. Je remarquai que nous étions ses seuls clients. Il nous servit avec célérité des plats simples mais délicieux, et les draps de nos couches étaient frais quoiqu'un peu délavés.

— C'est rare que des moines Inari s'arrêtent chez nous, fit-il de sa voix rude et amicale. Vous auriez pu aller dans votre temple, là !

Kanda secoua la tête avec le sourire. Il s'était d'emblée imposé comme le porte-parole et le chef.

— Je crains m'être un peu égaré, fit-il le plus innocemment du monde. Mes enfants sont fatigués d'avoir tant marché. Il nous fallait nous reposer.

Il nous fallait surtout récolter le maximum d'informations préalables auprès des habitants de Tempura, mais bien entendu Kanda ne le dit pas. L'aubergiste, un certain Kojiro, tapa sur son ventre rebondi avec jovialité.

— Et vous avez eu raison ! À cet âge-là, on ne doit pas tenir la route bien longtemps.

Je me plongeai dans ma bouillie de céréales pour éviter de rire. Mes compagnons gennin en firent de même. Nous devions avoir l'air bien affamés, à quatre sur les gamelles qu'on nous avait mises sous le nez, mâchant à toute allure pour éviter tout mot malheureux. Kojiro nous lança un regard de pitié.

— Pauvres gosses, quelle idée de voyager comme ça, à pieds !

— Cela fait partie de leur quête initiatique, fit simplement Kanda.

— Ah oui, vos traditions, à vous autres... Notez que je n'ai rien contre, c'est juste que ça me fends le coeur de voir des petiots aussi éreintés.

Il nous considéra avec bienveillance.

— Ils sont tous à vous ? Ils sont bien mignons.

— Sanae est ma fille, mais les trois garçons ne sont que mes pages. Ce sont trois orphelins que j'ai recueilli sur la route, il y a déjà longtemps. Je n'ai pas à m'en plaindre, ils sont bien gentils.

Kojiro hocha la tête.

— Ils ont l'air, oui. Et forts, avec ça, surtout le gamin là-bas.

Il montra Sakaki d'un mouvement du menton. Umino sembla se tasser un peu plus dans son siège.

— On dirait un peu mon petiot, il a le même air. On sent que c'est un garçon en bonne santé. Les deux autres sont pas mal aussi, peut-être un peu maigres. Surtout le petit blanc, là.

Sa façon de nous traiter comme des pièces de bétail commençait à m'agacer. Kanda se contenta d'en rire.

— Vous avez un fils, M. Kojiro ? fit alors Sanae en le fixant avec humeur.

Peut-être voulait-elle changer de sujet ? L'aubergiste y parut sensible et soupira.

— Aye, mon fils Musashi est parti se faire ninja à Konoha. Vous devez connaître, non ? Le village caché.

Umino se mit à pouffer dans sa bouillie, ce qui donnait l'impression qu'il avait avalé de travers. Kojiro lui fit une tape dans le dos, sans malice.

— Fais gaffe, gamin !

— Ah... merci, reprit ce diable d'Umino. Vous disiez que votre fils était à Konoha ?

— Ouais, mais je sais pas ce qu'il devient. Ça fait deux ans que j'ai pas eu de nouvelles, ça m'inquiète. Mais bon, qu'es-ce que vous voulez, c'est pas comme si je peux lui écrire ou quoi. Je sais même pas où il se trouve, ce fichu village.

— Ça doit être difficile, compatit Katsuragi.

— Ouais. Bah, je suis pas le plus mal loti. La veuve Haruka a perdu ses trois gosses partis à la guerre, et ils sont tous morts. Ça a été un rude coup pour elle. Déjà que son mari avait péri en mer...

Et il continua assez longuement sur les malheurs des habitants du village, sur sa fin prochaine... Je ne pus m'empêcher de penser à son fils, ce Musashi qui était venu chez nous. Avait-il atteint son objectif ? À supposer qu'il ait été accepté à l'académie (ce qui était très rare chez les aspirants un peu grands déjà, on préférait les choisir très jeunes pour habituer progressivement leur corps à l'entraînement difficile qui les attendait), avait-il réussi l'examen gennin ? Était-il seulement encore en vie, ou avait-il péri dans une mission ? Deux ans sans nouvelles, c'était long. Ou peut-être avait-il échoué dans son rêve, et dans ce cas il devait avoir trouvé un travail sans éclat parmi les civils... La présence d'un non natif qui n'avait pas de travail était inconcevable à Konoha ; on lui faisait généralement comprendre qu'il n'était pas le bienvenu, et en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, il se retrouvait à l'extérieur avec toutes ses affaires, non sans être passé entre les mains de médico-nin spéciaux qui effaçaient de son souvenir toute trace de son passage ainsi que la localisation du village. Ainsi, Konoha était préservée de la surpopulation et des intrus inutiles. C'était peut-être cruel, mais quelle solution adopter quand il y avait à travers tout le pays des dizaines de nouveaux émigrants par jour, du fait de la guerre ? Ces pauvres hères cherchaient refuge où ils pouvaient, leurs errances les menaient quelquefois jusqu'à notre village. Quel meilleur endroit pour refaire sa vie que dans un village caché de ninja ? L'argent circulait bien du fait des missions confiées par les seigneurs et autres personnes aisées, l'endroit était protégé de toute attaque. Pour un habitant de Tempura, hameau qui n'avait échappé aux ravages de la guerre que du fait de son isolement et du peu d'intérêt qu'il présentait, Konoha était un nirvana terrestre qui scintillait d'autant plus que l'on n'était pas censé savoir où il se trouvait. Un sceau extrêmement puissant protégeait son emplacement et pour quiconque n'était pas le bienvenu, il n'aurait trouvé à cet emplacement qu'une étendue forestière à perte de vue...

— ... n'est-ce pas, Nanaki ? fit la voix de Kanda en me tirant de mes pensées.

Je sursautai, un peu honteux de m'être laissé aller à une rêverie déplacée en mission.

— Oui ?

Umino pouffa dans son coin. Je le fusillai du regard et il poussa un petit cri tandis que Sakaki soupirait et secouait la tête.

— Tu viens, Iruka ? fit-il avec patience. On va aller visiter le village, qu'est-ce que t'en dis ?

Umino lui adressa un faible sourire. Je m'en désintéressai aussitôt pour me tourner vers l'aubergiste qui nous observait, curieux et un peu amusé...

— Monsieur Kojiro, fis-je avec mon plus beau sourire, vous avez vécu ici toute votre vie, non ? Vous pourriez me parler du temple ? Il doit être magnifique !

Je vis alors cet homme simple et rude m'adresser un regard tout paternaliste.

— Ah, pour sûr, qu'il est beau, Agedofu ! La merveille du coin !

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Kojiro m'apprit plus que je ne l'espérais sur Agedofu. Le temple était en fait une immense forteresse reconvertie en lieu de culte par les moines d'Inari ; avant cela, elle avait servi de prison pour les adversaires de l'ancien Shôgun. Une prison sinistre qui surplombait une falaise abrupte balayée par les vents et les vagues qui venaient s'écraser en contrebas, un bloc de pierre de plusieurs centaines de mètres de haut, infranchissable pour qui ne connaissait pas ce type d'architecture. La forme du bâtiment avait été pensée par un architecte venu des lointaines contrées de l'Est, au-delà des océans. Elle tranchait singulièrement avec les châteaux-forts que nous possédions sur le continent. Kojiro me dit que l'homme à la base du projet avait été l'un de ses lointains ancêtres.

— Je suis pas aussi intelligent, mais ça m'empêche pas d'en être rudement fier, de la forteresse de mon aïeul, fit-il de son ton bourru. Par contre, tu devrais aller voir mon cousin Hiroki si tu veux en savoir plus. Tu aimes les vieilles pierres, petit ?

— Assez, oui, dis-je en ajoutant une note d'émerveillement à ma voix. À vrai dire, Monsieur Kojiro, je ne sais pas encore si je vais être moine. J'ai envie d'être architecte.

— Ah, c'est un beau métier. J'avais un oncle architecte, il construisait des ponts. Pauvre homme, il est mort sur le chantier de son dernier. Une poutre est tombée sur lui par accident et il s'en est pas relevé.

— C'est vraiment triste, acquiesçai-je.

Je remarquai que Katsuragi me regardait intensément, la bouche entrouverte. Kanda avait carrément un sourire goguenard sur les lèvres.

— On verra bien, fit-il. Tu dois d'abord passer ton Ascension avec tes frères.

Je hochai la tête en présentant tous les signes d'une humble soumission. Kojiro rit de bon coeur.

— Vous êtes vraiment bizarres, vous autres, mais bon, je vais pas me plaindre, hein ? Vous êtes mes clients, tiens !

Et il s'en alla nettoyer sa cuisine qu'il avait un peu salie en nous préparant le déjeuner.

— Le dîner est à vingt heures, si ça vous convient. Quand est-ce que vous comptez partir ?

— Sans doute demain matin à la première heure, dit Kanda. Nous espérions faire un peu de tourisme en attendant.

— Dans ce cas, je peux vous faire une carte. La côte est assez traître en cette période de l'année, et il y a des endroits à éviter.

— C'est très aimable de votre part.

Kojiro hocha la tête, mais il avait l'air pensif, inquiet même.

— Maintenant que j'y pense, l'entendis-je murmurer à lui-même, on est à la fin du mois...

Je voulus lui demander ce qu'il entendait par là quand une pression sur mon bras me fit détourner les yeux. Katsuragi, le visage crispé, me convia à sortir.

— On peut parler ? Pas ici, dehors.

Surpris, je communiquai notre départ à Kanda. Katsuragi m'emboîta le pas et nous nous retrouvâmes dans la rue, devant l'auberge dont l'enseigne branlait au vent. La petite fille m'indiqua un petit square sans prétention, à moitié envahi par les mauvaises herbes. Nous nous assîmes sur l'unique banc à la propreté contestable, mais une fois n'était pas coutume, cela ne sembla pas importuner Katsuragi. Nous étions seuls, je m'en étais assuré peu avant.

— Qu'est-ce que tu veux, Katsuragi ? démarrai-je une fois installés. Pourquoi tous ces chichis ?

— Je voulais te parler seul à seul, c'est tout.

— Nous sommes seuls.

Elle soupira, exaspérée.

— Tu peux me dire pourquoi tu martyrises ce pauvre Iruka ? Il n'a rien fait pour mériter ça !

Je haussai un sourcil. C'était donc pour ça ? Cela ne valait même pas la peine que je m'en fasse.

— Je ne le martyrise pas.

— C'est ça, et moi je suis un garçon ! Je t'ai bien observé, tu n'arrêtes pas de passer tes nerfs sur lui ou de lui faire peur !

Je ricanai.

— Et même si c'était le cas, fis-je avec dédain, en quoi cela te concerne-t-il ?

— Je déteste les gens qui s'en prennent aux plus faibles !

— Tu admets donc qu'Umino est faible ?

Elle se mordit la lèvre.

— Je n'ai pas dit ça...

— Umino a le même âge que toi et que Sakaki, il peut très bien se défendre tout seul. Tu ne lui rends pas service en te mêlant de ses affaires. T'a-t-il seulement demandé de le défendre ?

— Non, mais...

— Dans ce cas, je ne vois pas en quoi je devrais t'écouter. Maintenant, si tu veux m'excuser, j'ai encore du travail à l'auberge.

Elle m'attrapa brusquement le bras alors que je m'apprêtais à partir.

— Je ne plaisante pas, cracha-t-elle, menaçante. Si tu touches un seul cheveu d'Iruka, je te fais la peau, chûnin ou pas ! Et je suis sûre que Kei se fera une joie de m'aider.

J'ôtai vivement mon bras de sa poigne, remarquant avec intérêt qu'elle avait laissé une marque profonde sur la chair en serrant. Je ne sentais rien pour l'instant ; la douleur arriverait plus tard.

— Au revoir, Katsuragi, fis-je, cinglant.

Je m'en allai sans un regard en arrière. La pauvre sotte ! Elle m'avait mis dans une colère noire, mais je ne devais pas réagir, pas si je ne voulais pas gâcher la mission. Les représailles viendraient après, lorsque nous serions de retour à Konoha. Katsuragi l'ignorait mais elle venait de perdre toute perspective de promotion pour l'année à venir. Il était hors de question que je laisse une telle excitée passer chûnin !

Je croisai les deux autres imbéciles sur le chemin du retour. Ils discutaient gaiement de tout et de rien, Umino tenant une pomme dans laquelle il avait apparemment croqué avec délice. Sakaki lui souriait comme s'il avait été l'une des merveilles du monde. Je les dépassai en coup de vent. Umino poussa un petit cri de surprise lorsque je le frôlai et laissa tomber son fruit. Je ne pris pas la peine de m'excuser ; pour quoi faire ? Il n'avait qu'à regarder devant lui !

— Nanaki ! fit la voix furibonde de Sakaki, mais je partis sans le regarder.

Je ne retrouvai mon calme qu'à l'auberge. Kojiro avait fini sa carte et la tendait à Kanda. Je me précipitai vers nos affaires et mis mon sac sur le dos.

— On part maintenant, fis-je sans détour.

— Mais les autres...

— Je les ai croisés, ils seront là dans quelques minutes. S'il le faut, nous irons les chercher.

— Je ne sais pas, il commence à se faire tard...

— C'est dangereux la nuit, intervint Kojiro. Vous devriez dormir ici comme prévu. Demain, vous aurez tout le temps de vous presser.

— Nous partons tout de suite, dis-je, implacable.

Et pour bien accuser le coup, je sortais avec mes affaires sur le dos, alors que Sakaki et Umino rentraient en compagnie de Katsuragi. Kanda soupira et fit signe aux autres de prendre leurs sacs.

— Nous partons, leur fit-il avec une pointe d'excuse dans la voix.

— Mais Takeshi... protesta Katsuragi.

Kanda la fit taire d'un geste.

— Shh, ce n'est pas le moment de discuter.

Avait-il peur que ma mauvaise humeur ne compromette les chances de promotion de ses élèves ? C'était trop tard. Je les méprisais, tous autant qu'ils étaient. Faibles et ineptes. Telle était mon opinion de cette équipe à cet instant, et il me fallut de longues années avant de reconnaître mes propres torts dans cette affaire, la part de responsabilité qui avait été mienne en prenant la direction de cette expédition, ce soir-là. Aveuglé par mon amertume, je remarquai juste qu'Umino me lançait un regard désespéré avant de suivre ses amis. Bientôt, nous passâmes l'entrée du village et nous nous enfonçâmes dans la nuit, dans l'inconnu.

A suivre...

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Un petit lexique pour les besoins de la fic :

Seppuku : la version plus exacte du Harakiri tel que nous le connaissons, ou suicide pour l'honneur.

Fundoshi : Pagne traditionnel japonais mis par les hommes, qui peut de présenter sous forme de slip ou de tablier.

Je ne suis absolument pas une référence en la matière. Si vous voulez plus d'informations à ce sujet, Internet existe, Google aussi.

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J'arrive enfin à la fin du chapitre deux ! Kakashi a été une énigme à mettre en place. Comment retranscrire les pensées d'un gamin qui, d'après Kakashi Gaiden, avait l'air plein de colère et d'orgueil ? Relativement parlant, bien sûr, il avait comme on dit des circonstances atténuantes, mais quand même, son personnage enfant ne me plaisait pas trop. Je me suis toutefois bien amusée à l'écrire, c'était... différent.

Merci de me dire ce que vous en pensez et à bientôt !