Titre
: Actes manqués
Auteur : Mokoshna
Manga : Naruto
Crédits : Naruto
est encore et toujours la propriété de Masashi
Kishimoto.
Avertissements :Yaoi KakashiXIruka
qui prend son temps, alors ne soyez pas pressés. De plus, il
n'y aura rien de vraiment physique dans cette fic. Pas parce que le
fait d'écrire la sexualité de deux gamins de douze ans
me rebute (quoique...), mais parce que le scénario ne le
permet pas. J'ai aussi pris des libertés avec la trame du
manga et certains éléments de la biographie des persos
(notamment la scolarité d'Iruka et le parcours hypothétique
de Kakashi), du coup ce sera sans doute aussi un UA
(Univers Alternatif).
Commentaires artistiquement idiots
de l'auteur : J'ai pressé
l'écriture de ce chapitre parce qu'il me tenait à coeur
et que j'avais déjà les éléments en tête
(ce n'est pas souvent que ça arrive !). Je me doute que ça
doit être vraiment difficile et épuisant de laisser
quelques mots après plus de six mille mots de lecture mais
j'apprécierais de savoir ce que vous en avez pensé.
Merci et bonne
lecture.
XxXxXxXxXxX
Chapitre 4
Celui qui avait trahi
XxXxXxXxXxX
Le brouillard nous prit tous au dépourvu. J'étais assez énervé lorsque je m'aperçus de la chose ; la sensation glacée qui s'abattit sur ma peau suffit amplement à me remettre les idées en place. Je me retournai pour lancer de vive voix des instructions à mes compagnons : ils avaient disparus. La route était à peine visible ; bientôt, je ne la distinguais plus. Je jurai en m'enveloppant de mon mieux sous mon manteau humide.
— Kanda ! criai-je de toutes mes forces.
Mon appel mourut deux pas devant moi. Que s'était-il donc passé ? Kanda me suivait de près. Aussi timoré fût-il à mes yeux, il n'en restait pas moins un ninja expérimenté qui n'aurait pas perdu ma trace aussi facilement. Ma perception du monde étaient considérablement faussée du fait de la brume opaque qui s'était levée sans crier gare ; s'y ajoutait un élément qui m'échappait, un je-ne-sais-quoi de différent qui me fit sortir un kunai en prévision.
Là, à gauche ! Une empreinte faible et tremblante. Je la reconnus comme étant celle d'Umino. C'était bien ma chance ; de tous mes quatre compagnons, il fallait que je tombe sur l'idiot du village. Mais tout bien considéré, c'était mieux que rien. Je me dirigeai vers lui et le fis sursauter en mettant ma main sur son épaule. Il n'avait même pas remarqué ma présence malgré ma proximité ?
— C'est moi ! hurlai-je, mécontent. Où sont les autres ?
— Je ne sais pas ! fit-il d'une voix affolée.
Sans plus de façons, je me détournai de lui pour chercher ailleurs. Je sentis sa main agripper un pan de mon manteau. Grand bien lui fasse ! J'avais d'autres soucis en tête que sa sécurité. Toutefois, je le laissais faire pour une raison qui m'échappa sur le moment. Était-ce de la pitié ? La peur de me retrouver seul dans ce brouillard ? La volonté de ne pas rentrer au village sans avoir pu sauver au moins un de mes hommes ? J'étais persuadé d'avoir irrémédiablement perdu les autres, sans savoir d'où me venait une telle intuition.
Nous marchâmes durant un temps qui me parut interminable. Je ne sus jamais quelle fut la durée exacte de notre errance ; cela n'avait pas vraiment d'importance, je suppose. Nous étions au-delà de ce genre de considération. Umino était silencieux mais je sentais sa présence derrière moi. Il ne semblait avoir aucun mal à me suivre ; la poigne sur mon vêtement était toujours aussi ferme. Je ne distinguais néanmoins aucune forme distincte, et sa signature était si faible, comme brouillée... Je me souviens m'être retourné furtivement et n'avoir aperçu qu'une silhouette fantomatique déformée par le brouillard ; une ombre monstrueuse ressemblant vaguement à un insecte géant, trottant pathétiquement sur deux pattes. Je refoulai un sursaut d'effroi en essayant de me persuader que ma fatigue et les conditions climatiques me jouaient des tours. Umino n'était ni un spectre ni un monstre ; à peine était-il un ninja. Je n'avais donc aucune excuse pour craindre sa présence. N'avais-je pas pour ambition de passer jônin ? Où était mon courage, ma fierté si je devais trembler devant un simple genin sans talent ?
Un claquement dans mon dos attira brutalement mon attention. Dans le silence ambiant, ce son était à la limite de l'obscène. Clac, clac. Je me retournai, kunai dressé et poings et pieds prêts à frapper. Une présence furtive tout en étant oppressante les rares fois où j'arrivais à la détecter ; un adversaire de taille, apparemment, qui ne cherchait pas spécialement à rester hors d'atteinte mais dont les capacités de dissimulation étaient telles qu'il n'avait pas besoin d'effectuer la moindre technique pour faire face. Je fus impressionné malgré moi. Je remarquai à peine qu'Umino avait disparu ; j'étais perdu dans l'instant, avec seulement en tête l'imminence du combat. Il me semblait entendre l'air grésiller autour de moi ; on eût dit que je me trouvais à l'intérieur d'un nuage, avec cette épaisse couche blanche qui limitait sérieusement ma visibilité et le froid et l'humidité qui me tapaient sur les nerfs. J'étais prêt.
Clac, clac. Plus près, à trois mètres environ. Je bondis.
La brume se dissipa d'un coup sous mes yeux, comme mû par le souffle d'une bourrasque. J'ouvris de grands yeux en voyant que le paysage côtier dans lequel j'avais progressé avec mes compagnons s'était mué en marécages s'étendant bien sur plusieurs kilomètres. M'étais-je tellement égaré à l'intérieur des terres ? Pas la moindre trace de la mer ou du village Tempura, encore moins d'Agedofu. Je ne reconnaissais rien ; la confusion qui devait se lire sur mon visage à ce moment dût être bien comique.
Le claquement se fit de nouveau entendre, plus sec, plus fréquent. Fou que j'étais ! Dans mon trouble, j'avais oublié l'ennemi !
Je me ressaisis trop tard. Un sabre fut mis sous ma gorge alors que je m'apprêtais à utiliser un kawamiri ; je n'eus même pas le temps de pousser un cri que j'étais ventre à terre, coincé sous un corps svelte enveloppé d'un kimono blanc. Je levais péniblement la tête pour éviter d'avaler de la boue ; mon habit était souillé au-delà de toute réparation.
— Un seul geste, et je te tranche la gorge, fit une voix sensuelle, teintée de menace.
Je rageais en silence ; j'avais échoué dans ma mission. Je ne savais pas qui était cet homme mais nul doute qu'il me tuerait sans tarder. Je m'étonnais d'ailleurs d'être encore en vie. Il me fallait réagir.
— Dis-moi qui tu es, chuchota mon agresseur à mon oreille, très lentement. Si j'aime ta réponse, j'envisagerais peut-être de te laisser la vie sauve.
— Personne ! répliquai-je sans réfléchir. Je ne suis qu'un enfant qui s'est perdu !
Je sentis alors une douleur atroce et retins un cri. Mon mystérieux ennemi avait tordu d'un coup sec ma jambe gauche, sans prévenir. J'y jetai un coup d'oeil : elle formait un angle étrange. Il l'avait proprement cassée.
— Encore un autre mensonge , et tu ne pourras plus marcher du tout. Ce serait gênant, pour un shinobi. Et ne nie pas. J'ai vu ton attirail et la signature de ton chakra.
Je grommelai, ne sachant plus que faire. La procédure m'intimait de me taire ou de mener mon ennemi dans une mauvaise direction en cas de capture. Je pouvais aussi penser à me suicider avec la capsule de cyanure qu'un médico-nin avait placée à ma demande derrière une fausse dent de sagesse. Ce n'était pas une manière très honorable de mourir mais mieux valait cela que parler sous la torture.
— Comme c'est étrange, reprit l'homme, ton chakra ressemble à celui de Hatake...
Je ne pus contrôler le sursaut violent qui agita mon corps à l'évocation de ce nom. Cet homme connaissait donc mon père ? Il parut s'en apercevoir et me remit assez violemment sur pieds, me soutenant pour éviter que je ne replonge à terre la tête la première. Je hurlai pour de bon cette fois-ci. Ma jambe avait raclé le sol sans ménagement ; je fis un effort pour la maintenir en l'air.
— Parle ! m'ordonna-t-il en ignorant mes protestations. Et pas de cachotteries ! Je peux savoir si tu mens.
Je me mis à trembler de manière incontrôlable. L'homme se contenta de m'administrer une baffe retentissante qui posa une marque rouge sur ma joue et me laissa un arrière-goût de sang au fond de la gorge lorsque je me mordis la langue. Je compris et fis un effort pour me tenir droit malgré ma frustration et ma jambe invalide qui pendait misérablement.
— Quel est ton lien avec Hatake ? continua-t-il, imperturbable.
À ce stade, il m'était très facile de mordre dans la capsule. Le poison était d'une efficacité redoutable et agissait très vite ; ce n'était qu'une question de volonté. Pourtant, j'hésitais. Cet homme avait connu mon père. Dans quelles circonstances ? Étaient-ils ennemis ? Non, la question ne se posait même pas. Mon père n'aurait jamais fait confiance à un homme tel que lui ; un homme qui exhalait fourberie et malice, un homme qui me faisait l'effet d'un monstre sans coeur sans que je susse pourquoi. Depuis la mort de mon père, j'avais pris pour habitude de juger les nouvelles personnes que je rencontrais sur la première impression qu'elles me laissaient ; celle de cet homme était affreuse. Je pouvais compromettre sérieusement la mission et même le village en le laissant me manipuler à sa guise.
Je serrai le poing et voulus puiser dans mes réserves de chakra pour tenter une contre-attaque certes tardive, mais bienvenue au vu des circonstances. Je reçus un autre coup sur le visage, bien plus violent que le premier.
— Encore une manoeuvre de ce genre et je te transperce avec mon sabre !
Et pour faire bonne mesure, il ressortit la lame du fourreau et la pointa sous mon nez. Je reculai la tête le plus loin possible. Il était magnifique, ce sabre ; blanc avec une unique rayure de couleur en guise de décoration, sur le fourreau et la poignée. Lisse, droit, sobre ; et malgré tout, mortel. Il fallait lui rendre justice ; cet homme avait du goût en matière d'armes. Dommage que ce ne soit pas le cas pour ses vêtements. Je trouvais hideuse la grosse corde qui lui servait de obi.
— Désolé, marmonnai-je, pas le moins du monde en accord avec ce que je disais.
Mon vis-à-vis ne releva pas le manque de conviction dans ma voix. Tant mieux ; j'étais déjà assez sonné comme ça. Il me fixa alors d'un drôle d'air qui me rendit mal à l'aise.
— Quoi ? dis-je un peu brusquement.
Il se pencha vers moi et sans que je pusse faire quoi que ce fût pour l'en empêcher, me colla un baiser brutal sur les lèvres. J'aurais préféré recevoir des coups.
— Incroyable, susurra-t-il en se léchant les lèvres. Il n'y a pas que ton chakra qui est identique ; tu as le même goût que lui ! Tout aussi délicieux...
Le temps que l'information arrive à mon cerveau au milieu du tumulte que son action avait causé, et j'étais aussi rouge qu'un coquelicot. Je m'en voulus ; ce n'était pourtant pas la première fois que je me trouvais confronté à un pervers !
— Mon père n'était pas comme ça ! hurlai-je avant de me rendre compte de ma gaffe.
Quel imbécile ! Il connaissait mon identité à présent !
Il jeta sur moi un regard interloqué, et je pus enfin voir ses yeux. Avais-je été aveugle ? Je n'étais pas digne d'être un chûnin ; m'oublier ainsi pour raisons personnelles alors que j'aurais pu recueillir des informations précieuses en faisant attention !
— Vous êtes un Uchiha ! m'écriai-je, abasourdi. Mais... les Uchiha sont...
— Nous sommes quittes, on dirait, mon jeune ami, m'interrompit-il d'une voix amère.
Il me jeta à terre et dans le même élan, il m'attacha les mains et me banda les yeux. Mes armes me furent retirées.
— Je n'aurais jamais cru ça de lui, murmura-t-il dans sa barbe après m'avoir intimé de bouger. Un enfant ! Après tout son speech comme quoi il n'en voulait pas !
Je ne dis rien, trop interloqué pour réagir. Mais de quoi parlait-il ?
— Je suppose que tu as été conçu un soir de beuverie, hein, gamin ? Ta mère devait être une sacrée putain !
Cette fois, je me débattis avec rage.
— Laissez ma mère en-dehors de ça ! hurlai-je de toute la force de mes poumons. C'est une femme respectable !
Il ricana.
— Si tu le dis.
Je ne pouvais raisonnablement avancer avec une jambe cassée ; il me fit donc une attelle sommaire mais confortable avec deux bouts de bois qu'il cassa sur un arbre mort à proximité. Pour les faire tenir, il arracha un morceau d'étoffe de mon costume, sans me demander mon avis et sans avoir l'air de se soucier du fait que je frissonnais. Une fois que je fus assez stable sur mes deux pieds pour marcher, nous nous mîmes en route. Nous avancions à un bon rythme, moi clopinant devant, lui derrière moi, me soutenant à moitié pour que je n'aie pas à trop appuyer sur ma jambe blessée. Je m'étonnai d'un tel traitement de faveur. L'homme resta silencieux et vexé comme je l'étais, je lui en sus gré.
Nous marchâmes longtemps, je crois. Je sentis au bout de quelque temps que nous avions quitté les marécages ; l'air se fit plus frais, moins humide. La plaine succéda aux marais, la forêt à la plaine ; nous nous trouvâmes bientôt en terrain habité, car je pouvais sentir sous mes pas un petit chemin en terre bien entretenu. Plusieurs fois, je cherchais à m'enfuir mais échouais lamentablement ; et à chaque tentative, une blessure de plus se rajoutait aux autres. Affaibli, harassé, je n'eus d'autre choix que de suivre cet homme jusqu'à un lieu inconnu, sans doute son repaire. Pourquoi tenait-il tant à me ramener avec lui ? Voulait-il me faire interroger par une section spéciale, avait-il jugé mon corps assez bon pour être le sujet d'expérimentations ?
Je repensai à ce que je savais de lui. Un Uchiha ! Tant de choses avaient été dites sur cette famille dans mon village. Uchiha, le clan protecteur de Konoha. Comparativement à d'autres, je ne savais que très peu de choses sur eux ; le seul de leurs membres dont je fus un tant soit peu proche était Obito, et nous ne pouvions pas nous sentir. Pour une raison que j'avais toujours ignorée, mon père craignait les Uchiha et les évitait autant que possible ; je suppose que cette manie m'est restée, malgré tous mes efforts pour tenter de ne lui ressembler en rien si ce n'est le physique. Un vrai shinobi ne devait s'occuper de son apparence physique que lorsque celle-ci était une menace à la poursuite de la mission. Je m'habillais le matin avec le strict minimum, préférant focaliser mon attention sur l'armement, les rations et le nécessaire médical. Cela avait été ma première leçon en tant que ninja fraîchement promu de l'Académie : savoir prendre soin de moi, mais sans ostentation.
Tandis que j'étais perdu dans mes pensées, mon compagnon plaqua une main rude sur mon épaule.
— Nous y sommes, dit-il.
Il n'avait pas besoin de me le signaler, en réalité. J'avais déjà senti depuis longtemps des traces de présence humaine : des voix lointaines, des flux d'énergies qui s'agitaient dans l'air, des vibrations légères qui faisaient bouger le sol. J'avais été privé d'un de mes sens durant un long moment et les autres compensaient en m'envoyant des informations plus affinées, plus subtiles. Ma fatigue m'empêchait de les traiter toutes avec toute la concentration que j'aurais dû leur témoigner mais ce n'était que chose remise. Si jamais je survivais, je savais à quel entraînement me soumettre en rentrant.
— Uchiha ! firent simultanément deux voix rauques.
Des jambes qui s'entrechoquent, un mouvement vif et contrôlé : le signe de deux hommes qui saluent un supérieur. Des gardes ? Et si c'était le cas, que gardaient-ils ? Un camp ? Une colonie ? Il y avait beaucoup de monde à en juger par le bruit et les vibrations ; des humains, mais pas seulement. On entendait aussi des machineries, des animaux, tout un brouhaha qui me fit penser que j'étais arrivé dans un village conséquent d'au moins mille âmes. C'était impossible ! D'après ce que je savais du sud du Pays du Feu, à partir de Tempura, il n'y avait nulle trace d'agglomération de plus de cinq cent personnes avant deux cent kilomètres. Le brouillard m'avait fait dériver, mais sûrement pas plus de dix kilomètres ; quant à ma petite errance avec mon ravisseur, elle avait certes duré un certain temps, mais ma persistance à vouloir gêner notre avancée avait ralenti l'allure et je m'estimais à moins de cent kilomètres des marécages. Quand auraient-ils eu le temps d'installer un village si animé, et ce sans déclencher la méfiance des espions de Konoha ? La lutte pour la terre était l'une des principales raisons de cette guerre ; le Sandaime n'aurait pas permis qu'un groupement si important s'installe au plein coeur du pays sans le signaler à ses troupes. À moins que ce ne fût un camp de réfugiés des pays limitrophes ? Beaucoup d'entre eux étaient démunis et à la merci de la générosité (ou de la malveillance, parfois) des seigneurs. Peut-être un noble leur avait-il permis de s'installer sur ses terres, sous l'égide d'un membre de la respectable famille Uchiha ? Cela expliquerait la présence de cet homme et le fait qu'il ne m'ait pas encore tué.
Quelque chose clochait dans ce raisonnement. Je voyais mal son adversaire comme étant un ninja de Konoha : il n'agissait pas en conséquence. S'il était l'un des nôtres et qu'il savait que j'étais l'héritier de Sakumo Hatake, pourquoi m'attaquer aussi sauvagement ? Pourquoi me traiter comme un prisonnier que l'on ramène au camp pour être torturé, puis tué ? En outre, je voyais mal les seigneurs du pays faire preuve d'autant de bienveillance au point de céder même temporairement une terre précieuse à un groupe d'immigrants. Je les connaissais bien, ces gens-là ; c'étaient des radins et des hommes aigris, incapable de ne serait-ce que céder un petit lopin de terre exploitable à une pauvre veuve avec douze enfants (j'avais déjà vu ce cas de figure). Alors accueillir à bras ouverts un millier d'étrangers sans ressources pour la plupart ? Faire preuve de grandeur d'âme en leur assignant un Uchiha pour les protéger ? C'était un peu trop idyllique pour moi.
Mon guide me traîna à l'intérieur et je pus constater de l'importance de la concentration humaine. Je ne voyais rien mais les sons et les odeurs m'assaillaient de toutes parts, et à en juger par ce que j'entendais, je me trouvais dans un camp militaire. Dans quel pétrin m'étais-je encore fourré ?
L'homme me jeta dans un endroit couvert et l'on ôta mon bandeau. Il cria à une femme en blanc de me soigner et de me tenir à l'oeil ; j'étais un prisonnier important, je ne devais pas m'enfuir sous peine de représailles pour elle. La pauvre femme hocha la tête en tremblant, visiblement effrayée. Il sortit et nous restâmes tous les deux, au milieu de l'odeur âcre des produits médicaux et des râles des blessés autour de nous.
Je m'étonnai qu'il me laissât seul. N'avait-il rien appris des mouvements de révolte que j'avais eus sur la route ? Je jaugeais mes chances : j'étais au bord de l'épuisement, une jambe cassée pas encore soignée, aucune arme et avec comme obstacle un camp entier apparemment rempli de soldats (sans parler de cet homme qui ne devait pas être loin). La balle était dans mon camp.
— Ne bougez pas, dit l'infirmière d'une voix morne.
Je décidais de remettre mon évasion à plus tard, quand j'aurais plus d'atouts en main. Pour l'heure, j'observai les environs. La tente était spacieuse, assez grande pour accueillir une bonne centaine d'occupants. Des lits de camp, des instruments médicaux (dont beaucoup ressemblaient à des instruments de torture, me dis-je en crissant les dents), une seule médico-nin (à supposer qu'elle ait fini sa formation). La jeune fille en question n'était pas très jolie, mais elle avait des gestes précis et effectuait son travail avec célérité. Quand on avait à ses côtés une femme aussi pratique qui avait l'air robuste et en bonne santé, la beauté ne valait pas grand-chose. Son mari ou futur mari n'aurait pas à se plaindre : elle lui ferait de beaux enfants bien portants, dignes d'être de bons soldats.
— Voilà, dit-elle en finissant d'administrer ses soins. Il vous faudra éviter de trop bouger cette jambe. Je m'étonne qu'il n'y ait pas eu de complications, vu la façon dont elle a été malmenée. Il vous fait aussi du repos et une alimentation appropriée, mais ce n'est pas ma spécialité. Je vais demander à un collègue de venir vous voir.
Je hochais la tête, et elle se désintéressa de moi pour s'occuper d'un homme sur le lit d'à côté dont le visage avait été à moitié rongé par le feu. C'était horrible à voir ; son bandeau frontal avait fondu sur lui et ne faisait plus qu'un avec sa tête, partie en fer comprise. Il restait assez de surface libre pour que je puisse distinguer l'emblème gravé : une note de musique. Je ne connaissais aucun village de ninja qui utilisait un tel signe. Était-ce un mercenaire combattant sous sa propre bannière ? Tout le camp était comme ça, peut-être ? J'étais intrigué. Nul doute que la nouvelle de l'existence de ces gens provoquerait des remous au village !
Je posais ma tête sur l'oreiller rongé par les mites, l'esprit agité par ces questions mais trop fatigué pour continuer. Il me fallait concevoir un moyen de fuite à mon réveil et retrouver mes compagnons, faire un rapport sur ma découverte à Konoha, remplir ma mission première... tant de choses à faire, si peu d'énergie restante. Je m'endormis d'un sommeil sans rêves.
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Je me réveillai au son de cris furieux. J'étais toujours dans le lit de camp, mais cette fois aucune infirmière, aucun médico-nin de visible. On s'agitait dans le camp ; je pus saisir quelques mots au milieu de la cacophonie des hommes qui couraient dans tous les sens et hurlaient profanité sur profanité. On avait découvert des espions et on essayait de les capturer. Le mot « Konoha » fut prononcé. Des ninja de mon village ? C'était ma chance ! Il fallait que je trouve le moyen de les contacter !
Je me hâtai hors de la tente en prenant garde à ne pas me faire remarquer. Ma jambe m'élançait encore mais je l'ignorai ; je pourrais toujours la faire soigner un peu mieux et me reposer comme il fallait une fois de retour au village. Dans le camp, c'était la panique ; il ne me serait pas facile de passer inaperçu alors que tous cherchaient frénétiquement des intrus. J'étais un enfant aux cheveux clairs et aux vêtements quasi en lambeaux au milieu d'adultes en tenue de guerre ; ma jambe était un sérieux handicap. Je cherchai des yeux l'homme qui m'avait emmené là, mais il n'était nulle part. Un ninja à l'allure rude et à la barbe naissante s'arrêta devant moi et me regarda d'un air féroce ; il portait sur le front le même bandeau que le blessé que j'avais vu avant de m'endormir, avec une note de musique en guise d'emblème. Ma théorie était exacte : tout le camp combattait sous cet étendard.
— T'es qui, toi ? Qu'est-ce que tu fais ici ? grogna-t-il.
J'étais assez remis pour l'affronter, mais je préférai l'éviter autant que possible. Un combat aurait donné l'alerte et je ne pensais pas être de taille à affronter un camp entier, pas encore. Je me souvins de mon guide.
— J'ai été emmené par Uchiha, dis-je en priant pour que ce nom suffise à calmer la menace. Il m'a dit de l'attendre dans l'infirmerie mais je suis sorti à cause du bruit.
L'homme ouvrit de gros yeux affolés et s'inclina bien bas.
— Pardonnez ma brusquerie, monsieur ! Je ne savais pas que vous étiez avec le seigneur Uchiha !
Intéressant. Cet homme avait donc une quelconque influence sur ce qui se passait ici ? Je jetais un coup d'oeil au reste du camp : personne ne faisait attention à nous, en fin de compte.
— Que se passe-t-il ?
— Nous avons repéré la présence de deux espions dans la base, siffla-t-il. Nous prenons toutes les dispositions pour les rattraper et pour savoir ce qu'ils ont dérobé.
— Des espions de Konoha ?
— Oui, monsieur. Sieur Uchiha les a reconnus et a lui-même insisté pour les poursuivre.
De mieux en mieux. Ainsi, cet Uchiha était un ancien ninja de Konoha, pour connaître ainsi deux envoyés de mon village. Un traître ? Cela me paraissait de plus en plus louche. Qui étaient donc ces gens ? J'hésitai entre prendre mes jambes à mon cou et attendre pour recueillir davantage d'informations. Il me fallait compter sur l'absence temporaire de mon geôlier. J'avais eu de la chance en tombant sur ce type en face de moi : il avait gobé tout ce que je lui avais dit sans se poser de questions. Certes, j'avais insinué que j'étais venu avec Uchiha mais je n'avais jamais évoqué de relation amicale ; il n'avait même pas vérifié si mes propos étaient exacts avant de me donner sa confiance. C'était une faute grave passable de renvoi du corps ninja, ou pire s'il y avait des conséquences sur la sécurité du groupe.
À moins que recueillir des petits garçons pour les torturer ne fût le passe-temps favori d'Uchiha ? Je ricanai lorsque cette pensée incongrue atteignit mon cerveau. Le pire étant que je l'en croyais largement capable.
— Par où sont-ils partis et depuis quand ? demandai-je.
— Plein sud et il y a à peine un quart d'heure, répondit mon interlocuteur. Uchiha a emmené deux hommes avec lui et nous a ordonné de fouiller le camp.
Je réfléchis. Un quart d'heure, c'était largement suffisant à un ninja poursuivi par l'ennemi pour être déjà loin. Que faire ? Il me fallait des vêtements et des armes. Les vivres, je pourrais toujours m'en procurer en chemin, en chassant ou en volant ce qui m'était nécessaire.
Je n'eus pas le temps de finir ma réflexion. L'infirmière de tantôt apparut soudain et me regarda d'un drôle d'air.
— Je vous avais dit de rester vous reposer ! dit-elle en fronçant les sourcils. N'allez pas vous plaindre si votre jambe ne guérit pas ! Et vous, qu'est-ce que vous faites ici ? ajouta-t-elle en lorgnant le ninja devant moi. Vous devriez fouiller le camp avec les autres !
Le pauvre homme s'esquiva sans demander son reste, non sans avoir jeté un coup d'oeil en ma direction. Mes chances de fuite étaient sérieusement compromises.
— Retournez vous coucher ! s'écria l'infirmière en me poussant à l'intérieur de la tente.
Je décidai d'obéir, pour le moment tout du moins.
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Une demi-heure plus tard, elle avait refait mon attelle, m'avait donné des vêtements propres et un repas qui à défaut d'être bon, était au moins chaud et revitalisant. J'attendis qu'elle prenne ma gamelle pour la ramener à la cantine pour agir. J'avais pris ma décision : je devais quitter cet endroit au plus vite et retourner à Konoha faire mon rapport. Une fois cela fait et mes blessures complètement guéries, je pourrais retrouver mon équipe et finir la mission de départ. Avec un peu de chance, ils avaient continué d'eux-mêmes ou étaient rentrés au village ; je ne pouvais pas savoir en restant prisonnier.
Vouloir s'enfuir seul et sans armes alors qu'on était blessé était une chose, le faire réellement en était une autre. Je fouillai rapidement la tente pour voir si je ne pouvais pas trouver quelques armes utilisables, n'importe quoi. La chance fut avec moi : au milieu de l'agitation de ces dernières heures, l'infirmière n'avait apparemment pas eu le temps de ranger les affaires de ses patients. Je me procurais une vingtaine de shuriken un peu usés, quatre kunai et quelques parchemins. Mes réserves de chakra s'étaient un peu remplies, mais pas assez à mon goût ; pourtant, je devais faire avec. Je n'avais déjà que trop attendu ; qui sait quand Uchiha reviendrait de son excursion ?
Personne ne me vit sortir avec toutes les précautions d'usage. Se méfiait-on donc si peu de moi ? Je me savais frêle d'apparence et pas spécialement effrayant. C'était un trait que j'avais hérité de ma mère ; elle n'avait jamais été très impressionnante de stature, pas comme mon père qui culminait à presque deux mètres. Les voir côte à côte, à l'époque où elle était encore au village, avait toujours été... étrange, et à vrai dire un peu dérangeant. Mon père avait ainsi plusieurs fois passé pour un pédophile aux yeux de ceux qui ne savaient pas que ma mère avait le même âge que lui ; elle était si menue, il était facile de se dire qu'elle sortait à peine de l'adolescence alors qu'elle avait la trentaine !
Je repensais à cet Uchiha qui avait bafoué le nom de ma mère en la traitant de catin. Je me jurais de lui faire payer un jour. Contrairement à mon père, j'avais le plus grand respect pour cette femme, bien que je ne pus jamais la voir. D'après ce que je savais, elle était en mission permanente d'infiltration au pays du Vent, une affaire délicate et nécessaire. Mon père me mit un jour dans le secret et je n'en fus que plus admiratif envers elle. Elle passait pour la maîtresse d'un haut dignitaire et récoltait des informations précieuses sur l'oreiller. C'était une tâche ingrate, mais elle avait accepté de le faire pour son pays, pour son village.
Ma fuite fut étonnamment facile... trop, peut-être, mais je n'avais pas le temps de me soucier des détails. Je gardais néanmoins une vigilance de chaque instant, scrutant le moindre mouvement autour de moi, oreille dressée et oeil en alerte. Esquivant les hommes, me dissimulant dans les ombres tout en prenant garde à ne pas aggraver mes blessures, je fus bientôt hors du camp, dans une zone de forêt que je ne connaissais pas. Par où aller ? Il n'y avait aucune trace de panneau indicateur ou de piste, si ce n'est la route par laquelle j'étais arrivé. Par mesure de précaution, je préférais ne pas l'utiliser au cas où je serais poursuivi ; ce serait le premier endroit où ils iraient me chercher, je suppose.
Un scrupule étrange me prit soudain à la gorge, sans que je susse d'où cela me venait. Je repensais à mon équipe perdue sur le trajet d'Agedofu : étaient-ils en sécurité ? Avaient-ils accompli la mission ? Même si cela avait été contre ma volonté, je les avais après tout abandonnés... Mon trouble mena mes pas, plein sud, et le temps que je m'en aperçoive j'avais déjà fait plus de deux kilomètres. Je refaisais mon parcours d'arrivée en sens inverse.
Qu'à cela ne tienne. J'irais les chercher et nous aviserions ensuite de la marche à suivre. Au pire, nous pourrions renvoyer Umino au village le temps de finir la mission, avec un communiqué de ma part pour le Hokage. C'étaient ses amis qui seraient contents de le voir courir se mettre en lieu sûr ! De plus, cela me l'enlèverait des pattes.
Pourtant, quelque chose me perturbait encore. Cela avait un rapport avec Umino... N'était-il pas avec moi au moment de ma rencontre avec Uchiha ? Pas loin, en tout cas ; il agrippait encore mon manteau quelques instants avant que la brume ne se dissipe et que je ne me retrouve en face de cet homme. M'avait-il lâché un peu avant et s'était-il égaré dans le brouillard ? Ou alors... avait-il fui la scène, en voyant cet ennemi surgi de nulle part ? C'était plus probable, d'après ce que je savais de ce garçon trouillard et sans volonté.
Je restais néanmoins perplexe. Une sensation désagréable me courait le long du cou. Qu'avais-je oublié ? Pourquoi la pensée d'Umino me tourmentait à ce point ?
Alors que j'étais en train de m'interroger, adossé à un arbre pour alléger la pression sur ma jambe, j'entendis comme un grésillement à quelques centaines de mètres de l'endroit où je me trouvais. Une oppression forte, une sensation de menace. Comment avais-je fait pour ne pas m'en rendre compte ? C'était l'empreinte d'Uchiha ! Il devait se trouver à proximité. Avait-il trouvé ceux qu'il cherchait ?
Une onde de choc agita l'air. Je pouvais voir ma peau et mes cheveux s'électriser, les arbres se plier sensiblement comme sous l'effet d'un orage. Ma curiosité fut piquée ; je me dirigeais vers le lieu du combat présumé, ignorant les appels désespérés de ma raison. Cette sensation, c'était celle qui me prenait à chaque fois que je voulais travailler sur la technique que je développais en secret, mais en mille fois plus puissante, plus grisante !
Une clairière tranquille, au milieu de la forêt, assez grande pour y construire un petit village. Deux hommes s'y trouvaient : Uchiha et un autre ninja engoncé dans un épais manteau qui lui arrivait jusqu'au menton. Il portait lunettes de soleil et bandeau de Konoha. Je ne m'étais pas trompé : c'était l'un des espions qui avaient infiltré la base. Je me mis à bonne distance et les observai. Je pourrais toujours agir si mon compatriote était en danger ; pour l'heure, j'étais plus une gêne pour lui dans mon état qu'un allié sur qui compter.
— Donc Shino est parti ? fit Uchiha. Quel dommage, moi qui voulait discuter un peu avec lui du bon vieux temps !
Son interlocuteur ne répondit pas. Son partenaire s'appelait Shino, et il était déjà parti ? Si cet Uchiha était aussi puissant que ce que je pensais, c'était là une bonne décision. Que l'un des deux aille de l'avant pour transmettre les informations recueillies tandis que l'autre arrêterait ou tout du moins ralentirait la progression de l'ennemi ; c'était une tactique qui avait plus d'une fois été utilisée en cas de chasse.
— Il n'était pas seul, non ? continua Uchiha, un sourire narquois aux lèvres. J'ai cru le voir porter quelqu'un, un enfant non ? Il en avait la taille.
Son adversaire se mit en garde, le visage neutre. Où avais-je déjà vu quelqu'un avec cette allure ? Son empreinte était quasiment effacée, et ces vêtements lourds et inconfortables au combat... Cela devait cacher quelque chose. Uchiha poursuivit son semblant d'interrogatoire, la pose décontractée, le regard pétillant. Même de là où j'étais, je pouvais voir à quel point cette situation semblait l'amuser.
— Et cet enfant, c'est bizarre... Il avait la même signature que ce cher professeur Iruka... Ce qui est d'autant plus troublant, c'est que j'ai trouvé il y a quelques heures un autre garçon qui... mais je vous importune, peut-être, Aburame ?
Un Aburame ! Pas étonnant qu'il ait autant de couches de vêtements sur lui, dans ce cas. Les membres de cette illustre famille étaient réputés pour leurs habits épais et surtout pour les insectes qu'ils dissimulaient sous ceux-ci. Je ne savais que le strict minimum à leur sujet, comme la plupart de mes collègues d'ailleurs. Le clan Aburame cultivait le secret sur lui ; tout ce que je savais, c'était qu'ils utilisaient des insectes logés dans leur corps pour se battre. C'était un dérivé du combat canin du clan Inuzuka, qui lui avait des chiens en guise de familiers. Ma mère était elle-même issue de ce clan et m'avait introduit à l'un de ses maîtres. Je n'avais pas les capacités ni le désir de me procurer un familier, mais le savoir pouvait m'être utile un jour...
Je secouai la tête pour me débarrasser de ces pensées parasites et me focalisai sur ce qui se passait dans la clairière. Uchiha se mit à ricaner tout seul.
— C'est étrange, n'est-ce pas ? Que j'aie encore ce cher professeur en estime... Saviez-vous que Kakashi était fou amoureux de lui, et ce depuis des années ? Non, bien sûr, vous ne pouviez pas savoir...
Je ne comprenais rien. Kakashi ? Il y avait au village un homme avec mon prénom ? Et qui était cet Iruka dont il parlait ? Le seul à ma connaissance était Umino... L'idée me fit grimacer. Un Kakashi amoureux d'un Iruka, c'était vaguement répugnant si je faisais la comparaison...
— Il m'en parlait quelquefois, fit Uchiha d'une voix étrange, et je lui parlais du mien... Je ne savais même pas qu'ils se connaissaient ! Voyez-vous ça ! Un amour d'enfance, comme le mien... Un amour malheureux, destiné à le rester... comme le mien...
Ses yeux s'ouvrirent en grand, iris rouge et virgules noires autour de la pupille. Son visage déformé par la rage. L'air grésilla, des éclairs apparurent dans sa main. Le cri de milliers d'oiseaux à l'agonie. Fasciné, je le vis se jeter à une vitesse effarante sur Aburame. Sans cet entraînement des sens que j'avais eu bien contre mon gré avec ma capture, j'aurais eu énormément de mal à le suivre. La clairière fut traversée d'électricité et s'illumina tant et si bien que le monde parut entièrement blanc. La seconde suivante, mes yeux perçurent le résultat de cet assaut. La main d'Uchiha se trouvait coincée dans un épais mur noir qui s'était formé devant Aburame ; je sentis une odeurs horrible de brûlé. Le mur s'écroula en millions d'insectes dont une partie était carbonisée. Ceux qui ne l'étaient pas attaquèrent en une vague monstrueuse de mandibules.
J'en avais assez vu. Le combat n'était plus à ma portée ; il fallait que je me retire avant de me retrouver pris dans la mêlée. Je partis donc, priant pour que l'issue soit en faveur d'Aburame.
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Je voyageais à toute allure, l'esprit hanté par ma dernière vision d'Uchiha. L'attaque qu'il avait utilisée était tellement proche de ce que je voulais produire ! J'étais frustré par cette découverte, mais pas abattu. Je n'étais pas le premier, mais je pouvais toujours utiliser ce que j'avais vu pour perfectionner ma technique et la personnaliser. Mon cerveau recomposa tous ses mouvements, les sensations que j'avais reçues, ce que je savais moi-même. Je m'entraînais durant les rares pauses que je m'accordais ; rien de bien élaboré, je n'avais pas le chakra nécessaire pour cela. Uchiha en avait utilisé une quantité phénoménale ; je n'étais pas sûr de pouvoir en faire autant. Pas avant plusieurs mois et un entraînement plus sérieux dans de meilleures conditions, en tout cas.
La nuit tombait et j'étais loin d'être dans ma plus grande forme. Mieux valait me reposer quelques heures. Le lendemain serait assez harassant sans que je ne trouve le moyen de m'épuiser davantage : il me faudrait trouver de quoi me sustenter, définir un peu plus clairement ma route, m'assurer que je n'étais pas poursuivi, tout ce que la procédure habituelle exigeait. Je m'installai dans un arbre et dormis comme une souche.
Je me réveillai avec le sentiment de toucher au but. Je ne savais pas trop d'où me venait cette intuition, mais je la suivis et la laissai me guider. Ne jamais contredire une intuition irraisonnée, c'était un concept ninja que m'avait appris ma mère, et cela se révéla plus d'une fois utile.
J'arrivai bientôt dans une portion de forêt aux arbres de la taille d'un immeuble de plusieurs étages. Deux silhouettes floues se trouvaient sous l'un d'entre eux. Je reconnus Umino et un homme que je n'avais jamais vu. Mon ancien compagnon semblait paniqué et il fit un mouvement brusque en direction de cet homme. Un ennemi ? Avait-il été attaqué ? Connaissant Umino, cela ne m'étonnait pas. Ce garçon avait le don de s'attirer les ennuis juste en se tenant à un endroit donné.
Je souris. Il était temps de voir si ma technique était au point.
À suivre...
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J'ignore si cet « Uchiha » était OOC, il y a si peu de choses que l'on sait sur lui dans les derniers chapitres du manga... Et avant que vous ne protestiez, je sais qu'Iruka avait mentionné une tempête avec trombes d'eau à la clé dans le précédent chapitre alors que là Kakashi cite du brouillard. Je sais aussi que Kakashi passe pour un sale gosse ; j'ai essayé de préserver au mieux la personnalité que j'avais entrevue dans Kakashi Gaiden, le passage hors-série sur lui. Pareil pour le caractère d'Iruka, ce sera expliqué. Pour les autres éléments pas crédibles, et bien... à vous de voir si c'était fait exprès ou pas (il m'arrive assez souvent de me tromper, donc une erreur n'est pas inconcevable).
Merci de votre fidélité et à bientôt.
