Titre : Actes manqués
Auteur : Mokoshna
Manga : Naruto
Crédits : Naruto est encore et toujours la propriété de Masashi Kishimoto.
Avertissements : Yaoi Kakashi/Iruka qui prend son temps, alors ne soyez pas pressés. De plus, il n'y aura rien de vraiment physique dans cette fic. Pas parce que le fait d'écrire la sexualité de deux gamins de douze ans me rebute (quoique...), mais parce que le scénario ne le permet pas. J'ai aussi pris des libertés avec la trame du manga et certains éléments de la biographie des persos (notamment la scolarité d'Iruka et le parcours hypothétique de Kakashi), du coup ce sera sans doute aussi un UA (Univers Alternatif).
Blablas de l'auteur : Voilà, la version de Kakashi. Il est de mauvaise foi, il est immature, il ne connaît pas encore la valeur du travail d'équipe, toute sa personnalité est encore en construction. Ça a vraiment été un défi très intéressant.

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Chapitre 6

Celui que j'ai été

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Je me réveillais l'esprit agité, dans un lit aux draps glacés qui était bien trop grand pour moi. La mémoire me revint d'un coup : ma tentative d'attaque envers cet Aburame, l'échec qui s'ensuivit et qui me plongea dans une sorte de semi-coma auquel je n'échappais que des heures plus tard, installé sur les genoux d'Umino. Notre déroute au milieu du brouillard et de la tempête. Je fus séparé d'Umino, pour me retrouver dans le corps d'un autre « moi » plus âgé sur son lit de mort. Ce fut mon dernier souvenir ; c'est pourquoi je mis à paniquer en me sentant dans la même position, étendu sur une literie au parfum de moisi. Je me levais d'un bond en hurlant.

— Calme-toi, Nanaki ! fit la voix d'une jeune femme.

Je sentis des bras frêles mais puissants me retenir dans le lit ; mon angoisse monta d'un cran.

— Laissez-moi, laissez-moi ! hurlai-je, affolé. Je ne suis pas mort !

— Bien sûr que non tu ne l'es pas, me répondit la femme à mes côtés. Un peu de courage !

Mon corps était en nage et affichait des signes de fatigue apparents, mais mon cerveau était parfaitement éveillé. J'observais les traits de cette femme ; où l'avais-je déjà rencontrée ? Elle me fit un sourire crispé et je reconnus l'expression ennuyée de Katsuragi lorsqu'elle m'avait fait cette scène à propos d'Umino.

— Katsuragi ? chuchotai-je, pas peu surpris. Qu'est-ce qui est arrivé à votre corps ?

Elle baissa les yeux et je pus constater à quel point elle était devenue belle et désirable ; un parfait modèle de féminité pour n'importe quel homme normalement constitué. Cela ne me fit ni chaud ni froid. J'observai les environs avec circonspection, m'attendant à chaque instant à voir ses coéquipiers surgir de l'ombre pour me narguer. Quelle sorte de canular me préparaient-ils ?

— Où sommes-nous ? fis-je presque avec hargne. Où est le reste de l'équipe ?

— Dans la pièce d'à côté, dit-elle. On est de retour à Tempura. Kojiro est en train d'essayer de calmer Iruka avec Takeshi.

— Et Sakaki ?

— Kei est... encore alité.

— Il est blessé ? m'enquis-je, soucieux.

— Pas tout à fait...

Katsuragi baissa la tête et se mordit la lèvre. Je remarquai que ses poings tremblaient ; elle faisait un effort évident pour rester assise à sa place. Quel caprice lui passait-il donc par la tête ? Notre équipe avait-elle été mise en déroute par quelque bandit de grand chemin ? Cela n'expliquait pas son apparence. Je détournai les yeux en m'apercevant que j'observais son décolleté.

— C'est quand nous sommes partis, siffla-t-elle, et je pus déceler un soupçon de colère dans sa voix. La falaise, tu te souviens ? On a été coincés dans une tempête.

Je hochais la tête, sans essayer de la démentir pour l'instant. Je savais pour ma part que j'avais été le témoin d'un brouillard épais et non d'une tempête comme elle l'affirmait. Quel étrange phénomène était à l'oeuvre ? Umino aussi m'avait mentionné cet incident.

— On a été séparés, continua Katsuragi en tremblant de plus belle. Je me suis retrouvé dans le village natal de ma mère, et je l'ai rencontrée. Elle était très belle, mais elle ne voulait pas entendre parler de mon père qui était fou d'elle. Il a fallu que j'intervienne pour que je puisse naître un jour...

Je sursautai presque en entendant cette histoire insensée. Mais que racontait-elle donc ? Était-elle tombée sur la tête durant le voyage ?

— C'est une histoire absurde, dis-je avec irritation.

Katsuragi se leva d'un bond et hurla :

— C'est vrai ! Et quand je suis revenue, j'étais plus vieille !

Je secouai la tête, énervé. Si Katsuragi avait pu me tuer d'un seul regard, je crois que j'aurais été mort plus d'une fois en cette soirée. J'ignore encore pour quelle raison elle s'est retenue : pitié ? Serment d'honneur envers Takeshi ? Cela restera à jamais un mystère pour moi. J'avais amplement mérité un coup ou deux, après tout, bien que dans mon orgueil je n'envisageais pas la possibilité de m'être trompé dans mon raisonnement. Katsuragi me jeta un autre coup d'oeil haineux et continua.

— Takeshi aussi a changé, mais celui qui a été le plus affecté a été Kei. Iruka a seulement rajeuni un peu, un ou deux ans peut-être. Takeshi doit avoir notre âge, douze ans je veux dire, et Kei...

Sa voix se brisa.

— Oh, Kei...

J'en eus assez. Quel besoin avait-elle d'inventer ces histoires abracadabrantes ? Personne ne pouvait rajeunir en l'espace d'une nuit !

— Quoi, Kei ?

On frappa à la porte au moment où elle voulut répondre. Katsuragi se détourna pour fixer le mur du fond tandis que Kojiro, l'aubergiste, rentrait avec un plateau de nourriture et un sourire chaleureux. J'en fus rassuré. Enfin, quelque chose de familier ! Je n'avais connu Kojiro qu'une demi-journée et il n'était qu'un rustre sans éducation, mais sur l'heure il me parut plus fiable que Katsuragi. Je luis fis un sourire avenant et il plaça son plateau sur la table de chevet située à côté de mon lit.

— Ça va mieux ? dit-il sur un ton paternaliste. T'es le dernier à te réveiller, alors on a eu la frousse. Takeshi voulait appeler un guérisseur de chez vous au cas où.

J'en fus fortement contrarié. Appeler de l'aide à Konoha, au risque de compromettre notre couverture ? Katsuragi sortit précipitamment de la pièce en faisant claquer la porte. Je me retrouvai seul avec Kojiro. L'aubergiste soupira.

— La pauvre, ça doit être dur pour elle. C'est elle qui vous a ramené, tu sais ?

— Que s'est-il passé ? demandai-je sans plus me soucier de Katsuragi.

Kojiro soupira encore une fois ; ça commençait à bien faire. Je pris ma mine la plus humble et indécise.

— Kojiro ?

— C'est compliqué, dit-il d'une voix bourrue. C'est pour ça que j'étais pas très chaud à l'idée que vous partiez en pleine nuit à cette période du mois, mais bon, je me suis dit que puisque vous étiez sous la protection de votre déesse, vous ne risquiez rien...

— Que voulez-vous dire ? Il s'est passé quelque chose ? Nous avons été attaqués ?

Le brave aubergiste me servit un verre d'eau que j'acceptais sans faire attention. Il attendit que j'eus fini de boire avant de continuer.

— C'est comme une malédiction qui traîne dans le pays depuis un bout de temps, dit-il enfin. Tu te souviens que je t'ai dit que mon ancêtre venait de l'Est ?

— Oui, et alors ?

— Il n'était pas le seul. Ils ont été tout un peuple à s'installer dans la région, ou plutôt ce qui restait d'un peuple qui a été chassé de chez lui. Mais nos ancêtres ne sont pas venus seuls : ils ont emmené des objets et des machines de chez eux... des machines dangereuses.

Je hochai la tête, fasciné. Il me semblait effectivement avoir déjà entendu des histoires d'anciens étrangers apportant une technologie avancée avec eux, mais je n'avais jamais su si ces contes de vieille femme étaient crédibles ou pas. Ce pouvait-il que cet homme connaisse la véritable version des faits ?

— J'ai un peu honte de dire ça, reprit Kojiro, mais ils étaient pas tous bons, nos ancêtres. Certains étaient même carrément pourris de l'intérieur. C'étaient pour la plupart des médecins et des scientifiques. On les avait chassés parce qu'il avaient fabriqué des machines de guerre terribles, et quand ils sont arrivés ici, ils ont continué... Quand j'étais enfant, j'avais vu certains de ces plans que ma famille garde avec respect. Des châteaux-forts mobiles, des machines volantes, des canons énormes qui tiraient de la foudre... Rien que des horreurs. Et au milieu de tout ça, il y en avait un qui payait pas de mine, à première vue. On l'avait appelé la baleine-temps, parce qu'elle ressemblait à une grosse baleine avec un cadran sur le côté. On croyait qu'elle servait de bateau ou quoi.

Où voulait-il en venir ? Ma mémoire se rappela alors à moi. Il me semblait bien avoir entendu un cri de baleine, ce soir-là...

— On était carrément loin de la plaque. Et puis quand j'ai eu à peu près quinze ans, un seigneur est venu dans la région pour s'installer. Il voulait construire un palais d'hiver, je crois. On a pas protesté, il avait besoin de bras et il nous payait bien pour faire ses travaux. Et puis un mois après le début des travaux, y'a le fils Yamamoto qui creusait dans la partie Sud-est, près de la Crique des anguilles, il a trouvé un truc bizarre.

— Bizarre ?

— Ouais. Il fallait dire qu'on avait pas l'habitude de fouiller la terre et les rochers, hein, on est que des pêcheurs...

— Qu'a-t-il trouvé ? insistai-je, impatient, bien que je me doutais un peu de la réponse à ce stade de l'histoire.

— Bah, ça ressemblait à une espèce de carcasse de gros bateau au début, et puis on s'est rendu compte qu'il y avait un cadran, et en fait c'était une baleine...

— La baleine-temps ?

— Ouais, confirma Kojiro, gêné. On savait pas trop quoi en faire, on a décidé d'arrêter, parce que bon, c'était quand même un objet de nos ancêtres, hein ! Mais le seigneur, il l'a appris et il s'est fâché.

— Il a voulu continuer les travaux ? m'écriais-je, abasourdi.

Quel imbécile ! Faire un tel caprice alors qu'il se trouvait en face d'un élément inconnu ! Je me tus néanmoins, ne voulant pas interrompre Kojiro dans sa narration. Il hocha la tête avec vigueur.

— Ouais. Il est même venu avec ses hommes pour essayer de déblayer la baleine. Mais bon, il fait pas bon de toucher à ces trucs-là...

Son visage pâlit sous l'impact du souvenir.

— On les regardait à l'écart. Il dirigeait ses hommes, ils ont commencé à creuser autour de la base, et ils ont tapé dessus... C'étaient des ninja, tu vois, ceux qu'il avait à son service, ils ont fait ça proprement, et on a même cru qu'ils allaient réussir à la détruire... Et puis, la baleine a poussé un cri.

Il fit la grimace.

— C'était horrible, j'avais rien entendu de tel de toute ma vie, même maintenant j'en fais des cauchemars... La grosse machine a bougé, y'a une espèce de brouillard qui est sorti d'en-dessous. On s'est enfui comme il fallait, avec les autres. Quand on est enfin revenu au bout d'une semaine, le seigneur et ses hommes avaient pas réapparu, et on les a trouvés au même endroit, morts.

Il me tendit une assiette d'un brouet informe auquel je touchais à peine.

— Ils étaient tout secs, comme s'ils étaient morts depuis un moment. Momifiés, tu vois ? La baleine-temps est lâchée depuis dans les environs. On peut l'entendre pleurer en fin de mois, et ceux qui en sont sortis étaient jamais pareils. Y'en a qui sont devenus très vieux, d'autres qui ont rajeuni jusqu'à devenir des petits enfants. Et ceux qui sont jamais revenus... Eh ben, on préfère pas trop savoir, en fait. Les survivants disent tous avoir vu des trucs en rapport avec leur passé ou leur avenir, c'est assez glauque.

Je serrais les poings en tremblant, plus atteint que je ne le laissais voir à Kojiro. Ainsi, c'était ce qui s'était passé ? Nous avions été confronté à une machine de guerre de l'ancien temps venu des pays de l'Est ? L'indignation m'étreignit la gorge.

— Et vous nous avez laissé partir en sachant ce que nous risquions ?

Kojiro soupira.

— Comme je t'ai dit, je pensais pas que vous étiez en danger, enfin pas trop, sinon tu penses bien que j'aurais insisté un peu plus pour que vous restiez... Et puis y'avait aussi ta tête.

— Ma tête ?

— Ouais, quand t'es parti, tu faisais une tête de gars décidé à faire comme il l'entendait jusqu'au bout, tu sais ? Je l'ai déjà vue, cette tête-là, avec le seigneur qui a réveillé cette chose. Il nous a menacé de nous faire tuer par ses ninja si jamais on faisait quoi que ce soit pour l'en empêcher. Moi, quand je vois quelqu'un faire une tête pareille, jeune ou vieux, je le laisse tranquille. Pas envie de perdre un bras ou ma vie.

Sa révélation me fit l'effet d'un coup de poignard. Ainsi, c'était de ma faute, c'était cela qu'il voulait dire ? Parce que j'avais à tout prix voulu partir cette nuit, cela avait causé notre malheur ?

— Un instant, dis-je, tout va bien, non ? Katsuragi a dit que Takeshi avait juste rajeuni, pareil pour Umino...

Je m'interrompis en me rappelant qu'elle ne m'avait rien dit au sujet de Sakaki. Quel était son état ? Pourquoi était-il encore alité ?

— Ouais, dit Kojiro avec une grimace, mais le petit Kei, il a bien pris, lui... M'est avis que tu ferais bien de garder un profil bas devant les autres.

— Qu'est-il arrivé à Sakaki ? m'écriai-je, affolé.

— C'est pas joli-joli, continua Kojiro sans relever mon éclat. Il a bien pris cent ans, le pauvre gamin. Une vraie loque humaine. Il arrivait même pas à se retenir de se pisser dessus, j'ai dû changer les draps trois fois depuis hier soir.

Je sentis mon sang se glacer dans mes veines.

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Kojiro finit par me laisser après s'être assuré que j'avais fini ses plats, et je passais l'après-midi seul, dans cette chambre à l'odeur rance et au décor uni. Je ne bougeai quasiment pas jusqu'au soir. Mon esprit avait du mal à assimiler tout ce qu'il avait appris. Mon équipe mise à mal à peine la mission commencée, la vie d'un de mes compagnons brisée suite à une erreur de jugement. Je n'osais même pas aller vérifier la véracité de cette histoire ; pour quelle raison Kojiro m'aurait-il menti ? J'avais vu les effets de cette arme temporelle sur Katsuragi. Plus je réfléchissais à ce qu'Umino et moi avions rencontré, lui cet Aburame et moi ce camp étrange en guerre, et plus je me dis que ce n'était effectivement pas normal, qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas... Passé ou avenir ? Je n'en étais pas certain. Uchiha avait mentionné un Kakashi devant cet autre Aburame, mais comment être sûr que cela m'était lié ?

J'entendis frapper à la porte. En relevant la tête, je m'aperçus que le soleil était presque couché, j'avais passé plusieurs heures à ne rien faire. Je criai à la personne d'entrer.

— Nanaki ?

C'était un enfant que je ne connaissais pas, mais je sus avant qu'il n'ait dit autre chose qu'il s'agissait de Kanda. Comme il avait changé ! Celui que j'avais accompagné était un homme dans la force de l'âge, un jônin de presque trente ans au visage marqué par les ans et les épreuves. Ce gamin n'avait pas l'air plus vieux que moi ; il avait les joues roses et des traits délicats. Ses yeux seuls trahissaient son âge véritable. Il me fixa sans mot dire et je sentis le poids de son regard me peser sur la conscience plus efficacement que tous les mots de colère du monde. Je baissais les yeux, frustré.

— Je suppose que vous êtes venu me disputer ? fis-je, boudeur.

— Pourquoi ferais-je cela ?

— À cause de ce qui est arrivé à vos chers élèves, non ?

Il s'assit sur la chaise près de mon lit et soupira.

— Ce n'était pas de ta faute, dit-il avec calme. Certes, ton éclat a précipité notre départ, mais tu n'avais aucun moyen de savoir ce qui allait nous tomber dessus.

J'écarquillai les yeux.

— Ce n'est pas ce que semble penser Katsuragi, pourtant.

— Sanae a beaucoup souffert de cette situation, il lui est plus facile de te prendre comme bouc-émissaire. Ça lui permet de rester à peu près stable.

— Si je comprends bien, elle va continuer à me détester même si je n'y suis pour rien ? grognai-je.

Kanda fronça les sourcils, visiblement contrarié. Quant à moi, ses mots m'avaient ôté d'un grand poids : bien entendu, que je n'étais pas fautif ! Nous avions joué de malchance en arrivant durant la période de vadrouille de la baleine-temps ; serions-nous partis le lendemain, nous aurions rencontré le même problème... Rassuré, j'oubliais instantanément ma culpabilité pour ne plus me focaliser que sur le côté pratique.

— Qu'allons-nous faire pour la mission ? demandai-je. Il sera très difficile, si ce n'est impossible de continuer dans ces conditions...

— J'ai déjà envoyé un message à Konoha, me coupa-t-il, la voix tendue. Ils viennent nous chercher dans quelques jours, avec une équipe de remplacement. Nous devons rentrer au village au plus tôt.

— Et la mission ?

— Ils s'en chargeront. Nous ne devons nous concentrer que sur notre voyage de retour. Il faut rester discret quoi qu'il arrive.

Je hochai la tête.

— Et les autres membres ?

— Relevés de leurs fonctions. Tout est déjà arrangé.

Il se tut et je tentais d'analyser la situation. La manière dont il avait décrit les phases suivantes était suspecte ; comme s'il voulait m'éloigner des opérations au plus vite. Ainsi, il me reprochait quelque chose malgré ses mots de décharge ?

— S'il y a un problème...

— Non, fit-il sèchement. L'équipe de secours sera bientôt là. En attendant, je crois qu'il serait plus judicieux de ta part d'éviter de trop croiser Sanae et Iruka.

— Et Sakaki ?

— Il n'est en état de voir personne.

Je déglutis. Mon coeur était lourd, quoi qu'on puisse en dire ; et même si je n'appréciais guère mes coéquipiers, jamais je n'aurais souhaité ce genre de sort à l'un d'eux. Il y avait des limites à la rancune, quand même.

— Est-ce que... y'a-t-il un moyen de le sauver ?

Kanda ne se prononça pas durant un long moment. Puis, avec une voix si faible que je dus tendre l'oreille pour l'entendre :

— Nous l'ignorons.

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Fidèle au serment que je lui fis, je ne quittais quasiment pas mes quartiers de tout le reste de mon séjour. L'équipe que Konoha nous envoya arriva trois jours après, dirigée par Mamoru Sakaki lui-même. Sans doute venait-il s'enquérir de l'état de son fils ; et honteux comme je l'étais, je n'osais pas lui parler. Il se contenta de me donner un salut militaire avant de se diriger d'un pas pressé jusqu'à la chambre de Sakaki, guidé par Kanda. Je restai seul avec les deux autres hommes. Heureusement, Kojiro était parti aux courses ; sans quoi il eût été difficile de lui expliquer pourquoi des ninja (ces êtres de l'ombre qui n'avaient aucune raison de mettre un pied dans ce village perdu) se trouvaient dans sa salle principale, au milieu des tables et des chaises crasseuses qui tenaient lieu de mobilier...

— Quels sont les ordres ? m'enquis-je auprès de mes nouveaux coéquipiers.

— Vous ramener avec nous, c'est tout, me répondit le soldat le plus proche. Vous êtes prêt ?

Je hochai la tête. Les deux hommes firent mine de partir.

— Nous n'attendons pas les autres ? demandai-je, surpris.

— Pas la peine. On nous a seulement signalé votre présence. Les autres doivent rester un peu plus longtemps.

— Mais...

— C'est un ordre du Hokage, fit-il sur un ton sans réplique.

Troublé mais docile, je les suivais sans mot dire.

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Le voyage de retour se déroula sans surprise, cette fois. Mes deux compagnons me parlèrent à peine de tout le trajet. Je me sentais comme un déchet qu'on renvoyait chez lui sans être payé ; était-ce donc le seul sort qu'on me réservait ? Relégué au village ?

Lorsque j'arrivais, j'eus la surprise de voir qu'on m'avait assigné à une autre mission, sans même me donner le temps de me reposer. Il n'était donc pas question de me reprocher quoi que ce fût ; j'en soupirai d'aise et décidai de faire davantage d'efforts. Il en fut ainsi des semaines suivantes : mission après mission, je m'immergeais dans mon travail que j'effectuais souvent au sein d'équipes d'adultes confirmés au tempérament fort. Je n'eus pas le loisir de me plaindre, tant j'avais de choses à faire ; de toute manière, l'idée m'effleura à peine l'esprit. J'avais enfin trouvé un milieu propice pour faire oeuvre de mes compétences ; j'en profitais au maximum. Entre deux assignations, je développais cette technique que j'avais apprise durant ce rêve étrange où je m'étais retrouvé en face de ce sinistre Uchiha. Je fus bientôt en mesure de présenter une technique nouvelle et à peu près complète à mes supérieurs.

Au lendemain de cette réunion, on m'apprit que j'étais passé jônin à l'unanimité. J'en éprouvais une immense satisfaction.

Puis vint le moment où l'on me permit de regagner mon équipe d'origine.

Les événements de mon retour furent consignés et amplement discutés par l'ensemble de mes collègues. L'enlèvement de Rin. La mort d'Obito après qu'il m'eut cédé l'un de ses yeux ; ce fameux sharingan qui fait maintenant partie de moi, qui me rappelle sans cesse à ma responsabilité dans cette histoire. Je sombrais dans une grave dépression suite à cet incident, dont je ne sortis qu'au bout de deux semaines.

Entre-temps, de l'eau avait coulé sous les ponts. Mon maître avait sauvé le village du Kyûbi en se sacrifiant. Rin aussi était morte en luttant contre cet ennemi redoutable. Je restais seul.

Une part de moi mourut sans doute avec tous ceux j'avais aimé.

Et le temps passa, implacable.

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Je regagnais lentement mon appartement, l'esprit troublé. La journée avait été remplie d'émotions fortes : après avoir déposé une demande en bonne et due forme au Hokage pour que mes élèves actuels puissent s'inscrire à l'examen chûnin, j'avais revu Iruka Umino.

Je savais par les dossiers scolaires qu'il était l'un des professeurs en titre des petites classes ; pourtant, je n'avais jamais vraiment pensé le croiser un jour... Konoha était un assez grand village, quoi qu'on en dise. Bien que je fusse moins orgueilleux et arrogant que dans ma prime jeunesse, je ne tenais absolument pas à revoir une personne que j'avais estimé comme incompétente. Qui sait ce qu'il apprenait à nos chères têtes blondes ? L'opinion préconçue que j'avais de ce cher professeur n'était pas très favorable. Il ne me reconnut pas comme étant Nanaki, le garçon qui les avait accompagnés en mission tant d'années auparavant. Le masque que je portais en permanence l'avait-il induit en erreur ? Je ne fus pas pressé de lui rappeler ce souvenir embarrassant ; du reste, nous n'en eûmes pas le temps. Il désapprouva mon choix, estimant que mes élèves (non plus les siens !) n'étaient pas prêts à subir de telles épreuves. Quel affront ! Nous nous opposâmes vivement, et pour finir le Hokage me donna raison. Umino se retira avec réticence ; je triomphais.

Jusqu'à ce que je le revoie le soir même, attendant patiemment devant la porte de mon appartement.

— Un mot, Hatake ?

Je ricanai. Sa façon de m'aborder me rappela celle que Takeshi Kanda avait utilisée la veille de notre arrivée à Tempura. Je le dépassai sans un regard pour ouvrir la porte de mon chez-moi.

— Hatake ! dit-il un peu plus fort.

— Je vous ai entendu, professeur Umino, chuchotai-je en mettant un doigt devant ma bouche. Pourriez-vous éviter de crier, je vous prie ? Il est minuit passé et mes voisins n'apprécient guère le bruit à cette heure.

Je le vis se mordre la lèvre en faisant la moue. Qu'il était donc grotesque ! Je ricanai malgré moi. Son allure n'avait guère changé depuis notre première rencontre : il était quelconque, paraissait faible et timoré, un élément loin d'être indispensable. Était-ce pour cela qu'on l'avait relégué au rang d'instructeur ? Non pas que j'eus de tels préjugés à l'égard des instructeurs (que les dieux me préservent d'une telle idée ! J'avais moi-même choisi cette voie), mais à son âge et encore chûnin...Je secouai la tête en m'apercevant à quel point cette manière de penser était réductrice. Étais-je bête de compter sur une impression vieille de plus de dix ans ! Je lui souris et lui montrai l'intérieur de mon appartement.

— Vous voulez entrer ? Je n'ai pas grand-chose à vous proposer, mais je suppose que ce n'est pas trop grave...

— Merci, fit-il, surpris. Je me permets...

J'observai son pas, sa façon de passer le seuil. Il n'était pas rare d'aboutir à des conclusions exactes sur le caractère d'une personne rien qu'en la voyant rentrer chez des inconnus. Cela m'avait plus d'une fois permis de jauger de nouvelles connaissances.

Une démarche assurée quoique prudente. Umino estima d'un regard mon salon, me jeta un coup d'oeil discret pour voir ce que je faisais de mon côté, tâta le plancher du bout du pied dès le premier pas. Je fus impressionné par tant de professionnalisme.

— Je suppose que c'est au sujet de mes élèves ? dis-je une fois que nous fûmes installés dans les deux seuls sièges de mon salon.

Il hocha la tête d'un air impatient.

— J'aimerais que vous révisiez votre décision de cet après-midi, me dit-il tout de go.

— Pourquoi ferais-je cela ? demandai-je, amusé.

Umino me jeta un regard froid.

— Ils sont bien trop jeunes et inexpérimentés pour ça !

— C'est à moi d'en juger, ne vous en déplaise. Vous me les avez confié à la sortie de l'académie, je vous rappelle.

— Ce n'est pas...

— À moins que vous ne fassiez pas vraiment confiance à vos collègues ? Ce n'est pas très flatteur, professeur.

Je me retins de ricaner en voyant sa mine déconfite. Je pouvais comprendre son comportement, mais quel besoin avait-il d'être aussi protecteur vis-à-vis des jeunes recrues ? Cela n'allait pas les aider à évoluer. Je lui fis un sourire qui se voulait rassurant, puis je me souvins qu'il ne pouvait sans doute pas le voir à travers mon masque.

Étrange ; pourquoi me comportais-je devant lui comme si nous nous connaissions ? Était-ce cette vieille histoire qui faussait mon estimation des choses ? Il me regarda d'un air étrange ; je fis mine d'avoir l'esprit distrait. Il finit par secouer la tête.

— Ce n'est pas que je n'aie pas confiance en vous, commença-t-il avec hésitation, mais si possible, j'aimerais éviter que ces enfants ne soient confrontés à un problème qui dépasse leur niveau de compétences.

— Qu'est-ce qui vous fait dire qu'ils seront dépassés ?

— Je les connais. Même s'ils ont sans doute progressé entre vos mains, je doute qu'ils soient assez forts pour affronter des camarades plus expérimentés.

Je ricanai pour de bon.

— Ils ne sont pas si inoffensifs, vous savez.

— Je sais, mais... C'est juste que mon instinct me dit qu'ils ne sont pas prêts.

— Votre instinct ? fis-je, abasourdi. Qu'a-t-il à voir avec l'avenir de ces enfants ?

Umino baissa les yeux.

— Je dois vous paraître bien arrogant, mais j'ai mes raisons de penser ainsi.

— Et qui sont ?

Il fronça les sourcils, l'air mécontent. L'air se fit plus lourd ; chacun d'entre nous jaugeait l'autre du regard.

— Ce ne sont pas vos affaires, dit-il sèchement.

Pour qui se prenait-il ? J'avais beau être plus tolérant que je ne l'avais été par le passé, je ne pouvais m'empêcher de douter d'Umino lorsqu'il m'assénait un tel avis sans fondement solide sur lequel m'appuyer. Il dut voir mon mon désaccord puisqu'il ajouta :

— Ce n'est pas un caprice de ma part. C'est juste que je suis bien placé pour savoir qu'il est risqué d'envoyer des enfants à un tel danger alors qu'ils n'en ont pas les capacités.

En théorie, ses craintes n'étaient pas totalement déraisonnables. Pourtant, l'expérience et l'observation m'avaient permis de voir que les enfants, en particulier les enfants ninja, avaient en eux des ressources quelquefois insoupçonnées qui n'attendaient qu'à sortir à l'air libre. Une impulsion extérieure était souvent salutaire dans ces cas-là ; sinon, dans quelles circonstances auraient-ils pu exercer leurs talents ? En restant chez eux et en apprenant leurs exercices, puis en passant bien sagement devant des professeurs bienveillants qui les jugeaient souvent par la connaissance superficielle qu'ils avaient d'eux ?

— Et sur quoi fondez-vous cette opinion ? grognai-je.

— Une... expérience malheureuse, dit Umino en évitant mon regard.

— À cause de cette mission à Tempura ? sortis-je sans le vouloir.

Umino décolla de son siège. Je regrettai aussitôt mes paroles.

— Comment savez-vous cela ?

Il semblait sur le point de me sauter à la gorge. Que faire ? Bien entendu, je pouvais faire preuve d'honnêteté et lui dire que j'étais en réalité ce Nanaki qui les avait accompagné. Pourtant, une honte soudaine m'étreignit la gorge, je fus incapable de prononcer ces mots. Au lieu de cela, je détournai le regard et dis :

— Je suis un professionnel, l'auriez-vous oublié ? J'ai consulté votre dossier lorsque les enfants se sont retrouvés à ma charge. Je ne pouvais pas commencer à les éduquer sans savoir entre quelles mains ils étaient passés.

C'était un énorme mensonge, et je comptais bien sur mes talents de conteur pour convaincre Umino. Il ne sembla pas trouver la remarque étrange ; s'attendait-il à ce que je fasse une telle chose ? Il soupira et se rassit.

— Donc vous savez, pour mes coéquipiers.

— Le dossier ne mentionnait que le début de votre mission, mentis-je effrontément.

Je ne savais rien d'autre. Qu'avais-je donc ? Durant des années, je n'avais eu aucune envie de connaître le destin de mes coéquipiers d'une semaine ; à peine savais-je qu'Umino était devenu professeur par la suite. Peut-être avais-je eu tort, peut-être me sentais-je coupable sans le vouloir ? Umino m'observa attentivement pendant une minute. J'attendis qu'il eut fini avec mon plus bel air innocent.

— C'est une vieille et moche histoire, dit-il. Nous étions quatre en plus de notre chef de groupe, un jônin du nom de Takeshi Kanda. Nous devions effectuer une bête mission d'infiltration, pourtant je pense sincèrement que nous n'avions pas le niveau. On nous avait assigné un chûnin pour nous aider.

— Vous n'avez jamais fini cette mission, si j'ai bien compris ? l'interrompis-je en me sentant étrangement ému.

— En effet. Nous n'en avions pas eu l'occasion. Au moment d'arriver au lieu de destination, nous avons eu un étrange accident. Que savez-vous de cette région ?

— Pas grand-chose, je le crains.

— Nous non plus. Nous ne savions pas qu'il y avait une légende étrange sur les environs, une légende qui dit que les voyageurs qui s'aventurent en pleine nuit au bord de mer pouvaient se retrouver happés par un étrange phénomène magique.

— Magique ? fis-je en laissant passer une note de scepticisme dans ma voix.

— Je sais que cela peut paraître absurde pour qui ne l'a pas vécu directement, mais nous nous sommes retrouvés à errer dans le temps.

— Vous voulez dire que vous avez subi une tempête ?

— Oui... et non, siffla Umino. Nous avons été séparés. Pour ma part, je pense que je me suis retrouvé dans le passé en même temps que mon troisième coéquipier, celui qu'on nous avait assigné en plus. Mes autres camarades ont subi le même phénomène, à des époques différentes. À notre retour, nous avions changé.

— Changé comment ? fis-je, la voix tremblante malgré mes efforts pour essayer de me contenir.

— J'avais légèrement rajeuni. La fille de notre groupe avait grandi jusqu'à atteindre une vingtaine d'années, quant à notre chef de groupe, il est redevenu enfant. C'était très déroutant.

— N'aviez-vous pas dit que vous étiez quatre en plus de votre chef ?

Umino baissa alors les yeux et acquiesça.

— Kei était mon meilleur ami et aussi notre meilleur élément après Takeshi, fit-il d'une voix rauque. Il avait vieilli de façon alarmante. Nous sommes restés une semaine de plus à Tempura avec son père. Et...

Je l'entendis réprimer un sanglot.

— Il est mort de vieillesse dans mes bras en me donnant sa bénédiction, dit-il dans un murmure. On l'a fait examiner par la suite, son corps avait plus de cent ans. Pourtant, il n'avait que douze ans, en réalité...

Que n'aurais-je donné pour ne pas les avoir accompagné, pour avoir refusé cette mission ! Je n'étais plus l'enfant fier de mes douze ans ; avec le temps, j'avais appris à assumer pleinement les conséquences de mes actes. Et même si je n'étais pas entièrement fautif, j'avais quand même une part de responsabilité importante dans le sort de de ce pauvre Sakaki. Umino me fit un sourire triste ; je n'avais pas le coeur de l'interrompre.

— Je suis persuadé qu'il aurait fait un professeur merveilleux, si on lui en avait laissé l'occasion. En fait, c'est un peu ce qui m'a décidé à me présenter à cette place.

— En l'honneur de votre ami ?

Il hocha la tête, doucement.

— Kei était gentil et patient avec tout le monde, même avec moi. Surtout avec moi, en fait, et pourtant je n'étais pas un cadeau, vous savez. Pareil pour Takeshi. C'était un merveilleux professeur.

— Qu'est-il devenu ?

— Je l'ignore, à vrai dire. Au retour de Tempura, j'ai demandé à être recalé dans la classe inférieure et j'ai repassé mon examen genin en m'entraînant cette fois comme il faut. Comme j'avais perdu deux ans d'âge avec cette histoire, cela n'a pas posé trop de problème. Je suppose que Sanae est passée chûnin. Je ne l'ai jamais revue, pas plus que Takeshi.

— Je vois.

— Je pensais passer le restant de mes jours sans nouvelles de mes compagnons, continua-t-il alors que je pensais la discussion terminée. Si on m'avait dit que je reverrais ce bon vieux Nanaki pas plus tard qu'aujourd'hui, et qui plus est en professeur de mes anciens élèves...

Je levai brusquement la tête en sa direction. Umino me souriait avec amusement.

— Depuis quand ? demandai-je en tirant une grimace.

— Je n'étais pas sûr. Vous me disiez vaguement quelque chose, mais je pensais que c'était dû à votre renommée... Et puis vous avez parlé de cette histoire à Tempura.

— Et alors ?

— Il est impossible que vous l'ayez lue dans mon dossier. Mamoru Sakaki est le responsable des réseaux d'information à Konoha, et je le connais très bien. Je sais qu'il s'est donné un mal de chien pour effacer l'existence même de son fils de tous les fichiers du village. Il m'a même donné mon dossier personnel à lire quand je le lui ai demandé, il n'y a que des banalités.

— Il vous a donné votre dossier ? m'écriai-je. C'est interdit !

— Il n'a rien fait de répréhensible, si c'est que vous voulez savoir, fit-il avec un sourire étrange. Le Hokage est au courant, vous pouvez lui demander si vous voulez.

Je secouai la tête.

— Pas la peine, je vous crois.

— Ah ? Pourtant, vous aviez l'habitude de contredire tout ce que je disais...

— J'étais un imbécile à l'époque. Je le suis sans doute toujours, mais au moins j'ai appris ma leçon.

Umino me regarda gravement. S'il avait pris Kanda comme modèle au moment de devenir professeur, il avait réussi dans son entreprise : je me ratatinais presque sur ma chaise en réaction, exactement comme à l'époque.

— Vous ne m'en voulez donc pas ? arrivai-je à articuler en me relevant légèrement.

— Pourquoi ferais-je cela ?

J'eus vraiment l'impression d'être revenu des années en arrière.

— C'est à vous de me le dire.

— Nous avons tous changé. Vous, moi, ce village. Je ne vois pas l'intérêt de remuer des rancoeurs passées. En fait, ce serait plutôt hypocrite de ma part alors que j'ai pris Naruto sous mon aile.

— Naruto et moi sommes différents, dis-je.

— En effet. Naruto n'a pas encore eu le temps de sentir le poids de sa culpabilité.

Ces mots pourtant fort simples éveillèrent en moi quelque chose qui était resté enfoui durant des années. J'hésitai à lui donner un nom ; mon corps ne fus pas aussi magnanime. Umino me tendit un mouchoir propre. Je ne compris pas son geste jusqu'à ce que je sente des gouttes me tomber sur le haut des mains que j'avais mises sur mes cuisses.

Je pleurais.

C'était bien la première fois depuis la mort de Rin.

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Contre toute attente, Umino et moi devînmes rapidement amis. Nous nous rencontrions tous les samedis soirs pour discuter de la progression de mes élèves ; nous en vînmes naturellement à nous désigner par nos prénoms. Iruka était un homme admirable après avoir été toute son enfance un gamin médiocre et veule ; j'en fus agréablement surpris. Jour après jour, notre relation évoluait favorablement. J'en vins à le considérer comme l'un de mes meilleurs amis.

Puis arriva le tournoi final de l'examen chûnin et l'attaque d'Orochimaru.

Mais ceci est, comme on dit, une autre histoire...

o-o-o

FIN.

o-o-o

Mot de la fin :

Oui bon je sais, c'est moche comme fin, mais si je continue cette histoire n'aurait plus de raison de s'appeler « Actes manqués ». Kakashi et Iruka ont passé leur période « sales gosses immatures », maintenant ce sont des hommes, des ninja avec tout ce que cela implique. Je me rends compte qu'il y a énormément de questions qui sont restées sans réponse, je m'en excuse ; elles viendront dans une suite que j'écrirai un jour. Quand j'aurais à peu près avancé dans tout ce que j'ai à finir.

Merci encore de votre fidélité !