Série : Gundam Wing
Auteur : Lyrashin, pourquoi voulez vous que ça change ?
Genre : Oh, merde, hein ! Vous avez tous lu le teaser et les chapitres précédents, pas la peine que je me prenne la tête à refaire cette rubrique !
Couples : Alors, on a : amitié 17 + 30 + V (lisez pour savoir de qui il s'agit), 30+2+30 en AMITIE (retenez bien ce mot !), 2+ R (si si, vous avez bien lu…).
Oh, et pour les couples on a un beau 13 X 11…
Lylyth : Mon Dieu, qu'est ce que j'ai pu me marrer !
Lyra : Lylyth, ta gueule !
Disclaimer : Rien à moi sauf le scénario et mes persos ! (Donc tous sauf 2, 11, 13, 6 et 9 dans ce chapitre…)
Merci pour vos reviews ! Dédicace spéciale à Onarluca (oui, je bosse sur le nouveau chap' de Sans contrefaçon, mais dame Muse semble faire un blocage… Faut jamais la contrarier celle là, sinon, tu risques de ne plus la voir revenir pendant un moment…) !
LIENS DE PARENTE
Chapitre 08 : Service Militaire
Il était à peu près 16 heures lorsque la porte du dortoir numéro 19 vit sa poignée s'abaisser. A l'intérieur, les trois occupants de la pièce, pensionnaires et compagnons de chambrée depuis qu'ils avaient 14 ans, braquèrent leurs yeux sur l'entrée, l'angoisse leur nouant les entrailles…
D'ici quelques secondes, leur nouveau camarade de chambre allait venir faire leur connaissance… Et quel camarade de chambre ! Draco Kushrénada ! Le fameux petit frère du Grand [1 Général, fondateur de l'Organisation du Zodiaque, Treize Kushrénada, la légende vivante auprès des soldats plus âgés !
Le benjamin des deux frères n'était, certes, pas aussi célèbre que son aîné, mais il planait autour de lui une atmosphère mystérieuse, amplifiée, selon les dires des médias, par l'imposante garde renforcée qui l'entourait et maintenait le secret sur ses agissements et son existence…
Les seules photographies de lui qui avaient pu filtrer ce « blocage médiatique » étaient celles d'une soirée mondaine où on l'avait vu, masqué, au bras de la princesse Peacecraft…
Depuis trois jours, l'école militaire de la base de Perey Bère, réputée pour fournir d'excellents officiers, était en effervescence : la nouvelle était tombée, le plus jeune héritier de la famille Kushrénada allait intégrer leur institution !
Il avait fallu briquer les tables de classe, lustrer les boiseries des portes, faire briller les dallages jusqu'à ce que l'on puisse y apercevoir son reflet… Les uniformes avaient été passés en revue, les dortoirs inspectés, les casiers fouillés, et le moindre écart de conduite des futurs officiers encore plus sévèrement sanctionné !
Au début, toutes ces démonstrations d'obséquiosité [2, les avaient amusés… Puis on avait mis les élèves à contribution… Puis les professeurs avaient commencé à les réprimander pour des broutilles auxquelles ils ne prêtaient même pas attention auparavant…
L'ambiance était devenue tendue et les relations entre étudiants et enseignants s'étaient envenimées… Mais les choses avaient encore empirées pour trois des futurs soldats. En effet, Seven Teen, Vincent Miles et Trent Cross avaient appris la veille que le « Petit Prince », comme la future recrue avait déjà été surnommée, logerait dans leur chambre. Et pour eux, cela signifiait beaucoup !
Les trois amis seraient surveillés comme jamais ils ne l'avaient été ! Quelle horreur si ces jeunes dévergondés venaient à attirer le frère du Général dans l'une de leurs frasques ! Que dirait Lady Une si elle l'apprenait ?! Ou pire, que dirait son Excellence Treize ?! C'en était fini de leurs sorties nocturnes, des petites fêtes improvisées sans être surveillés par des officiers instructeurs… Et, même s'ils parvenaient à échapper à leur surveillance constante, nul doute que leur nouveau colocataire les dénoncerait !
Ils n'imaginaient pas le « Petit Prince » autrement : on le leur avait décrit comme « un vrai petit génie, prêt à faire ses preuves aux armes dans les plus brefs délais avant d'obtenir un poste de commandement digne de son rang »… Bref, un vrai petit con, hautain méprisant, pompeux, sûr de lui et qui, comme la plupart des enfants nobles, serait sûrement un parfait cafteur…
Trent en avait gémi lorsqu'ils avaient voulu imaginer à quoi ressemblerait leur camarade de chambrée… Pour être honnête, il en avait même fait des cauchemars : lors de sa première année en temps qu'élève, le fils du Colonel Ochenta, son aîné de trois ans, l'avait pris comme souffre-douleur et lui avait fait vivre un enfer jusqu'à ce qu'il obtienne son diplôme et qu'il soit affecté dans une autre base… Il n'avait qu'une crainte, que ce mauvais souvenir se répète. Contrairement à Vincent et à Seven qui avaient des oncles et un ou deux cousins dans l'armée pouvant exercer leur influence en leur faveur, lui n'avait personne pour le protéger. Orphelin, il avait été élevé par une vieille tante qui s'était débarrassée de lui à la première occasion, à savoir l'armée. Il avait pu intégrer l'école de Perey Bère grâce à ses bons résultats qui lui avaient valu une bourse, mais, contrairement à bon nombre d'adolescents ici, il n'avait aucun protecteur…
Lentement, presque au ralentit, la porte du dortoir 19 s'ouvrit, laissant passer le Caporal Diez, pour faire place au nouvel arrivant. Au garde-à-vous, les trois jeunes gens virent s'avancer les bottes noires, luisantes, et sans doute tout juste cirées, de leur futur camarade…
Les cheveux ou le casque ? Longtemps, les élèves de l'école militaire débattirent afin de savoir ce qui avait capturé leur regard en premier chez Draco Kushrénada…
Pour Trent, sans hésitation, c'était le masque. Le jeune homme portait un masque gris argenté qui lui cachait toute la moitié supérieure du visage, bien que la partie frontale soit recouverte de quelques mèches auburn éparses délicatement ordonnées. Sur les côtés, deux espèces d'ailettes maintenaient en arrière sa longue crinière châtain qui cascadait jusqu'à ses hanches telle une rivière lisse et scintillante. Ses yeux apparaissaient au travers du casque, dans deux fentes en forme d'amande… Ce fut la seconde chose qui frappa Trent : leur couleur. Il voyait là deux orbes améthystes espiègles qui brillaient, encadrées du métal acier qui contrastait avec leur teinte si particulière…
Passé le premier choc, le futur soldat étudia l'apparence du nouveau venu. De taille moyenne, le garçon portait l'uniforme kaki de rigueur à l'école, mais qui semblait avoir été coupé sur mesures pour lui. Il tirait derrière lui un sac de sport à roulettes… Hum, petite entorse au règlement intérieur qui n'autorisait que les valises de contenance maximale de 5 kilogrammes… Mais bon, on n'avait certainement pas dû vouloir ennuyer le Petit Prince avec de si menus détails…
Le Caporal Diez fit les présentations d'une voix forte avant de vivement encourager –comprenez là ordonner – aux plus anciens élèves de faciliter l'intégration de leur nouveau compagnon, puis, d'un ton plus aimable, il engagea l'adolescent masqué à venir lui rendre visite à son bureau s'il éprouvait le moindre problème. Enfin, l'homme partit, laissant les jeunes gens faire connaissance.
A peine eut-il quitté la pièce que le Petit Prince lâcha un soupir de soulagement et tira son sac vers le milieu de la chambre.
« Bon, okay… Les gars, dans quel lit je suis sensé crécher ? »
Il y eut comme un grand blanc dans le dortoir, le temps que les trois amis ne comprennent que OUI, ils avaient bien entendu la voix du garçon au masque de fer [3, et que OUI, ce même personnage venait bien de prononcer cette phrase ! Ce fut Trent qui osa briser le silence abasourdi pour lui indiquer que son lit était :
« Au fond à droite, près de la fenêtre… »
« Merci mon pote ! »
Et le Petit prince de sauter sur son lit comme un môme avant de tirer son bagage dessus ! Seven regarda Vincent comme pour lui demander s'il voyait bien la même chose que lui…
« Quelqu'un en veut ?! »
Les trois paires d'yeux se retournèrent vers le nouvel arrivant qui, un sac de bonbons à la main et un sucre d'orge dans la bouche, faisait joyeusement grincer les ressorts de son sommier en sautant dessus à genoux… Trent sourit : un vrai gosse !
« Ohé ! C'est pas fait pour la déco, les mecs ! Servez vous ! »
Avec hésitation, chacun des futurs soldats se saisit d'une sucrerie en plongeant la main dans la bourse en papier qu'il leur tendait. Un silence confortable s'installa tandis que chacun dégustait sa friandise… Du moins, jusqu'à ce que le garçon aux cheveux longs prenne la parole…
« Bon alors, c'est quoi mon surnom ? »
La même phrase stéréotypée s'échappa de la bouche des trois autres :
« Hein ?! »
Un éclat de rire leur répondit avant qu'il ne reprenne :
« Nan, sans déc', les gars ! Quel surnom on m'a collé ? Ca fait une semaine que j'étudie les possibilités et que les paris sont ouverts à la casa… Faut que je dise à Treize s'il a gagné ou s'il s'est, encore une fois, lamentablement rétamé dans sa tentative de deviner… »
Ce fut Vincent qui lâcha le morceau après quelques secondes de blocage… Mais non sans tâter le terrain à l'avance…
« Euh, t'es sûr que tu veux savoir ? »
Encore ce chaud éclat de rire…
« Pour sûr ! Perso, j'ai parié sur un truc tablant sur la royauté ou un titre du même genre ! Mon frère pense que ce sera plutôt sur les ophidiens ou les reptiles… Alors, c'est quoi ? »
« Hem… Le Petit Prince… »
L'adolescent explosa de rire et fut pris d'une crise qui dura bien cinq bonnes minutes avant qu'il ne puisse leur expliquer la cause de son hilarité. Essoufflé, il parvint à articuler entre deux quintes de toux :
« Lady Une avait parié là-dessus ! Elle m'a même offert un bouquin d'avant les Colonies qui s'appelait comme ça ! Treize s'est payé sa tête… Oh, j'imagine la scène quand il va devoir lui dire qu'elle avait deviné juste ! Mouhahahaha !!! »
Il reprit sa respiration, entrecoupé de nouvelles crises de fou rire, avant de reprendre d'un air plus sérieux :
« Franchement, l'es gars ! Vous auriez pu faire un effort pour trouver quelque chose d'un peu plus recherché ! Le Petit Prince … Pff ! Si Réléna l'apprend, elle va se foutre de moi… »
Trent sourit encore une fois : pour un fils de noble, il avait l'air plutôt sympa le nouveau ! Ce qui lui faisait penser d'ailleurs…
« Comment on doit t'appeler alors ? »
Le jeune homme eut un sourire qui lui mangea la moitié (visible) du visage.
« Draco, Drake, Drak', Codra, Cobra, Serp'…. Tu peux taper dans toute la famille des reptiles si ça te chante ! Mais, autant vous prévenir, le premier que je choppe à m'appeler Drakichou ou Kushi-chéri, il prend une balle direct entre les deux yeux, capiche ? »
Les trois anciens se mirent à rire avant de répondre avec un clin d'œil :
« Limpide, Draco ! »
Ce fut Vincent qui, quelques jours plus tard, décida que le surnom de Dragon lui convenait davantage. Il trouvait qu'il ressemblait un peu à l'animal mythologique. Le jeune Kushrénada s'était regardé dans un miroir et lui avait demandé comment il devait le prendre… Ce qui avait donné lieu à une nouvelle crise de fou rire dans le dortoir 19.
En attendant, le nouveau fouillait dans son sac et en sortit une boîte avant de proposer à ses camarades de chambre :
« Coca, Soda ou jus de fruit, les mecs ? C'est ma tournée ! »
Trent s'autorisa un nouveau sourire. Oui, décidemment, ce Kushrénada avait l'air sympa…
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Le premier jour de classe du Petit Prince fut assez mémorable, tous les élèves de Perey Bère devaient bien en convenir…
Les professeurs avaient accueilli Draco Kushrénada avec moultes courbettes et ronds-de-jambe, ce qui avait profondément exaspéré le concerné. Assis à côté de Trent, puisque la paire Vincent-Seven ne se séparait que rarement, il avait résolu les exercices théoriques à une vitesse phénoménale…
Lorsque leur instructeur de stratégie de champ de bataille avait voulu le prendre en défaut, il lui avait répondu –réponse exacte d'ailleurs – à la limite de l'insolence. D'ailleurs, d'après la couleur rouge qui avait envahi le visage de l'enseignant, il ne devait pas avoir l'habitude qu'on lui parle ainsi… Ce professeur aimait particulièrement rabaisser les étudiants et voir l'un d'eux lui tenir tête, même s'il était protégé par un grand ponte, l'énervait prodigieusement ! La guerre entre ces deux fortes personnalités débuta dès ce jour là… Guerre qui se terminerait, systématiquement, par la victoire du plus jeune des deux protagonistes qui n'hésitait pas parfois à se livrer à des coups bas !
Lors des exercices physiques, l'héritier Kushrénada faisait encore des étincelles lors des performances sportives ou des séances de tir. Mais, la matière où il était réellement imbattable, c'était le combat en armure mobile informatisée. C'est bien simple : Draco avait planté le programme d'entrainement dès sa première journée de cours…
Non, le moment le plus surréaliste de la journée avait été le repas du soir où, avouant à ses camarades de chambre qu'il trouvait l'espèce de purée qu'on leur avait servie absolument infâme, il avait projeté une cuillerée de la dite mixture sur l'un des surveillants avant d'instaurer une véritable bataille de nourriture dans le réfectoire. Le clou de la soirée avait été l'instant où l'adolescent masqué avait négligemment lancé une pleine soupière de purée derrière lui, soupière qui avait atterri pile sur le visage du directeur de l'établissement qui était descendu de son bureau pour leur passer un savon… Seven avait ensuite affirmé à qui voulait –ou ne voulait pas – l'entendre qu'il était persuadé que Draco SAVAIT pertinemment OÙ se trouvait le directeur lorsqu'il avait lancé cette soupière ! Mais, étant de dos, personne n'avait pu l'accuser…
Curieusement, après cet épisode, toute intention de bizuter le petit nouveau disparut et on n'en entendit plus jamais parler…
Lorsque le directeur téléphona au Grand Général Treize Kushrénada pour s'excuser platement, au nom de son établissement, pour le désagrément qu'avait rencontré son jeune frère au dîner, les surveillants racontèrent que le fondateur de l'Organisation du Zodiaque avait tout simplement éclaté de rire…
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L'amitié entre Trent Cross et Draco Kushrénada avait pris aussi vite qu'une allumette rencontrant un tas de paille. Au bout d'une semaine, les deux garçons s'entendaient comme larrons en foire : le comportement assez timide et réservé du petit orphelin tempérait un peu l'exubérance du jeune héritier qui, en contrepartie, lui apportait une source sans fin d'amusement…
Vincent et Seven étaient les témoins privilégiés de la naissance de cette relation… Du matin jusqu'au soir, leur dortoir était devenu un lieu plein de vie et d'éclats de rire en effervescence permanente. Contrairement à ce qu'ils avaient pu imaginer, le Petit Prince (ou Dragon comme préférait l'appeler Vincent) n'était pas coincé pour deux sous… C'était même plutôt l'inverse !
L'adolescent aux longs cheveux était toujours le premier à vouloir les entraîner pour une petite fête improvisée ou pour une sortie nocturne hors de la base… Il était d'ailleurs étonnamment doué pour cette dernière activité… Anticipant les rondes des gardes, il semblait deviner OÙ se trouvaient les alcôves et les coins sombres pour se cacher des regards. Sauter les grillages qui entouraient la base, grillages surveillés par des miradors, soit dit en passant, ne lui posait aucun problème ! Il les franchissait avec une facilité déconcertante et sans se faire repérer ! Vincent Miles, à le regarder faire, ne pouvait s'empêcher de s'interroger : Mais QUELLE SORTE d'entraînement Treize Kushrénada avait-il bien pu faire subir à son petit frère pour aboutir à un résultat pareil [4
De son côté, Duo était assez satisfait de son intégration dans cette école. Il avait été plutôt surpris lorsque Treize avait accepté sa suggestion de l'envoyer en formation dans un Collège militaire… Il ne pensait pas que son aîné accepterait de se séparer de lui si rapidement. Mais, d'un autre côté, cela prouvait à quel point son frère lui faisait confiance : il le jugeait désormais apte à assumer le rôle de Draco Kushrénada en public et sans surveillance… Il en était fier, mais ne s'était pas attendu à ressentir une telle peine, un tel déchirement à être ainsi séparé de lui… Heureusement qu'il avait rencontré Trent.
Trent… Ce gosse l'avait touché… Il était encore tellement innocent malgré ce qu'il avait vécu dans son enfance… Oh, bien sûr, il ne lui avait pas ouvert son cœur dès leur première rencontre ! Non, loin de là ! Mais bon, lorsqu'ils avaient abordé le sujet de leurs familles respectives avec ses compagnons de dortoir, le jeune homme s'était contenté de mentionner l'existence d'une vieille tante nommée Ursuline… Les signes ne trompaient pas, Duo avait vécu assez longtemps dans la rue pour reconnaître, au premier coup d'œil, les orphelins rejetés par leurs proches…
Orphelin… Lui aussi l'avait été… Et il le serait encore si son frère ne l'avait pas retrouvé quelques mois auparavant…
Néanmoins, le gamin avait touché une corde sensible chez lui. Il se reconnaissait, son « lui » plus jeune, dans ce môme, bien qu'ils aient le même âge… Et, comme Solo l'avait fait autrefois pour lui, il l'avait pris sous son aile. C'était assez étrange comme sensation : il avait l'impression d'avoir gagné un petit frère… Un peu comme avec Quatre, avant que les choses ne commencent à se gâter…
Duo secoua la tête. Depuis qu'il les avait quittés, il évitait de penser aux bons moments qu'il avait pu passer avec ses anciens coéquipiers, même s'ils étaient rares… Dans ces instants là, il avait l'impression de les avoir trahis…
« Tu n'es qu'un traître Duo ! Je ne veux plus jamais te revoir ! »
L'aristocrate serra les poings et grinça des dents. Connard de Heero ! Comment osait-il se permettre de le juger ?! Après tout ce qu'ils lui avaient fait…
« Drake ? Ca va ? »
Ah, Trent ! Encore une raison pour lui d'apprécier le garçon… Le gosse savait toujours quand interrompre le cours de ses pensées quand elles le conduisaient trop près de la dépression… Brave mioche !
Plaquant un sourire sur ses lèvres, Duo se tourna pour faire face à son ami, qui était allongé sur son lit en train de mâchonner un stylo tout en faisant ses devoirs, se contorsionnant sur la chaise de son bureau auquel il était assis.
« Yep, Trent ! Je bloque un peu sur une lettre que je dois envoyer à une amie, c'est tout… »
Seven leva le nez de ses propres devoirs, profitant de l'occasion pour s'accorder un break dans l'apprentissage de ses leçons. Une amie ? Mais, c'est que c'était intéressant ça !
« La princesse Réléna de Sank ? »
Sous son masque, Duo haussa un sourcil. Réléna ? Non, mais peut-être devrait-il effectivement songer à lui envoyer une correspondance… Après tout, il avait promis à Treize d'être à nouveau son cavalier lors du prochain bal organisé par la fondation Romfelher dans deux mois…
« Nan, Sev' ! Si j'devais écrire à Réléna, je demanderai d'abord conseil à son frère ou au Lieutenant Noin pour connaître son humeur… »
L'autre ne cacha pas sa surprise :
« Son frère ?! »
Aïe… Milliardo allait le bouffer vivant ! Il fallait qu'il trouve un moyen de noyer le poisson, et vite de préférence…
« Oui, son frère : Zechs Merquise. T'étais pas au courant ? J'croyais que ton oncle t'aurait raconté ça, Sev'… D'après ce que Treize m'a dit, le Lieutenant Hypon [5 est assez gradé pour être dans la confidence…
Seven se renfrogna : il n'aimait guère son oncle qui le lui rendait bien et bavait tant et plus au sujet de son « incapable de petit neveu toujours pas sorti de l'école alors que lui, à son âge, était déjà un combattant aguerri pour l'Alliance » (textuellement parlant). Il grommela un vague :
« L'a pas dû juger utile de m'mettre au courant, c'vieux chnoc… »
Malheureusement pour l'ex-terroriste, s'il avait réussi à détourner l'attention de Seven, il n'en était pas autant de Vincent qui, bien que concentré sur un problème de Génie de l'Armement, avait écouté leur conversation d'une oreille. Et il devait bien l'avouer, le sujet abordé l'intéressait d'avantage que ses devoirs…
« Merquise, hein ? C'est pour séduire sa sœur que tu as adopté son look ? »
Plutôt pour éviter d'être reconnu par ses anciens coéquipiers, pensa Duo. Mais il apercevait là une porte de sortie…
« Non plus. Mais c'est vrai que j'ai pris le masque pour une raison similaire à la sienne… »
« Hey ? Laquelle ? »
Un sourire se profila sur les lèvres de l'ancien pilote de Gundam.
« Pour échapper aux plus terribles prédateurs que connaisse l'espèce humaine… »
Vincent gloussa de manière très efféminée.
« Qui sont ? Les hordes de fangirls déchaînées ? »
Signe négatif de la tête.
« Des hordes de fanboys déchaînés, alors ? » Proposa Seven d'un air goguenard.
Blocage de deux secondes avant un éclat de rire puis un nouveau signe négatif.
« Aucune idée dans ce cas… Alors ? »
Le jeune noble soupira dramatiquement avant de répondre.
« Vous n'y êtes pas du tout, les mecs… Non, le plus terrible prédateur de l'aristocrate mâle, c'est………. L'esthéticienne ! »
Un éclat de rire général retentit dans la chambre pendant presque cinq minutes. A chaque fois que l'un des anciens élèves reposait les yeux sur le visage grave et sérieux de leur compagnon, il repartait dans une nouvelle crise de fou rire interminable.
Ce fut finalement Seven qui reprit son souffle le premier.
« Les esthéticiennes ?! »
Duo hocha gravement la tête avant de s'expliquer :
« Tu n'imagines même pas à quel point ça fait mal… Treize m'a obligé à le faire, une fois, j'ai juré qu'on ne m'y reprendrait plus… »
Nouveau gloussement général…
« Alors, c'est pour ça, le masque ? »
« Yep, Treize m'a laissé le choix : esthéticienne quotidienne ou le masque… J'ai pas hésité une seule seconde ! »
Une nouvelle fois, les adolescents s'effondrèrent, victimes d'une crise d'hilarité tandis que Duo priait mentalement tous les saints du Paradis pour que son frère n'ait jamais vent de cette conversation…
Quelques minutes plus tard, ce fut Trent qui se remémora leur sujet de conversation originel :
« Alors, dans ce cas, à qui tu écris ? »
Le benjamin des Kushrénada resta silencieux quelques secondes, comme s'il pesait le pour et le contre avant de répondre à cette question.
« Hum… Lady Une… »
Un grand blanc régna dans la pièce pendant une minute avant que Trent ne reprenne d'une voix hésitante :
« Euh… Lady Une……….. LA Lady Une ? »
« Yep ! »
Un silence inconfortable s'installa. Lentement, presque comme s'il redoutait la réponse qu'il allait recevoir, Trent demanda :
« Et, tu… Tu lui écris pourquoi ? »
Une lueur amusée passa dans l'œil de l'adolescent aux longs cheveux.
« Oh, je lui envoie un plan de bataille pour parvenir à son objectif personnel… »
Haussement de sourcil généralisé…
« Traduction ? »
Le sourire de Duo s'agrandit et il prit bien le temps d'observer les visages de ses camarades avant de lâcher l'information qui, il le savait, ferait l'effet d'une bombe…
« Je lui explique par A plus B comment draguer mon frère et s'assurer qu'il finisse bien dans son lit. »
Un grand silence suivit cette déclaration, suivi d'un hurlement de rire si fort que le directeur qui habitait de l'autre côté de la base, l'entendit…
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Quelques jours plus tard, Domaine familial Kushrénada
Treize commençait à désespérer… Cela faisait deux heures maintenant qu'il fouillait la maison de fond en comble pour trouver Edwards, son maître d'hôtel. Il l'avait fait appeler de sa chambre pour lui amener l'un des dossiers des archives qui se trouvaient dans le sous-sol du manoir… Mais voilà, Edwards n'avait pas répondu à ses appels répétés… Après une dizaine de minutes à attendre, le Général de l'Organisation du Zodiaque s'était résolu à partir à la recherche de son majordome, mais là, quelle n'avait pas été sa surprise de découvrir la maison vide de tous ses habitants à part lui !
D'irrité, il avait fini par s'inquiéter pour tous les employés du domaine, mais il n'y avait vraisemblablement aucune trace de lutte… Aussi étrange que cela puisse paraitre la seule explication à la disparition de tous les domestiques était qu'ils étaient simplement rentrés chez eux au beau milieu de l'après-midi…
Assez énervé, Treize s'était promis de tirer cette affaire au clair. Il n'en était pas moins qu'il venait de passer la dernière heure aux archives, à farfouiller dans des étagères dont il ignorait TOUT du système de rangement, pour trouver ce foutu dossier sur les possibilités d'implantation d'une nouvelle base militaire en Manchourie. Il fallait prendre de multiples paramètres en compte, comme la démographie, le statut financier du pays, la topographie, le nombre de rebelles situés à proximité (ou tout du moins un pourcentage approximatif de ce nombre), l'influence religieuse, le développement culturel et tout un tas d'autres menus détails avant qu'il ne présente le projet d'installation de la base au conseil d'administration prévu le lendemain…
Et avec les deux heures de retard qu'il venait de prendre, il allait sûrement devoir travailler là-dessus toute la nuit… Autant pour ses heures de sommeil, inutile de retraverser tout le manoir pour potasser les données au calme dan sa chambre : le premier bureau qui lui passerait sous la main ferait parfaitement l'affaire.
Poussant un soupir à déplacer des montagnes, le Noble ouvrit la porte d'un bureau adjacent à une chambre d'amis. Tant mieux. S'il parvenait à boucler son travail assez vite, il pourrait s'offrir quelques heures de repos bien méritées dans le lit voisin. De toute façon, les cuisiniers étant partis, il pouvait faire une croix sur son dîner…
Découragé avant même d'avoir commencé, il lâcha lourdement le dossier sur le bureau et s'avachit dans le fauteuil à roulettes qui lui faisait face… Bon, il était temps de se mettre au boulot et…
« Bonsoir Treize… »
Le dit-Treize fit pivoter son fauteuil pour se retrouver devant… une Lady Une, vêtue d'une longue robe noire – en fourreau, très moulante et avec une gigantesque fente sur le côté qui remontait jusqu'en haut de sa cuisse, eut le temps de noter son cerveau en un dixième de seconde – nonchalamment appuyée contre le mur, non loin de la porte. Ses cheveux étaient noués en un élégant chignon derrière sa tête, dont s'échappaient quelques mèches qui, dans un désordre savamment ordonné, cascadaient le long de ses épaules nues. Ses yeux, non couverts par ses habituelles petites lunettes rondes, brillaient de mille éclats, soulignés par un discret maquillage…
« La… Lady Une ?! »
Allons bon, voilà qu'il se mettait à bredouiller maintenant ! Non ! Non, ce qu'il voyait n'était pas possible… Il devait être vraiment plus fatigué que ce qu'il pensait… Ou bien alors, la poussière qu'il avait inhalée dans sa longue recherche aux archives avait des vertus hallucinatoires…
Oui, mais, dans ce cas, quelqu'un serait-il assez aimable pour lui expliquer COMMENT une hallucination – en talons-aiguilles et avec des porte-jarretelles, maintenant qu'il le remarquait – pouvait faire pour fermer une porte et la verrouiller ?!
Il n'osa pas faire le moindre geste tandis qu'elle s'approchait de lui en roulant délicatement des hanches…
« Treize… »
Un frisson le parcourut tout entier. Elle n'avait jamais utilisé cette voix langoureuse lors de leurs discussions passées…
Reprenant quelques peu ses esprits, la proie de la chasseresse vêtue de soie noire réussit à se ressaisir et à reprendre le contrôle de sa voix…
« Lady Une ! Mais… Que faîtes-vous ici ?! Et dans cette tenue ?! »
Pas décontenancée pour deux sous, la jeune femme s'approcha de lui jusqu'à se pencher près de son oreille (offrant ainsi une magnifique vue sur son décolleté mis en valeur par sa robe) pour lui susurrer doucement…
« Mais, je vous apporte votre repas, votre Excellence… »
Il fallut bien trois secondes à Treize pour qu'il parvienne à traduire les sons qu'il avait entendus en mots intelligibles. Son uniforme lui paraissait soudain trop étroit…
« Mon repas……? »
La demoiselle laissa échapper un petit rire cristallin d'entre ses lèvres qui bougeaient légèrement, tels deux pétales de rose d'un rouge carmin. L'aristocrate mit un moment à comprendre qu'elle venait de lui répondre…
« Bien sûr, votre repas, Excellence… »
La façon dont elle prononçait ce mot… Excellence… Cela lui provoquait de petits frissons dans le bas du dos à chaque fois qu'il l'entendait…
« Vous ne pensiez tout de même pas que j'allais vous laisser mourir de faim, votre Excellence Treize ? »
Elle l'aurait embrassé, là, maintenant, tout de suite, que Treize n'aurait pas été en mesure de la repousser. Pratiquement assise sur ses genoux, tant elle était penchée pour lui chuchoter à l'oreille, elle n'aurait eu qu'à tourner la tête et à franchir les quelques centimètres qui les séparaient…
Mais, non. Dans un mouvement furtif et avec un bruissement de soie feutrée, elle s'éloigna et se dirigea vers la porte menant à la chambre d'amis.
Treize en aurait hurlé de frustration s'il n'avait pas été aussi perdu dans le surréalisme de cette situation….
D'un geste lent, la jeune femme ouvrit la porte, faisant délicatement tourner la poignée dorée entre ses doigts graciles. Un chariot du service apparut, chargé de mets répandant une telle odeur que l'eau lui monta à la bouche…
Un sourire coquin se dessina au coin des lèvres de la chasseresse avant qu'elle ne détaille le menu d'une voix lente et suave pour son 'client'…
« Dorade au gingembre, poires confites recouvertes de leur coulis de chocolat chaud et fraises, mûres à point, sur leur lit de chantilly… [6 »
Voyant que Treize n'osait pas esquisser un mouvement, Lady Une prit une fraise, rouge à souhait, entre ses doigts et la porta à ses lèvres en faisant mine de vouloir en croquer un morceau.
« N'avez vous pas faim, Excellence ? »
Cette fois, c'en était trop ! Les instincts prenant le pas sur la raison, Treize s'éjecta littéralement hors de son fauteuil et fondit sur elle, lui faisant lâcher le fruit qui retomba sur le sol dans un bruit mât.
S'embrassant goulûment, les deux tourtereaux se dirigèrent vers le lit tandis que leurs mains fiévreuses commençaient à caresser le corps de leur partenaire… La dernière pensée consciente de Treize fut que, décidemment, il n'aurait jamais fini d'étudier son dossier sur la Manchourie pour le lendemain, mais que, pour l'instant, il s'en moquait comme de sa première chaussette…
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Le Lendemain matin, ce fut un rayon de soleil venant lui chatouiller les paupières qui réveilla le Général de OZ. Ouvrant les yeux, il comprit immédiatement que quelque chose d'inhabituel s'était produit.
La première chose qu'il remarqua était qu'il ne reconnaissait pas la chambrer où il se trouvait. La seconde était la présence d'un corps chaud, aux formes féminines, lové contre lui… Il avait sûrement participé à une fête la nuit dernière et la soirée s'était achevée dans un moment de débauche chez sa partenaire…
Treize grinça entre ses dents : il n'avait vraiment pas besoin de ça ces jours-ci ! Maintenant, la jeune grue avec qui il avait dû passer la nuit allait, sans aucun doute, le poursuivre de ses assiduités, tel un petit chien ne voulant pas lâcher son os… Bon sang, il avait déjà assez de groupies comme ça, pas la peine d'en rajouter une !
Et puis… Est-ce qu'elle était seulement jolie ? Non pas qu'il eut quelque chose contre les laiderons, mais avouons qu'une belle femme lui courant après ferait moins de mal à sa réputation qu'un boudin [7
Bon, il n'y avait qu'une solution pour répondre à cette question… Prenant son courage à deux mains, l'aristocrate tourna la tête pour apercevoir le visage de sa partenaire d'une nuit… Brune-châtain, cheveux mi-longs éparpillés sur son oreiller comme une auréole… Pas mal, pas mal du tout même… La jeune femme avait des traits fins, des lèvres bien proportionnées et un nez aquilin… et, d'après ce qu'il pouvait sentir de sa plastique, il n'avait pas eu droit au lot de consolation…
Cependant, il y avait quelque chose qui le dérangeait… Il avait l'impression désagréable d'avoir manqué une partie essentielle d'un puzzle… C'était comme si un détail lui avait échappé…
Il fouilla la pièce du regard, cherchant quelque chose, un indice, n'importe quoi, qui pourrait le mettre sur la piste… Par les grandes fenêtres ensoleillées, il apercevait un parc, soigneusement entretenu, avec des arbres élégamment taillés… Etrange, il avait la curieuse impression de connaître ce paysage…
Les murs de la chambre étaient recouverts d'une tapisserie blanc crème avec des lisérés bleus en forme de fleur de lys… Jamais vu de sa vie, mais bon, d'un autre côté, il accordait relativement peu d'importance aux papiers peints…
A la droite du lit, une coiffeuse en bois de merisier trônait. Le miroir placé au dessus de ses tiroirs lui renvoyait sa propre image, celle d'un jeune homme aux cheveux ébouriffés par une nuit de folie, enlacé par sa compagne… Ils formaient un beau couple… Des vêtements épars jonchaient le plancher en bois, témoins silencieux de leurs ébats…
Dans un coin de la chambre se trouvait, oublié dans le feu de l'action, un chariot rutilant, couvert de plats délicieux restés intouchés et dont le parfum avait depuis longtemps disparu. Au sol, une fraise, rouge, attendait d'être récupérée…
Et soudain, tout lui revint dans un flash… Le dossier, les domestiques, le sous-sol, les archives, le bureau, la fatigue, le repas, Lady Une………………. NOM DE DIEU, LADY UNE !!!
Treize regarda une nouvelle fois la jeune femme endormie à ses côtés… Oui, là ! Il la reconnaissait… Elle était bien différente de son apparence habituelle (et bien plus belle sans ces horribles macarons, d'ailleurs !), mais c'était bien elle…
Avant qu'il n'ait le temps de sortir du lit pour aller se cogner la tête contre les murs –On n'avait pas idée de faire une connerie pareille ! Coucher avec sa plus fidèle subordonnée, mais qu''est ce qui lui avait pris ! – que quelqu'un frappa à la porte… qui cela pouvait-il bien être ? Bof, au point où il en était, rien ne pouvait plus l'importuner, même qu'on le surprenne au lit avec sa collaboratrice, alors…
« Entrez ! »
La porte s'ouvrit lentement, laissant passer un homme d'un certain âge, vêtu d'une livrée de domestique. Edwards… Le vieux serviteur portait un vas contenant un superbe bouquet de fleurs rouges… Des roses…
Treize grinça des dents : tout était de la faute d'Edwards ! S'il avait été là, à son poste, comme il aurait dû, la veille, rien de tout cela ne serait arrivé ! Il avait intérêt à avoir une bonne…Que disait-il, un excellente excuse pour avoir déserté…
Le vieil homme les regarda et sourit d'un air entendu à son employeur. Crénom, il allait le tuer ! Non, mieux encore ! Il allait le licencier !!!! Et que ce vieux chnoc ne s'imagine pas l'attendrir avec ses cheveux grisonnants et son bouquet de pâquerettes ! Il était Treize Kushrénada et, non d'un Gundam, personne ne se moquait ouvertement de lui sans en souffrir des conséquences !
Ses pensées devaient le trahir puisque le serviteur pâlit, lui planta le vase dans les mains et s'en alla sans demander son reste… L'aristocrate se figea quelques secondes, abasourdi par un tel comportement… Mais quelle mouche avait donc piqué son majordome ? Une partie de son cerveau se demandait néanmoins ce qu'il était sensé faire des fleurs… En parlant des fleurs, il remarqua la présence d'une petite carte qui, accrochée par une jolie petite ficelle dorée, se balançait narquoisement sous son nez… [8
D'un geste énervé, il se saisit de la carte et en entama la lecture :
Cher Frangin,
Toutes mes félicitations !
Après des années à lui avoir tourné autour, tu as enfin trouvé le moyen de conclure !
Je vous adresse, à tous les deux, mes plus sincères félicitations et tous mes vœux de bonheur !
Bien à toi,
Ton petit Frère
PS : Ne t'en prends pas aux domestiques, c'est moi qui les ait mis dans le coup.
PPS : Offre les fleurs à ta dulcinée, histoire de ne pas avoir l'air d'un crétin fini lorsqu'elle se réveillera…
De l'autre côté de la porte de service, l'oreille collée à même le bois, Edwards, Nina et Laureen (deux bonnes) reculèrent en entendant le cri inhumain qui s'échappa soudain de la chambre :
« DDDDDDDDDUUUUUUUUUUUUUOOOOOOOOOOOOOOO !!!!! »
GWGWGWGWGWGWGWGWGW
Deux jours plus tard.
Ah, la remise du courrier dans un pensionnat… Quel moment intense pour les garçons ! Entre impatience, ennui et déception, chacun espérait secrètement recevoir une lettre, un petit cadeau de la maison, un peu d'argent de poche, ou bien, qui sait, un billet doux d'une possible future petite amie ?
« Hey, Dragon ! T'as reçu deux colis aujourd'hui ! Veinard ! »
Duo se leva lentement, en s'étirant de tout son long, de son lit où il s'était installé pour bouquiner tranquille.
« J'arrive, Vince ! Deux secondes ! »
L'adolescent se dépêcha de venir récupérer les deux cartons, soigneusement empaquetés et adressés à son nom, des mains du facteur tout en lui adressant un chaleureux sourire.
« Merci bien, Greg. »
Grégoire, le postier, lui rendit son sourire : il aimait bien ce p'tit gars, toujours poli et gentil avec lui…
« Mais de rien, m'sieu Kushrénada ! »
Alourdi de ses nouveaux bagages, le jeune homme se dirigea vers son bureau, ses amis grouillant autour de lui comme des abeilles autour d'une fleur.
« Tu sais ce que c'est, Drake ? »
Posant les deux colis sur sa table de travail, le noble répondit à son ami :
« Pas la moindre idée, Trent ! Mais bon, y a qu'une seule façon de le savoir ! »
Et, sur ces mots, l'ex-terroriste se saisit d'une paire de ciseaux et d'un coupe-papier pour entreprendre le déficelage de son premier paquet. Ce dernier s'ouvrit assez vite, laissant apercevoir un assortiment complet de ses sucreries préférées, y compris les sucres d'orge miel-framboise si difficiles à trouver mais qu'il appréciait tellement…
« Olé ! Un réapprovisionnement en glucose, les mecs ! Y a une carte pour aller avec ? »
Seven écarta deux berlingots et lui tendit un petit carré de papier plastifié écru coincé entre eux.
« Oui, tiens. Mais, par contre, il n'y a pas de nom ! »
Duo lui prit la missive des mains et lut les quelques mots tracés avec une calligraphie soignée et accompagnée d'une trace de rouge à lèvre carmin en forme de baiser.
Merci pour tout
L.
Un grand sourire apparut sur son visage. Alors comme ça, la Lady avait enfin trouvé le courage de passer à l'action… Il espérait que Edwards avait suivi ses directives, dans ce cas là… La tête de Treize avait dû valoir son pesant d'or lorsqu'il avait dû lire son petit mot…
Il proposa rapidement un bonbon à ses amis et entreprit de défaire son second colis. Ce dernier, de forme rectangulaire, s'ouvrit sur une page, rouge, sur laquelle était écrit un bref message à l'encre noire, formé de lettres majuscules :
A RENDRE IMPERATIVEMENT POUR JEUDI SOIR,
DUEMENT COMPLETE ET SIGNE.
AVEC TOUT MON AMOUR.
TON FRERE.
Haussant un sourcil, Duo retira la lettre pour apercevoir un gros, que dis-je, un énorme dossier dont le titre s'étalait sur la couverture en caractères capitaux :
INTRODUCTION DE LA BASE MILITAIRE KINORYU EN MANCHOURIE.
« Les gars… On est quel jour ? »
« Mercredi, pourquoi, Dragon ? »
Une sueur froide lui coula le long du dos.
« Parce que je suis pas dans la mouise, moi, maintenant… »
Un immense éclat de rire résonna dans toute l'école de Perey Bère pendant près de dix minutes…
A Suivre…
Petits commentaires de l'auteur, en vacances sous les palmiers, les bananiers et les Vacoas :
Lyra : Lequel des deux frangins est le plus à plaindre, ça franchement, je me le demande…
Lian : Joker !
Lylyth : Lyra, c'est moi ou nos personnages secondaires prennent de plus en plus d'importance ?
Lyra : Pas de ma faute ! Ils ont muté tout seuls, comme des grands et indépendamment de ma volonté… Remarque, avec tout le mal que je me suis donnée pour leur trouver les noms potables, c'est presque normal… merci à mon petit frère d'ailleurs pour son aide précieuse !
Lian : J'vais pas m'en plaindre. Je les aime bien moi !
Lyra : En plus, ce chapitre est super long ! Ca va compenser par rapport au septième… Quant à la scène Treize X Lady Une…
Lylyth : Je me suis jamais autant marrée en écrivant une scène de drague ! MDR !!!!
Lian et Lyra : Lylyth !!! TT°
Lylyth : Hem… Une petite review, s'il vous plait ? Soyez sympa ! °
Les petites notes :
[1 Lyra : Avec une majuscule, s'il vous plait !
[2 Lian : Ca existe, ce mot ?
Lyra : Si si, j'ai vérifié dans le dico !
[3 Lyra : Pardon, j'ai pas pu résister… Mais bon, d'un autre côté, c'était ça ou le Garçon masqué et je SAIS que j'aurais obligatoirement dérivé sur Sailor Moon…
[4 Lylyth : Si tu savais, Vince… Si tu savais…
[5 Lyra : Dix en Jap' d'après mes souvenirs du Judo. J'écris en phonétique, hein… Le prenez pas pour argent comptant !
[6 Lylyth : Aphrodisiaques, quand tu nous tiens…
Lian : Lylyth ! Tu casses l'ambiance, là !
[7 Lyra, Lylyth et Lian : MACHO !!!
[8 Lian : Un balancement narquois ? Ca vient d'où ce truc là ?
Lyra, Lylyth et Duo : Devine ! Grand sourire narquois
Lian soupire : Héritage familial ?
Lylyth : T'as tout compris !
