Gourmandise
Par Aeris

Disclaimers : Les personnages de Saint Seiya ainsi que la trame scénaristique appartiennent à Masami Kurumada ainsi qu'aux différentes compagnies chargées de la production et de la distribution du manga, de l'anime, des films et autres produits dérivés. L'auteur de la présente histoire, n'en tire aucun bénéfice matériel ou immatériel, et celle-ci n'a été écrite que pour le plaisir des fans de la série.

Genre(s) : Romance, OOC

Couple(s) : Shakka/Aiolia ; Aiolia? ; Shakka/?; plein de couples secondaires.

Rating : Yaoi

Notes : Petit hommage à « Une boîte de chocolats » de Kats.

Chapitre 4

Aiolia avait couru sans réfléchir jusqu'au cap Sounion…Arrivé là-bas, essoufflé et les yeux embués de larmes, il tomba à genoux. Tout autour de lui s'était effondré…Il regarda le ciel bleu et la mer tourmentée par un vent fort…La mer…l'océan…Il devait tout oublier, il ne voulait plus jamais croiser Shakka, ni Milo…tout effacer…Le chevalier du Lion se releva et, embrassant son cosmos, se jeta du haut de la falaise abrupte.

Lorsque Shakka ressentit l'explosion du cosmos d'Aiolia, il ne put retenir une larme…Il avait tout brisé…Une horrible pensée pris forme au fond de son esprit…Aiolia l'avait vu avec Milo…il lui semblait l'avoir senti…Mais alors, si le Lion en était arrivé à une telle extrémité c'est qu'il ne ressentait rien pour Marine…Shakka se dégagea des bras de Milo, enroula un drap autour de sa taille et sortit du temple sans un mot pour le Scorpion.

Il dévala les marches et s'arrêta au temple des Gémeaux. Il entra sans frapper et ne fut même pas surpris de trouver les deux jumeaux enlacés sur le canapé.

« Kanon…emmène-moi chez Poséidon ! » demanda-t-il alors que les deux frères, visiblement embarrassés cherchait une raison expliquant leur position pour le moins gênante.

« Poséidon ? Ah…euh…oui…j'arrive… » répondit le Marina, trop gêné pour chercher à comprendre ce que Shakka voulait aller faire au royaume sous marin.

Kanon se leva et passa également un drap autour de ses hanches. Saga, de son côté, semblait encore plus mal à l'aise que son jumeau…Il s'enfuit alors en direction de la salle de bain, osant à peine regarder Shakka.

Kanon pris la main de l'hindou et augmenta doucement son cosmos qui enveloppa les deux chevaliers. Quelques secondes plus tard, l'océan avait remplacé le ciel bleu de la Grèce.

Les deux chevaliers arrivèrent devant l'esplanade du temple de Poséidon. Julian, qui parvenait maintenant à contrôler ses pouvoirs divins, y vivait en compagnie de ses marinas depuis leur résurrection. Shakka s'avança vers l'entrée de l'immense bâtisse de marbre sans un regard pour Kanon qui le suivait en silence. L'hindou entra et, sans se soucier des gardes, continua son chemin vers la grande porte qui lui faisait face et qu'il supposait être celle de la salle du trône. Kanon rassura les gardes afin d'éviter toute esclandre. Mais cela ne calma pas l'hilarité contenue qui régnait depuis l'arrivée des chevaliers et qui était plus que probablement due à leur tenue pour le moins relâchée.

Shakka passa la porte sans cérémonie et s'avança vers Julian assit sur son trône en train de dicter une lettre à un de ses secrétaires particuliers.

« Où est-il ? » demanda la Vierge, sans agressivité mais avec une maîtrise de soi à vous glacer le sang.

« Chevalier, de quel droit t'invites-tu chez moi sans t'annoncer ? De quel droit interromps-tu mon travail ? Et dans une tenue indécente qui plus est ! » répondit Julian d'une voix sèche.

« Julian, je ne veux pas te manquer de respect, mais je dois absolument le voir…Je sais que le chevalier du Lion est ici… » reprit Shakka d'une voix plus douce.

« Oui, en effet…Il est arrivé il y a quelques minutes et est actuellement avec un de mes généraux…Mais il a insisté sur le fait qu'il ne voulait voir personne…Surtout pas toi. »

« Je…je…dois. Il faut que je le voie, que je lui parle…que je m'excuse… » reprit Shakka qui avait perdu toute son assurance en entendant la dernière phrase de Julian.

« Je comprends…mais je ne peux rien faire…Aiolia a insisté pour ne voir personne… » lui répondit le jeune dieu.

Shakka ne put alors retenir ses larmes. Il se laissa submerger par la douleur.

« Mais je l'aime… » murmura-t-il entre deux sanglots.

Kanon, qui était resté un peu en retrait, posa sa main sur l'épaule nue de l'hindou qui s'effondra alors dans ses bras.

Julian observa la scène. Ainsi son intuition se vérifiait, Aiolia s'était bien réfugié ici pour une histoire de cœur…Mais il aurait plutôt imaginé voir débarquer Marine…

Shakka continuait de pleurer. Kanon jeta un coup d'œil à Julian, comme pour chercher son accord. Ensuite, il quitta la pièce, soutenant le chevalier de la Vierge et l'emmena vers ses appartements.

Là, Shakka s'effondra sur le divan et se remit à pleurer de plus belle. Kanon l'observa…Ainsi, même le noble chevalier de la Vierge pouvait souffrir au point de ne plus se soucier du monde qui l'entourait…Le marina alla rejoindre son ami et le prit doucement dans ses bras. Il le berça doucement, caressant ses longs cheveux d'un geste apaisant. Et bientôt, les larmes du chevalier d'or se tarirent.

« Ça va mieux ? » interrogea le général.

« Moui… » répondit la Vierge, toujours blotti contre Kanon.

« Allez, ça va aller…Laisse-le se calmer quelques jours et je suis sûr qu'il acceptera de te parler. » reprit le marina.

« Je n'en suis pas si sûr » répliqua Shakka, morose. « Il doit tellement m'en vouloir…je l'ai trompé…je l'ai trahi…Je l'aime ! Mais il est trop tard maintenant, j'ai tout gâché…Il est celui que j'ai toujours attendu…C'est trop dur, ça fait trop mal… »

Shakka éclata de nouveau en sanglots et se serra un peu plus contre le grec.

De son côté, Aiolia avait trouvé refuge chez Sorrente. Ils ne se connaissaient pas bien, mais le Lion lui avait tout raconté, sans trop réfléchir et cela l'avait un peu soulagé. Le marina s'était montré doux et attentionné…Cela avait apaisé la douleur du chevalier d'or…Il s'était sentit écouté et compris…Mais malgré tout, il souffrait encore terriblement. Au moment même où il acceptait enfin ses sentiments pour Shakka, il l'avait irrémédiablement perdu…

La vision de Shakka et Milo unis dans le plaisir le hantait. Jamais il ne pourrait oublier. Shakka s'était joué de lui et de ses sentiments…Mais, pourtant, il ne parvenait pas à le haïr…Il l'aimait toujours et c'était ça le plus douloureux !

Sorrente l'avait convaincu de discuter avec Shakka afin d'éclaircir cette histoire et de repartir à zéro. Cependant, la souffrance d'Aiolia était encore trop vive et le marina lui avait proposé de passer quelques jours au Sanctuaire sous-marin avant de retourner chez lui et de voir l'hindou. Aiolia avait accepté immédiatement…Sans en connaître la raison, il se sentait apaisé et en confiance avec le musicien.

Shakka avait également décidé de passer quelques jours auprès de Kanon avant de parler à Aiolia. Le marina l'avait convaincu en lui assurant qu'il ne risquait pas de croiser le grec s'il acceptait de prendre ses repas dans l'appartement privé du Dragon des Mers et s'il camouflait son cosmos.

La vie reprit donc son cours normal et, en effet, Shakka ne vit pas une seule fois Aiolia. Une semaine passa ainsi. Aiolia ne se douta même pas de la présence du chevalier de la Vierge, Sorrente s'étant bien gardé de le prévenir.

« Shakka…tu dois le faire…tant pis si ça fait mal, mais tu ne peux pas continuer sans lui parler… »

Kanon s'adressait un peu froidement au chevalier de la Vierge assit en face de lui, mais après une semaine, il était temps d'aller parler à Aiolia, sinon, il ne le ferai jamais.

« Je…Je sais… » murmura Shakka.

Kanon n'avait jamais vu le chevalier d'or comme cela…Depuis une semaine, il semblait éteint, même son cosmos semblait pâlir…Lui, auparavant si noble, fier et lumineux n'était plus qu'une ombre grise et terne. Il ne pouvait pas continuer ainsi. Il devait surmonter cette épreuve ! Et le grec était bien décidé à l'y aider !

« Sorrente ! » appela Kanon de l'autre bout de l'esplanade de marbre blanc.

L'Autrichien se retourna et rejoignit son ami.

« Oui ? »

« Tu héberges bien Aiolia depuis quelques semaines ? »

« Euh…oui…mais comment le sais-tu ? »

« Julian me l'a dit…Écoute, Shakka est chez moi et il est dévasté…Aiolia et lui doivent se parler, ils ne peuvent pas continuer comme ça ! »

« Je le sais bien, mais Aiolia souffre encore terriblement et je doute qu'il accepte de voir Shakka après ce qu'il lui a fait ! »

« Oui, mais tu sais, toute cette histoire n'est qu'un grand malentendu…Et puis, je suis certain qu'ils sont faits l'un pour l'autre ! C'est du gâchis ! »

« Je ne te connaissais pas une âme de Cupidon, mon ptit dragon » dit Sorrente, moqueur.

« Eh bien si, que veux-tu, je suis un grand sensible au fond… » continua Kanon, entrant dans le jeu.

« Bon, écoute, je vais parler à Aiolia ce soir et essayer de le convaincre de voir Shakka, pour discuter. Mais je ne te promets rien… »

« J'ai confiance en toi…Tes dons de persuasions sont réputés dans tous les océans… » taquina le Dragon des Mers.

« Peut-être, mais sans ma flûte, je suis beaucoup moins doué ! » conclut Sorrente avec un sourire.

Les deux collègues se quittèrent, Kanon retourna chez lui, tandis que Sorrente allait faire son rapport hebdomadaire à Julian.

Ce soir-là, lorsqu'il revint dans ses appartements, Sorrente trouva Aiolia endormi dans le divan, l'air apaisé. C'était la première fois depuis son arrivée qu'il semblait aussi serein. Auparavant, même lorsqu'il dormait, la tristesse se peignait sur son visage. L'Autrichien, ne voulant pas le réveiller, se dirigea, sur la pointe des pieds vers la cuisine afin de préparer le souper. Ensuite, il devrait parler au grec, comme il l'avait promis à Kanon. Il doutait de la réussite de cette entreprise, mais au fond, lui aussi était un grand sensible et, à défaut d'être heureux lui-même, s'il pouvait aider deux âmes sœurs à se retrouver…

Quelques minutes plus tard, un doux fumet vint chatouiller les narines du chevalier d'or qui ouvrit doucement les yeux.

« Ah, mon ptit chaton s'éveille enfin ! » s'exclama Sorrente avec un regard attendri.

« Mmm oui…Me suis endormi en t'attendant, on dirait ! »

« C'est que tu en avais besoin…Il faudra encore patienter quelques minutes avant de manger. »

« Pas de problème…Ça me laisse le temps d'émerger ! »

Le lion avait l'air de bonne humeur. Cela encouragea Sorrente à se lancer.

« En attendant, j'aurais voulu te parler de quelque chose…Euh…En fait, depuis quelques jours…euh…Shakka est ici, au royaume de Poséidon. » lâcha-t-il finalement.

« Quoi ? » s'exclama Aiolia entre étonnement, colère et tristesse.

« Oui, il vit chez Kanon, il était venu te chercher…Mais tu avais dit que tu refusais de le voir, alors… »

« Alors tu n'as rien dit ! » l'interrompit le grec, visiblement énervé.

« Je…je n'en voyais pas l'intérêt…Mais écoute, maintenant, vous êtes là tous les deux, vous devriez peut-être vous voir et discuter, non ? » suggéra timidement l'autrichien.

« Discuter de quoi ? De sa folle nuit dans les bras de Milo ? Non, merci ! » s'exclama le Lion en se levant.

« Attends ! » dit Sorrente en retenant son ami par le bras. « Écoute, toute cette histoire n'est qu'un malentendu, tu ne vas pas laisser passer une chance d'être heureux avec Shakka à cause d'un stupide malentendu ! »

« Un stupide malentendu ! » cria le Lion en se dégageant de la prise de Sorrente. « Je l'ai vu s'envoyer en l'air avec un autre, quelques heures après qu'il m'ait jurer m'aimer ! Je ne vois pas où est le malentendu ! »

« Il croyait que tu l'avais trompé… » intervint la voix de Kanon.

Le grec se tenait à l'entrée de l'appartement de la Sirène.

« Kanon ? » s'exclamèrent en chœur Aiolia et Sorrente.

« J'avais peur que tu n'arrives pas à le convaincre, alors je suis venu vois comment ça se passait » se justifia le Dragon des mers. « Il était persuadé que tu avais couché avec Marine et Milo a profité de son désespoir » reprit-il à l'intention d'Aiolia.

« Couché avec Marine ? Moi ? Mais enfin, non…J'aime Shakka ! Enfin, je l'aimais… » répondit le grec, visiblement calmé.

« Tu l'aimais ? Me jurerais-tu que tu ne ressens plus rien pour Shakka ? » l'interrogea Sorrente.

« …je…non…mais il m'a trahi…il m'a blessé ! »

« Il a été trahi et blessé lui aussi…Ou du moins, il l'a cru ! » continua Kanon.

« Oui…mais cela n'excuse pas son attitude… »

« Non, tu as raison, Aiolia. Mais l'amour, le vrai c'est aussi un pardon mutuel, non ? »

« Peut-être…je ne sais plus ! » dit le Lion en retombant assis dans le divan. Il prit sa tête entre ses mains et sanglota doucement. « Je suis perdu…J'aime Shakka…Mais je ne sais pas si je pourrais oublier ce que j'ai vu…Milo et lui…C'est si douloureux ! »

« Je comprends » dit doucement Kanon, alors que Sorrente serrait tendrement le Lion dans ses bras.

« Réfléchis à tout ça et, quand tu auras pris ta décision, va parler à Shakka, ainsi tout sera clair pour vous deux et quelque soit ton choix, vous pourrez passer à autre chose et vous reconstruire. » conclut Kanon en quittant l'appartement.

Aiolia resta blotti encore quelques instants contre Sorrente, puis se redressa soudain et sécha ses larmes du revers de sa main.

« Bon, et ce repas ? » questionna-t-il faussement enjoué.

« Oui, tu as raison » répondit Sorrente en retournant à la cuisine.

Du reste de la soirée, il ne fut plus question de Shakka, même si Aiolia ne cessa d'y penser. Et vers minuit, lorsque les deux compagnons allèrent se coucher, Aiolia avait pris une décision.