Début d'une filature...

Voilà un début de fic écrit à deux. Soyez indulgents c'est notre première fic bonne lecture

Un frisson étrange parcourut l'échine de Dobby lorsqu'il reconnut les cheveux d'un blond tirant sur le blanc qui avait marqué son quotidien pendant de si longues années. Malgré la mission qui lui avait été confiée, il ne put réprimer un mouvement de recul en se souvenant de ce qui l'avait lié, de ce qui le liait encore à son ancien maître.

Aux côtés de Dobby, Kreattur rêvait apparemment de devenir la descente de lit du sang-pur. La nuit promettait d'être longue. Dobby s'installa le plus confortablement possible, de manière à avoir une vue imprenable sur le dormeur. Il remarqua au passage que le jeune homme n'avait pas perdu sa vieille habitude de baver durant son sommeil, ce qui avait pour effet de mouiller son oreiller, vu qu'il dormait la tête penchée sur le côté. Toujours le gauche… Il remuait dans son sommeil, apparemment en proie à un inquiétant cauchemar. Dobby ne se souvenait pas de l'avoir jamais vu dans cet état, sauf quand il rêvait du Père Noël… Le jeune maître avait toujours eu une peur panique de cette invention moldue, et Dobby se rappelait toutes les nuits de Noël qu'il avait passées avec lui pour le rassurer…

L'Elfe fut tiré de sa rêverie par un bruit étouffé. Le blond venait de balancer sa couette, révélant ainsi son torse pâle. D'aussi loin que se souvenait Dobby, le maître avait toujours dormi en caleçon. Il eut juste le temps d'apercevoir sa main posée sur un endroit pas très orthodoxe avant que Kreattur ne le borde avec tendresse.

Dobby ne supportait pas cet Elfe aux yeux injectés de sang. C'était l'Elfe le plus laid que Dobby ait jamais rencontré, et pourtant il en avait rencontré beaucoup depuis qu'il était à Poudlard. Kreattur n'avait cessé d'insulter Harry Potter en grommelant depuis qu'il avait rejoint les cuisines. Comment osait-il dire du mal de Monsieur Harry Potter ?! Les yeux de Dobby ne purent retenir des larmes d'émotion à la seule évocation d'Harry Potter. Et cet Elfe au groin surdimensionné osait souiller le nom du sorcier le plus généreux que Dobby ait jamais rencontré ! Dobby ne le laissait pas faire, ah ça non. C'était pour ça qu'il se battait si souvent !

Pour ça aussi qu'Harry Potter lui avait confié une mission, car Monsieur Harry Potter faisait confiance à Dobby. Pour ça que Dobby observait le jeune maître baver cette nuit. Et pour ça qu'une étrange sensation l'avait envahi depuis qu'il était entré dans la chambre…

Draco éprouvait de plus en plus de mal à dormir plus de 5 heures par nuit. Il n'avait jamais été un bon dormeur mais jamais il n'avait passé d'aussi mauvaises nuits. Des cauchemars sans fin l'assaillaient. Il devait se l'avouer, il était terrorisé. Terrorisé d'échouer, terrorisé des conséquences que pourrait avoir son échec sur lui et ses parents, terrorisé par sa mission. Et cela avait encore empiré depuis quelques semaines. Un nouveau mal l'assaillait : la paranoïa. Le grand Draco Malfoy, Mangemort depuis bientôt 6 mois, se sentait épié.

Certes, il n'avait aucune preuve de ce qu'il avançait, chaque fois qu'il se retournait, le couloir était vide, mais il aurait mis sa main au feu que des yeux le suivaient partout. Il sentait constamment une présence dans son dos. Il en venait même à regretter la présence de ces incompétents de Crabbe et Goyle à ses côtés, la nuit, malgré leur piètre sens de l'observation. Crabbe et Goyle… Draco les avait toujours considérés comme des imbéciles, et n'aurait jamais imaginé qu'ils pourraient lui manquer. Pourtant maintenant, seul dans sa chambre de préfet, avec cette désagréable sensation d'être observé qui ne le quittait plus, et il n'aurait pas refusé un peu de compagnie, même ce pot de colle de Parkinson aurait été bienvenue. Il se prit soudain à penser au temps où, au Manoir, il y avait toujours une âme bienveillante pour le réconforter : sa mère, qui pouvait lui lire les contes de Beedle le Barde toute la nuit, au grand dam de son mari qui ne supportait pas la lanterne magique et les poissons lumineux qu'elle projetait le long des murs (oui oui chez les Malfoy c'est un peu étrange les phobies) ; son père, de temps en temps, même s'il hésitait sur la nature des grandes claques qu'il lui assenait dans le dos ; et parfois Dobby, l'Elfe de Maison. Mais sa mère était devenue beaucoup trop anxieuse depuis que son mari avait été envoyé à Azkaban ; quant à Dobby, il avait disparu depuis déjà plus de trois ans…

Renonçant à dormir, Draco se leva et observa longuement son reflet dans le long miroir qui trônait dans un coin de la pièce. Un jeune homme l'observait, arborant des cheveux d'un blond si clair qu'ils avaient parfois l'air d'être blancs, au teint parcheminé qui commençait à grisonner depuis son dernier anniversaire, quand il avait reçu la Marque et dont les yeux glacials ornés de larges cernes grisâtres semblaient dénués de toute joie de vivre. Il soupira. La seule tâche de couleur que son reflet lui renvoyait était le vert de son caleçon. Il se demanda pourquoi Parkinson lui tournait encore autour alors que toutes les autres avaient changé de cible même pas un mois après la rentrée. Même Crabbe et Goyle avaient plus de succès que lui. Puis il s'aperçut que le froid le mordait vivement et que les dernières braises s'étaient éteintes depuis longtemps. Il s'habilla rapidement, et hésita, ne sachant que faire. Le château dormait encore, mais il aurait été dangereux de se rendre dans la Salle sur Demande avec Peeves qui rôdait dans les couloirs. Il ressentit une envie soudaine d'aller faire un tour dans le parc, peut être cela lui rendrait-il des couleurs. Si jamais il faisait une mauvaise rencontre, il n'aurait qu'à prétexter aller à l'infirmerie, c'était sur le chemin ; personne ne le lui reprocherait.

Les couloirs étaient déserts. L'aurore éblouit Draco quand il sortit. Il n'avait pas vu la lumière du jour, ni sentit le vent sur son visage depuis des mois, à force de rester enfermé dans la Salle. Le jeune Serpentard s'aperçut alors que l'hiver était arrivé devant le spectacle qui s'offrait à ses yeux. La neige avait entièrement recouvert le parc d'un blanc immaculé. Il avait froid ; il n'avait pris qu'une légère cape d'été sur son uniforme, sans écharpe, ni bonnet, ni gants, il n'avait même mis qu'une chaussette, étrangement. Cela lui arrivait bien trop souvent à son goût. La neige étouffa le hurlement de rage que le jeune homme poussa. Draco Malfoy en avait marre, marre de ne pas pouvoir s'amuser comme un simple adolescent, marre de devoir se charger d'une tâche qui était bien au dessus de ses moyens, marre de dépérir et de ne plus attirer les regards admiratifs des filles et des garçons, marre d'avoir oublié le goût de la vie. Draco Malfoy aurait presque souhaité être un simple Moldu… Bon bien sûr il y avait ce personnage terrifiant dont son père lui avait parlé, le Père Noël, mais il y avait aussi des choses bien non ? Le Nutella par exemple, c'était une invention moldue, et puis les sous-vêtements moldus étaient sympas aussi. Le regard de Draco se perdit dans le vague à cette évocation. Non ! Les vies de ses parents étaient en jeu, il ne pouvait se permettre d'échouer. Draco aurait pu sans aucun mal discerner deux yeux vert larmoyants se détachant sur la neige. Mais il était trop absorbé par ses pensées pour les remarquer.

Alors ? On continue ou pas? laissez des reviews pliz (et merci d'avoir lu jusqu'au bout)