Et me revoilà en France, avec Internet! En plus, j'ai commencé une suite, peut-être que je la finirai et que je la publierai, c'est à voir... Il faut dire que pour une fic publiée (celle-là), j'en ai une abandonnée, une en cours, une histoire originale finie et quatre en cours... J'ai beaucoup de mal à finir, parfois! Bref, voilà le nouvel épisode.

Les escaliers en bois grincèrent, tirant Trish de son sommeil. Elle se leva, s'habilla et tira les rideaux. Le soleil se levait paresseusement, et elle se demanda qui pouvait être aussi matinal.

La chambre était plutôt grande, occupée en son centre par un large lit à baldaquins en bois clair. Il avait du déménager pour elle. Et il n'avait rien changé dans la chambre. Il y avait quelques photos de l'adorable petite fille qu'était Matelda, et une seule représentant Dante et sa femme. Elle était plutôt petite et ronde, brune avec de grands yeux verts. Pas une beauté fatale en tout cas. Trish renifla avec mépris.

Elle aurait pu être à cette place, si elle avait su s'y prendre... Le voulait-elle alors ? Elle n'avait jamais réussi à le savoir, et c'est un peu ce qui avait dégradé leurs relations. Mais maintenant, elle aurait bien pris la place.

Il avait effectivement vieilli, mais ça lui allait bien. Il semblait plus posé, plus responsable...

Lorsqu'elle ouvrit la porte, elle le vit qui refermait avec précautions la porte d'en face. Il se retourna et lui sourit.

« Salut. »

« Salut. »

Ils descendirent, faisant encore grincer les escaliers. Il la conduisit à la cuisine où elle s'assit.

« La moindre personne qui monte réveille tout le monde, dit-elle. »

« J'y suis habitué. Et puis au début, j'ai pensé que ça empêcherait quiconque de monter sans que je le sache. »

Il sourit.

« Maintenant, ça me sert à savoir si personne ne descend... »

« Rassure-moi, tu n'es pas monté ce matin pour vérifier si elle dormait bien ? »

Dante lui versa une tasse de café et s'assit sur un coin de la table.

« Tu devais être gâteux quand elle était bébé ! »

« Elle est la seule famille qui me reste... La seule que je n'ai pas encore échoué à protéger. J'aimerais éviter le ratage complet. »

Trish ne répondit pas. Elle but un peu trop vite et se brûla la langue.

« J'ai deux questions, dit-elle, les larmes aux yeux. »

« Vas-y. »

« Pourquoi elle t'appelle pas Papa ? »

Il rit avant de répondre.

« Quand elle était toute petite, beaucoup de gens m'appelaient encore « Fils de Sparda ». Du coup, elle s'est mise à m'appeler Dada. J'ai jamais pu corriger le tir... Mais j'ai au moins réussi à faire en sorte que les gens me connaissent par mon nom avant qu'elle ne soit trop grande.»

« S'ils t'avaient appelé Dante, le résultat aurait été le même, non ? »

« Bien vu... Plus sérieusement, je ne veux pas qu'elle sache que son père est à moitié démon. »

« Elle l'ignore ?! »

« C'est mieux. »

« Comment tu peux lui cacher ça ? »

« Qu'est-ce que ça change qu'elle le sache ? »

« Que je sache quoi ? »

Matelda entra et se servit du café.

« Rien ! »

« Dad... »

« Je lui reprochais de ne pas t'avoir parlé de moi, intervint Trish. Dante lui lança un regard de remerciement. Après tout, ça a duré assez longtemps, non ? »

« Trish a été... Disons une de mes premières clientes. Et puis on a travaillé ensemble quelques années. »

« Quatre ans cinquante-huit jours précisément, dit Trish. »

« T'as compté ?! »

« Chaque jour avec toi a compté. »

« Vous étiez ensemble ? »

Trish et Dante rougirent. Mais cela ne fit pas sourire Matelda, au contraire.

« Non. Et si tu nous racontais plutôt ce qui s'est passé hier ? »

Matelda soupira.

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« Où sont les démons que tu m'as demandés ? »

« C'est sa fille qui... »

« Quoi ? »

Le démon aux yeux bleus s'approcha de Caïn. Celui-ci ne put s'empêcher de reculer et se retrouva adossé contre la porte.

« Sa fille ne savait rien... Alors j'ai pensé que... »

« Tu as pensé que ce serait une bonne idée de l'éliminer ? »

Caïn déglutit péniblement. Il sentait la peur, ce qui aurait pu amuser le démon s'il n'avait pas été aussi en colère. Une colère froide cependant, et son ton doucereux faisait trembler l'humain plus que ne l'auraient fait des hurlements de colère.

« Non... Je... Je ne voulais pas qu'elle fasse le lien avec... »

« Que t'importe ta sécurité ? Dois-je te rappeler que cette fille est de mon sang ? »

« Mais ce n'est qu'une humaine qui... »

« SILENCE ! Toi aussi tu n'es qu'un humain. Ne l'oublie pas. Devant ton inefficacité j'ai commencé moi-même mes recherches. Tu ne m'es décidemment pas d'une grande utilité... »

Il le saisit par la gorge et le souleva à quelques centimètres du sol.

« Donne-moi une seule bonne raison de ne pas couvrir les murs de cette pièce de ton sang ? »

« C'est moi qui t'ai ouvert les portes de l'Enfer. »

« Merci. »

Il serra plus fort la gorge de l'humain.

« Je... Je t'en prie... Je peux utiliser mes pouvoirs pour invoquer des démons pour toi. »

« Je ne suis pas faible au point d'avoir besoin d'un humain pour ça ! »

« Mais cela te permet d'économiser tes forces... Pitié... »

Il lâcha l'humain lorsque quelqu'un frappa à la porte, et se retira dans l'ombre. Caïn ouvrit la porte.

« Père, il faut que je vous parle. »

Caïn sortit en lançant un regard craintif dans son dos. Il sentit le regard du démon peser sur ses épaules jusqu'à ce qu'il referme la porte.

« Que vous est-il arrivé hier soir ? Vous êtes rentré blessé... »

« Ecoute-moi bien Antoine, il faut que nous les trouvions. Tu dois tout faire pour m'aider ! »

« Mais... »

« Si tu aimes ton père, tu le feras ! »

« ... Bien Père... »

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« Pose ce téléphone. »

« Mais Tony va s'inquiéter de ne pas me voir en cours aujourd'hui... »

« Il avait pas l'air inquiet hier. »

« Tu recommences avec ta paranoïa ! »

« J'aimerais que tu ne l'appelles pas pour l'instant, d'accord ? »

Elle raccrocha à contrecœur.

« Merci. Maintenant, je vais aller voir quelqu'un, j'en ai pas pour longtemps. Trish, je te la confie ? »

« Je veillerai sur elle. »

A peine Dante eut-il fermé la porte que les deux femmes se dévisagèrent hostilement. Trish remarquait maintenant tous les traits que Matelda avait hérités de sa mère. Et la pauvre ignorait même son ascendance...

Matelda considérait avec dédain cette femme qui revenait dans la vie de son père comme si de rien n'était et qui commençait déjà à prendre la place de sa mère. Elle avait vu dans le lit de son père les longs cheveux blonds de cette traînée gainée de vinyle noir...

« Tu veux aller faire un tour ? »

« Je sais pas où est ma poussette. »

« Je suis désolée, je ne veux pas te braquer. »

« Vous avez bien dormi cette nuit ? »

« Ce n'est pas ce que tu crois... Ton père a dormi en bas, il m'a galamment laissé sa chambre. »

« Mon père, galant ? Faites le coup à une autre ! »

« Ca m'a surprise aussi. »

Il y eut un silence gêné. Puis Matelda éclata de rire, suivie par Trish.

« Je vais vous croire. Je vais aussi croire que vous n'étiez pas ensemble avant. Mais vous avez pas intérêt à lui tourner autour ! »

« D'accord, Madame ! »

« On peut aller au parc, c'est à dix minutes d'ici. »

« Je sais où il est. Ca me paraît bien. »

Dante en père modèle, moi en méchante marâtre… C'est surréaliste.

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Dante descendit de sa moto, pistolets en main. Normalement, Gjüll aurait déjà du sortir de chez lui et lui sauter dessus pour s'enquérir des raisons de sa présence. Là, le silence était parfait. Trop.

Il poussa la porte d'entrée d'un canon prudent. Quelques rats gros comme l'avant-bras sortirent en couinant.

« Super les animaux de compagnie… »

Il ne put retenir un frisson en entrant dans le bâtiment. Le sol, les murs et les plafonds étaient maculés de sang et d'autres composés organiques de couleurs et de textures assez variées.

« Merde. »

Il n'eut pas besoin de se pencher pour voir que c'était encore assez récent.

« Sa mère a oublié de lui dire qu'il ne fallait pas trop s'éclater le samedi soir… »

Il y avait une petite table au milieu de la pièce, avec deux serre-livres représentant des démons déformés et grimaçants.

« Souvenir de famille sans doute. »

Il fronça les sourcils : un petit bout de papier blanc dépassait de sous une des figures grotesques. Il la souleva et en tira le message, écrit d'une main grossière. On aurait dit l'écriture d'un petit enfant.

Le Corbeau vient pour Gjüll. Adieu Dante.

« Re-merde. »

Il remit exactement le message en place et passa dans la pièce d'à côté. C'était une chambrette avec un petit lit, aux murs ornés de…

Brillants. Il décorait son chez-lui avec.

Il ressortit, prit une lame dans son sac et revint la poser sur la table.

« Merci pour l'info… »

Il remonta sur sa moto et prit la direction de la huitième rue. Il comptait bien retrouver l'assassin de Gjüll. Ce n'était pas vraiment un ami, mais il allait lui manquer…

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La porte battait sur ses gonds avec le vent. Dante s'arrêta et sortit ses pistolets. Par habitude. Un serpent froid apparut dans son ventre.

Il poussa la porte et fit un pas dans la boutique. Tout était absolument silencieux. Le serpent glacé mordit à pleine dents dans ses entrailles.

« Béatrice ? »

Du verre brisé crissa sous ses semelles.

« BEATRICE ! »

Il monta lentement les escaliers. Le serpent s'était enroulé autour de ses jambes, l'empêchant de courir.

Il y avait du sang sur le sol. Une mare d'abord, puis une trace fine jusqu'à la chambre.

Il poussa la porte, la gorge nouée.

Elle était là, étendue sur le lit. De nombreuses plaies larges de plusieurs centimètres marquaient son corps délicat. Mais son visage était serein.

« Béatrice… »

Il s'agenouilla et essuya délicatement le sang qui avait coulé de ses lèvres. Puis il se pencha sur elle, les épaules secouées de sanglots.

Elle était encore chaude. Il aurait pu être là, et la sauver. Et puis un bruit parvint à ses oreilles. Comme un automate, il avait du se relever et aller chercher Matelda dans son berceau. Rien ni personne n'était entré dans sa chambre. Elle était là, babillant tranquillement. Elle avait souri lorsqu'il l'avait prise dans ses bras, tachant sa robe du sang de sa mère.

Il avait renoncé à comprendre ce qui s'était passé. Il lui avait fallu plusieurs mois pour reprendre pied. Mais il l'avait tout de même fait étonnamment vite. Pour Matelda.

Du neuf la semaine prochaine!