Après le plébiscite, voici la suite tant attendue!

Dante s'était finalement relevé, des sillons brillants le long de ses joues. Il s'était tourné vers Matelda, toujours assise par terre, et l'avait aidée à se relever. Il lui avait lancé un maigre sourire, pour s'excuser. Mais elle était trop étonnée de le voir pleurer pour lui tenir rigueur de quoi que ce soit.

« Je te dois des explications, je crois. »

Il lui avait sorti de la bibliothèque le livre à la couverture rouge. Elle l'avait ouvert et feuilleté.

Le livre contenait entre autres des photos. Celle d'une femme ressemblant trait pour trait à Trish. C'était Eva, sa grand-mère. Dante ne lui parla pas de son grand-père, il n'y en avait aucune trace d'ailleurs.

Trish restait à distance, l'ai renfrogné.

Une autre photo représentait deux enfants, des jumeaux. « Dante et Vergil, sixième anniversaire », disait une légende écrite d'une main fine au dos. Les deux garçons exhibaient fièrement leurs amulettes. Elle avait souvent vu son père contempler avec nostalgie sa pierre d'un rouge brillant. Mais elle ignorait qu'il y en avait deux.

« Nous avons pris des chemins différents, dit Dante. J'ai fini par le tuer… Du moins, j'ai cru l'avoir fait… Deux fois… »

Dante la fit passer rapidement sur certaines pages, lui montrant juste une photo de l'ancienne propriétaire de son Uzi. « Merci pour tout. Lady » était écrit en-dessous.

Et puis venait Trish, puis une jeune femme aux cheveux rouges, Lucia.

« Tu as rencontré les gens de Vie de Marli ? »

« Jalouse ? »

« De cette fille ? Tu rêves ! »

Trish se tut à nouveau.

Enfin il y avait sa mère, puis elle.

« J'ai fait court. Le plus important, dit Dante en se tournant vers Trish, c'est d'où sort ce… Dité. »

« Il est le fils de Sparda et de Nevan. »

« Ca, j'avais compris ! Viens-en au fait ! »

« Je ne sais pas comment il est sorti des enfers… »

« Caïn. Je mets ma main à couper ! Enfin… Façon de parler parce que je ne saurais pas de laquelle me séparer si j'avais tort… »

Matelda sourit : son père était à nouveau lui-même.

« Ce que j'aimerais que tu me dises, Trish, c'est comment il peut posséder une arme nommée Vergil. »

Trish évita le regard inquisiteur de Dante. Elle aurait visiblement préféré être ailleurs.

« Je ne peux pas le savoir, gémit-elle. »

« T'as bien une idée. »

« Dité appartient à la cour de Mundus, mais il a beaucoup d'ennemis…A cause de son père. »

« Ouais ben il est pas le seul… »

« Et il paraît qu'il s'est longtemps contenté d'achever des démons supérieurs affaiblis par des combats contre d'autres. C'est un charognard, il ne connaît que la haine, et par-dessus tout il déteste les humains. »

« C'est lui le Corbeau, pas vrai ? »

« Je pense… »

« Bon sang, Trish ! Quand je te demande de jouer franc-jeu, fais-le ! »

« Je ne pensais pas que… »

« Qu'il s'était occupé de Vergil ? Si j'avais su… »

« Que tu l'aies su tout à l'heure n'aurait rien changé. »

« J'aurais pu le sauver, tu te rends compte ? Encore une fois, j'aurais pu… »

« Tu l'ignorais. C'est ce qui compte. »

« Et toi ? Tu le savais ? »

« Je te jure que non. Je te l'aurais dit ! »

« Je ne te crois pas.»

« Dante… »

« Sors d'ici. »

« Je ne le savais pas ! »

« Sors. Je ne te le dirai pas une troisième fois. »

Il pointa Ivoire sur Trish. Elle soupira et partit.

« Tu sais où me trouver… »

« Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'arme ? »

« Euh… Il a baptisé son arme du nom d'un ennemi vaincu. Ce qui veut dire que Vergil n'était pas mort comme je l'avais pensé. Et que j'aurais pu le sauver… »

« Mais si vous étiez devenu ennemis… »

« Nous étions toujours frères. »

« S'il t'a laissé croire qu'il était mort, c'est peut-être qu'il ne voulait pas de ton aide. »

Dante la regarda, étonné. Comment peut-elle mettre dans le mille ?

« Tu ne voulais pas appeler ton… »

« Tony. J'y vais. Commence à ranger pendant ce temps ! »

Le téléphone sonna au moment où Matelda allait poser la main dessus.

« Devil may cry, que puis-je faire pour vous ? »

Dante regarda sa fille en haussant les épaules : il n'y avait pas TANT de choses que ça à ranger. Comme s'il avait tout cassé en se battant à l'intérieur…

« Matelda, c'est Tony. »

« Ca tombe bien, j'allais t'appeler, dit-elle en s'efforçant de prendre un ton glacial malgré les protestations silencieuses de son père en réponse à ses incitations à se mettre au rangement. »

« Ecoute… Je voulais te parler à propos d'hier… »

« Moi aussi. »

Dante ramassait les objets un par un, et les posait sur le bureau. Ca allait prendre des siècles à ce rythme. Mais il y avait quelque chose dans la voix de Tony qui empêchait Matelda de sourire aux pitreries de son père.

« On pourrait en parler en tête-à-tête, reprit la voix un peu anxieuse de Tony ? »

« Pourquoi, tu ne peux pas me fournir d'excuse maintenant ? »

« Je te jure que c'est sérieux ! J'ai besoin de te voir tout de suite. »

Elle lança un regard à son père, toujours occupé et répondit à voix basse.

« D'accord, où ? »

« Chez moi ? »

Dante leva soudain la tête vers sa fille, sourcils froncés. Elle lui sourit. Comment a-t-il pu entendre ?

« Non, plutôt au parc. »

« Je pars tout de suite. »

« Où tu vas ? »

« Tony m'a donné rendez-vous au parc. »

« Il y sera cette fois ? »

« Il voulait me parler tout de suite… Ca avait l'air important. »

« Du genre « Tu vas rire, mais je t'ai posé un lapin à la demande d'un adorateur de démons » ? »

« Dad ! »

« On verra si j'ai tort… »

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« Tu as l'air bien malheureuse, Trishie. »

Trish se leva de sa table au Bull's Eye, comme foudroyée. Des mains dans son dos lui prirent les épaules. Il avait surgi de l'ombre, comme à son habitude. Elle ne tenait pas particulièrement à le voir maintenant. Il la serra contre lui et lui murmura à l'oreille.

« J'ai une mauvaise nouvelle pour toi… »

« Je m'en fiche ! »

« Oh, très bien. »

Il disparut comme il était venu. Trish soupira et se prit la tête dans les mains.

« Dité ! »

« Oui ? »

Il réapparut.

« Qu'est-ce que tu as à me dire ? »

« Mundus va revenir. »

« Sans rire ? Tout le monde est au courant ! »

« Ce soir. »

« Non… »

« Et si ! J'ai pensé que tu voudrais le savoir. Histoire de prendre tes dispositions : cercueil, messe d'enterrement… »

« Tu te trouves drôle ? »

« C'est la vie, la roue du destin tourne pour les humains, les démons et ceux qui sont perdus entre les deux. »

Il était venu s'asseoir en face d'elle et la fixait de ses yeux bleus aux reflets d'ambre.

Ces yeux… Froids comme la glace où couve une haine brûlante.

« Pourquoi tu me préviens ? »

« Disons que j'ai moi aussi des affaires à régler avant qu'il ne soit là. »

« Et ? »

« Tu as une idée de l'endroit où ton cher sang-mêlé range, par exemple, ses armes démoniaques ? »

« Non. »

« Vraiment ? »

« Oui. »

Il sembla déçu. Puis il se reprit.

« Bon, pas grave. Je pensais que tu me serais utile, j'aurais même pu t'offrir une mort rapide et sans douleur… »

« Je t'ai dit que je n'en savais rien. »

« Dommage pour toi. Si jamais tu reviens dans ses bonnes grâces, ou si tu veux me rendre un dernier service, dis-lui que je l'attends à la Villa Cocyta. Et puis, je ferai quand même en sorte qu'un nombre raisonnable de démons profane ton cadavre. En souvenir du bon vieux temps. »

Il passa la main sur sa joue, mais arrêta vite en voyant l'expression de dégoût de Trish.

« Laisse-moi. J'ai choisi mon camp. »

« Bonne chose, ça. Je respecte ton attitude. On se recroisera peut-être avant la fin. »

Il disparut pour de bon, avalé par l'ombre. Trish frissonna. La fin.

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