Bon je vais un peu accélérer le rythme de publication... Vous avez de la chance que je me sois ennuyée en Allemagne et que j'aie eu beaucoup de temps pour écrire...
« Ah super une tour… Je HAIS les tours ! »
« Dante, il n'y a que cinq étages… »
« N'empêche, le sens de l'orientation c'est pas mon truc. Et plus il y a de niveaux, plus il y a de pièces. Et puis s'il faut monter tout en haut pour affronter le méchant et puis se rendre compte qu'il y a un encore plus méchant en bas et devoir se retaper tous les étages dans l'autre sens, merci ! »
« Tu n'exagères pas un peu ? »
« Ca m'est déjà arrivé, pour info. »
Ils pénétrèrent dans la Villa, qui était en fait, comme Dante l'avait souligné, une tour.
« J'adore la déco ! »
« Tu as presque la même… »
Des cadavres humains entiers ou en morceaux étaient éparpillés un peu partout.
« Oui mais moi, c'est du démon ! C'est bien plus chic... »
Ils tombèrent sur quelques démons mineurs qui regrettèrent bien vite d'avoir voulu jouer au comité d'accueil.
« C'est pas eux qui ont fait ça… »
« Ca ressemble bien à Dité. »
« Ce type est un grand malade. Eparpiller les cadavres, c'est son seul hobby ? »
« A quel point hais-tu les démons ? »
« Voyons voir… Ils m'ont pris tout ce à quoi je tenais, ils ont détruit mon maigre espoir d'avoir un jour une vie normale. Ils essayent toujours de me tuer… Et ils sentent vraiment mauvais ! »
« Donc hors de question pour toi d'en laisser un entier. »
« C'est bon, j'ai compris. Mais c'est un peu facile de sa part de s'en prendre à des êtres bien plus faibles… »
Dante tira une balle dans son dos qui vint faire exploser un démon qui approchait silencieusement.
« Bien plus faibles que lui, disais-je. Qu'est-ce qui te fait rire ? »
« Pas rire, sourire. »
« Qu'est-ce qui te fait pas rire, sourire ? »
Une rafale d'Ebène cloua au mur cinq autres démons.
« Rien… »
« Trish, tu sais comment on appelle un ascenseur en Chine ? »
« Tu le sais, toi ? »
« Oui, on fait comme ça. »
Il appuya sur le bouton. Un regard assassin éclaira les yeux de Trish.
« Avoue, elle était quand même drôle. »
« Non. »
« Pfff… »
L'ascenseur arriva, et ouvrit ses portes sur une horde de démons.
« On ne tiendra jamais tous là-dedans, il falloir descendre ! Laissez-moi vous aider… »
« En fait je retire ce que je t'ai dit : tu n'as pas vieilli d'un poil. »
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« Seigneur… »
Tony lui avait expliqué que le manoir familial, Villa Cocyta, était si grand qu'il avait été divisé en huit maisons : une sur chacun des quatre étages supérieurs, deux sur le premier étage et deux à cheval sur le deuxième et le troisième et le quatrième et le cinquième respectivement. Le rez-de-chaussée complété par un jardin grand comme un terrain de football servait à des réceptions, ou plus couramment au simple loisir des habitants.
Ce que Tony ne lui avait pas expliqué, c'est que les habitants avaient récemment été massacrés dans le hall d'entrée.
Avec un frisson de dégoût, elle se glissa jusqu'aux escaliers. Elle avait le choix entre monter et descendre. Elle allait monter quand elle perçut des bruits venant d'en bas. Elle changea d'avis et s'engagea, arme au poing, vers le neuvième niveau.
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« Bon ben puisqu'on a le choix on monte… »
L'ascenseur indiquait que la tour comportait sept étages.
« Sept, c'est un nombre bien ça, non ? »
« Il paraît, répondit Trish. »
L'ascenseur s'arrêta subitement entre deux étages.
« Dante… »
« Non, je n'ai pas arrêté l'ascenseur pour tenter de profiter de toi ! Ca ne m'est même pas passé par la tête ! »
« J'allais te demander si ta fille ne risquait pas de nous suivre. »
« Oh… Non, pas de risque. Elle m'obéit toujours. »
Enfin, quand elle le veut bien…
Les portes s'ouvrirent soudain sur un couloir bas.
« Etage trois et demi, annonça Dante. »
Le compteur de l'ascenseur indiquait la même chose.
« On va chercher l'escalier, c'est plus sûr. »
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L'escalier n'était plus éclairé depuis quelques mètres. Matelda avait beau forcer ses yeux, elle ne voyait rien. Comme s'il n'y avait rien à voir.
L'air était plus chaud, plus lourd, comme chargé de…
Ca sent le soufre.
L'air lui sembla soudain plus épais. Des courants d'air lui caressaient les joues et le front, comme des fils de soie.
Mais… Ce SONT des fils de soie.
Elle enleva les filaments collants de son visage. Soudain, elle se heurta à quelque chose. A tâtons, elle écarta la chose entourée de fils et continua d'avancer.
Admettons que c'était quelqu'un emballé dans une toile d'araignée… La bête doit être…
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« Minuscule ! »
L'araignée qui avait jailli devant Dante et Trish alors qu'ils avançaient dans l'étage trois et demi arrivait à peine à la taille des deux chasseurs de démon. L'affaire fut donc assez vite réglée.
« Méfions-nous, ce n'était peut-être pas la plus grosse… »
« Trish, t'es trop prudente ! T'as vu la hauteur de ce couloir ? Au pire, le gros modèle est haut de deux mètres et franchement, j'ai vu plus grand ! »
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Matelda avait débouché dans une salle éclairée de nombreuses bougies posées sur des crânes vides.
« Super la déco. »
Un sifflement aigu lui répondit, et une araignée haute de trois bons mètres surgit du haut plafond voûté de la cave.
« Mais c'était un compliment ! »
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Un cliquetis métallique surprit les deux chasseurs de démons. Dante venait de marcher sur une lame de faux brisée. Il remarqua que le sol était jonché d'éclats métalliques.
« Qu'est-ce que c'est, demanda Trish ? »
« J'en sais rien. Les araignées n'ont pas du digérer certains effets de leurs victimes… »
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Matelda heurta durement le mur. Elle ne pouvait plus reculer… Mais le katana qu'elle avait en main lui paraissait un effort ridicule au vu du monstre qui la dévorait du regard. Un frisson lui parcourut l'échine lorsqu'elle s'imagina dévorée tout court. Les balles ne semblaient pas affecter le monstre. Elle raffermit sa prise sur la (trop) longue garde (c'était clairement un sabre d'homme, et elle avait eu tort de le prendre). Puis elle se jeta en avant avec un objectif : les yeux. On ne peut pas manger ce qu'on ne peut pas voir.
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Dante et Trish arrivèrent dans une grande salle circulaire. Au bout, un couloir qui semblait mener à un escalier vers le quatrième étage.
« Bienvenue, Dante ! »
Une voix grave tonna au moment où il atteignait le centre de la salle. Une ombre émergea d'un couloir perpendiculaire à celui qui menait vers la sortie.
Quatre yeux verts jetaient leurs feux sur Dante. Il regarda avec attention le visage aux traits fins du démon qui lui faisait face.
« On se connaît ? »
L'autre partit d'un rire titanesque.
« Ca te fait rire que je ne te remette pas ? »
« Un peu… En fait, je suis partagé entre l'envie et la gêne de te rafraîchir la mémoire. »
« Laisse-moi trancher pour toi, dit Dante en sortant Force Edge. »
L'autre éclata à nouveau de rire et fit un geste négligent de la main. Dante entendit dans son dos un bruit semblable au bourdonnement d'un essaim d'abeilles furieuses. Il se jeta à terre à temps pour éviter la nuée de lames affutées qui se rassembla autour du démon, lui procurant une armure hérissée de pointes tranchantes.
« Oh. Joli, dit Dante en se relevant et en époussetant son manteau, mais l'argent n'est plus à la mode cette année. »
« Sache que j'ai perdu mon honneur en échouant à éliminer ton traître de père. On m'a donné une deuxième chance et je compte bien la mettre à profit ! »
« Désolé, mais je crois que l'histoire va se reproduire. »
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L'araignée avait hurlé lorsque Yamato l'avait rendue aveugle. Mais elle semblait disposer de sens beaucoup plus fins, décuplés par la rage. Matelda n'arrivait plus qu'à esquiver les coups furieux, sans pouvoir trouver d'ouverture.
Et puis elle avait entendu une porte s'ouvrir au fond de la salle, et aperçu une silhouette grande et musclée, au visage encadré de cheveux blancs. Il avait avancé sans sembler remarquer le combat, jusqu'à ce que son regard tombe sur celui de Matelda.
Elle n'avait aucune chance contre lui, elle le savait. Pourtant, elle lui lança un regard de défi. Qu'elle regretta lorsqu'il sortit son sabre de son fourreau.
Elle sentit un courant d'air et vit avec surprise l'araignée tomber en pièce.
Dité rengaina son sabre et se tourna vers Matelda.
« Merci. »
Il garda le silence, la contemplant avec insistance.
« Pourquoi m'avoir sauvée, demanda-t-elle ? Tu sembles en vouloir à mon père… »
« Vous. »
« Quoi ? »
« Je refuse qu'une créature aussi méprisable que toi me parle avec familiarité. »
« Alors ça c'est gonflé ! Je fais ce que je veux ! »
« Je peux convoquer une autre araignée… »
« Et ? Je trouverai un autre démon à qui je ferai pitié. »
Il sourit.
« Ce n'était pas de la pitié. »
« Alors pourquoi m'avoir aidée ? »
« Parce que tu le méritais. »
« Quoi ? »
« Je te conseille de repartir et de sortir d'ici. »
« Tu te doutes bien que je ne vais pas suivre ce conseil. »
« Au moins, je t'aurais prévenue. Comme tu l'as dit, j'en veux à ton père, pas à toi. »
« Attends ! Où tu vas ? »
Il disparut dans l'escalier qui montait sans répondre. Matelda regarda les morceaux de l'araignée, dont certains bougeaient encore. Puis elle s'engagea dans le couloir descendant, armes en mains.
Encore une fois un grand merci à mes deux fans, c'est incroyablement gratifiant de voir que ce qu'on écrit plaît !
