Pour bien finir les choses, j'ai décidé d'ajouter une deuxième partie. Rassurez-vous, les trilogies ce n'est pas ma tasse de thé aussi ça s'arrêtera là!
La pluie tombait à torrents depuis le début de la cérémonie. Rien n'est plus adapté à un enterrement qu'une averse.
Matelda rejoignait son mari dans la tombe. Elle au moins avait eu la chance de mourir de vieillesse, peu de Chasseurs pouvaient s'en vanter. Peu d'humains du moins. Un éclair déchira le ciel au moment où la première pelletée de terre tombait sur le cercueil. Dante crut voir quelqu'un sous le saule qui surplombait le cimetière, mais la silhouette avait disparu lorsqu'il regarda à nouveau. Il partit, suivi en silence par Trish.
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La nuit tomba sur la rue endormie. Un démon glissa silencieusement dans l'ombre des bâtiments. Arrivé devant le Devil May Cry, il prit une forme humaine et entra rapidement, jetant un coup d'œil derrière lui.
D'autres ombres plus monstrueuses le suivaient de près.
Dante finissait de graisser ses pistolets. Ca lui avait manqué, il devait bien l'avouer.
« Alors tu arrêtes le jardinage, dit Trish ? »
« Tu dois reconnaître que je ne suis pas spécialement doué pour ça. »
« En effet… »
Trish dessinait des arabesques sur le bureau du bout de l'index.
« Quoi ? »
« Je peux te poser une question importante ? »
« Euh… Oui. »
« Pourquoi ? Pourquoi, cette fois ? »
« Juste parce que j'aime me battre. Et puis ça me donne bonne conscience de protéger les faibles et les innocents. »
« D'accord. »
« Et puis franchement, les jeunes d'aujourd'hui sont loin d'avoir ce qu'il faut pour… »
« Stop. Ton explication m'a suffi. »
La porte s'ouvrit et se referma. Dante tourna la tête vers la porte et un quart de secondes plus tard une rafale d'Ebène avait déjà atteint l'entrée. Le démon l'avait esquivée.
« Je ne suis pas là pour me battre. »
« Pas cette fois ? »
« Très drôle… »
Un bruit de métal retentit dans la rue. Il se tourna vers la porte. Une balle siffla à son oreille.
« C'est moi la menace pour toi ici, dit Dante. Alors si tu veux me parler, fais vite… »
Il soupira avant de s'expliquer d'une voix un peu tendue.
« Je suis venu te proposer mon aide. »
« Ben voyons ! »
« Vraiment. »
« Toi, Dité, tu chasserais tes semblables ? »
« Je l'ai déjà fait je te signale. »
« Pour protéger les humains ? »
« J'ai des priorités. »
« Faisant de toi un… traître ? »
Dité serra les dents.
« Tu crois que j'ai fait quoi en donnant mon âme à ta fille ? »
« Oh, je vois… Maintenant que te revoilà parmi nous, tes anciens amis te cherchent… »
« Et s'ils me trouvent, tu as du gros gibier. »
« Tu ne te surestimerais pas un peu ? Ou plutôt, si tu es si fort que ça, pourquoi as-tu besoin de mon aide ? »
Dité hocha la tête.
« Considère plutôt que je te propose du travail. »
« Te protéger ? »
Il soupira à nouveau. Il avait des priorités.
« Si tu veux. »
« Hors de question. Sors d'ici. »
Le bruit retentit à nouveau, comme un écho.
« Tes amis s'impatientent. »
« Je pensais que tu voudrais régler nos différends de façon plus… noble. »
« J'avoue que j'avais pensé à un duel à mort, mais ça ça me plaît mieux. Tu n'aurais pas du te donner la peine de ressusciter, tu vois.»
Dité ferma les yeux un instant, puis lança un regard glacial à Dante et tourna les talons.
« Attends. »
Il lâcha la poignée de la porte.
« Tiens. »
Dité se retourna et vit que Dante lui tendait un pistolet.
« Merci… »
Avec une difficulté visible, il prit l'arme. Une arme d'humain.
« Pourquoi tiens-tu tant que ça à vivre ? »
« Je ne sais pas. Une sorte d'habitude… Je pourrais te retourner la question. »
« Mais tu ne l'as pas fait. Maintenant pars avant que je ne change d'avis et que je te plante une épée dans le dos. »
Dité sortit. Dante monta à l'étage.
« Où tu vas, demanda enfin Trish ? »
« Aux premières loges. Il doit être complètement désespéré pour me demander mon aide… Et pour accepter une arme. »
« Je pense qu'il n'a pas encore recouvré tous ses pouvoirs. Il n'a aucune chance. »
« Dommage pour lui. »
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Une dizaine de démons mineurs attendaient dehors. A leur tête, une démone à la peau bleue sourit de ses trois rangées de crocs acérés.
« Tu ne manques pas de cran pour venir ici, siffla-t-elle. C'est pathétique… Mais prévisible venant d'un traî… »
Une balle l'atteignit à la tête. Elle tomba à terre sans un cri. Les autres se jetèrent sur Dité en grognant. Celui-ci lança un regard derrière lui avant de commencer à tirer.
« Il pensait vraiment que j'allais l'aider ? Après ce qu'il a fait à Béatrice ? »
« Il a sauvé la vie de Matelda, et il devenu un traître pour elle. »
« Mais tu es de quel côté toi ? »
Il en avait déjà abattu la moitié quand la démone se releva, furieuse.
« Laissez-le-moi, rugit-elle ! »
« Pourquoi t'es pas venue seule si tu voulais tellement me tuer toi-même ? »
Elle tendit le bras dans sa direction et un puissant jet d'eau le frappa de plein fouet et l'encastra dans le mur originellement situé six mètres derrière lui.
« Oh, ça ça doit faire mal… »
« Dante… »
« Quoi ? Je n'irai pas, point final. C'est un méchant ! »
« Il a l'air… »
« Je ne veux pas lui pardonner d'avoir tué Vergil. »
« Il l'a achevé plutôt. »
« Trish, arrête. J'ai pris ma décision. »
« Ca va ? »
Elle se tenait à quelques centimètres de lui quand il rouvrit les yeux, un peu sonné. Elle le prit par les épaules et l'écarta du mur avant de lui asséner un uppercut. Il tomba à genoux. Le pistolet était resté de l'autre côté de la rue.
« Je vais te ramener chez toi… Dans les Enfers que tu n'aurais jamais du quitter. »
Un coup de pied le jeta à terre alors qu'il tentait de se relever.
« Tu es faible. Ce n'est même pas drôle ! »
« N'y pense même pas. »
« Je ne suis pas à tes ordres, dit Trish en descendant. »
« C'est lui ou moi. »
Elle le prit par la gorge et le plaqua contre le mur.
« J'ai connu des humains plus résistants. »
Elle planta ses crocs profondément dans son cou. C'était l'occasion qu'il attendait.
Une colonne aveuglante de foudre jaillit du sol entre les pieds de la démone. Une odeur de chair brûlée envahit la rue.
La démone tomba en morceaux, carbonisée. Dité s'assit contre le mur, la main sur la plaie béante dans son cou. Un épais sang noir en coulait à torrents. Les autres démons se jetèrent sur lui et se heurtèrent à une nuée de chauves-souris électriques.
Il n'entendit pas les coups de feu qui achevèrent les survivants. La silhouette d'un démon ailé aux cornes recourbées se pencha sur lui au moment où il sombrait dans les ténèbres.
« Papa ? »
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« Je crois que ce n'est pas un métier pour de simples humains. »
Matelda toussa faiblement.
« Tu sais, je n'en connaissais aucun qui ait survécu aussi longtemps que Swen… Il vient un moment où ton corps te lâche et où tu ne peux plus te battre. Tu commets L'erreur et puis… »
Elle regarda son père et lui lança un maigre sourire.
« Mais tu ne connais pas ça toi, hein ? »
Elle avait plus de quatre-vingt ans, alors que Dante paraissait avoir le même âge que ses deux arrière-petits-enfants.
« Tu t'en es plutôt bien tirée, ma fille. »
« Tu sais pourquoi j'ai la chance de ne pas mourir d'une mort violente. »
« Ne dis pas ça. Tu es encore en pleine forme ! »
« Dad… »
Elle le regarda tendrement. L'immortalité est un cauchemar, pensa-t-elle. C'était pour cette raison que les enfants de son fils ne savaient rien de leur arrière-grand-père. C'est tout simplement trop dur d'avoir une famille d'humains quand on ne vieillit pas.
« Je sais, dit-il… »
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Dité se réveilla dans un lit confortable. La lumière du soleil passant entre les rideaux lui blessait les yeux et le faisait pleurer mais il sourit. Il était vivant. Il se leva péniblement. Tout son corps le faisait souffrir. Il sursauta en passant devant un miroir. Le reflet était encore plus pâle que d'habitude, il avait le visage et le torse marqués par les coups de la démone, et une cicatrice rosâtre marquait l'endroit où elle l'avait mordu.
La porte s'ouvrit sur Trish, qui parut surprise de le voir debout. Elle le fit s'asseoir.
« Tu devrais rester couché… Je ne veux pas m'être fatiguée à te soigner pour rien ! »
« Merci. »
Elle le regarda, étonnée. Mais il gardait la tête baissée.
« De rien. Mais c'est lui qui a fait le ménage pendant que je te soignais. »
« Je m'en doutais un peu. »
« Tu es sûr d'avoir bien choisi ton camp ? »
Il leva ses grands yeux bleu ambrés vers elle.
« Et toi ? »
Elle rougit.
« Ce n'est pas ce que tu crois ! »
« Qu'est-ce que je crois ? »
« Que j'ai choisi de le suivre parce que j'avais le béguin. »
« Moi non plus, dit-il en haussant les épaules, ce qui le fit grimacer de douleur, je ne l'ai pas suivie pour ça. »
« Bien. »
« Bien. »
Seuls les chants des oiseaux brisaient le silence. Soudain, l'escalier grinça et Dante apparut sur le pas de la porte.
« Enfin réveillé ? Viens, il faut qu'on parle. »
Ignorant le regard assassin de Trish, il lança une chemise à Dité. Celui-ci l'enfila et suivit son demi-frère en lançant un sourire à la démone.
« Ca va te coûter TRES cher. »
Dante fit signe à Dité de s'asseoir de l'autre côté du bureau avant de s'y installer, jambes croisées sur le meuble.
« C'est bien toi que j'ai vu à son enterrement ? »
« Je crois. »
« Pardon ? »
« Je te souhaite de ne jamais revenir de chez les morts. C'est extrêmement déplaisant. »
« Surtout quand on a un comité d'accueil comme le tien. »
« J'ai eu de la chance qu'ils ne me retrouvent pas avant que j'aie compris ce qui m'arrivait. »
« Ta proposition était sérieuse ? »
« Comment ça ? »
« Tu m'aiderais ? »
« Je te l'ai dit : j'ai des priorités. Et rester vivant est la numéro un. »
« C'est si… déplaisant ? »
« Tu ne peux même pas imaginer. Et puis de toute façon avec ce que j'ai fait pour Matelda… »
« Tu ne l'as pas fait de ton plein gré, tu étais… mort. »
« Fais-moi plaisir, va leur expliquer et je te jure que si tu parviens à les convaincre je rentre en Enfer et tu n'entends plus jamais parler de moi. »
« Ne me tente pas ! »
« Et j'ai accepté de l'aider. Je savais ce qu'elle ferait de moi… Même si je n'ai pas eu conscience de ce qui se passait. »
« Alors les âmes des démons… »
« Pour moi, il n'y a rien entre ma mort et celle de Matelda. Juste un grand néant lumineux. »
Dité grimaça.
« Je voulais savoir… Merci. »
« Pour répondre à ta question, je t'aiderai. Grâce à ta fille, j'ai compris pourquoi Papa était parti. »
« Moi j'ai compris pourquoi il est retourné en Enfer. »
Ils se regardèrent un instant, puis éclatèrent de rire.
« Une chance que je n'ai pas eu un garçon ! »
« Pareil. »
« Encore une question… »
« Vas-y. »
« Pourquoi as-tu tué Vergil ? »
Dité s'appuya contre le dossier et voulut pencher la tête en arrière, mais il renonça lorsque sa cicatrice se rappela à son bon souvenir. A la place, il tourna la tête vers la fenêtre.
« Il y avait deux raisons : une bonne et une mauvaise. »
« La mauvaise ? »
« Me venger de toi. Te mettre en colère. T'affaiblir. »
Dante garda le silence un instant. Puis il soupira.
« La bonne ? »
« La pitié. Le respect. Bon sang, j'ai toujours rêvé d'être comme ça. »
« Quoi ? »
Dité se tourna vers Dante.
« Tu sais de quoi je parle. Il était extraordinairement fort. Le seul vrai héritier de Papa,… »
« … C'était lui, je sais. »
« Mundus n'a jamais réussi à le briser totalement. La preuve, Nelo Angelo t'a épargné. »
Dité s'interrompit, mais Dante lui fit signe de continuer.
« Comme les autres… Comme tous les autres, ajouta-t-il lorsque Trish s'assit sur le bureau à côté de Dante, j'ai projeté ma haine pour Papa sur lui. Mais ça ne m'a pas apaisé, loin de là. Je me suis senti atrocement coupable. Parce qu'il était plus fort que moi, et qu'il avait eu la malchance d'avoir une seule faiblesse. Une faiblesse qui ne pardonne pas parmi les démons. »
« Toi aussi, tu as l'air plutôt famille. »
« Tu vois dans quelle situation je me retrouve maintenant ? S'ils me renvoient en enfer, je te garantis que je ne trouverai personne pour mettre fin à mes tourments. Je ne cherche pas tant à leur échapper parce que je veux vivre… »
« C'est lui qui t'a demandé de le tuer ? »
« Tu as entendu ta question ? A ton avis ? »
« Réponds. »
« Bien sûr que non ! Il ne se serait jamais abaissé à ça. Il me méprisait trop… »
Dante sourit.
« Le prends pas personnellement. Je crois qu'il n'y a que Père qu'il n'a pas méprisé. »
Dante se leva.
« Je pense que je ne vais pas te livrer à tes compatriotes. »
« Merci. »
« Mais tu as intérêt à rester sur tes bons sentiments. Considère ça comme directement dépendant de ta première priorité. »
« Entendu. »
« Ah, une dernière chose… »
Dante posa le pistolet sur le bureau.
« Tu es peut-être l'aîné, mais c'est moi le chef. »
Dité prit l'arme, s'assura qu'elle était chargée et la glissa dans sa ceinture.
« Bien compris. »
SVP, n'oubliez pas de reviewer, ça me fait toujours plaisir. Et puis j'aimerais savoir qui sont ces gens qui cliquent sur mes histoires!
