Nous ne possèdons pas Bleach, dommage sinon j'imagine les soirées de fou avec Ikkaku et Yumichika xD
Me revoici pour la suite des aventures de notre pauvre blondinet… vous allez voir, la chance n'est décidément pas de son côté…
Une petite surprise pour pimenter votre lecture: vous allez lire le chapitre de ma co-écrivain, celle avec qui j'ai décidé de transformer le one shot du début en fiction plus longue…
Chibi-Kyouki: … plus longue, mais surtout plus tordue, plus perverse et plus machiavélique! Ha ha, je suis contente de pouvoir écrire une fic en tandem avec toi, ma Namy-chan! Pour info, chers lecteurs/lectrices, nous allons écrire les chapitres à tour de rôle, selon notre envie de décrire les actions qui s'y déroulent… saurez vous trouver la différence entre nous?
Nanamy: ouais, bon, Kyouki, c'est pas un jeu télévisé non plus, y'a pas de lot à gagner… Les chapitres 1 et 2 sont de moi (même si ma petite perverse chérie a ajouté quelques détails au chapitre 2… le début de notre collaboration!) . Le chapitre 3 est le résultat de sa perversité sadique et manipulatrice (Chibi-Kyouki: oh, que de compliments! merci merci )
Sur ce, bonne lecture, régalez vous… Enjoy!
Nanamy et Chibi Kyouki sont très heureuses et fières de vous présenter . . .
Candide pris entre deux corps
A consommer sans modération !
Chapitre 3: Entre feu et glace, une danse indigo
deuxième étagère… S… Shi… Shinigamis… Ah! le voilà!
Le lieutenant aux cheveux blond jeta un œil inquiet autour de lui, et rassuré d'être seul dans le rayon, attrapa d'un geste vif le livre à la reliure rouge et noire, sur lequel s'inscrivait en lettres d'or: Shinigamis, amour et zanpakutô: la passion du Sereitei
Fébrilement, il commença à lire les premières lignes, ponctuant régulièrement sa lecture de regards angoissés vers les différentes rangées de l'immense bibliothèque. Mais les livres semblaient être les seuls témoins de ces étranges activités…
Depuis quelques siècles, la bibliothèque avait vu fleurir une nouvelle littérature pour shinigamis: au-delà de simples revues politiquement incorrectes, s'épanouissait dorénavant de nombreux ouvrages sur l'émotionnel et la sensibilité de nos chers porteurs de sabres, mais surtout des livres traitant de relations entre capitaines et lieutenants, entre les plus grands hommes, et leurs subordonnés non moins masculins…
La lecture de la préface avait déjà transporté le jeune shinigami, qui lisait à voix basse sans s'en rendre compte, chuchotant avec ferveur les mots qui semblaient lui promettre la paix intérieure..
Laissez-vous pénétrer par l'atmosphère de ces différents récits, qui sauront vous insuffler le courage nécessaire, le calme et la volupté dont vous avez besoin pour aller de l'avant. Abandonnez votre censure intérieure et devenez un de ceux qui désormais…
«Qui désormais osent tout, absolument tout et qui sustentent par la perversité leur luxure inassouvie.» compléta une voix grave et posée, dans un sourire sans équivoque. Ses yeux perçants semblaient avoir piégé le lecteur, rouge de confusion, incapable de dire quoi que ce soit. Il était à sa merci.
Kira se sentait au plus mal, devant lui se tenait, du haut de sa stature imposante et vénérable, quelqu'un qu'il n'aurait jamais imaginé arpenter ces allées sombres de l'antique bibliothèque.
Lentement, le jeune homme releva les yeux, si lentement qu'il pensait que l'obscurité allait envahir l'étroit couloir, et le sauver de ces prunelles étincelantes. Mais en ce bel après-midi, aucune ombre ne vint le secourir, et la lumière cognant sur la fenêtre derrière ce visiteur inopiné l'irradiait dans un halo incandescent. Cette flamme blanche, loin de rassurer Kira, l'effrayait d'autant plus qu'il semblait si grand, si inaccessible dans ce manteau de pure évanescence. Le motif de la présence du blond, ainsi que le volume qu'il tenait entre ses mains semblaient contraster de façon indécente avec cet homme admiré et respecté.
«Je… Je…» tenta vainement Kira, dont la voix se perdait. A cet instant, son cerveau avait cessé de fonctionner: qu'allait-il se passer? Un silence pesant s'installa, et il sembla au jeune lieutenant qu'il durait depuis plusieurs heures lorsque l'autre prit la parole:
«Ne sois pas si surpris» ajouta le capitaine à la longue robe blanche «regarde plutôt en bas de la dernière page»
Les mains tremblantes, le jeune homme examina la fameuse page, où était inscrit en italique Avec la vénérable collaboration du Capitaine Aizen
Fixant avec appréhension Aizen, Kira ressemblait à une statue telles qu'on en faisait dans la Grèce antique, le teint incroyablement blanc de son visage rappelant la pureté de ces vieux marbres polis.
«Alors vous… vous…»
«Mon cher Kira, si tu ne peux t'exprimer correctement, j'ai bien peur que nous ayons du mal à communiquer! Alors laisse-moi te parler un peu de ce livre, pendant que tu reprends tes esprits»
N'étant pas interrompu par le lieutenant, Aizen continua:
«J'ai participé à l'écriture de ce livre il y a quinze ans maintenant, et je regrette de n'avoir pu éditer un ouvrage plus récent, mais mes nouvelles responsabilités m'en ont empêché. Si tu te décides à le lire, tu pourras constater que j'ai vraiment… intimement… participé à son élaboration».
Aizen avait prononcé ces derniers mots avec une intonation grave, presque dans un murmure, et lors de son récit il s'était doucement rapproché de Kira.
Celui-ci, encore sous le choc de la révélation, ne s'était rendu compte de rien. Le regard perdu dans le vague, il tentait de remettre de l'ordre dans les pensées qui zigzaguaient férocement dans son crâne. Il se demanda tout à coup ce qu'Aizen entendait par «intimement», et la réponse arrivant enfin à son cerveau, ce nouvel aveu annihila le reste de ses forces. Comme anesthésié, il s'appuya sur l'étagère derrière lui pour ne pas tomber.
Le corps de Kira s'était figé, adossé sur les rangées de livres sagement entreposés là, les pages bruissant légèrement au rythme de sa respiration, dont il tentait de dissimuler l'aspect saccadé. Les yeux obstinément tournés vers le plancher, il aurait aimé, à cet instant précis, n'être qu'un de ces insectes qui vivent dans l'ombre et se repaissent de sciure. Mais il était un shinigami loyal et serviable, lieutenant de surcroît, et il faisait face à un capitaine. Le code lui imposait de montrer à son supérieur des preuves de respect, mais son attitude fébrile et ses yeux coupables l'empêchaient de saluer le capitaine. Il ne parvenait même pas à regarder le pli de sa robe, qui bougeait doucement sur le sol. Ses mains, glacées, soudainement lourdes, pendaient de chaque côté de son corps. Il n'avait plus aucun pouvoir sur ses membres. Kira était comme un petit animal pris dans le regard hypnotique d'un serpent: condamné avant même d'espérer avoir une chance de rédemption.
Le capitaine, son étrange sourire toujours aux lèvres, semblait prendre un plaisir inouï à jouer avec les nerfs du lieutenant. Puis, ayant décidé qu'il avait eu droit à suffisamment de répit, il s'approcha au plus près de Kira, frôlant presque ses mèches dorées. Il se plaça face à lui, diminuant peu à peu l'espace que le jeune blond tentait de préserver entre eux. Kira se surprit à prier pour qu'il se transforme en l'un de ces livres, et qu'il disparaisse ainsi des griffes du capitaine à lunettes.
Toujours plus proche, Aizen pouvait maintenant sentir le souffle irrégulier de Kira sur son cou. Son odeur, étrange mélange de fleur de lin et de coton, à laquelle s'ajoutait cette fragrance qu'ont les vieux livres, vieillissant sur d'obscures étagères, attisaient ses sens, et lui donna envie de contrarier légèrement ses plans. Après tout, il pouvait bien le bousculer un peu, l'attente patiente avait perdu auprès d'Aizen tout son attrait. Dorénavant, il désirait posséder cette odeur, la mêler à la sienne, en faire une part de son propre parfum… Il se demanda quelle était l'odeur de son corps après l'amour, ce que ses cheveux imprégnés de sueur exhalaient. Son regard s'anima légèrement, trahissant les scabreuses pensées qui le hantaient. A quelques centimètres seulement du jeune homme, il discernait les petits éclats dorés qui parsemaient ses pupilles, dilatées par la peur. Oui, Kira n'avait jamais été aussi désirable que lorsqu'il avait perdu tout pouvoir sur lui-même…
Tandis qu'il plantait son regard dans les prunelles tremblantes du jeune shinigami, Aizen lui susurra quelques mots au creux de l'oreille, tandis que son corps se faisait toujours plus proche. Kira pouvait sentir la chaleur qui émanait de son corps se mêler à la sienne, à moins que ce ne soit le contact de la main du capitaine sur son bras qui rendit l'atmosphère si dense…
Aizen promenait maintenant le bout de ses doigts sur l'avant-bras du blond, partant innocemment de la tranche du livre au cœur de cette altercation, pour ensuite effleurer ses doigts, sa main, son poignet tout entier, et il remontait petit à petit, froissant la manche de Kira qui cédait dans un sifflement qui aurait pu passer pour un cri d'indignation. Ses doigts chauds et malicieux avaient maintenant atteint le coude du subordonné, dont la peau si réactive se faisait le théâtre de son supplice intérieur: Le lieutenant, à travers la riche étoffe qui entourait le corps de cet homme si magnétique, pouvait imaginer les courbes de son torse, la finesse de sa taille, il voyait beaucoup plus nettement que de raison les deux lignes qui encadraient son bassin se rejoindre entre ses jambes… Il tremblait sous les légères caresses de ce dernier, imaginant la dextérité de ses mains, la puissance de son corps, l'intonation de sa voix lorsqu'il sentait l'orgasme monter, les soupirs d'aise qui feraient résonner son torse, et trembler ses membres…
La voix suave et profonde du capitaine résonna comme une invitation diaboliquement tentatrice, et Kira frissonna de tout son être lorsqu'il entendit ces mots:
«Je sais que pour toi, chuchota Aizen, avoir Gin comme… compagnon… ne doit pas être facile tous les jours… Ce shinigami a le don de fermer son esprit à tout ce qui lui est extérieur. Je ne sais s'il se rend compte de ta souffrance actuelle, mais s'il advenait que cette frustration devienne à ce point… insoutenable… garde à l'esprit que je suis disposé à… t'écouter… corps…et…âme» .
Aizen, dont le discours était fortement emprunt de bluff et de suppositions, se vit conforté dans la justesse de son analyse par l'attitude passive et inerte du jeune homme. Vraiment, sa finesse d'esprit et son empathie devenaient lassantes, parfois…
Lentement, sa main droite continuait de remonter le long du bras du lieutenant, à mesure que sa voix se faisait suave et haletante. Ayant vaincu sa manche, relevée jusqu'à son épaule, Aizen approchait lentement ses lèvres du cou du blond, il pouvait sentir l'odeur si familière et excitante de la peur se répandre en fine gouttelettes sur sa peau. Son envie d'y goûter devenait de plus en plus forte, et il se demanda si un suçon à cet endroit entraînerait de fâcheuses réprimandes à Kira une fois que Gin l'aurait remarqué… Car évidemment, Gin était totalement incapable d'offrir une telle marque à son subordonné, il se concentrait uniquement sur son plaisir et sa domination… Aizen perça ses lèvres de sa langue pointue et avide de luxure, et lui fit découvrir le cou du lieutenant, avant de refermer sa bouche sur… le vide. Les membres du capitaine se crispèrent soudainement, et il attrapa prestement un livre au-dessus de la tête du blond effaré. Le visage si troublé quelques secondes auparavant redevenu impassible, seuls ses yeux trahirent le souvenir de son désir lorsque Aizen demanda, d'une voix grave et assurée:
«Qu'y a-t-il, Hinamori?»
La jeune femme s'approcha timidement de son supérieur, et Kira profita de cette occasion pour s'éclipser. Encore remué par les derniers évènements, il décida de retourner aux bureaux de sa division pour se calmer les nerfs en classant quelques dossiers.
Il va croire que je le harcèle pensa la jeune femme, effrayée.
Mais elle n'avait pu attendre leur rendez-vous le soir même, les courbes de son corps étaient gravées trop profondément dans sa chair. Comme une droguée, elle revenait continuellement vers la source de son bonheur.
Cachant son ennui derrière les verres de ses lunettes, Aizen se força à sourire. Après tout, l'irruption inopinée de sa subalterne, non, de son jouet favori, pourrait bien lui être utile cette fois…
«Je suis désolée de vous déranger ainsi, s'excusa Hinamori, les joues en feu, mais je ne pouvais attendre plus longtemps, je vous avoue que je m'inquiète depuis quelques temps…»
«Que se passe-t-il? Voyons, tu sais que tu peux avoir une confiance pleine et entière en moi. Nous sommes beaucoup plus que de simples shinigamis, n'est-ce pas?»
Entendant ces mots, Hinamori sentit une bouffée de chaleur se répandre dans ses membres, et soudain elle eu honte de sa visite: comment pouvait-elle douter des sentiments de son capitaine?
«Oh, c'est juste que… je… enfin, je vous vois de moins en moins souvent ces derniers temps, et je… je me demandais si…»
Ne la laissant pas achever sa phrase, Aizen prit la jeune femme dans ses bras, et lui murmura:
«Je suis navré de te délaisser ainsi, ma chère Hinamori, mais sache que tu n'y es pour rien, c'est que je suis assez préoccupé ces derniers temps…»
Apercevant le regard habilement morne et triste de son supérieur, elle s'écria:
«Oh, ne vous excusez pas, capitaine Aizen! Ce n'est rien!Mais, si je peux me permettre, quel est ce doute qui dévore votre coeur? Y a-t-il quelque chose que je puisse faire? Demandez-moi, je vous en prie, n'ayez pas peur de vous en remettre à moi! »
«Eh bien, il y a quelque chose que tu pourrais faire, mais je redoute ta réaction… me fais tu confiance, Hinamori? Pourrais-tu m'obéir aveuglément dans la mission que je vais t'investir?»
Avant même de voir le sourire de la jeune shinigami rayonner sur son visage, Aizen savait que la partie était gagnée. Il s'efforçait de ne pas rire, tellement la naïveté de cette femme florissait sous ses soins assidus… Vraiment, il se demandait si le reste serait aussi facile…
Assis sur sa chaise, les jambes fermement posées sur le sol, les coudes sur le bureau et la tête dans les mains, Kira relisait pour la dix-huitième fois la première ligne de ce rapport qu'il avait attrapé au hasard. Son cœur battait la chamade, propulsant à un rythme plus que soutenu des litres de sang dans son corps. Il lui semblait que son cerveau devenait de plus en plus lourd, et par moments un voile rouge recouvrait sa vue. Il était là depuis 10 minutes, et il ne parvenait à calmer ni son cœur, ni ses pensées, ni la vie qui était apparue entre ses jambes lorsque le capitaine Aizen avait failli l'embrasser.
Si Hinamori-chan n'avait pas été là… pensa-t-il, complètement remué par ces précédents évènements… non, il valait mieux ne pas y penser… Ne pas se souvenir de sa main contre son bras, de son souffle sur son cou, de sa langue sur sa peau, de son parfum qui s'était insinué en lui, de la douceur avec laquelle il lui avait parlé, des images qui lui étaient alors apparues…
Les joues en feu, Kira ouvrit le livre qu'il avait été chercher à la bibliothèque, pour y chercher les passages écrits par Aizen-sama. Il brûlait de connaître la nature de ses précédentes relations, d'y retrouver le caractère doux et sensuel qu'il avait entraperçu quelques minutes plus tôt. Le bruit d'une porte qui claque le fit sursauter, et il se retrouva, pour son plus grand malheur, nez à nez avec un capitaine aux yeux rouges, dont l'éternel rictus semblait intrigué par la lecture de l'infortuné blond.
Oh non, pas encore… Kami-sama, que vous ai-je fait pour mériter une telle journée? Pourquoi ne puis-je pas être tranquille un moment? Pourquoi vient-il maintenant au bureau alors qu'il n'y travaille jamais? POURQUOI?
Mais Kami-sama était sûrement trop occupé pour répondre aux questions fatalistes du lieutenant de la troisième division. A sa place, ce fut Izumaru Gin qui interrogea le pauvre Kira:
«Tiens tiens tiens, mais qu'est ce que je vois là? Ne serait-ce pas l'un des chefs-d'œuvre de notre bibliothèque? As-tu demandé à Aizen-sama de te le dédicasser?» S'enquit-il d'un air moqueur.
«Tu aurais pu trouver mieux, dans le genre histoires fleurs bleues, entrecoupées de scènes poétiquement sensuelles à la romance fanée… Mais si la lecture t'intéresse, je peux te ramener quelques ouvrages qui te siéront beaucoup mieux… je dois avoir un ou deux vieux livres plus explicites dans mes tiroirs… et puis, le cuir et le rouge aux joues vont mieux à ton teint» Ajouta-t-il, riant de l'air gêné de son subalterne.
Kira regardait avec angoisse son supérieur, se demandant quelle serait la sanction appropriée face à un tel manque de tenue pendant les heures de travail. Il se doutait que la sentence n'aurait rien à voir avec des travaux ménagers ou des heures supplémentaires…
«Kira» reprit l'homme aux yeux rouges «Tu devrais faire une pause: à travailler avec autant d'application, tu es vraiment trop tendu» dit-il en regardant avec intérêt l'entrejambe de son lieutenant, dont l'activité ne lui avait pas échappée.
Le blond, rouge de confusion et de honte, s'approcha de Gin et, les yeux baissés, l'attrapa par la taille et tenta de l'embrasser dans le cou, après avoir murmuré un «pardon, Taichô».
Il aurait aimé, à ce moment là, retrouver la tendresse des bras d'Aizen, mais ce fut une voix sèche et arrogante, un brin méprisante qui le ramena à la triste réalité:
«Tu devrais cesser de lire ces romans, ça te donne de mauvaises idées, Kira» reprit le capitaine, en se dégageant brusquement de ses bras «En revanche, ta bouche est beaucoup plus à sa place…ici…» continua-t-il en appuyant sur la tête de son subordonné, le forçant à s'agenouiller. Kira se retrouvait face à la seule chose que son supérieur voulait bien partager avec lui… Démoralisé par la tournure que prenaient les évènements, le blond hésita à défaire le ceinturon qui retenait le pantalon à la taille de Gin. Il ne pouvait s'empêcher de se remémorer la voix douce et câline d'Aizen, l'affection qui transparaissait dans ses gestes, le respect évident qu'il lui avait manifesté… alors que lui n'était qu'un jouet pour l'objet de ses désirs.
Gin, à qui le manque d'entrain de Kira n'avait pas échappé et l'ennuyait au plus haut point, dégaina son zanpakutô et entailla la joue de son subordonné. Celui-ci, que la douleur avait ramené hors de ses tristes pensées, sursauta et s'excusa d'un air penaud.
«Je ne pensais pas que tu étais un de ces petits chiens aux yeux tristes, de ceux que j'ai envie de taper du pied dedans quand je les croise… mais si c'est le cas, il va falloir que je te dresse mieux alors. Peut être n'ai-je pas été assez sévère»
Tout en disant cela, Gin tournait autour de son subordonné, toujours à genoux, et de temps en temps entaillait sadiquement son kimono, laissant perler quelques gouttes de sang sur le tissu. Dès que le pauvre Kira gémissait, Gin redoublait ses coups, enfonçant plus profondément sa lame dans sa peau quelques temps plus tôt flattée et caressée…
Le blanc de ses vêtement se paraît d'une neige rouge, chaude et cuisante, et plus Gin punissait, plus le lieutenant sentait des larmes lui monter aux yeux. Mais ce n'était pas des pleurs de douleur: le shinigami qu'il était avait survécu à de bien pires tortures. Non, ces diamants d'eau était emprunts d'amertume et de tristesse: pourquoi n'avait-il pas droit à un peu de tendresse et de compassion? Probablement parce que ce n'était pas ce que le capitaine recherchait. Il avait accepté de le servir, il serait sa marionnette jusqu'au bout, il n'avait pas le droit d'attendre une preuve d'affection. Regardant son bras sanguinolent, Kira compara le sang qui s'écoulait lentement de son corps à ses vains espoirs d'amour qui le fuyait. Son cœur se resserra sur un vide immense, et il ravala ses larmes pour redevenir l'objet sans personnalité qui plaisait tant à cet home si froid: Kira remit le masque servile et loyal du jouet sur son visage dévasté par la solitude.
Las de le frapper, Gin examina la lame de son sabre et, voyant que le sang du blond maculait le métal tranchant, il lui ordonna de la nettoyer:
«Tu ne crois quand même pas que je vais me balader avec ton sang sur ma lame? Il n'est même pas d'un rouge acceptable, il ne fera que ternir l'éclat de mon zanpakutô… Qu'est-ce que tu attends? nettoie-moi çà!» Joignant le geste à la parole, il plaça son sabre sous le nez de Kira, qui commença à lécher prudemment le métal, veillant à ne rien laisser sur l'arme, craignant à tout instant de s'y couper la langue. S'il avait voulu, Gin aurait pu lui trancher la tête, il était totalement à sa merci. Le capitaine s'en rendait bien évidemment compte, et cette situation exacerbait son sadisme et son plaisir de domination. Lorsque le blond eut fini de la nettoyer, il rangea la lame dans son fourreau, et gratifia son subordonné d'un «brave bête!» en lui ébouriffant les cheveux d'un air satisfait.
Voulant se relever, Kira sentit un pied appuyer sur sa colonne vertébrale:
«Depuis quand les chiens peuvent-ils se lever? reste couché! Gentil Kira, gentil»
Kira se coucha à ses pieds, lorsqu'un coup bref porté à la porte le fit sursauter: il rampa jusque sous le bureau que lui indiquait son supérieur et, à l'abri derrière la cloison de bois, il entendit sa voix détachée prier l'inconnu d'entrer.
Le sang du subordonné se glaça lorsqu'il entendit la voix de l'interlocuteur remercier Gin de lui avoir accordé ce rendez-vous. Ce fut en effet une belle voix grave et posée qui salua poliment le capitaine de la troisième division. Chaude, sensuelle, feutrée, cette voix semblait promettre des intonations magnifiques dans le feu d'une danse à deux… Nul doute, Kira avait reconnu la voix d'Aizen-sama.
Assis à son bureau, l'homme aux yeux rouge discutait avec sérieux et pondération au sujet d'une certaine shinigami qui aurait fait une incartade à la dernière mission…
Kira ne s'intéressait pas à cette histoire, il s'efforçait de paraître discret, et d'oublier la présence des deux hommes qui troublaient son cœur en cet instant. Perdu dans ses pensées, son attention fut alors attirée sur une des mains de Gin qui, glissée sous le bureau, dégrafait lentement son pantalon. Le sang du blond ne fit qu'un tour, il ne comprenait que trop bien ce que voulait son supérieur. Le membre dressé de Gin libéré, Kira ne pouvait faire autre chose que le fixer, piégé dans un mutisme total: il ne pouvait pas faire çà alors qu'Aizen-sama se trouvait juste derrière le bois laqué du bureau…
Un coup de pied bien placé du capitaine , vexé par son manque d'activité, l'atteignit en plein thorax, et il étouffa un gémissement. Il crut défaillir lorsque la voix tant redoutée s'arrêta net:
«Qu'est-ce que c'était?» demanda Aizen, légèrement surpris.
«Oh, ce n'est rien, sûrement une pile de dossiers tombée dans le placard… Ce cher Kira devrait faire son travail un peu plus consciencieusement… heureusement que je suis là pour le superviser! mais je vous avouerais que cette tâche m'ennuie au plus haut point…»
Après un court silence, que Kira interpréta comme un hochement de tête de la part d'Aizen, leur discussion reprit. Le blond contenait sa tristesse, à laquelle se mêlait une forme de colère jusque là insoupçonnée: comment osait-il le dénigrer devant Aizen-sama?
Cependant, Kira était pris au piège: il ne pouvait faire autrement que de s'exécuter, sinon Gin révèlerait sa présence, et là, il devrait affronter les yeux clairs d'Aizen et le rire démoniaque de son supérieur… Une boule dans la gorge, le cœur serré par l'amertume et la peur au ventre, Kira commença à s'occuper de son capitaine. Lentement, il le saisit, et glissa ses mains le long de son membre durcit, insistant légèrement sur la ligne claire qui parcourait son sexe, s'attacha à le décalotter correctement et, entre deux baisers, il le caressait doucement. Imaginant qu'il tenait là la virilité d'Aizen, un feu nouveau s'embrasa en lui, et il mit plus d'ardeur à l'ouvrage: ses baisers devirent passionnés, ses coups de langue diablement tentateurs, s'approchant petit à petit du plaisir qu'il devait lui donner. Formant un rond avec sa bouche, humectant ses lèvres, il créa un antre dans lequel vint danser la dague de chair, resserrant parfois ses lèvres, narguant d'un coup de langue le bout violacé. Kira s'enhardit, et promena ses mains le long de son ventre, remontant sous la chemise de Gin, de plus en plus haut, jusqu'à atteindre la limite de la cachette improvisée que lui offrait le bureau. Le blond sentait des tressautements dans sa bouche, il savait la délivrance proche, autant pour lui que pour son supérieur. Concentré sur son œuvre, il ne remarqua pas le silence qui s'instaura, et fut surpris d'entendre la porte du bureau claquer sur les talons d'Aizen, couvrant dans un bruit sourd les gémissements rauques de Gin. Kira fut inondé d'un liquide blanc au goût si familier pour lui maintenant, et il entreprit de nettoyer proprement le membre fatigué.
Le capitaine, le souffle court, les yeux mi-clos, ordonna d'un geste à Kira de ramper hors du bureau.
«Brave petit! murmura-t-il, satisfait, «je crois que ta punition s'achève ici… pour l'instant. N'oublie pas de terminer les dossiers avant ce soir, je déteste le travail en retard. Je te laisse, je vais rejoindre Rangiku-san à l'aire de combat… le perdant paye le saké. Et n'oublie pas, si tu tardes trop, il se pourrait que la niche» désigna-t-il en pointant un doigt vers le bureau « te soit obligatoire pour un certain temps»
Sur ces mots si distants, si blessants, Gin disparu dans les couloirs de la troisième division, laissant Kira seul, à quatre pattes sur le sol, le corps couvert de plaies et des bleus plein le cœur.
Je ne comprends pas, je ne comprends plus… je ne veux plus comprendre… je ne veux plus cela, je veux que çà s'arrête… qu'ai-je fait pour mériter cela? comment puis-je m'en sortir? comment renoncer à cet homme? comment affronter ma solitude, son mépris et ma déchéance? Comment? COMMENT????
Perdu dans se pensées, le jeune lieutenant fut ramené à la réalité par une douleur qui électrisait ses membres: le sel de ses larmes irradiait dans les plaies de son bras et sa joue était en feu. Furieux de sa faiblesse, le blond essuya ces reliquats d'émotion d'un geste rageur et, se relevant lourdement, se dirigea vers la porte. Sa décision était prise, pour une fois dans sa vie il était résolu à suivre son cœur et son corps: il allait aller retrouver Aizen-sama. Pourquoi exactement? Il n'en savait rien, mais il ne pouvait endurer cette situation plus longtemps. Il nageait vers un courant nouveau, dont il ignorait tout. Une question, unique, glaçant l'air qu'il respirait autour de lui, le taraudait, martelant ses pas, régnant sur son esprit: Cette mer nouvelle à laquelle il voulait s'ouvrir semblait si sauvage, si profonde, si obscure… Allait-il s'y noyer?
Alors, verdict? Suis-je à la hauteur des aspirations de Nanamy? Une petite review pour partager vos impressions .à bientôt pour de nouvelles aventures:P
Nanamy: Eh, nan mais oh, tu te prends pour qui, là? c'est MOI qui conclue les chapitres! (Kyouki est punie, boude) donc … euh… ben en fait, elle a déjà tout dit, donc on se retrouve au prochain chapitre !
Au menu du prochain chapitre, un nouveau couple qui s'éveille dans le monde si particulier des Shinigamis où tout peut arriver . . .
Serez-vous présent au prochain épisode ?
