Chapitre Deux: Ça recommence
Michael regarda Mahone sortir de la voiture et marcher vers lui. Il n'avait pas prévu cela, mais il espérait qu'une idée lui viendrait. Ses actes n'étaient pas calculés, et ça l'inquiétait, mais il ne pouvait pas laisser Sara se faire prendre. Il préférait l'être à sa place plutôt que de laisser quoi que ce soit lui arriver, à elle ou à Lincoln, à cause de lui.
Michael remarqua que Mahone était seul, il ne voyait aucun renfort.
« Tu es venu seul, Alex ? » dit Michael lorsque Mahone fut assez près pour l'entendre. « Risqué. »
Ce dernier mis une main dans sa veste et en sortit une arme, la tenant vers le bas, pointée vers le sol.
« Tu vas me tuer ici ? Personne ne verrait rien. » Il regarda autour de lui, dans la rue. Quelques piétons étaient visibles, ainsi que des voitures qui roulaient. « Tu n'es pas aussi prudent que tu l'étais pour Oscar Shales » continua-t-il.
« Ferme-là » ordonna Mahone, agacé.
« Ou vous pourriez m'arrêter. Mais alors je serais en garde à vue, protégé. Vous auriez moins de chance de trouver une occasion de me tuer. »
« C'est moi qui ait le flingue, ok ? Alors tais-toi. » Exigea-t-il, faisant un pas de plus vers Michael alors que son arme s'éleva un peu.
Soudain, il y eut un bruit derrière Mahone, le son d'une chaussure contre le sol dur. Michael regarda derrière Mahone pour voir d'où provenait le bruit, et il vit qui l'avait produit. Sara. Elle se tenait à l'écart, et Michael remarqua l'expression bouleversée sur son visage. Mahone se retourna rapidement, suivant le regard de Michael, et chercha aussi la source du bruit.
Michael agit instinctivement, et il fit la seule chose à laquelle il pensa et qui pourrait les sortir de cette situation. Utilisant le moment de distraction de Mahone par l'apparition soudaine de Sara, et comme il avait la tête tourné, Michael se précipita vers lui. Il saisit le bras de Mahone qui tenait l'arme, et utilisant ses deux mains, le tordit violemment derrière son dos. L'agent du FBI gémit de douleur et essaya en vain d'utiliser son bras libre pour arrêter Michael. Celui-ci envoya un coup de pied à l'arrière de son genou-un truc que Lincoln lui avait appris alors qu'ils étaient gamins- qui eut pour conséquence de faire se plier légèrement la jambe de Mahone, alors que Michael réussit à arracher l'arme de sa main, toujours tordue derrière son dos.
« Michael, » Sara prononça son nom alors qu'elle jeta un coup d'œil, derrière son épaule, à un homme d'un âge moyen et une femme qui s'étaient apparemment arrêtés de marcher et qui regardaient la scène de loin. La femme se tenait un pas derrière l'homme et tenait fermement son bras, comme si elle voulait le retenir en arrière.
Michael leva les yeux et vit ce que Sara regardait, une autre indication qu'ils devaient partir. Maintenant.
Michael pointa l'arme sur Mahone alors qu'il reculait loin de lui.
« Cours, Sara. Je serais juste derrière toi, » dit-il à la jeune femme alors qu'il ne quittait pas Mahone des yeux.
"Fuir encore ne va pas vous aider, Michael, » l'averti ce dernier.
« C'est une meilleure option que de se faire tuer, par vous de surcroît, » dit Michael alors qu'il continuait de reculer, augmentant la distance entre eux avant de se retourner et de courir, suivant Sara.
x x x
Michael et Sara arrivèrent à un entrepôt délabré et coururent à l'intérieur, s'arrêtant un instant pour reprendre leur respiration. Sara saisit l'occasion pour poser une question qui lui était venue à l'esprit alors qu'ils couraient.
« Où est Lincoln? »
« Sur le bateau. »
« On doit aller là-bas alors, » dit-elle très vite.
« C'est trop tard, » déclara-t-il simplement. « Le bateau a déjà dû partir maintenant. »
Il n'y avait pas de reproche dans sa voix, il parlait d'un ton détaché.
« Tu es sûr ? » interrogea-t-elle, alors qu'elle savait que Michael avait probablement raison. « On pourrait se dépêcher et … » s'égara-t-elle. Elle ne pouvait pas croire ce qu'il se passait.
« Non, le bateau devait partir à euh … » Il jeta brièvement un coup d'œil à sa montre. « Il y a huit minutes. »
Sara se demanda un instant comment il pouvait lire si vite le temps alors qu'il avait à peine jeté un regard à sa montre. Mais cette pensée quitta vite son esprit alors qu'une légère panique s'empara d'elle.
« Qu'est-ce qu'on fait ? » demanda-t-elle, les yeux écarquillés.
« On doit partir » dit Michael en haletant.
« Où? »
« Je n'en suis pas sûr, » confessa Michael. Sara ne pouvait pas cacher l'inquiétude sur son visage, elle ne se souvenait pas avoir entendu Michael dire qu'il ne savait pas quoi faire ensuite. Elle était habituée à ce qu'il sache exactement quoi faire, même dans les situations qui n'étaient pas planifiées. Mais à cet instant, en cette seconde, il ne connaissait pas la réponse. Ils restèrent tous deux silencieux pendant un instant,
et de l'expression concentrée sur son visage, Sara pouvait dire qu'il essayait calmement de trouver une solution. Sa panique descendit d'un cran quand il parla.
« Où est ta voiture ? » Demanda-t-il.
« Juste au coin, » répondit-elle en pointant instinctivement l'endroit derrière son épaule.
« OK. » Il se dirigea vers une fenêtre et regarda à l'extérieur pour découvrir que la rue était déserte. Il s'approcha de la porte puis regarda derrière lui, étendant son bras vers Sara. « Viens par là. » Elle se précipita vers lui et pris sa main. Juste avant qu'ils sortent, il lui demanda doucement : « Tu n'as rien ? »
« Oui, ça va », le rassura-t-elle avec un bref sourire.
Michael sortit tandis que Sara le suivait de près. Ils restèrent sous le couvert de l'immeuble alors qu'ils le contournaient, Sara gardant ses yeux accrochés au dos de Michael, regardant par terre pour éviter de montrer son visage si quelqu'un passait par là. Elle ne leva les yeux que lorsqu'elle sentit Michael s'arrêter, et elle réalisa qu'ils se trouvaient du côté passager de la voiture. Elle fouilla dans son sac, le remit sur son épaule et en sortit les clés, déverrouillant la voiture puis les passant à Michael. Il s'en empara, ouvrit rapidement la portière et exhorta doucement Sara à y monter, avant de faire rapidement le tour du véhicule-tout en restant résolument calme-et de prendre place sur le siège conducteur. Il boucla sa ceinture et fit brièvement tambouriner ses doigts sur le volant avant de démarrer et de descendre Chicago Street. Sara voulu demander où ils allaient, mais elle ne voulut pas obliger Michael à lui donner des réponses, surtout s'il ne les avait pas. Mais après un instant, comme s'il sentait l'inquiétude et la confusion de Sara, Michael prit la parole.
« Nous devons quitter Chicago ce soir. Mahone sait que nous sommes ici. »
« Est-ce qu'il ne va pas se douter que l'on va essayer de partir alors ? » interrogea Sara, et Michael s'aperçut qu'elle s'habituait à être constamment en fuite. Cette pensée ne lui apporta aucun réconfort. Elle ne devrait jamais connaître une telle vie.
« Oui, mais nous n'avons pas d'autres choix, » dit Michael.
« Et le Panama ? On ne devrait pas essayer d'y aller ? » demanda Sara. Elle ne pouvait pas imaginer que Michael ne veuille pas rejoindre Lincoln. Jamais dans sa vie elle n'avait vu un lien si fort entre deux frères, ou peut-être personne partageant ce lien spécial qui unissait Michael et Lincoln.
« Pas encore » dit Michael, une pointe de mystère dans la voix.
« Et Lincoln? »
« Il est en sécurité » dit Michael avec une pointe de soulagement. « Mais nous avons Mahone et ses agents aux trousses, et si on tente de le retrouver, nous allons les mener droit vers lui. »
Il y eut un silence pendant un instant. Les mots de Michael, bien que Sara sache que ce n'était pas son intention, lui rappelèrent la culpabilité qu'elle avait ressentie depuis que Michael était revenu pour elle-et s'était presque fait prendre. Elle voulait, et surtout elle avait besoin de s'excuser.
« Michael, je suis désolée. J'aurais dû savoir que j'allais être suivie. Si tu n'avais pas à t'inquiéter pour moi, tu n'aurais pas manqué le bateau. »
« Non, Sara. Ce n'est pas ta faute. Tu ne pouvais pas savoir. »
Sara acquiesça, une mèche de ses cheveux tombant sur son visage. Elle se sentait toujours coupable, mais il n'y avait pas de raison de débattre si oui ou non cette culpabilité était justifiée, surtout alors qu'elle savait que Michael ne dirait jamais rien pour lui faire penser qu'elle l'était.
« Je ne t'aurais jamais laissée te faire prendre » dit Michael d'un air décontracté.
Ce n'était pas des mots factices pour la réconforter, il s'agissait simplement de la vérité. Sara eut un sourire fugitif, mais Michael le remarqua.
