Ben voila… comme promis, le dernier chapitre de ma fic !!

Je me répète, certes, mais je remercie énormément tous ceux et celles qui l'ont suivi et qui m'ont encouragé à la continuer et j'espère que la fin vous plaira XD

Bonne lecture !!


L'arrivée des parents des rois et reines de l'ancien temps à Narnia fut un événement assez extraordinaire pour les habitants de Narnia, autant que pour les quatre concernés. Aslan les conduisit tous dans un grand salon, sous les regards surpris des deux adultes… voir un si grand lion, doué de parole qui plus est, les troubla quelques peu. Après s'être installé confortablement, Peter, avec l'accord de ses frère et sœurs, entreprit de raconter à ses parents toutes leurs aventures à Narnia en commençant par la première fois ou Lucy avait traversé l'armoire jusqu'à leur second départ de ce monde quelques semaines plus tôt.

Leurs parents eurent vraiment du mal à tout saisir : l'armoire magique chez le professeur Kirke, la sorcière blanche, Aslan, leur règne de 15 ans et leur retour en Angleterre comme si rien ne s'était passé, leur retour grâce à l'appel du Caspian et, surtout, le fait que leurs enfants soient des rois et des reines.

Caspian était resté silencieux dès lors que James et Helen Pevensie – car c'était leurs noms – étaient arrivé à Narnia. Il était heureux pour Peter, Susan, Edmund et Lucy car il savait qu'ils méritaient plus que quiconque d'être heureux mais il ignorait ce qui allait se passer désormais. Lorsque Peter eut expliqué à ses parents le pourquoi du comment, James et Helen s'inclinèrent maladroitement devant Caspian. Celui-ci leur sourit chaleureusement et les invita à se rassoir d'un signe de tête, incitant Peter à continuer.

- Alors… vous voulez dire que, lorsque vous nous avez demandé l'autorisation d'aller voir le professeur Kirke, vous aviez déjà l'intention de revenir à… Narnia ? demanda soudain leur mère avec une pointe de tristesse dans la voix.

Ce fut Lucy qui, cette fois, répondit à sa mère :

- Oui…

- Mais pourquoi ? La coupa sa mère.

Lucy lança un très bref regard à Susan et les quatre frères et sœurs s'entreregardèrent un instant, qui n'échappa nullement à leur père, et la cadette répondit :

- Nous… Narnia nous manquait tellement, maman. C'est… c'est devenue notre deuxième maison, tu sais, et, maintenant que tu es là, tu vas vite comprendre pourquoi, finit Lucy en souriant.

- Ce n'est pas grave Lucy, maintenant, nous sommes là. Mais comment cela se fait-il d'ailleurs ? demanda Helen en regardant tour à tour ses enfants.

Elle remarqua comme Susan était belle dans sa robe bleue et à quel point ses deux fils avaient grandi. Peter se tenait comme roi, fier et digne et Edmund n'était plus le petit garçon d'autrefois qui faisait tout pour faire enrager son frère. Ils avaient l'air plus proche et plus vieux, bien qu'ils aient toujours le même âge. Elle aperçut également le roi – Caspian, si ses souvenirs étaient bons – debout contre le mur, derrière le fauteuil qu'occupait Susan. Elle n'avait pas remarqué a quel point il était jeune - à peine un ou deux ans de plus que Peter – et elle devait avouer qu'il était beau. De nombreuse jeune filles devaient être amoureuses de lui… elle s'étonna d'ailleurs qu'il ne soit pas encore marié comme devait l'être un roi.

La voix grave du lion la tira de ses pensées et répondit à sa question :

- C'est moi qui vous ai amené ici, dit Aslan en regardant James et Helen, afin que vos enfants soient véritablement heureux à Narnia.

- Mais… tenta James, nous ne pouvons abandonner notre monde. Notre travail, notre famille, nos amis…

- Vous aurez des amis ici, le coupa Edmund et nous sommes là, nous.

Il remarqua alors à quel point son fils cadet avait grandi et mûri : il parlait avec sagesse et sa voix reflétait son véritable âge… 15 ans de règne avaient changé ses enfants. Peter paraissait plus vieux et plus réfléchi, Susan avait grandi et était devenue une très belle jeune femme et Lucy… Lucy s'était épanouie. Elle semblait lire en chacun et deviner les sentiments des autres… et son enthousiasme naturel avait su séduire de nombreuses personnes, semblait-il.

Susan n'avait encore rien dit depuis l'arrivée de ses parents. Elle était vraiment heureuse : elle était de retour à Narnia, avec l'homme qu'elle aimait, et ses parents étaient là eux aussi. Elle comprenait leur trouble… ne l'avaient-ils pas vécus également ? Mais elle voulait qu'ils soient heureux avec eux, que tous les six puissent vivre ensemble à Narnia.

- Papa, maman… commença-t-elle avec une note d'hésitation, nous nous en voulions d'avoir abandonné notre monde pour Narnia… de vous avoir abandonné. Mais Aslan a exaucé notre souhait et vous a fait venir ici… afin que nous soyons heureux. Mais, si vous ne l'êtes pas, alors nous ne le serons pas non plus.

La voix, pleine de douceur et de sagesse, de leur fille ainée ramenèrent les deux parents a la raison : bien sur qu'ils seraient heureux dans ce monde… avec leurs enfants. Il leur faudrait juste un peu de temps pour s'adapter à ce nouvel univers qui n'était pas sans surprises.

- Nous sommes vraiment contents que vous soyez là, vous savez, assura Lucy en allant se blottir dans les bras de sa mère.

Celle-ci caressa doucement les cheveux de sa file cadette et fit signe à ses enfants de venir la rejoindre. Susan, Peter et Edmund se levèrent et allèrent enlacer leurs parents sous le regard joyeux d'Aslan et des quelques Narniens venus observer les retrouvailles… dont Trompillon et Reepicheep. Caspian sourit et s'apprêtait à sortir de la pièce quand la douce voix de Lucy résonna :

- Caspian… restez ! Vous faites presque partie de la famille, dit-elle en jetant un coup d'œil amusé vers Susan.

Les deux concernés rougirent imperceptiblement et les deux parents levèrent les yeux vers le roi. Edmund réprimanda sa sœur du regard et répondit à l'interrogation de leurs parents :

- Eh bien… oui, Caspian est… il est devenu comme notre frère. C'est un excellent ami, essaya-t-il.

- Oui, c'est ça… renchérit Peter.

James et Helen ne répondirent rien mais leur regard laissait entrevoir qu'ils ne s'étaient pas laissés avoir par les cachoteries de leurs enfants. Mais Aslan mis fin à la conversation et proposa aux deux nouveaux venus d'aller se reposer dans leurs appartements avant le diner. Ils acceptèrent avec plaisir et les quatre frères et sœurs regagnèrent également leurs chambres.

Susan aurait voulu passer plus de temps avec ses parents et ses frères et sœur ; ils se retrouvaient enfin en famille dans ce monde qu'elle aimait tant. Et ses parents apprendraient à l'aimer aussi, comme l'avait dit Lucy, mais il leur faudrait surement un peu de temps. Elle entendit soudain quelqu'un frapper à sa porte et se leva pour aller ouvrir. Elle n'imaginait pas une seconde tomber nez à nez avec Caspian, mais ce fut pourtant le cas et le jeune roi pu voir de la surprise dans ses beaux yeux bleus. Susan n'avait plus pensé à ce qu'il s'était passé un peu plus tôt dans la cour du château mais, maintenant que Caspian se tenait devant elle, il lui semblait éprouver une certaine peur. De la peur d'être en face de l'homme qu'elle aimait ? Cela n'avait aucun sens. Elle avait rêvé de ce moment toutes ses nuits depuis leur retour en Angleterre. Non… c'était plutôt une légère appréhension face à ce qu'il allait lui dire.

Le jeune roi avait décidé de mettre fin au malaise qui régnait entre Susan et lui depuis la rencontre qu'ils avaient fait plus tôt dans la journée. Il voulait lui dire ce qu'il ressentait et tout faire pour qu'il n'y ait plus cette lueur de tristesse dans ses yeux.

- Susan, je… je peux entrer ? demanda-t-il timidement.

Elle lui sourit doucement et acquiesça. Il entra dans sa chambre et referma la porte derrière lui. Ils se tinrent face à face quelques instant, plongeant chacun leurs yeux dans ceux de l'autre.

- Susan, je… commença-t-il, je voulais m'excuser pour ce matin.

Susan fronça les sourcils : pourquoi s'excusait-il ? Il n'avait rien à se reprocher… Caspian compris son interrogation et continua, essayant de masquer la nervosité dans ses propos :

- Je voulais que tu saches que, pendant ces trois mois, je n'ai jamais cessé de penser à toi et de t'aimer. Même en sachant que je ne te reverrai plus, je n'arrivai pas à t'oublier et…

Il hésita quelques secondes puis reprit en voyant le regard surpris de Susan :

- Je sais qu'il aurait fallu que je me marie, et Adria était toute désignée pour être celle que j'aurais choisi mais… mais je ne pouvais pas. Et maintenant que tu es là…

Sa phrase resta en suspense car Susan posa doucement ses lèvres sur les siennes, l'empêchant d'aller plus loin. D'abord surpris, Caspian entoura ses bras autour de sa taille et approfondit leur baiser. Susan passa ses bras autour de son cou et l'embrassa plus passionnément encore. Elle savait désormais qu'il l'aimait autant qu'elle ne l'aimait et qu'il avait souffert autant qu'elle de leur séparation. Il la poussa doucement contre le mur, continuant de l'embrasser mais des coups frappés à la porte les empêchèrent d'aller plus loin.

- Su, tu es prête ? Appela la voix d'Edmund derrière la porte.

- Un minute, répondit Susan, en essayant sans grandes convictions de se séparer de Caspian.

- J'entre, prévint Edmund.

Mais, visiblement, personne ne l'entendit puisque, lorsqu'il ouvrit la porte, il aperçu sa sœur dans les bras du roi, les deux rougissant légèrement.

- Heu… désolé, s'excusa Edmund avec un sourire, je vais dire aux parents que tu n'es pas encore prête.

- J'arrive Ed, dit Susan et se dégageant finalement des bras de Caspian.

Edmund sortit de la chambre en souriant et alla retrouver ses parents, son grand frère et sa petite sœur, s'excusant pour Susan du temps qu'elle mettait à se préparer. Lucy compris rapidement, aux vues de la couleur des joues de son frère, qu'il s'était passé quelque chose. Elle se mit à rire mais ses parents ne saisirent pas la raison de son hilarité.

Dans la chambre de Susan, celle-ci finit d'attacher ses cheveux sous le regard brulant de Caspian et décida d'aller retrouver ses parents.

- Nous devrions y aller, proposa-elle a Caspian en souriant.

- Tu ne comptes pas leur dire ? demanda Caspian.

- Je préfère attendre qu'ils s'habituent un peu à ce monde, sourit Susan, avant de leur avouer que je suis amoureuse du roi.

Caspian sourit et acquiesça et, ensemble, ils se rendirent dans le salon où étaient réunie la famille Pevensie. Edmund rougit et Lucy pouffa lorsqu'ils les virent entrer ensemble, mais personne ne sembla y faire attention car Peter et ses parents étaient aux prise dans uns discutions importante sur les créatures existant à Narnia. Susan les interrompit et toute l'attention de reporta sur elle :

- Alors, demanda-t-elle à ses parents, comment vous sentez-vous ici ?

- Oh, eh bien… commença sa mère, nous devons juste nous habituer à croiser des animaux qui parlent, des centaures et des… comment dis-tu Lucy ? Des faunes, c'est ça ?

- Oui, répondit Lucy en souriant, des faunes.

Susan sourit à son tour. Il était vrai que ce monde était très différent de l'Angleterre et qu'ils avaient, eux aussi, eu beaucoup de mal à s'y sentir chez eux mais elle avait confiance en ses parents et ils s'y feraient vite.

- Ah tiens, j'en parlais avec Ed, dit soudainement Peter en se tournant vers ses parents, mais nous devons partir quelques temps du château pour nous rendre dans divers villages qui ont besoin d'un peu de discipline. Si ça vous dit, vous pouvez nous accompagner. Vous pourrez rencontrer d'autres Narniens et sympathiser avec eux.

James et Helen se regardèrent, un peu inquiets.

- Et vous laissez vos sœurs ici ? Seules ? demanda Helen.

- Elles ne seront pas seules, pouffa Edmund, Caspian reste au château… et, ajouta-t-il précipitamment devant le regard noir de Susan, Trompillon, Reepicheep et d'autres ne partent pas.

- Ah, répondit sa mère, eh bien… pourquoi pas. C'est vrai que ça nous ferait voyager.

- Oui, c'est d'accord, trancha James Pevensie.

Le diner se déroula dans le calme, aux grés de petites anecdotes racontées par Caspian ou Lucy et, le lendemain matin, Peter, Edmund et leurs parents partirent à cheval, accompagnés de quatre centaures, vers les villages concernés. Susan en profita pour passer le plus de temps possible avec Caspian mais celui-ci avait ses obligations de roi et ils ne pouvaient de voir que le soir. Malgré cela, Susan était heureuse et Lucy ne l'était que plus, elle aussi, de voir sa sœur sourire ainsi. Elles passèrent donc beaucoup de temps ensemble, se promenant dans la forêt, discutant avec Aslan, Trompillon ou Reepicheep. Susan passait également beaucoup de temps au terrain d'entrainement des archers afin de ne pas perdre la main. Mais, lorsqu'elle était seule, de nombreux jeunes telmarins tentaient de la séduire, ce qui agaçait prodigieusement Caspian et faisait rire Lucy. Mais au fond de lui, le roi savait qu'il n'avait rien à craindre et que le cœur de Susan lui appartenait entièrement. Mais cela ne l'empêchait pas de débarquer de temps en temps dans les jardins ou sur le terrain d'entrainement et d'emmener Susan loin de ses prétendants.

Peter, Edmund et leurs parents furent absents environ deux semaines. Deux semaines durant lesquelles Lucy put vagabonder dans le château et en forêt autant qu'elle le souhaitait et Susan put passer le plus de temps possible avec Caspian. Ils marchaient souvent ensemble dans les jardins et, de temps en temps, lorsque Caspian était occupé, Susan retrouvait Adria. Ce fut un peu dur au début : elles avaient du mal à se parler et à se regarder, mais au fil des jours elles passèrent plus de temps ensemble et devinrent… non pas inséparables, mais de bonnes amies. Au fond d'elle, Adria savait qu'elle n'avait aucune chance face à la reine Susan et elle l'accepta, essayant d'oublier que le roi avait battre son cœur.

Un après-midi, la rumeur du retour du roi Peter et du roi Edmund arriva au château et un grand festin fut organisé en leur honneur. Lucy et Susan se préparaient tranquillement dans la chambre de cette dernière lorsqu'une servante frappa à la porte. Susan alla ouvrir et la servante lui présenta un paquet :

- Sa Majesté le roi vous fait porter cette robe pour ce soir, reine Susan, dit-elle en s'inclinant respectueusement.

- Oh… merci, répondit Susan et prenant la robe.

- Fais vois, fais voir, s'écria Lucy, une fois que la servante fut partie.

Susan déplia la robe et la montra à sa sœur. C'était une magnifique robe dans les tons de bleus et de mauve, semblable à celle qu'elle portait le jour de leur départ de Narnia. Elle l'enfila, aidée par Lucy pour attacher le corset, et se regarda dans le miroir.

- Ouaa, Su, tu es… magnifique, s'exclama Lucy avec un grand sourire, Caspian ne pourra pas te quitter du regard.

- Merci Lucy, sourit Susan en rougissant légèrement, allons les accueillir.

Lucy et Susan sortirent de la chambre et se dirigèrent vers la cour afin d'aller retrouver leur petite famille. De nombreux jeunes hommes se retournèrent à leur passage, et cela fit rire Lucy.

- Ce n'est pas drôle, Lu, rouspéta Susan.

- Oh que si… si tu voyais ta tête.

Elles arrivèrent finalement dans la cours, où Caspian, Glenstorm et Reepicheep attendaient déjà les arrivants. Lucy riait de voir sa sœur si gênée et Susan fronçait les sourcils d'indignation mais à la vue de Caspian, elle reprit son sourire. Celui-ci ouvrit les yeux de stupeur lorsqu'il a vit : elle était vraiment elle… plus que belle. Il vit Lucy murmurer quelque chose à l'oreille de sa sœur et Susan se mit à rire. Elle s'approcha de lui et Caspian se pencha vers elle.

- Tu es sublime, lui murmura-t-il.

- C'est toi qui as choisi la robe, sourit Susan.

- Oui, et je suis fier de mon choix.

Soudain, les trompettes sonnèrent, annonçant l'arrivée des rois et de leurs parents. Ils furent accueillis en héros car la nouvelle de leur réussite dans les villages qu'ils avaient visité s'était vite répandue, Lucy sauta au cou de ses parents et Susan et Caspian allèrent féliciter Peter et Edmund.

Le festin fut splendide. Tous les habitants du château furent conviés et les parents des rois et des reines montrèrent une aisance inattendue face aux invités. Visiblement, ce voyage leur avait permis de faire de nouvelles connaissances et ils s'étaient apparemment très liés avec les centaures. Susan était heureuse de voir que ses parents avaient réussi à accepter leur monde… car c'était bien leur monde désormais. Mais Lucy restait la plus à l'aise : elle valsait entre tous les invités, discutant et riant avec tout le monde. Ses parents étaient de plus en plus surpris des changements qui s'étaient opérés sur leurs enfants grâce à ce monde. Ils avaient pu observer la sagesse et la droiture donc faisaient preuve Peter et Edmund lorsqu'il était question de régler des conflits et ils n'avaient pas failli une seule fois. Susan, elle, n'était pas très à l'aise au milieu de tous ces jeunes hommes qui lui faisait la cour mais ses frères semblaient très bien s'occuper d'eux. Il fallait tout de même avouer qu'elle était belle, très belle et sa mère était fière d'avoir une fille aussi magnifique.

Lorsque les invités commencèrent à s'en aller pour aller se coucher, Peter et Edmund, suivis de leur mère, décidèrent à leur tour d'aller dormir car le voyage les avait fatigué. Bientôt, il ne resta plus que Lucy, Caspian, Susan et James Pevensie dans le grand salon. Lucy ne voulait pas laisser sa sœur seule avec les deux hommes mais la fatigue commençait à monter en elle.

- Tu devrais aller dormir Lu, suggéra Susan avec un sourire.

Celle-ci acquiesça, alla embrasser son père et sa sœur et souhaita bonne nuit à Caspian avec un grand sourire. Susan resta donc seule avec son père et son amant. Son père semblait être dans ses pensées et elle risqua un coup d'œil à Caspian qui lui sourit tendrement. En réalité, James Pevensie avait, depuis quelques temps, remarqué comment ce jeune roi regardait sa fille. Susan semblait heureuse et épanouie mais il ignorait ce qu'elle faisait de ses journées et avec qui elle les passaient. Il commençait à se demander s'il n'y avait pas quelque chose entre elle et ce Caspian. Certes, il semblait être un bon roi et une personne de confiance. Peter et Edmund avaient confiance en lui et lui confiaient leurs sœurs avec assurance mais lui, ne savait rien de ce jeune homme. Il savait juste qu'il avait été trahit par son oncle, avait fait appel à ses enfants pour l'aider à vaincre l'armée telmarine et avait été sacré roi de Narnia. D'après ce qu'il avait compris, le monde de Narnia était régi par les mêmes lois qui gouvernaient l'Angleterre au Moyen Age. Il y avait donc un roi… il devait y avoir une reine. Mais James ne comprenait pas pourquoi Caspian n'était pas encore marié ; il était jeune, certes, peut être de deux ans l'ainé de Peter, mais il se devait d'assurer sa descendance pour son royaume.

- Votre Majesté, commença le père de Susan,

- Appelez-moi Caspian, sourit le roi.

- Caspian… j'aurais aimé vous poser une question. Pardonnez-moi si elle est indiscrète.

- Allez-y, sourit Caspian.

- Comment… tenta James, comment se fait-il que vous ne soyez pas marié ? demanda-t-il un peu brusquement.

A ces mots, Susan se tendit mais repris vite contenance devant son père et Caspian sembla tressailli de surprise.

- Je veux dire… repris James, en sentant la gêne du roi, d'après ce que j'ai compris, Narnia a connu des temps difficiles parce que mes… les rois et reines d'autrefois, il jeta un coup d'œil à Susan, ont disparu soudainement sans laisser d'héritiers et…

- Vous avez raison, coupa Caspian, mais…

Il lança un coup d'œil à Susan, inspira profondément et continua :

- Mais la seule que je souhaite épouser se trouve dans cette pièce, finit-il en laissant son regard dériver vers Susan.

Celle-ci sentit son cœur manquer un battement. Il voulait l'épouser ? Elle n'y avait jamais pensé. Elle n'avait jamais réellement réfléchit au fait de se marier, que se soit en Angleterre ou a Narnia, et cette idée lui fit légèrement peur. Mais elle aimait Caspian, de tout son cœur, et elle n'imaginait pas vivre sa vie aux cotés de quelqu'un d'autre.

Caspian avait vu sa surprise et cella le déstabilisa légèrement mais le sourire qu'elle lui fit le rassura un peu et il tourna son regard vers le père de Susan. Celui-ci était le plus perturbé. Ainsi, il avait vu juste, le roi était bel et bien amoureux de sa fille. Mais qu'en était-il de Susan ? Il leva les yeux vers elle juste au moment ou elle sourit à Caspian et son père compris qu'elle l'aimait également.

- Depuis quand ? demanda-t-il brutalement en regardant sa fille.

Susan ne baissa pas les yeux et lui répondit avec assurance :

- Depuis le premier jour ou nous nous sommes rencontrés.

- Je vois, répondit-il en baissant les yeux, comme dépassé par les événements.

- Papa, je…

- Tu comptais nous le dire quand ?

- Je… une fois que vous vous seriez bien adapté et…, répondit Susan, tu es en colère ?

Son père la dévisagea lentement puis reporta son regard sur le visage soucieux de Caspian.

- Non, je ne suis pas en colère Susan. Je suis heureux pour toi si tu as trouvé celui qu'il te faut mais je suis déçu que tu ne nous ais rien dit… quoique j'avoue que ça en aurait fait beaucoup d'un coup, ajouta-t-il en souriant.

Susan se détendit, son père le prenait mieux qu'elle ne le pensait.

- Je suis désolée, dit-elle en baissant les yeux.

- Je comprends surtout mieux ton comportement lors des ces quelques semaines ou vous avez été séparés, sourit-il en jetant un coup d'œil à Caspian, et l'empressement des tes frères et sœur pour tenter de revenir ici. Mais si tu es heureuse avec lui, ajouta-t-il, je ne vois pas ou est le problème Susan.

Susan lui fit un grand sourire et se précipita dans ses bras. Son père la comprenait et elle en était heureuse. Ils s'étreignirent un moment puis son père ajouta :

- Maintenant, le problème va être de convaincre ta mère.

- Je vais aller lui parler, assura Susan en faisant mine de se lever.

- Non, je lui en parlerai, moi.

- Comme tu veux, sourit Susan.

- Bien… tu devrais aller te coucher, il est tard, suggéra James à sa fille en laissant son regard dévier vers Caspian.

Susan comprit que son père souhaitait parler seul à seul avec Caspian aussi, elle se leva, alla déposer un doux baiser sur les lèvres de Caspian sous le regard rieur de son père puis sortit du salon. Elle alla directement dans sa chambre et s'endormit dès qu'elle se fut couchée.

Caspian se retrouva alors face au père de celle qu'il aimait. Une légère appréhension s'empara de lui mais le sourire de Susan lui revint en mémoire et il leva les yeux vers James.

- Vous comptez l'épouser ? demanda celui-ci assez brusquement.

- Si tel est son souhait, oui, affirma Caspian.

Il ne voulait en aucun cas forcer Susan à faire quoique se soit, encore moins quelque chose qui le concernait. James sourit. Visiblement, ce jeune homme était tout à fait digne de confiance et il pouvait lui confier sa fille.

- Je ne veux que la rendre heureuse, repris Caspian en regardant le père de Susan dans les yeux.

- Bien, sourit celui-ci, dans ce cas, nous avons les mêmes préoccupations et nous risquons de bien nous entendre, Majesté, s'inclina-t-il en souriant.

Caspian lui sourit et le remercia du regard tout en s'inclinant légèrement à son tour.

- Je vais rejoindre ma femme, l'informa James, bonne nuit Majesté.

Et il sortit tranquillement du salon, laissant le roi à ses réflexions, tentant de retrouver, sans se perdre, la direction de la chambre qu'il partageait avec sa femme.

Le lendemain matin, Susan fut réveillée par des coups frappés à sa porte. Ne recevant pas de réponses, la personne entra dans la chambre et Susan découvrit sa mère. Celle-ci sourit en voyant sa fille encore dans son lit.

- Il est tard ma chérie, tes frères et sœur sont déjà levés, informa Helen en ouvrant doucement les rideaux de la chambre de sa fille.

- Ah. Pourquoi ne sont-ils pas venus me réveiller, murmura Susan en râlant.

- Ton père leur a dit de te laisser dormir, sourit sa mère.

- Ah…

- D'ailleurs, repris Helen en fronçant légèrement les sourcils, ton père et moi avons discuté de certaines choses hier soir.

Susan se redressa brusquement dans son lit. Ainsi son père lui en avait parlé. Comment allait-elle réagir ?

Flash Back

James Pevensie entra doucement dans sa chambre, croyant trouver sa femme endormie, mais il la vit assise dans un fauteuil à regarder par la fenêtre.

- C'est beau, n'est-ce pas ? demanda-t-il en souriant.

Sa femme ne se retourna pas mais elle sourit également en répondant :

- Oui, c'est magnifique. Je n'arrive pas à imaginer que nous allons vivre ici désormais. C'est… c'est comme dans un rêve.

- Il serait temps de se réveiller alors, pouffa James. C'est vrai que c'est dur de s'y faire, reprit-il avec plus de sérieux, mais si nos enfants ont réussi à s'adapter… pourquoi pas nous ?

- C'étaient des enfants justement… nous sommes des adultes et…

- Peter et Susan n'ont jamais cru ce que disait Lucy… et pourtant ils sont devenus de grands roi et reine ici. Ce monde est différent de l'Angleterre, certes, mais regarde comment nous avons été accueillis dans ces villages.

- Oui, c'est vrai, ce voyage était vraiment une excellente idée. J'aimerai bien en refaire un, d'ailleurs, sourit Helen.

- Oui, pourquoi pas… cela nous permettrait de connaître ce monde un peu mieux. Il faudra en parler avec Peter.

James et Helen se sourirent. Depuis quand avaient-ils besoin de la permission de leur fils ainé pour entreprendre quoi que se soit ? Leur vie allait véritablement changer et cela avait déjà commencé. James se rappela soudain la conversation qu'il venait d'avoir avec sa fille et le roi Caspian. Il devait en parler à sa femme.

- Comment trouves-tu ce Caspian ? Tenta-t-il pour amorcer la discussion en douceur.

- Il est très gentil, répondit Helen en souriant, mais j'avoue que je ne m'attendais pas à rencontrer un roi aussi jeune.

- Oui… mais je pense qu'il sera un bon roi. Après tout, Peter, Susan, Edmund et Lucy n'y étaient pas spécialement prédisposés, sourit James.

- C'est vrai, concéda Helen, j'espère sincèrement que le royaume de Narnia prospèrera sous son règne.

- Je n'en doute pas.

- Mais je pense qu'il devrait se marier rapidement… d'après ce que j'ai compris, le risque des guerres est grand à Narnia.

James y vit une ouverture pour parler de Susan et Caspian et se lança :

- Il souhaite épouser Susan, déclara-t-il comme si de rien était.

Helen réagit au quart de tour. Elle se retourna brusquement vers son mari :

- Pardon ? s'écria-t-elle.

- Tu as bien entendu, Caspian est amoureux de Susan. Et elle l'aime également, finit-il en regardant sa femme.

- Mais… mais, pourquoi ne nous a-t-elle rien dit ?

- Elle voulait nous laisser du temps pour nous adapter.

- Ah !

- Tu ne peux pas lui en vouloir, Helen. Notre fille est en âge de tomber amoureuse.

- Bien sur, bien sur, répondit-elle évasivement, mais pas de se marier, voyons ! Elle est trop jeune… et puis, cela ferait d'elle une reine.

- Elle l'a déjà été, tu sais, sourit son mari, et Caspian ne souhaite pas la forcer à faire quoi que ce soit.

- Tu lui as parlé ?

- Oui. Et j'ai confiance en lui, il ne veut que le bonheur de Susan.

Helen fronça les sourcils. Elle n'était pas vraiment convaincue mais elle promit à son mari d'y réfléchir. Elle ne voulait que le bonheur de sa fille, elle aussi, mais l'imaginer à nouveau reine de Narnia, avec tous les problèmes que cela suscitait, lui faisait peur. Néanmoins, son mari avait l'air d'accorder sa confiance au roi, elle décida donc d'aller voir sa fille dès que le jour serait levé.

Fin du Flash Back

- Je vois, fit Susan après avoir entendu le récit de sa mère.

- Tu l'aimes vraiment ? lui demanda Helen.

- Oui, répondit Susan avec assurance, je n'imagine pas ma vie autrement qu'avec lui.

- Bon… dans ce cas, j'imagine que s'il te rend heureuse, nous n'avons pas à nous y opposer, admit sa mère après s'être rendu compte des sentiments de sa fille.

Folle de joie, Susan lui sauta au coup. La mère et la fille rirent quelques instants puis Susan s'habilla tout en discutant avec sa mère. Elles sortirent quelques temps plus tard et se rendirent dans la cour où Lucy et Edmund semblaient se disputer.

- Ah, Su, tu es réveillée, sourit Lucy.

- Oui… pas grâce à vous en tout cas, répondit-elle d'un ton vexé mais avec un sourire en coin. Pourquoi vous disputez-vous tous les deux ? demanda-t-elle en regardant Edmund et Lucy tour à tour.

- Oh, pour rien… Ed s'est disputé avec Peter pour une futilité… les garçons quoi, pouffa Lucy. Oh fait, se rappela-t-elle d'un coup, Caspian te cherchait, il est au terrain d'entrainement avec Peter et papa.

- Ah, merci Lucy.

Susan jeta un coup d'œil à sa mère et se dirigea vers l'extérieur du château où était situé le terrain. Lorsqu'elles arrivèrent, Peter et Caspian tentaient désespérément d'apprendre à James à se servir d'une épée mais il n'était vraiment pas doué. Il aperçut sa femme et sa fille et les interpela :

- Susan… tu ne voudrais pas les convaincre de laisser tomber, demanda-t-il tout sourire en montrant les deux jeunes hommes, ils sont persuadés de réussir à me faire tenir une épée. A la rigueur, je préférerais que tu m'apprennes à manier un arc, Su.

Susan sourit. Son frère était décidément un piètre professeur. Il avait tenté d'apprendre à Lucy et elle comment manier une épée mais ces conseils s'étaient soldés en échec et Lucy avait fini par laisser tomber. Susan avait persévéré mais ce ne fut que lorsqu'Edmund était arrivé qu'elle avait réussit à faire quelque chose de son épée.

- Si tu veux réellement apprendre papa, demande à Edmund, fit Susan en souriant, c'est un bien meilleur professeur que Peter.

Elle fit un grand sourire à Peter, qui le lui rendit en faisant semblant de bouder, et s'approcha de Caspian. Elle lui sourit et l'embrassa tendrement en passant ses mains autour de son cou. Caspian entoura ses bras autour de sa taille et l'embrassa en retour. Il comprit que ses parents avaient accepté qu'ils puissent s'aimer et cela le remplit de bonheur. Il rompit doucement le contact avec les lèvres de Susan et la regarda dans les yeux.

- Veux-tu m'épouser ? lui murmura-t-il sans la quitter des yeux.

Susan sourit et l'enlaça vivement, lui chuchotant un tendre « oui » à l'oreille. Caspian sentit une vague de joie le submerger et resserra ses bras autour de Susan. Elle l'embrassa plus passionnément encore sous les regards émus de ses parents et de son frère ainé.

Plus rien ne pourrait les empêcher d'être heureux désormais, ni elle, ni Caspian, ni tous ceux qu'elle aimait. Ils étaient chez eux, dans leur véritable monde – celui qu'ils avaient appris à aimer – et le bonheur leur tendait la main.


Hi hi… bon… merci encore d'avoir lu ma fic XD !

Bisoux, Hell.