II: Bon anniversaire Charlie !
"Don ! On va finir par être en retard !
-Mais non, t'inquiète pas... Et puis, c'est moi qui conduit ce soir !
-Peut-être, seulement c'est moi qui fête mon annhmpf..."
Charlie ne put achever sa phrase car son petit ami venait de capturer ses lèvres pour un langoureux baiser. Le mathématicien comprenait parfaitement l'empressement de Don : une fois au restaurant, ils ne pourraient plus s'embrasser, ni se tenir la main pendant toute la soirée ! Le jeune homme répondit donc au baiser de tout son coeur, pendant que ses mains caressaient la nuque de l'agent du FBI. Mais la voix d'Alan se fit entendre:
"Les garçons ! Vous êtes prêts ? Parce qu'on va être en retard ! Charlie ! Je te rappelle qu'on fête ton anniversaire ce soir !"
Les deux hommes interrompirent à regret leur baiser et Don répondit à son père:
"On arrive papa ! Un dernier coup de peigne et on descend !
-Bon d'accord ! Mais faites vite ! Sinon on risque d'être pris dans les ralentissements sur la route, il y a du monde qui sort le samedi soir !
-T'en fais pas, on y arrivera !"
Quelques instants plus tard, Don et Charlie étaient devant Alan qui demanda à ce dernier:
"Au fait, Charlie, où allons-nous dîner ce soir ? Tu peux bien nous le révéler maintenant, toi qui n'as rien voulu dire pendant la semaine !
-Eh bien, ce soir, je vous invite au Calypso !
-Le Calypso ?, s'exclama Don. Mais c'est un restaurant très chic ! Et qui fait boîte de nuit également si je ne m'abuse ! Eh bien, Charlie, tu ne mets presque pas les petits plats dans les grands pour ton anniversaire ! Et sauf erreur de ma part, c'est une cuisine... trois étoiles là-bas, non ?
-Trois étoiles ! Alan était abasourdi. Dis donc Charlie, tu es sûr que c'est bien là qu'on va dîner ? Parce que... ça risque d'être, comment dire... un peu cher...
-Mais oui, répondit l'intéressé, nous allons bien au "Calypso", et ainsi que je l'ai dit à tout le monde, c'est moi qui invite ! Alors ne vous souciez pas des prix des plats ou des boissons, ce soir c'est moi qui régale !"
oooooooooo
"Bon anniversaire Charlie !" lancèrent en choeur Larry, Amita, Megan, Colby, David et sa petite amie Karen, lorsqu'il parvint près de la table. Le mathématicien fit le tour de celle-ci pour saluer chaque invité et, en arrivant devant Amita, celle-ci lui présenta un paquet cadeau:
"Bon anniversaire, Charlie, de la part de nous tous !
-Merci ...Mais j'avais dit pas de cadeau !
-Je sais bien, mais pour ceci c'est Larry qu'il faut gronder... C'est lui qui nous a entraînés !
-Vraiment ?
-Oui, reprit Amita, de plus, ton père et ton frère ont participé à ce cadeau !
-C'est pas vrai ! Bon, je crois que je n'ai plus qu'à le déballer ! Ce n'est pas un bibelot j'espère ? Parce que la maison en regorge !
-Oh non ce n'est pas un bibelot, mon cher Charles, intervint Larry. C'est, disons, un élément à la fois décoratif et... instructif...
-Cette idée venant de toi, Larry, je crains le pire", répondit le mathématicien avec un grand sourire.
Charlie se mit alors en devoir d'ouvrir le paquet. C'était une boîte carrée, assez grande, qui contenait... un casse-tête en bois ! Celui-ci était composé de bâtonnets de bois qui s'imbriquaient les uns dans les autres, avec des boules de bois disposées à l'intérieur. Le jeune homme sourit:
"Larry, tu es démoniaque !
-Je sais, Charles, je sais... Mais lorsque j'ai aperçu ce magnifique objet dans la vitrine, j'ai ressenti, comment dire... l'impérieuse nécessité de t'en faire présent ! J'en ai discuté avec Amita qui m'a informé que parfois, tu te détendais en triturant de petits jeux comme celui-là... Alors je me suis dit: "c'est un mathématicien doué, il aime cogiter, et ce casse-tête est un bel objet décoratif de surcroît !" J'ai ensuite contacté Don qui a mis votre père et ses collègues dans la confidence, et voilà !
-Merci à tous en tout cas pour ce... merveilleux... cette forme géométrique à la fois carrée et un peu sphérique, qui m'occupera pendant mes longues soirées d'hiver !"
De grands éclats de rire accueillirent cette remarque, puis chacun s'assit. Quelques instants plus tard, un serveur vint amener les cartes et prendre les commandes pour l'apéritif. A la surprise générale, Charlie demanda le cocktail alcoolisé maison, le "Calypso frappé", lui qui ne buvait quasiment jamais une goutte d'alcool ! Mais l'intéressé répondit à ses invités qu'on ne fêtait pas son anniversaire tous les jours !
Le dîner s'était agréablement déroulé, chacun avait fait honneur au repas et tous avaient essayé la piste de danse voisine en attendant le gâteau d'anniversaire. Charlie, lui, se sentait progressivement gagné par la peur d'annoncer à ses invités qu'il avait été adopté. Il avait eu beau se répéter pendant des journées entières que ce n'était pas la fin du monde et que ses amis accepteraient la chose sans problème, il n'arrivait pas à se détendre. Pire, il s'était même tellement laissé envahir par la crainte qu'il avait bu un peu plus que de raison pour se donner le courage de parler.
Deux serveurs arrivèrent avec un chariot, sur lequel étaient le gâteau, le magnum de champagne et les coupes. Charlie fut prié de se laisser prendre en photo avec son fraisier posé devant lui sur la table, puis de souffler ses bougies. Mais avant de s'exécuter, le jeune homme prit une profonde inspiration et déclara:
"Avant d'avoir officiellement trente ans devant vous, j'aimerais vous dire quelque chose de très important. Tout d'abord, merci d'être là ce soir avec moi. J'ai beaucoup appris au contact de chacun d'entre vous, vous m'avez tous poussé à sortir le nez de mes chères mathématiques pour regarder vers le monde extérieur - l'assemblée se mit à rire - , et rien que pour cela je suis heureux de vous avoir rencontrés. Et ce soir, nous n'allons pas seulement trinquer à mon nouvel âge, mais aussi au fait pour moi d'avoir eu des parents formidables qui m'ont aimé comme si j'avais été leur propre enfant... Car , voyez-vous, j'ai été adopté."
Charlie avait lâché son "discours" d'une traite, dans une sorte d'état second, un peu comme si quelqu'un d'autre avait parlé pour lui. Jusqu'au dernier moment, il s'était demandé comment il allait amener la chose, puis brusquement, les mots étaient sortis tous seuls... Vers la fin de son monologue, le jeune homme avait baissé les yeux, soudainement intimidé par tous les regards qui convergeaient vers lui. Il ne savait pas quoi faire exactement en cet instant, lorsque Don posa une main sur son épaule, ce qui lui fit relever la tête au moment où Amita prenait la parole:
"Charlie... Eh bien..." La jeune femme regarda l'assemblée et reprit: "Je crois que je peux parler au nom de tout le monde... Ça ne change rien pour nous, nous t'apprécions tel que tu es, alors... Je peux comprendre que tu aies eu envie de nous le dire, c'est important pour toi, mais ne t'inquiète pas, pour nous, je le répète, ça ne change rien !
-C'est vrai ? demanda timidement l'intéressé.
-Bien sûr, répondit Megan. Tu as été adopté, et après ? Cela n'a rien à voir avec ce que tu es, Charlie. Quand bien même tu serais le fils biologique des parents qui t'ont élevé, tu resterais toujours la même personne... Et... j'imagine que si tu nous as fait part de cet élément de ta vie ce soir, c'est sans doute parce que toi-même tu ne l'as appris que récemment, je me trompe ?
-Non, effectivement, j'ai appris pour mon adoption il y a environ un mois, répondit le mathématicien en tournant la tête vers Alan Eppes. Mes parents voulaient attendre que je sois suffisamment mûr pour le savoir, et pour éviter une éventuelle gaffe, ils n'avaient rien dit à Don non plus... Mais notre mère est tombée malade au moment où ils s'étaient mis d'accord pour nous l'apprendre... Alors ça a repoussé le moment d'en parler... Enfin bref, maintenant vous savez tout...
-Et nous ne t'en apprécierons que davantage, mon cher ami, déclara Larry. A présent, si tu soufflais tes bougies avant que la cire ne vienne en garniture supplémentaire, imprévue et incongrue sur ton gâteau ?
-Pas de problème Larry !"
oooooooooo
"Pfouuu ! Quelle chaleur sur la piste de danse ! Je fonds littéralement !, s'écria Don en arrivant devant les lavabos. L'agent du FBI ouvrit le robinet et s'aspergea le visage. "Ah... ça fait du bien !
-Je confirme, répondit Charlie qui avait imité son compagnon. J'ai comme l'impression que le dancing est volontairement surchauffé, histoire de pousser les gens à boire... ou alors est-ce nous qui nous échauffons rapidement ? En ce qui me concerne, je crois que l'alcool n'est pas étranger à mon état actuel...
-C'est vrai que tu as pas mal piccolé ce soir, maintenant que j'y repense... Toi, on pourra dire que tu auras bien arrosé ton anniversaire !
-C'est vrai, mais... Don... c'était pas volontaire...de boire autant...
-Comment ça, pas volontaire ?, s'exclama l'aîné des deux hommes.
-Non, Don. Je... Je ne savais pas comment annoncer à tout le monde que j'avais été adopté, alors... on va dire que j'ai bu pour me donner du courage... et aussi... pour nous...
-Pour nous ? Comment ça pour nous ? Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
-Eh bien... tu te rappelles notre discussion de la semaine dernière, sur un certain sujet ? La douche froide que tu as dû prendre...
-Oh ! Ce... sujet... là. Oui, je m'en souviens, et ?
-Don, ça fait un mois qu'on est ensemble, et... je me suis dit qu'il fallait que je prenne sur moi... je ne peux plus te faire attendre davantage... alors ce soir..."
Et Charlie, nouant ses bras autour du cou de son aîné, captura ses lèvres, non sans avoir au préalable vérifié qu'ils étaient bien seuls dans les lieux. Le jeune homme mit tout son coeur dans ce baiser, mais il eut le sentiment que cela n'était pas réciproque...
Lorsque les bras du mathématicien s'étaient posés autour de son cou, Don avait été très surpris, et encore plus étonné d'être embrassé. L'agent du FBI sentait que Charlie se forçait, et cela le contrariait. Il ne voulait pas que son petit ami se donne à lui sans être vraiment prêt, aussi le repoussa-t-il doucement:
"Charlie... non... pas comme ça... Je ne veux pas que ce soir, en rentrant à la maison, tu t'obliges à faire l'amour avec moi... Parce que moi, j'aurais l'impression de... ce serait comme un viol... Non, Charlie, il ne se passera rien entre nous ce soir, parce que tu n'es pas encore prêt pour ça ! D'accord ?
-Don..."
Le jeune homme sentit les larmes affluer et détourna la tête. Mais l'agent du FBI, qui connaissait bien son compagnon, et qui n'avait aucune envie que quelqu'un soit au courant de leur vie privée, le prit par la main et l'entraîna dans les toilettes. Il ferma le verrou puis prit Charlie dans ses bras et l'embrassa doucement sur le front pendant que ce dernier luttait contre les larmes. Le mathématicien releva la tête et les deux hommes s'embrassèrent. Puis Don chuchota à son compagnon:
"Charlie... je ne veux pas que tu te forces à me faire plaisir... mais en revanche, rien ne m'interdit de TE faire plaisir... après tout, on fête ton anniversaire ce soir, non ?
-Don ? qu'est-ce que...
-Chut... plus un mot et laisse-moi faire..." répondit l'agent du FBI en capturant la bouche de son petit ami.
Charlie dut se mordre les lèvres pour ne pas gémir pendant que son compagnon lui infligeait de douces tortures avec les mains et la bouche: le visage, le cou, la poitrine... Don avait déboutonné sa chemise et embrassait chaque parcelle de peau découverte alors que ses mains défaisaient la ceinture du pantalon du mathématicien. Celui-ci, excité par la situation ainsi que par l'alcool, voulut toucher l'entrejambe de son petit ami, mais ce dernier l'en empêcha. Don finit par poser sa main sur le sexe de Charlie qui commençait à durcir et amorça un lent mouvement de va-et-vient pendant que ses lèvres prenaient possession de celles de son compagnon. Puis l'agent du FBI s'accroupit et prit la virilité du mathématicien dans sa bouche.
Charlie crut que son coeur allait lâcher tant les caresses de Don étaient délicieuses. Il posa ses mains sur les épaules de son amant et ne put s'empêcher de les crisper. Le mathématicien murmura à Don qu'il n'allait plus tenir bien longtemps à ce rythme-là et que la jouissance était proche. L'agent du FBI se releva, attrapa rapidement quelques feuilles de papier toilette et reprit ses caresses sur le sexe de son petit ami avec la main. Quelques instants plus tard, Charlie atteignit l'orgasme et ses gémissements se perdirent entre les lèvres de Don.
oooooooooo
"Eh bien ! On peut dire que ce fut une très bonne soirée ! Pas vrai, les garçons ?, dit Alan Eppes en enlevant son manteau. J'ai eu une petite émotion quand Charlie a parlé de son adoption, mais sinon je me suis bien amusé.
-Nous aussi, répondit Don. Mais maintenant, on est crevés, je crois qu'on ne va pas traîner pour aller se coucher !
-Au fait, les garçons, pendant la soirée on vous a cherchés avec David et Colby, vous étiez introuvables !
-Comment ça ?
-Ben oui, à un moment on vous a vus quitter tous les deux la piste de danse, et après plus personne !
-Euh... On était sorti...prendre l'air, répondit Charlie. On crevait de chaud à l'intérieur, alors nous sommes allés chercher un peu de fraîcheur... et on a discuté... Du coup, on n'a pas fait gaffe à l'heure... Mais pourquoi tu nous cherchais ?
-Eh bien en fait c'est surtout toi qu'on voulait trouver, parce qu'on a dit au disc-jockey que tu fêtais ton anniversaire... Et le gars voulait faire danser des demoiselles rien que pour toi, fiston..."
