Dans sa chambre d'hôtel, Draco terminait son article. « Nul doute que les nombreuses interventions, les débats, les témoignages qui ont eu lieu toute cette semaine permettront d'aboutir à un avenir meilleur pour les Elfes de maison. »
Dimanche soir. « Demain soir, retour à Londres, songea-t-il. Mais pour l'instant, j'ai bien le droit à un petit moment de détente ! ». Il se glissa sous la douche brûlante. « Qui aurait pu croire que moi, Draco Malefoy, fils d'un ancien mangemort, Serpentard jusqu'au bout des ongles, écrirait un jour pour la libération des elfes de maison… et approuverait entièrement le discours d'Hermione Granger. »
-Weasley ! Souffla une petite voix dans sa tête.
« Et oui, Weasley… Hermione Malefoy, ça sonne bien non ? »
-Non. Elle n'était, elle n'est, elle ne sera jamais pour toi.
« Hoooo la barbe, conscience de merde ! Laisse moi au moins rêver en paix ! »
-En attendant, la soirée de clôture commence dans une demi heure… et t'es loin d'être prêt !
« Et merdee !!! »
A regret, Draco sorti de sa couche et s'habilla en vitesse. Un coup de peigne dans ses cheveux fins, une vérification de son appareil photo, et il claqua la porte de la chambre qu'il occupait depuis quelques jours.
Il arriva pile à l'heure pour le début du défilé des célébrités voulant s'afficher (les elfes de maison étaient la cause « à la mode »), des philosophes plus ou moins coiffés, et d'autres individus, davantage concernés. Draco regarda sa montre et s'étonna du fait que Hermione ne soit pas arrivée, elle toujours si ponctuelle… Il n'eut pas longtemps à attendre : à la porte de la salle, la jeune femme pointa le bout de son nez ?
Ce fut Dobby, président du comité pour la libération des elfes qui vint l'accueillir.
-Miss ! Venez, Dobby veut vous présenter à des personnes qui ont adoré votre livre sur nous !
-Bonsoir Dobby…, c'est Mrs, mais c'est pas grave… Et pour toi, Hermione, je te rappelle, mais bon, ça je vais finir par laisser tomber !
Mais Dobby ne l'écoutait plus et l'avait prise par la main pour l'entraîner vers un groupe de sorciers et d'elfes, où elle fut accueillie par des exclamations.
Draco la détailla. Dans une robe longue, gris argenté, resserrée sous la poitrine, ce qui mettait en valeur son gros ventre de femme enceinte. Quand elle croisa son regard admiratif, elle lui fit un grand sourire. Pas un sourire hypocrite, pas un sourire moqueur, pas un sourire dragueur, pas un sourire forcé… Non. Un sourire qui traduisait son bonheur : son travail et sa détermination avaient enfin abouti. Elle parlait à présent avec un homme séduisant, ce qui fit venir Draco.
-Hermione, tu es magnifique… Si Ron te voyait…
Au moins, il avait une excuse.
- Mais Ron m'a déjà vu dans cette robe, que crois-tu ? Je te présente Joachim Tresdus, représentant de la SALE en France. Joachim, voici Draco, journaliste et photographe à la Gazette du Sorcier, et un très bon ami.
Hermione et Joachim reprirent leur discussion et Draco s'excusa : il était tout de même là pour travailler.
Plus tard, alors qu'il photographiait le groupe de tous les elfes, il sentit une main sur son épaule.
-Draco, est-ce que ça te dérange de me raccompagner ? Je ne tiens plus vraiment sur mes jambes…
Comme pour illustrer ses propos, elle vacilla et Draco la retint par la taille.
-Pas de problème. Reste assise je vais chercher ton manteau, pendant que tu dis au revoir de loin, ok ?
Draco récupéra ses affaires et s'apprêtait à transplaner en tenant fermement la main d'Hermione quand elle l'arrêta.
-Si ça ne t'ennuie pas, on pourrait rentrer à pieds, je ne me sens pas la force de transplaner…
-Tu pourras marcher jusque là-bas ?
-On verra, et sinon tu me porteras ? ajouta-t-elle malicieusement.
Elle ne se doutait pas ce que chacune des paroles coûtait à Draco.
-Compte sur moi, dit Draco à voix basse.
L'hôtel n'était, heureusement pour Hermione, pas très loin. Cependant, elle tenait tant bien que mal debout et Draco lui proposa de la raccompagner jusqu'à sa chambre.
-Je te dépose sur ton lit, et je me sauve, dit-il dans un sourire.
-Merci Draco, je sais pas ce que j'aurais fait... ouille !
-Ca va ? s'inquièta-il
Hermione inspira profondément. « Oui, ça ira… »
-C'est normal ça ?
-Euh… sûrement…
-Comment ça ? c'est pas un peu trop tôt pour qu'il t'en fasse voir de toutes les couleurs ? Je pensais qu'à partir de 12-13ans qu'ils devenaient vraiment insupportables !
-Arrête de dire des bêtises ! Je suis trop restée debout, c'est tout.
-Tu es sûre ? A mon avis, on pourra nous indiquer un hôpital pas trop loin et…
-Draco, ça va… Le bébé n'est prévu que pour dans deux mois… j'ai le temps !
-Bon je te raccompagne, tu vas aller dormir…
-Je suis pas infirme !
-Ouais, enfin c'est tout comme… Je rigole Hermione, je rigole… Reste pas plantée là, parce que si, en plus, tu attrapes froid…
Il évita de justesse une petite claque de la part d'Hermione et entrèrent dans l'hôtel. Quelques pas, et quelques étages plus tard, Draco et Hermione étaient enfin arrivés. Elle ouvrit la porte de sa chambre.
-Bon, et bien, je file… dit le grand blond en se passant la main dans les cheveux, signe chez lui de gène.
-Entre donc deux minutes.
- Non, non… bon deux ne minutes pas plus.
Ils pénétrèrent dans une chambre simple mais spacieuse. Hermione s'écroula dans un fauteuil et Draco s'assit timidement sur le lit.
-Désolée, mais si tu veux boire quelque chose, tu devras te servir tout seul… et boire tout seul…
-Pas d'alcool pour la miss ?
-Non, pas d'alcool pour moi.
Draco remarqua qu'elle n'avait pas rectifié son « miss ».
Un silence s'installa pendant qu'il buvait son verre. Dire que si elle n'était pas mariée… mais elle était mariée… ainsi que maman, et future re-maman.
-Bon, je reviens, je vais me changer, je…, fit-elle en se levant.
Mais elle n'eût pas le temps de finir sa phrase, car elle eût un étourdissement, et Draco se précipita pour la retenir une nouvelle fois.
-Hermione…
- Ne t'inquiètes pas, pour Mattew, c'était pareil.
Il la fit asseoir sur le lit, et s'installa à côté d'elle, sans lâcher sa taille. Il la regarda, mais elle avait les yeux ailleurs. A un moment, elle tourna la tête vers lui, et il se noya dans son regard chocolat. Il dû se détourner et lâcha Hermione. Sa proximité lui ôtait toute idée claire.
-Je vais y aller.
Mais il ne s leva pas tout de suite.
-Bon, et bien bonsoir, et bonne nuit.
En se rapprochant d'elle pour lui poser un baiser sur la joue, ses lèvres glissèrent de la pommette aux lèvres de la jeune femme.
Elle se recula : « Tu m'as l'air bien fatigué aussi, rentre donc… et à demain. »
Il ne tint pas compte de son geste, ni de ses paroles, et l'embrassa cette fois sur son épaule dénudée. Hermione se dégagea et conclut d'un ton dur en lui indiquant la porte.
-Bonsoir, Draco.
Il l'embrassa de nouveau.
