Quinze minutes plus tard, Draco arrivait, tout essoufflé (une fois n'est pas coutume) au service des urgences de Sainte Mangouste. Après avoir demandé un renseignement à une infirmière, il repartit de plus belle dans les couloirs et s'arrêta devant une chambre. Il reprit contenance, se passa un main dans les cheveux et frappa.
-C'est Draco…
-Entre, entre !
Il poussa la porte et la première personne qu'il vit lui déplut fortement : Harry était debout, appuyé sur le mur. Le sourire qu'il avait disparut dès que Draco fut entré dans son champ de vision.
-Harry, Draco… Je sais qu'à l'école vous n'avez jamais pu vous voir, mais faites un effort, s'il vous plaît : vous êtes adultes, non ?
Draco se tourna vers Ron, qui venait de parler. "S'il savait pour Ginny... j'espère que Potter n'a pas dit de bêtise." Puis son regard tomba sur Hermione, allongée sur le lit d'hôpital, un sourire rassurant sur les lèvres et un bébé dans les bras.
-Draco, approche…
Il se baissa pour se trouver au niveau du nouveau-né et de sa maman.
-Je te présente, avec un peu d'avance, Bianca Weasley.
Draco n'avait jamais été témoin d'un tel évènement Son visage s'éclaira en dévisageant la petite fille qui venait de naître.
-Elle… Elle est, magnifique…
A cet instant, il comprit pourquoi Ginny avait fait des études de médicomagie, se destinant à la pédiatromagie. Les enfants, une naissance, c'était tout ce qu'il y avait de plus beau. Un bébé, si fragile, si innocent…
-Dis, Draco…
Il leva la tête en direction de Ron.
-Je n'aurais jamais pensé te demander ça un jour, mais… Est-ce que tu accepterais d'être son parrain ?
Un air radieux apparut sur le visage du blond. Lui ? Draco Malefoy ? parrain ? et d'une petite Weasley… Comment aurait-il pu l'envisager ?
-Je… comment dire ? Comment pourrais-je refuser ? Je veux dire… pour une petite princesse comme elle… je ne pense pas que je mérite…
-Draco, là n'est pas la question. Au cours des derniers mois, on a apprit à te connaître tel que tu es devenu… et si tu veux vraiment une réponse : oui, tu le mérites. Et on a confiance en toi. Tu sauras être un bon parrain pour elle…
Un soupir vint rompre cet instant de béatitude pour Draco. Dans son coin, Harry avait décidé de se manifester.
-Ca te pose un problème, Potter ?
Harry s'avança, menaçant.
-Comment t'expliquer, Malefoy ? Tu fais tâche dans ce tableau idyllique d'une famille heureuse : un couple de deux personnes formidables, deux enfants merveilleux,…
-Quoi ? Parce que tu trouves que toi…
-Taisez vous !
Ils se tournèrent tous deux vers Hermione. Mais cela ne venait pas d'elle, et ne venait pas plus de Ron. Cinq têtes (en comptant Mattew, oui, oui: il est là aussi !) fixèrent alors la personne qui venait de faire irruption dans la chambre. Ron fut le premier à bouger pour se précipiter sur sa sœur.
-Ginny !!
Après avoir enlacé son frère, elle se dirigea vers Hermione, passant entre Harry et Draco qui la regardaient sans mot dire.
-Je suis désolée, Hermione, j'aurais dû être là plus tôt…
-Ce n'est rien, Ginny. Bianca, je te présente ta future marraine.
-Future quoi ? tu plaisantes, Mione ? Je suis tout sauf un modèle !
-Est-ce que j'ai l'air de plaisanter ?
Ginny dévisagea sa meilleure amie. Elle avait l'air fatiguée, et heureuse à la fois, mais surtout, elle avait l'air déterminée.
-Ceci étant fait, les garçons, pourriez vous me laisser quelques instants entre filles… avc MA fille, et mon amie ?
Ron vint embrasser Hermione et Bianca, souleva Mattew qui coloriait au pied du lit et embarqua à sa suite Harry et Draco, qui ne pipèrent mot.
En fermant la porte, il souffla un « je vous aime » qui fit sourire les deux femmes. Ginny se lava les mains, prit Bianca des bras d'Hermione et s'assit sur un fauteuil. Hermione commença alors son interrogatoire.
-Comment as-tu su que nous étions ici ?
-Euh… et si je commençais par le début ?
Elle lui expliqua ce qu'avait engendré la dernière lettre qu'elle avait reçu de sa part, comment elle avait remis les pieds sur le Chemin de Traverse, comment elle avait croisé Draco… et comment ils avaient emménagé ensemble. A ce moment du récit, elle vit se former sur la bouche de son auditrice un « o » suivi d'un grand sourire.
-C'était donc toi la fameuse colocataire !
Ginny acquiesça et reprit son histoire. Elle prenait des cours de remise à niveau et espérait réussir l'examen pour réintégrer la faculté de médicomagie là où elle l'avait laissée. Elle lui raconta tout ce qu'elle avait appris sur ce nouveau Draco. Au final, en deux mois et demi, elle avait renoué complètement avec la magie. Il ne lui restait que ses amis et sa famille à retrouver. Elle explique à Hermione qu'elle était « tombée sur » Harry, que cela ne s'était pas très bien passé, qu'il avait vu Draco, qu'elle avait mis les choses au clair… et que le matin-même, elle avait failli tomber dans les bras de Draco… mais que Ron avait fait son interruption à ce moment.
Malgré sa fatigue, Hermione éclata de rire.
-Et bien, il s'en est passé des choses !
OoOoOoOoOoO
Dehors, Ron surveillait d'un œil son fils et de l'autre Harry et Draco qui se mesuraient du regard. Il prit tout d'un coup la parole.
-Vous auriez pas pu faire un effort ?
-Ron, il me semble que tu n'es pas au courant de tous les éléments, alors laisse moi t'éclairer.
-Potter, je sais ce que tu vas dire et d'un ce n'est pas ce que tu penses, et de deux, ce n'est pas toi de raconter, tu…
-Il faut bien que quelqu'un le fasse !
-Oh, du calme : qu'est ce que je devrais savoir que je ne sais pas ?
-Il y a que…
-I y a que Ginny est ma colocataire.
-Non, c'est plutôt que cette ordure couche avec ta sœur !
-Potter, la jalousie te fait dire n'importe quoi.
-QUOI ?
-Sympa, ton nouveau meilleur ami, n'est-ce-pas, Ron ?
-Explique toi !
-Il n'y a rien de plus qu'un appartement en commun entre ta sœur et moi ! Et même si on était ensemble, je te rappelle que c'est une adulte…
-Pourquoi tu ne m'as rien dit ?
-Mais parce que Ginny ne voulait pas !
-Ca fait combien de temps ?
- Deux mois.
- Deux mois ?!?
-Et combien de temps que vous couchez ensemble ?
- Mais boucle la, toi ! Tu ne sais rien de plus que le fait qu'on vive dans le même appart'. Il n'y a rien d'autre à dire. Et surtout pas si c'est toi qui en parles.
Ginny choisit ce moment pour sortir de la chambre.
-Ron, je crois que Hermione réclame sa famille… Uniquement sa famille !
-Ginny, moi je crois qu'on doit avoir une petite conversation tous les deux !
-Plus tard, Ron, plus tard. La priorité, c'est Bianca qui veut sa famille autour d'elle, et tous les trois, on va s'éclipser avant que MA famille se ramène. Ron, tu ne leur dis rien, j'irai voir maman ce soir.
Au prénom de Bianca, Ron s'était précipité dans la chambre, entraînant Mattew.
-Bon… Harry, reste une petite minute s'il te plaît… Je n'ai pas été très… agréable hier. Je m'en excuse. Mais est-ce que tu pourrais, je t'en prie, me faire une faveur.
-Je pense qu'il vaut mieux pour tous que je te laisse avec ton cher Malefoy, avant que ça ne dégénère.
-Harry ! Justement… Est-ce que tu peux oublier ce pan de notre jeunesse et reconsidérer celui qui se tient devant toi… Ce n'est plus le fils-à-papa-mangemort, pote de Voldy, c'est Draco Malefoy, journaliste à la Gazette du Sorcier, récemment écrivant pour la libération des elfes de maison, mon colocataire.
-Tu l'as pardonné, les Weasley aussi, mais moi, je ne peux pas, je ne veux pas.
-Pourtant, tu l'as déjà fait pour certains qui, eux, ne le méritaient pas. Pourquoi pas maintenant ? et toi Draco ?
Les deux hommes se regardaient sans un mot.
c'est bientôt la fin...
