hello! Merci pour toutes ces rewiews (pour ghost aussi)...J'espère que ce chapitre va vous plaire même si j'entends déjà Elbasi hurler d'ici...Elbasi et Ministarlet d'ailleurs...Elle va encore dire qu'elle me hais, mais je m'en fiche parce qu'elle m'a donné SA phrase Bientôt je la caserai bientôt, bref avant de délirer j'allais vous dire, Bonne lecture!
Chapitre 5 :
Le colonel avait perdu l'assurance froide et placide dont il avait fait preuve quelques minutes plus tôt. A vrai dire, il semblait assez perturbé. Sans doute Sam renvoyait-elle le même reflet. Elle n'arrivait pas à s'expliquer ce qui leur arrivait. Ce qui lui arrivait.
Un peu plus loin, Jack assis à la place d'honneur, à la gauche du Roi, tentait tant bien que mal de répondre aux questions que le souverain et les nobles lui posaient. Sam n'avait pas eu le loisir de choisir sa place et s'était retrouvée à la gauche du Chevalier de Bleunwenn. Ce qui aurait pu être pire, vu qu'il était trop occupé à se goinfrer et à parler politique pour faire attention à elle. Elle était une femme, elle était sensée être belle et silencieuse.
Et c'est le comportement qu'elle adopta, plus occupée à tenter de démêler le fil de ses pensées plutôt qu'à vider son assiette. Elle vit ainsi, sans vraiment les voir, défiler une dizaine de plats sans toucher à plus de deux. De ce qu'elle pouvait apercevoir, le colonel ne mangeait pas plus qu'elle.
« Le repas ne semble pas à votre gout, ma chère. »
Sam sursauta. L'haleine avinée de son voisin de droite vint caresser son visage. Il était trop près d'elle. Par réflexe, elle se recula brusquement, cherchant à tout prix à se mettre hors de portée de Willem, ce qui eut pour effet de bousculer l'homme qui mangeait tranquillement à côté d'elle. Et il n'eut pas l'air d'apprécier.
Elle devina que la seule raison pour laquelle elle ne prit pas une main en travers de la figure, était le regard d'avertissement que Willem lança à l'inconnu. Quand il fut clair pour tous que l'affaire en resterait là, le Chevalier reporta son attention sur elle.
« Je vous ai surprise. Je m'en excuse. »
Sam fit de son mieux pour maîtriser la vague de répulsion traîtresse au contact de la longue main calleuse qui couvrit la sienne. Sachant que sa voix trahirait son trouble, elle se contenta de se forcer à sourire. Autour d'eux, les gens commençaient à s'agiter, à se lever. Docilement, elle se laissa guider par la poigne, légère mais franche, que Willem exerçait sur elle. Elle se retrouva ainsi, à l'écart de ses amis, seule parmi une multitude d'étrangers.
La jeune femme se plongea dans l'étude minutieuse de ce qui l'entourait et le Chevalier se tenant toujours à ses côtés, se mit à observer par mimétisme les serviteurs débarrasser les tables et démonter les tréteaux. La musique légère qui avait accompagné tout le repas se fit plus entrainante et des couples se formèrent, enchainant des pas dans une chorégraphie beaucoup trop complexe pour elle.
« Me feriez-vous l'honneur d'une danse, Ma Dame ? »
A nouveau et pour la cinquième fois, au moins, ce soir, Sam frissonna. Elle n'avait aucune envie de passer plus de temps que nécessaire en compagnie de cet homme, encore moins que ses mains courent sur son corps même si le prétexte était la danse. Moins il la toucherait, mieux elle se sentirait.
« Je regrette, Chevalier. Je ne connais pas ce style de danse. »
C'était la pure et simple vérité.
« Peut-être pourrai-je vous apprendre ? »
Sous le ton charmeur, la voix était glaciale. Ce n'était pas une invitation, c'était un ordre. Elle se demanda pourquoi il prenait la peine de déguiser son agacement avant de lire la réponse dans ses yeux. Il la voulait. Pas au sens classique du désir. Il la voulait comme un objet que l'on rajoute à sa collection puis que l'on oublie. Cependant, là, présentement, l'étincelle dans ses yeux lui fit peur. C'était à nouveau ce même sentiment d'insécurité, d'insignifiance…Elle chercha son supérieur des yeux sans le trouver et se contraignit à affronter seule Willem. Après tout, elle avait vu pire, désamorcé des situations plus tendues…Alors pourquoi était-elle si impuissante sous ce regard ? Elle ouvrit la bouche dans une vaine tentative pour refuser, prétexter quelque chose…Mais subitement, ce n'était plus Willem qui se tenait devant elle, c'était Dar'ch. Elle n'était plus à la Cour de Bra'hm, elle était à celle de Marc.
« Ne pouvez vous donc cesser vos grands airs de tragédienne ?! »
Aude resta de marbre face à cet ordre mal déguisé. La fête en l'honneur de l'arrivée de leur 'invités' battait son plein et elle était coincée à la table royale depuis plus de trois heures. Dar'ch avait fini par faire son apparition une heure après la fin de la Cérémonie de la Promesse et elle se sentait humiliée. Il n'était, comme elle l'avait deviné, nullement malade. Juste paresseux quand il s'agissait d'assister à ses propres fiançailles.
« Veuillez me pardonner si je ne réponds pas à vos désirs. Peut-être devriez-vous vous trouver une autre épouse ? Fade et docile…Vous n'aurez sans doute aucun mal à trouver, ici, une femme qui correspondrait plus à vos attentes. »
Elle cacha mal la pointe d'espoir qui perça dans sa voix. Peut-être ses prières seraient-elles finalement exaucées et ce sinistre individu disparaitrait de sa vie en s'apercevant qu'elle n'était pas faite pour lui ?
« Cela fait deux fois que vous me défiez. Il n'y aura pas de troisième. »
Aude ouvrit la bouche et la referma. S'il pensait que défendre une domestique et répondre de la sorte était 'défier quelqu'un', alors avec elle, il avait un problème. Elle faillit le lui dire, se moquer mais quelque chose dans son regard l'arrêta. Il y avait là une flamme trop ardente, trop puissante pour qu'elle s'amuse à jouer avec. Pour la première fois peut-être, elle réalisa que Dar'ch était dangereux.
« Allons, mon frère… »
Joffrey intervint dans la conversation, brisant la bulle de terreur qui avait, l'espace d'un instant, entouré Aude. Elle nota qu'il était le seul à parler ainsi au Chevalier Noir. Les autres étaient toujours plein de respect dont elle savait que la motivation réelle était la peur. Joffrey, lui, agissait avec naturel et dérision.
« Peut-être devriez vous proposer une danse à votre charmante fiancée, Dar'ch. La compagnie d'hommes qui ne parlent que politique ne doit pas être très divertissante pour elle. »
Aude fusilla Joffrey du regard. Pour qui la prenait-il ? Une jeune écervelée frivole ?
« Ce n'est pas tant le sujet de la conversation que les protagonistes qui m'ennuient. »
Dar'ch ouvrit la bouche, dans l'intention évidente de hurler et de s'énerver. Son propre père sembla contrarié et sur le point de crier, mais Joffrey les devança tous.
« Alors, permettez-moi de vous secourir. » Il lui tendit la main, puis jeta un regard à Dar'ch. « Si mon frère me l'autorise, bien sûr. »
Il ne semblait pas vraiment du genre à demander l'autorisation pour quoi que ce soit, et Aude y lut son véritable motif. Il ne cherchait qu'à la protéger du courroux de Dar'ch. Cela l'irrita de façon irrationnelle. Elle était capable de prendre soin d'elle-même ! Un coup d'œil à la mine fermée de son futur époux la convainquit cependant de prendre la main de Joffrey. Dar'ch balaya l'air de sa main, signifiant certainement par là qu'ils étaient libres de danser jusqu'au bout de la nuit si ça leur chantait.
Le fait est qu'Aude ne vit ni la main de Dar'ch, ni le regard surpris que lui jeta son père. Tout ce que la Princesse voyait, c'était les yeux noisettes de Joffrey. Tout ce qu'elle sentait, c'était la main qui enveloppait la sienne.
« Carter ? »
Elle sortit de sa rêverie à l'instant précis où son supérieur prononça son nom, comme s'il avait le pouvoir de chasser les nuages qui naissaient devant ses yeux. Son regard quitta immédiatement le feu qui brulait dans celui de Willem, si similaire à celui qui flambait en Dar'ch, pour aller retrouver les flammes plus familières qu'abritaient les prunelles de Jack. Ce feu là ne brûlait que pour elle et par elle. Elle en chérissait chaque reflet.
Sans un mot de plus, sans un regard pour leur hôte, il tendit la main. Simplement. Elle la prit sans réfléchir et avant qu'elle ne réalise, elle était sur la piste de danse, en ligne avec d'autres jeunes femmes, et enchainait des pas qui ressemblaient fort à ceux d'un quadrille.
Elle ne savait pas danser le quadrille. Pas plus que le colonel à sa connaissance. Et pourtant, c'était naturel. Logique.
A chaque tour et détour, le décor changeait et ce n'était plus avec Jack qu'elle dansait mais avec Joffrey. Sa tête tournait mais elle se serait damnée plutôt que d'abandonner. Enfin, la danse atteignit sa partie finale et elle se retrouva dans les bras de son supérieur. La fin était similaire à une valse, lente, étourdissante.
Elle ne savait plus qui se tenait en face d'elle. Etait-ce Joffrey ? Etait-ce Jack ? Etait-elle à nouveau prisonnière de ses visions ? Les bras qui la serraient avec tant de précaution, tant d'amour appartenaient-ils vraiment à son supérieur ? Sam aurait été bien incapable de le dire, elle observait fascinée, le visage de Jack céder sa place à celui de Joffrey pour revenir finalement à celui du militaire.
« Cessez de le provoquer. Il est dangereux. »
Elle ne parvint pas à déterminer si la mise en garde venait de Joffrey ou de Jack et si elle visait Willem ou Dar'ch. Elle n'essaya même pas. Elle en croyait chaque mot. A la place, elle se concentra sur les sensations étourdissantes que cette danse créait en elle. Elle aurait souhaité que ça dure toujours…Une évidence brute était en train de se graver dans son âme, elle l'aimait. D'un amour plus pur et plus sincère que tout ce qu'elle avait déjà pu éprouver.
Si elle n'avait pas déjà eu conscience, avant ce soir, de ses sentiments envers son supérieur, elle aurait juré que c'était à ce moment précis qu'ils étaient tombés amoureux. Le monde avait cessé sa course, leur abandonnant le soin de tourner à sa place. Et ils tournaient ! Seuls dans une pièce au décor flou, où les visages se confondaient et où seul l'autre comptait.
Qu'importe qu'il s'agisse de Joffrey ou de Jack. Qu'importe que ce soit vision ou réalité. Dans ses visions, elle était Aude et Aude aimait Joffrey. Dans la réalité, elle était Sam et Sam aimait Jack. Quoi qu'il soit en train de se passer, c'était trop précieux, trop magique, pour qu'elle l'abandonne sous prétexte que ce n'était peut-être pas réel.
Puis, la musique mourut et elle eut l'impression qu'une partie d'elle mourait avec. Son partenaire la serra un instant contre lui, un peu trop fort, puis lui rendit sa liberté. Son trouble alla se cacher dans sa révérence, effectuée dans un ensemble parfait avec les autres danseurs. Elle fut presque étonnée de les trouver là…
« J'espère vous avoir distrait, Altesse. »
Aude remit nerveusement une mèche de cheveux en place, incertaine de ce qui venait de se passer. Une danse ne pouvait pas changer le cours des choses, n'est ce pas ? Une danse ne pouvait suffire à faire naitre cette flamme dans sa poitrine ? Seigneur, qu'avaient-ils fait ?
« Sans aucun doute, Chevalier. »
Elle tenta sans grand succès de dissimuler son trouble. Son regard voltigea jusqu'à la table royale où se tenait toujours Dar'ch, son père et tout un tas de conseillers. Grâce à Dieu, personne ne les regardait. Il lui semblait qu'à l'instant, n'importe qui aurait pu lire ses sentiments naissants sur son visage.
Elle devait y retourner. Maintenant. Avant qu'il ne soit trop tard et qu'elle ne se condamne elle-même. Joffrey dût en décider autrement, sa main emprisonna son poignet. Pas assez fermement pour lui faire mal. Trop doucement pour lui donner envie de fuir…
« Dar'ch a organisé une partie de chasse demain. Vous joindrez-vous à nous ? »
Une partie de chasse ? Ce n'était pas la place des femmes. Et de plus, elle détestait ça.
« Je ne raffole pas de la chasse, Chevalier. »
Ses yeux se voilèrent un instant, une infime hésitation.
« Peut-être pourriez-vous en profiter pour me montrer votre beau pays ? »
De ce qu'elle allait répondre dépendrait le reste de sa vie. Sa raison, son instinct, tout lui hurlait de décliner l'invitation. De rejoindre Dar'ch et d'oublier jusqu'à l'existence de son frère. Oui, mais son cœur…Son cœur, lui, diffusait dans ses veines un parfum dangereux qui portait le nom de Joffrey de Deirne.
« Peut-être… »
Elle s'esquiva, incapable de se décider. Incapable de refuser, autant que d'accepter. Elle quitta la salle dignement sans montrer le moindre signe de précipitation. Ce n'est qu'une fois dans le couloir qu'elle se mit à courir jusqu'à sa chambre.
« Hey…Carter… »
Sam cligna plusieurs fois des paupières, retournant avec difficulté à l'instant présent. Elle était adossée au mur de pierres froides du couloir, contre lequel le colonel l'avait poussé après l'avoir relevée de sa révérence. Elle ne se souvenait pas avoir quitté la salle. A peine de la main chaude de son supérieur dans son dos.
Il était trop près d'elle. Encore. Et encore une fois, cela ne lui semblait pas incongru. A croire qu'il faisait ça tous les jours.
« Mon colonel… »
Il fallait à tout prix qu'elle s'échappe avant que l'emprise qu'il avait sur elle ne dépasse sa maîtrise d'elle-même. Elle était déjà sur le point de craquer. Pourquoi jouait-il à ça avec elle ? Pourquoi la pousser à bout ? Cherchait-il à la rendre folle ? Si tel était son but, alors il était atteint. Elle voulait ses lèvres. Elle aurait donné n'importe quoi pour qu'il l'embrasse. Il n'y avait plus rien entre eux maintenant. C'était le moment où jamais…
« Sam… »
Le gémissement la prit de court. Il s'empêchait visiblement de fondre sur elle, d'écouter les pulsions auxquelles elle avait déjà cédé, et ça semblait douloureux. Elle ne comprenait pas pourquoi il choisissait de souffrir alors qu'elle pouvait le guérir…Elle ne pensait plus de façon cohérente. La seule chose sur laquelle son esprit était capable de se concentrer, c'était la main qui était posée sur sa hanche et l'autre, appuyée à plat contre le mur, à quelques centimètres à peine de son visage, dans une piètre tentative pour ne pas l'écraser de son corps, et qui aurait été tellement mieux sur son corps à elle.
« S'il te plait… »
Elle se foutait de supplier si c'était ce qu'il fallait faire. Elle se foutait même du ballet inaltérable des serviteurs qui passaient dans le dos de Jack sans leur jeter un regard, habitués aux excentricités de leurs maîtres.
« Je ne comprends plus rien, Sam… »
Elle savait…Elle ressentait la même chose…Elle ne comprenait pas non plus pourquoi ils semblaient à tout prix vouloir céder maintenant après tant d'années passées à résister. Pourquoi avaient-ils résisté, déjà ? On ne résiste pas à quelque chose d'aussi fort…C'était lutter contre un torrent…Il finirait toujours pas les engloutir, qu'importe qu'ils suivent ou non le sens de son courant.
« Je ne sais plus où est le faux et où est le vrai… »
Elle le laissa continuer, gardant le silence qu'elle se savait de toute façon incapable de briser.
« Je ne sais plus si tu es à moi…Ou si tu es à lui… »
Sam frissonna, souhaitant désespérément qu'il se rapproche d'elle. Elle avait besoin de sa chaleur, elle était attirée par sa chaleur comme un papillon l'est par la flamme. Tant pis si elle devait s'y brûler les ailes…
« Je suis à toi…J'ai toujours été à toi… »
Elle eut beau murmurer, ses paroles semblèrent se répercuter contre les murs comme un écho. Son regard s'adoucit, jamais le feu dans ses yeux n'avait été si fort, si puissant. Elle inclina la tête, le souffle court, attendant qu'il se décide à franchir l'espace qui les séparait encore, qu'il fasse le choix.
Jack sembla hésiter un instant, puis la main qui était posée sur sa hanche remonta jusqu'à sa joue, provoquant un long frisson sur son passage. Ses doigts se mirent à jouer avec une des courtes mèches qui virevoltaient autour de son visage, mais elle ne le sentit même pas. Elle était beaucoup trop fascinée par la sensation de la bouche de Jack sur la sienne. La façon dont ils luttaient tous deux pour prendre le contrôle du baiser, renonçant au même instant pour reprendre leur attaque la seconde suivante.
Durant ces quelques minutes, elle se sentit invincible, indestructible. Rien au monde ne pouvait séparer deux personnes qui s'aimaient aussi fort, elle en était intimement convaincue. Rien…Puis elle entendit la lourde porte de la salle du trône s'ouvrir, le glapissement surpris de Daniel et elle sentit le corps de Jack se propulser loin d'elle.
D'un coup, elle eut froid, mal. Elle se sentit déchirée et elle détesta Daniel et Teal'c qui les dévisageaient d'un œil étonné. Pourquoi donc étaient-ils étonnés ? C'était couru d'avance…
« Ce n'est pas ce que vous croyez, Daniel… »
Tout d'un coup, c'en était fini du bien être. Fini de se croire invincible ou indestructible. Celui qui l'avait faite pouvait tout défaire. Les mots, plus tranchants qu'une lame se fichèrent en plein dans son cœur.
« Je ne crois rien, je constate. »
Son regard meurtri se porta sur l'archéologue. Il semblait amusé par la situation. Elle n'y voyait rien de drôle. En reniant leur baiser, c'était elle qu'il reniait. Les larmes, faciles, lui montèrent aux yeux mais elle les chassa d'un mouvement de tête. Elle ne pleurait pas dans les couloirs humides d'un château étranger à sa planète.
« Daniel…C'est un peu plus compliqué que ça en a l'air. »
Le soupir finit par attirer son attention. Plus compliqué que ça en avait l'air ? Elle ne voyait plus rien de compliqué dans leur situation…Elle ne comprenait plus rien. Elle était perdue, toute trace d'Aude ou de règlement égaré au fin fond de son esprit. Elle n'était plus que Sam, et Sam avait désespérément besoin d'être avec Jack.
« Ca, je veux bien le croire. Depuis quand vous dansez le menuet, Jack ? On vous l'a aussi expliqué ? »
Teal'c restait stoïquement à côté de ses amis. Ce fut le seul à glisser un regard vers elle.
« Major Carter, souhaitez-vous que je vous raccompagne à votre chambre ? »
Les deux hommes n'interrompirent pas leur conversation et Sam ne répondit pas tout de suite, écoutant sans vraiment entendre.
« Ecoutez, Daniel, je suis fatigué et j'aimerais aller me coucher. »
« Ce que je vois moi, Jack, c'est que quelque chose ne tourne pas rond avec vous deux et qu'on ferait mieux de rentrer. »
« Non. »
L'ordre claqua, implacable. Et sans savoir pourquoi, Sam partageait son sentiment. Ils n'avaient pas fini ici. Etant convaincu que rien d'autre d'important ne se dirait ce soir, elle se tourna vers Teal'c.
« Si ça ne vous dérange pas, j'aimerai bien, Teal'c. Merci. »
Jack tourna enfin la tête vers elle et au moment où elle croisa son regard, la tristesse qu'elle y lu lui rappela pourquoi c'était mal. Pourquoi détromper Daniel était nécessaire. Pourquoi ce qui c'était passé ce soir ne pouvait pas être ce que l'archéologue pensait…Ils n'avaient même pas le droit de le penser eux même. En une fraction de seconde, le visage de son supérieur se ferma et elle sut que l'incident était clos. Elle tourna le dos à ses coéquipiers et s'éloigna, le Jaffa sur ses talons.
« Pour quelqu'un qui ne savait pas danser, je trouve que vous vous en êtes très bien sortie, Ma Dame. »
La voix moqueuse, chargée de haine, lui parvint à travers le brouillard dans lequel elle flottait. Elle n'avait pas entendu Willem pousser la haute porte de bois sombre. Elle tourna à peine la tête vers lui, le temps de surprendre sur son visage cette expression de convoitise et de colère…
Elle garda sa respiration sous contrôle le temps du trajet jusqu'à ses appartements. Là, après avoir pris congé de Teal'c, elle laissa les évènements de la soirée la pénétrer. La brutalité possessive du baiser, la haine de Willem… Une certitude s'élevait peu à peu en elle. La jeune femme venait de sceller son destin. Et ce simple fait réussit finalement à faire couler ses larmes.
