Chapitre rouge bébé: Un problème
Heureusement que personne n'a pû me voir à ce moment là: moi, figée comme une idiote et les yeux grands ouverts, devant un bébé échidné sortit d'un œuf en or. Je n'ai rien compris.
C'était ça le trésor sans prix des échidnés?
Je me suis rapprochée, à moitié pour être sûre que je ne délirais pas et que ce petit était réel.
Et là, il s'est mit à gazouiller, tout souriant en me voyant tout près de lui, les bras tendus pour que je le porte. Je lui ai d'abord touché la tête. On ne peut plus réel.
Et tout à coup la citation de la porte me sauta à la gorge: les coeurs en un, l'espoir, le joyau parmi les joyaux... J'avais tout pris au pied de la lettre. J'aurais dû comprendre qu'il ne s'agissait pas d'un rubis mais d'un enfant. J'ai honte de m'être faite avoir comme ça.
« Et maintenant je fais quoi? », ai je laissé échapper en le regardant.
Le gamin insistait. Et moi... bon, je ne pouvais pas le laisser là mais j'hésitai un peu. Ce n'est pas comme si j'avais l'habitude non plus. A ce moment là, il s'est blotti tout contre moi avec un cri de joie, ses petits bras essayant de m'entourer du mieux qu'il pouvait et de toutes ces maigres forces.
Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire et de le trouver mignon.
« Je crois que nous ne sommes pas encore présentés », lui dis je en attirant son attention.
« Moi c'est Rouge. Et toi, petit homme? »
Je savais bien qu'il ne pouvait pas comprendre. Il était bien trop jeune, mais c'était trop amusant de voir l'interêt qu'il portait à chacune de mes paroles. Il me faisait penser à une version miniature d'un Knuckles ébahi. Adorable.
« Je ne sais pas encore ce que je vais faire de toi, mais tout d'abord on va sortir d'ici. Après on avisera. »
Je remarquai une fissure qui diffusait un rayon de soleil levant dans le mur du fond. Ça tombait bien. Je n'avais pas envie de refaire le chemin en sens inverse.
Le bébé fermement serré dans mes bras, j'ouvris mes ailes en guise d'élan pour donner un bon coup de pied sur la craquelure, et une bonne partie du mur s'écroula aussitôt vers l'extérieur.
A ma grande surprise, le petit n'a pas été effrayé du tout. Au contraire, il riait et applaudissait.
Je souris encore tandis que nous volons dans le ciel de l'aube. Visiblement, il appréciait la ballade aussi.
« Accroche toi, on va aller encore plus vite! », lui dis je sans jamais cessé de sourire. Puisqu'il avait l'air de tellement aimer voler, alors je pouvais bien faire ça pour lui. Pari gagné.
Mon mini-Knuckles riait tellement que je me suis prise à rire aussi, effectuant au passage quelques acrobaties au dessus de la forêt.
Je n'avais même pas remarquée qu'on l'avait dépassée depuis longtemps, quand j'aperçu un paysage familier... Je descendis alors, atterrissant doucement pour ne pas chambouler le petit davantage.
Lui, tout sourire, me regardait en battant des mains, comme s'il me félicitait. Trop chou.
Et puis tout à coup, j'entendis un petit bruit qui ressemblait à un gargouillis. Il l'avait entendu aussi, et il regarda d'abord son ventre, puis mon visage d'un air inquisiteur.
« Alors tu as faim? Hm... Je suppose qu'après des milliers d'années de sommeil, c'est normal... »
Mon regard se tourna automatiquement vers l'une des maisons à l'horizon, à la recherche d'une solution. Je reconnaissais celle de Cream et sa mère. J'étais déjà passée par là une fois ou deux, et je savais aussi que la maison d'Amy et l'atelier de Tails n'étaient pas si loin non plus.
Et puis ça à fait tilt. Je venais de trouver une solution à mon problème.
« Quelle chance qu'il soit si tôt, personne ne me verra », pensais je en volant à ras du sol vers la charmante petite maison de bois. Arrivée au pas de la porte, je jetai un dernier coup d'œil autour de moi pour être bien sûre de ne pas être observée. Mes doutes envolés, je posais l'enfant sur le palier.
Il me regardait maintenant avec incompréhension.
Je posais doucement une main sur sa tête, comme quand je l'avais trouvé. Et je lui parlais en souriant gentiment, accroupie devant lui.
« C'est ici qu'on se quitte, petit homme. Ici il y a des gens qui sauront s'occuper de toi mieux que moi, et je sais que tu y seras très heureux. Alors... à la prochaine, OK? »
Je voyais bien qu'il ne comprenait pas, mais je devais au moins essayer.
Je pensais chacun de mes mots, mais n'empêche, j'avais comme un petit pincement au cœur... Je retirai ma main en secouant la tête pour le chasser. Et avec un dernier clin d'œil, je me levai et commençai à m'éloigner.
Derrière moi, j'entendis le bruit d'une main qui tape le sol, et des gazouillis saccadés aussi, comme un nourrisson exprimerait de la peur. Je ne me retournai pas, prête à m'envoler.
Et c'est pile au moment où j'allais décoller qu'un sanglot incroyable résonna dans le silence du matin.
Je sursautai, complètement coupée dans mon élan. Et je me retournai pour voir que le petit échidné avait essayer sans trop de succès de me suivre, et trépignait des poings et des pieds en pleurant de toute sa voix.
Paniquée, j'allais accourir pour essayer de le calmer avant qu'il ne rameute tout le voisinage.
Mais trop tard. La porte s'ouvrit timidement, et Vanilla en robe de chambre apparût dans son embrasure, l'air interloquée. Puis Cream et Cheese derrière elle.
Elle vit d'abord le petit échidné toujours braillant à ses pieds, et puis moi, immobile à quelques mètres comme une imbécile en train de la regarder.
« Rouge? », dit elle sous le choc, l'air de me demander ce qui se passait.
