bOnsOir
Alors pour commencer je vous supplie de me pardonner pour ce retard bien trop long :. Je n'ai pas d'excuse réelle excepté le fait que j'avais du mal à écrir' le cinquième chapitre qui, à la base, devait être un POV Drago et qui finalement sera un POV Hermione. J'espère que cela ne vous déplaira pas. Par contre, sachez qu'il ne reste plus qu'un chapitre avant la fin et peut-être un éilogue.
bOnne LecTur' !
.oO°pOmmE-vErtE°Oo.
Chapitre 5 : histOir' du Passé...
POV Hermione
Je suis assise dans le confortable canapé de l'immense et chaleureux salon de Jack. Ce dernier se trouve juste en face de moi, me fixant silencieusement, attentif et intrigué. Nous sommes chez lui depuis près d'une heure et je n'ai toujours rien dit.
Depuis que je lui ais promis toute la vérité, Jack n'a pas pipé mot. Le retour jusque chez lui s'est fait dans un silence absolu et respectueux. J'ai bien senti qu'il me laissait le temps nécessaire pour me préparer au mieux. Pourtant, trois heures après ma promesse, je ne suis toujours pas prête. Même pas un tout petit peu… Je m'apprête quand même à dévoiler un pan entier de ma vie qui est fort loin de pouvoir être qualifié d'ordinaire et dont, en plus, je viens de passer des années entières –prêt d'une dizaine, tout de même, ce n'est pas insignifiant- à essayer d'oublier et à faire comme si cette période n'avait jamais eu lieu.
Je ne cesse de fixer mes mains dont j'entortille, inlassablement, mes doigts dans tous les sens. Dans ma poitrine, je sens mon cœur tambouriner furieusement, j'ai presque peur qu'il ne cherche à s'en échapper. Soudain, Jack se saisit de mes mains, me faisant brusquement sursauter. Je relève la tête et plonge dans ses prunelles d'un bleu profond.
-Hermione, si tu ne veux pas m'en parler, ce n'est pas grave, je ne t'en voudrais pas le moins du monde… Je vis sans rien connaître de ton passé depuis des années, cela ne m'a jamais empêché de t'aimer et d'être là pour toi. Et, rassure toi, ce n'est pas prêt de changer.
Je secoue tristement la tête, me racle la gorge et parle d'une voix mal assurée.
-Je t'ai promis… que je te raconterais tout… Je vais le faire.
-Mais tu n'es pas obligé de le faire dès à présent, si tu ne t'en sens pas capable. Rien ne presse… Je ne souhaite pas te forcer en quoique ce soit.
Je lui souris.
C'est aussi ça que j'aime chez Jack. Il sait être prévenant et rassurant. Mais j'avais promis… Et, je dois bien l'avouer, j'espère que parler me libérerais de l'emprise que le passé a sur moi…
-Ce que j'ai à te dire est loin d'être facile, tant à expliquer qu'à entendre, pour toi… Il se peut que tu me prennes pour quelqu'un de complètement dingue et que tu ne veuilles plus jamais m'adresser la parole.
-Hermione ! Jamais je ne…
Je l'interromps d'un geste de la main, balayant ses promesses à venir. Il se tait.
-Ne me promets rien avant d'avoir entendu ce que j'ai à te dire, à t'apprendre…
Il hoche la tête et je détourne les yeux, cherchant par quoi commencer, avant de me décider pour le commencement. J'aspire profondément.
-Je suis une sorcière.
Aucun rire. Je lui jette un coup d'œil. Jack me regarde toujours avec sérieux, attendant que je poursuive. Ce que je fais, prenant un peu plus d'assurance au fur et à mesure.
-Je l'ais su peu de temps avant mes douze ans, en recevant la lettre d'admission dans une école de sorcellerie : Poudlard. Mes parents étant ce qu'on appelle des moldus –des non-sorciers- je n'avais jamais entendu parler de Magie et j'ai découvert qu'en réalité, parallèlement à notre monde, bien qu'étroitement mêlé, existait tout un univers où règne la Magie, avec son école, son hôpital, ses magasins, et même son propre Ministère.
Je m'arrête un instant. Dans ma tête viennent se bousculer des images, des souvenirs. Nostalgique, je reprends.
-Avant même de faire mon entrée à Poudlard, j'ai dévoré un tas de livres afin d'en connaître un maximum sur le monde dans lequel j'allais évoluer pendant sept longues années. Cependant, je n'ais pas appris que des bonnes choses…
Tout en racontant mon histoire, je fixe un point invisible sur le mur derrière Jack, laissant la vague de souvenirs me submerger entièrement.
-En lisant un livre retraçant l'histoire du monde sorcier, j'ai découvert qu'il n'était en paix que depuis onze ans. En effet, la Guerre avait déchiré les sorciers durant de longues années. Un… Homme, Tom Elvis Jedusor de son vrai nom, avait rassemblait des fidèles, les Mangemorts, et se faisait appeler –nom que très peu de sorcier osait prononcer- Lord Voldemort.
Je ne peux empêcher un frisson de parcourir mon corps, frisson provoqué par une crainte que je n'ai pas ressenti depuis fort longtemps.
-Cependant, onze ans auparavant, il avait commis l'erreur de croire, trop rapidement, en une prophétie qui disait, grosso modo, qu'un enfant à naître serait la cause de sa perte. Cet enfant devait être celui de sorciers l'ayant déjà par trois fois défié. Voldemort s'est alors précipité pour assassiner la famille dont il devait être question… Mais alors qu'il s'en prenait à l'enfant, le sort de mort qu'il lança se retourna contre lui. Lord Voldemort venait d'être vaincu par un gamin d'un an. Harry Potter, le Survivant…
Sans que je m'en rende réellement compte, une larme coule le long de ma joue. Je ne m'en préoccupe guère.
-Harry Potter, je l'ais connu. Il a était mon meilleur ami. Lui et Ronald Weasley. Ils sont tous deux entrée à Poudlard la même année que moi. Et Harry, tout comme moi, ne connaissait rien de ce monde puisqu'il avait été élevé par sa tante et son oncle, des moldus lui ayant caché la vérité. De ce fait, il ignorait même à quel point il était connu… Au début, lui et Ron ne m'aimait pas beaucoup, pas du tout même…
Je souris en y repensant.
-J'étais rapidement devenue la Miss Je-Sais-Tout de l'école, celle toujours prête à répondre aux questions des professeurs, et à faire ses devoirs des semaines avant la date limite. Autant dire que j'étais loin d'être apprécié par mes camarades… Cependant, cette situation a changé du tout au tout lorsque le jour où Ron et Harry m'on sauvé d'un Trolls des Montagnes et où pour leur éviter trop d'ennui j'ai fait croire aux professeurs que j'étais partie à la recherche du Trolls, pensant que je pouvais le battre…
Tout en parlant, je revois le premier vrai sourire que m'ont adressé Harry et Ron ce jour là.
-Nous sommes alors devenus le « Trio d'or » de Poudlard et nous avons vécu nombres d'aventures que peu de personne de notre âge aurait supporté… Lors de notre première année, nous avons découvert que Voldemort n'était pas réellement mort. Il était… une sorte de spectre, cherchant de multiples façons de revenir entièrement à la vie. Cette année là, il avait partagé le corps d'un des professeurs, parfaitement conscient de cela, et essayé de s'emparer de la pierre philosophale, qui donne la vie éternelle.
Pour la première fois depuis le début de mon récit, Jack, jusque là immobile, a un léger mouvement de surprise, et ses yeux s'agrandirent légèrement. Je n'y fais pas plus attention, et poursuit.
-La deuxième année, par l'intermédiaire d'un vieux journal, Voldemort est parvenu à prendre possession de l'esprit de Ginny Weasley, la petite sœur de Ron, pour libérer un basilic –un énorme serpent- et tuer les 'sang de bourbe', autrement dit, les enfants nés de parents moldus, comme moi…
Cette fois, l'horreur se peint sur le visage de mon ami et je ne peux m'empêcher d'en sourire.
-Aucun élève n'est pourtant mort, juste pétrifiés puis réanimés. J'en faisais parti. Mais Harry, avec bien sur notre aide, à Ron et moi, a réussi à tuer le Basilic et à sauver Ginny.
Il soupire légèrement, ce qui m'amuse un tant soit peu.
-Lors de notre troisième année nous en avons découvert un peu plus sur Harry et ses parents. Son père avait eu trois meilleurs amis, dont un Loup-garou qui se trouvait être notre nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal. L'un d'eux, Sirius Black, était en prison pour avoir, soit disant, commis le meurtre du quatrième, Peter Pettigrow. En réalité, Peter Pettigrow avait trahi James et Lily Potter, les parents d'Harry, conduisant Lord Voldemort à leur cachette. Fou de rage, Sirius, le parrain d'Harry, avait voulu les venger mais Peter s'est transformé en rat après s'être coupé un doigt et a disparu, faisant ainsi croire à sa propre mort…
Pour la première fois, Jack m'interromps.
-Il s'est transformé… en rat ?
J'hoche la tête.
-Oui. Lui, James et Sirius était ce qu'on appelle des animagus, c'est-à-dire qu'il pratiquait la métamorphose humaine. Ils pouvaient se transformer en animal. Peter était donc un rat, Sirius un chien, et James un cerf.
Jack hoche la tête mais n'ajoute rien. Je reprends donc.
-Mais lors de notre troisième année, Sirius s'est échappé d'Azkaban, la prison des sorciers, et tout le monde était persuadé que c'était pour tuer Harry. Mais la réalité était tout autre. Dans le journal, Sirius avait reconnu Peter, sous sa forme de rat, sur une photo de la famille Weasley. Pettigrow s'était fait passé pour un animal de compagnie pendant près de douze ans…
Jack pousse un soupir soulignant clairement le compliqué de toute l'histoire et il est vrai que si je ne l'avais pas vécu, j'aurais fait la même tête que lui… et j'aurais volontiers fait enfermer la personne qui m'aurait raconté une telle histoire. Pourtant, quelque chose dans ses yeux me pousse à ne surtout pas m'arrêter.
-Malheureusement, la vérité n'a pu éclatée au grand jour. Seul Harry, Ron, Remus Lupin, et moi-même avons tout découvert mais lorsque nous avons voulu amener Pettigrow au grand jour, la malchance s'est jouée de nous et il a pu s'échapper, obligeant ainsi Sirius à fuir…
Une nouvelle larme solitaire coula hors de mon œil. Un nouveau souvenir douloureux.
-L'année suivante… Lord Voldemort revenait à la vie avec l'aide de ce traître…Pendant une longue année, très peu de personne voulait croire en ce retour. Cependant, un groupe œuvrait en secret pour essayer de protéger, malgré tout, la société sorcière. Il s'agissait de l'Ordre du Phénix, créé lors de la première guerre par Albus Dumbledore, directeur de Pourdlard et surtout le seul qui ait toujours réellement fait peur à Voldemort. Mais le Ministère ne cessait de pas discréditer les propos Dumbledore et Harry, refusant de croire au retour de Lord Voldemort. En plus, Cornélius Fudge, le Ministre de la Magie était persuadé que Dumbledore voulait prendre le contrôle du Ministère. A Poudlard, les élèves également ont commencé à se diviser, certains croyaient ce que disait le Ministère à travers la Gazette du Sorcier –le journal que tous les sorciers lisent. De plus, Fudge avait placé une de ses collaboratrices comme professeur de Défense contre les Forces du Mal, de ce fait les libertés des élèves n'ont cessé de diminuer et nous n'apprenions strictement rien dans ces cours. C'est la raison qui nous a poussé, Harry, Ron et moi, a créé un Club secret que nous avons volontaire appelé l'Armée de Dumbledore et ce dans le but d'apprendre aux élèves à se défendre.
Je souris en revoyant tous ces visages d'élèves avides de ce savoir combattif qu'Harry Potter possédait.
-C'est grâce à ce club que nous avons découvert réellement de nouvelles personnes digne de toute confiance… Ginny Weasley, Neville Londubat, Luna Lovegood… Ce sont ces trois amis qui nous ont accompagné au Ministère lorsqu'Harry a cru que son parrain y été détenu par Voldemort. Malheureusement, il s'agissait d'un piège, et nous avons bien failli y rester… Sans l'Ordre du Phénix, nous y serions restés. Mais notre… aveuglante soif d'aventure et de 'non-obéissance' ont couté la vie à Sirius…
Cette fois, ce n'est pas une mais plusieurs larmes qui dévalent mes joues. D'un geste tendre et compatissant, Jack les essuies lentement avec son pouce. Je prends quelques minutes pour me remettre. Depuis le début de mon récit je revis ce douloureux passé et là je revois précisément la mort de Sirius Black. Je la vis une nouvelle fois… C'est le cœur lourd que je reprends mon récit.
-Ca a été une perte particulièrement difficile pour Harry… Mais l'année suivante est arrivée avec son lot habituel de mystère. C'est lors de notre sixième année que nous avons appris que Voldemort avait en réalité créé ce qu'on appelle des Horcruxes, cela signifie qu'il avait divisé son âme en sept. C'est pour cela qu'il n'était pas réellement mort lorsque le sort, lancé contre Harry, s'était retourné contre lui. Il fallait donc trouver et détruire tous les Horcruxes pour enfin mettre un terme à la vie de Voldemort. C'est ce qu'Harry et Dumbledore avaient entrepris lors de notre sixième année, jusqu'à l'assassinat de notre directeur lors d'une attaque de mangemort…
Je m'arrête à nouveau. J'ai résumé les années à Poudlard en un temps record, ce qui me sidère moi-même. Jack me fixe toujours sérieusement, pas une once d'amusement ne s'est peinte sur son visage. Comme je ne reprends pas, il le fait.
-Et vous avez fini par le vaincre, n'est-ce pas ?
J'hoche légèrement la tête.
-Oui…
-Hermione, pourquoi me raconte-tu tout ça aujourd'hui ?
-Tu me crois folle, pas vrai…
Jack secoua la tête, blasé et énervé. Il pose une de ses mains sur ma joue et approche son visage du mien.
-Jamais je ne penserais une telle chose, Hermione. Certes tout ceci me paraît complètement dingue, mais j'ai vraiment l'impression que tout ce que tu viens de me raconter n'est que la stricte vérité. Alors, oui, je te crois !
De nouvelle larme, de soulagement cette fois, viennent envahir mes joues et, dans un rire nerveux, je me blottis contre lui. Il me frotte le dos de manière réconfortante et nous restons ainsi sans rien dire pendant plusieurs minutes. Finalement, il reprend.
-Mais je suis quand même curieux… Pourquoi maintenant, aussi subitement ?
Je me redresse et essuie mes larmes, retenant à grand peine celles qui ont envie de passer les barrières. Je crois de nouveau le regard de Jack, regard rassurant.
-Si je te raconte tout ça aujourd'hui c'est parce qu'une personne qui a fait partie de ce passé vient soudainement de réapparaître dans ma vie…
-Qui donc ?
-Le patient drogué qui s'est pris deux balles…
Jack paraît réfléchir, fronce les sourcils.
-Je me disais bien qu'il y avait quelque chose d'étrange avec lui…
C'est à mon tour de froncer les sourcils.
-Et bien, c'est le genre de patient que tu adore prendre en charge et, sans aucune explication, tu le refile à Drunck avec qui, je te le rappelle, tu es en compétition depuis notre arrivé dans cet hôpital. Ensuite, lorsque je t'ais récupéré tout à l'heure, dans tous tes états, tu sortais tout juste de sa chambre…
Je baisse les yeux. Il est vrai que tout ceci a pu paraître étrange, surtout pour mon meilleur ami qui est loin d'être aveugle et idiot… Il ne dit plus rien, attendant patiemment que je reprenne mon récit, ce que je finis par faire bien que je suis entièrement conscience que le plus difficile arrive.
-Lors de notre dernière année, après la mort de Dumbledore, Harry a pris la décision de continuer sa recherche des Horcruxes. Ron et moi avons voulu l'accompagner mais il a refusé et est même parti une nuit, sans rien dire à personne…
-C'était une aventure si dangereuse ?
-Très dangereuse, oui. C'est bien pour ça qu'on voulait l'aider. On a essayé d'aller à sa recherche mais l'Ordre du Phénix, qui ignorait tout des Horcruxes, nous en ont empêché et nous avons finalement rejoint Poudlard, dont l'un de nos professeurs avait repris la direction. Cette année là a sans aucun doute était la plus angoissante de toutes. Au début, Ron et moi étions toujours aussi proche qu'auparavant, malheureusement ça a rapidement changé. Rapidement, il est devenu de plus en plus protecteur envers moi, me suivant où que j'aille, empêchant presque quiconque de m'approcher de trop près… De nombreuses disputes ont éclaté avant que je ne décide de stopper net tout contact avec lui…
Ma respiration se fait plus saccadée, les larmes menacent de couler à nouveau. Il faut que je me force pour continuer.
-C'est… à cause de moi qu'il est mort…
Il s'apprêtait à protester, sans même savoir ce que j'allais expliquer, mais je l'en empêchait d'un simple regard noir.
-Ne cherche pas à dire que non, je n'y suis pour rien, et attends plutôt que je te raconte ce qui s'est passé !
Il lève les mains en signe d'accord et reprend son attentive écoute.
-A peine deux jours après notre dernière dispute, et l'arrêt, bien que temporaire selon moi, de notre amitié, Ron s'est enfui. Il a quitté Poudlard en douce et… son corps a été retrouvé sans vie un mois après… Torturé puis tué par des Mangemorts…
J'ai toujours du mal à respirer correctement mais, étonnement, les larmes ont disparu. Mon cœur se serre alors que je revois le visage blafard de celui qui avait été mon meilleur ami de longues années durant, mais je ne pleure pas. Je n'en ai même pas envie…
-Personne ne m'a jamais rien reproché mais moi je sais que c'est de ma faute. C'est ma faute s'il a décidé de partir. Je suis certaine qu'il voulait retrouver Harry. S'il y a quelque chose que Ron détesté, c'était se sentir inutile… Il voulait, il devait aider, surtout lorsqu'il s'agissait d'Harry… Alors, n'étant d'aucune utilité à Poudlard, et surtout pas à mes côtés, il a voulu aller aider notre ami… Et il en ait mort !...
Cette réalité est violente, je n'en doute pas, mais c'est la réalité.
-Comment a réagi… Harry, c'est ça ?
-Oui. Lorsqu'il a appris la mort de Ron, Harry est venu, deux jours, pas un de plus. Mais il voulait être là pour l'enterrement… Il voulait être aux côtés de la famille Weasley… à mes côtés. Mais il avait changé. Enormément. Il avait de nombreuses blessures, une longue balafre lui paraît le côté gauche du visage partant de son sourcil jusqu'à sa lèvres inférieure. Il paraissait également extrêmement fatigué et son regard était plus dur et plus mystérieux que jamais. Sauf lorsqu'il le posait sur Ginny ou moi…
-Ginny était… sa copine ?
-Sa fiancée à vrai dire. Il l'avait demandé en mariage juste avant son départ, disant que cela lui faisait une raison de plus revenir en vie…
Jack hoche la tête, l'air un peu étonné malgré tout.
-En tout cas, ce n'est pas nous qui l'avons empêché de repartir quand même… Et après son départ, Ginny a cessé de… 'vivre'. Elle ne parlait plus, mangeait le strict minimum… Elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. C'est pourquoi je me suis retrouvée seule… Car même si je m'entendais bien avec d'autres étudiants, ce n'était plus pareil. C'est à ce moment là qu'il s'est intéressait à moi. Et moi à lui…
-Le drogué inconnu ?
-Drago Malefoy… Fils unique d'un Mangemort, notre pire ennemi à Poudlard, celui qui avait passé tant d'année à me rabaisser parce que j'étais née de parents moldus... Notre… relation a commencé d'une façon plutôt étrange. J'étais restée, une fois de plus, bien tard à la Bibliothèque, cherchant à me vider tant bien que mal la tête dans les livres et l'apprentissage de nouveaux sorts. Je pensais être seule jusqu'au moment où il est arrivé subitement derrière moi. Et sans que je ne m'y attende, nous nous sommes retrouvés… allongé sur l'une des tables dans le plus simple appareil…
Jack sourit de manière sarcastique, et je souris moi-même, timidement, tandis que le rouge me monte aux joues. Pourtant, j'ai déjà parlé de sexe avec Jack, enfin c'est surtout lui qui me parle de ces conquêtes, mais là… le souvenir de Drago et moi sur cette table de la Bibliothèque de Poudlard me donne des frissons et me remue l'estomac dans tous les sens.
-Pendant des semaines entières nous n'avons cessé de nous voir dans le plus grand secret. Nous ne parlions pas, préférant les gestes aux paroles. Ca pouvait être très tendre, comme ça pouvait être extrêmement violent…
A cet instant, je soulève mon tee-shirt, basse légèrement mon pantalon et laisse apparaître, aux yeux stupéfaits de mon ami, la fine cicatrice blanche qui orne le bas de mon ventre et le haut de ma cuisse. Il passe doucement un doigt dessus et grimace.
-Je n'ai pas vraiment souffert, du moins absolument pas sur le moment vu ce qu'il me prodiguait…
Un sourire coquin, cette fois, vient fendre mon visage en deux en repensant à l'habileté de Drago et à son savoir-faire quant il s'agissait de faire venir une fille à l'orgasme. Je remets en place mes vêtements et reprends mon récit.
-Puis un jour, Harry est revenu. Triomphant. A partir de ce moment-là, tout le monde a pris conscience que la fin était proche. Les deux camps ont commencé à se préparer pour la Bataille Finale et c'est là également que nous nous sommes rendu compte du nombre importants d'élèves mangemorts car ils sont tous partis rejoindre leurs parents et leur maître, prêt à combattre… Drago faisait parti de ces élèves et il a disparu du jour au lendemain, sans rien dire… Sans rien me dire… J'ai tout fait pour l'oublier, me plongeant corps et âmes dans des entraînements au combat avec Harry et Ginny, qui a repris vie instantanément dès qu'elle a vu qu'Harry était en vie.
Je vois Jack fronçait les sourcils et l'interroge du regard sur ce qui le gêne.
-Désolé mais… Cette Ginny ne te parle pas pendant longtemps alors que tu as besoin de soutien et dès qu'elle voit son fiancé revenir elle redevient comme avant et vous vous entraînez ensemble… comme si rien ne s'était passé.
Je ne peux m'empêcher de sourire. C'est tout Jack ça, quiconque ose me faire du mal ne doit surtout pas être pardonné.
-En quelque sorte oui… Mais ce n'était toujours pas comme avant en réalité. L'absence de Ron, bien que personne n'en parlait, pesait énormément. Et puis, après ma longue aventure avec Drago je n'étais plus vraiment moi-même. Même si je n'avais eu de cesse de le haïr, j'avais fini par m'avouer que je m'étais profondément attaché à lui. Il était mon point d'ancrage dans ce monde de haine et de violence. Et son départ m'avait affecté bien plus que je ne voulais le crois.
Mon cœur se serre au souvenir de l'étrange souffrance qui m'avait poignardé des jours entiers alors que je désespéré d'avoir de ces nouvelles.
-Mais un soir, alors que je rentrais à mon dortoirs, quelqu'un m'a soudainement attrapé et je me suis retrouvée dans une salle de classe vide, collée à un torse dont je connaissais les moindres recoins et embrassée par des lèvres que je ne pensais plus jamais sentir. Il était là, en piteux état mais vivant. Il m'a serré longuement dans ses bras avant de m'annoncer qu'il souhaitait partir, partir loin de tout, loin des Mangemorts, loin de la Guerre… Il voulait s'enfuir et il voulait que je fuis avec lui.
J'avale difficilement ma salive avant de poursuivre.
-J'ai refusé.
Je m'arrête à nouveau, ferme les yeux un instant, revois, sous mes paupières closes, ceux, abattus et triste, de Drago lors de mon refus.
-Je me souviens encore du regard qu''il m'a lancé… Il semblait complètement dépité, on aurait dit que je l'avais… trahis. Puis son regard est devenu dur, particulièrement glacial, et il a disparu. C'est la dernière fois que je l'ai vu.
-Jusqu'à il y a deux jours ?!
-Jusqu'à il y a deux jours ! J'ignorais tout de ce qu'il était devenu. Après sa fuite je n'étais plus que l'ombre de moi-même. Je n'ai eu de cesse de m'entraîner et lorsque la Bataille Finale est enfin arrivée… Je… J'y ais mis tout mon cœur, toute mon âme, Tuant mangemorts et monstres de toutes sortes reliés à la cause de Voldemort.
L'expression étonnée de Jack m'oblige à m'arrêter.
-Qu'y a-t-il ?
-Tu as vraiment… tué ?
Je baisse les yeux, légèrement gênée et réponds dans un murmure.
-Oui… Oui, j'ai tué. J'ai tué et je n'ai pas regretté les salauds dont j'ai ôté la vie. Eux même ont pris plaisir à tuer et torturer plus d'une fois.
A présent, j'ai relevé la tête pour planter un regard dur dans celui de Jack. Cependant je m'adoucis rapidement.
-La Bataille a duré trois jours. Trois jours d'horreur, trois jours de désolation, trois jours où les corps sans vie se sont accumulés sur l'herbe humide du parc de Poudlard, trois jours où le repose était impossible, trois jours de Guerre…
A nouveau, je fixe un point invisible sur le mur derrière Jack.
-Finalement, Harry est parvenu à éliminer Voldermort. Leur duel a été particulièrement violent… Si le Lord était bel et bien mort, Harry a été grièvement blessé et s'est retrouvé plongé dans un profond coma…
Je m'arrête une fois de plus, longtemps, ne bougeant plus d'un millimètre, le regard fixait au loin. Comme je ne reprends pas, Jack m'interroge.
-Est-ce qu'il est… mort ?
-A vrai dire… je l'ignore.
Il fronce les sourcils, encore.
-En fait, après la Bataille, je n'ai pas absolument pas supporté de voir tous ces visages meurtris par les pertes et les souffrances qu'avait engendré la Guerre. La paix était peut-être revenue mais le monde des sorciers avait été bouleversé et il faudrait du temps pour que cela revienne à la normal. Alors j'ai mis les voiles. J'ai fui cette vie d'après-guerre que je n'avais pas la force de connaître. C'est pourquoi je suis venue à Paris, j'ai changé de nom, me suis inscrite pour faire des études de médecine avec l'espoir de pouvoir guérir un maximum de personne…
Il sourit.
-Ton rêve irréaliste de sauver le monde.
Je souris à mon tour et hoche la tête.
-Tu as dit que tu as changé ton nom. Comment t'appelles-tu en réalité.
-Hermione… Granger !
-J'aime bien. Pourquoi Evans ?
-C'était le nom de famille de la mère d'Harry. Quelque part, je voulais que quelque chose me raccroche à cette vie passée que je fuyais.
-Tu as réellement coupé ton les ponts ?
-Tous ! Je n'ai pas revu une seule personne de cette époque depuis près de neuf ans, je n'ai eu aucune nouvelle du monde sorcier depuis mon retour chez les moldus, et, surtout, je n'ai pas utilisé de magie depuis ce temps…
Je me lève, me dirige vers mon sac que je ramène avec moi sur la banquette et avant de farfouiller dedans. Je finis par en sortir une longue tige en bois qu'il regarde avec attention et suspicion.
-Qu'est-ce que c'est ?
-Ma baguette magique. La dernière fois que je l'ai utilisé c'était il y a neuf ans, lors de la grande Bataille…
-Pourtant tu la garde sur toi…
-En effet…Je suis loin d'être aussi forte que je veux bien le faire croire. J'ai, malgré tout, besoin de petit lien qui, parfois, me rappelle que j'ai vécu…
-Parce que depuis que tu as quitté ce monde tu ne vis plus réellement, n'est-ce pas ? Tu respire, tu parle, tu as un super meilleur ami, mais tu ne vis pas vraiment… Je suis heureux que tu m'ais parlé, Hermione.
-Merci à toi de m'avoir écouté, de m'avoir cru, et surtout de m'avoir supporté pendant toutes ces années.
Il me sourit tendrement et me caresse la joue avant de m'attirer contre son torse.
-Et tu pourras encore compter sur moi pendant longtemps.
Nous restons enlacés quelques minutes et je finis par sortir de ses bras.
-Qu'est-ce que tu compte faire à présent ?
-Maintenant… je crois qu'il va falloir que je cesse de fuir mon passé. Et pour cela… je vais commencer par aller discuter avec Drago Malefoy.
Et voilà
j'espèr' que ça vous as plu.
J'essaie de vous fair' rapidement la suite :).
A bientôt
