bOnjOur à tous,
bon j'aurais voulu poster hier mais, comme certains d'entre vous ont du le remarquer, le site a eu quelques bugs. Donc voici ce matin le sixième et dernier chapitre de Séquelles :)
En espèrant qu'il vous plaise
bOnne LecTur' !
.oO°pOmmE-vErtE°Oo.
Chapitre 6 : lOsrque la Vérité fait du bien à l'âme et répare les cOeurs...
POV Drago
Je suis fatigué.
Extrêmement fatigué. Pourtant, je ne parviens pas à dormir. A chaque fois que je suis sur le point de sombrer dans le sommeil un infime sursaut de conscience vient me réveiller. Heureusement, il y a malgré tout un point positif, la morphine fait nettement son effet et toute douleur semble avoir quitté mon corps, en fait je ne sens quasiment plus mes membres. En revanche, et chose extrêmement étrange vu la dose de morphine que je dois avoir dans le sang, j'ai l'impression d'avoir l'esprit particulièrement clair.
Et, alors que le jour se lève, je suis assis sur ce foutu lit d'hôpital, les yeux écarquillés fixant un point invisible sur le mur face à moi. Je ne me suis pas encore vu dans un miroir mais je suis sur que je dois faire peur avec ma tête de mort vivant. Pourtant, au fond, n'est-ce pas ce que je suis ? Un mort vivant… Je respire, je me nourris, je parle, je bouge –enfin quand je ne suis pas bloqué sur un lit-, je fais tout ce qu'un être humain peut faire et qui prouve bien qu'il est vivant, et pourtant, peut-on dire que je vis ?... Permettez-moi d'avoir des doutes. Depuis près de neuf ans je n'ai fais que me foutre en l'air, tombant dans des drogues de plus en plus forte, dans des doses de plus en plus importantes, cherchant, à n'importe quel prix, à oublier.
Oublier… Toujours oublier…
J'en suis là dans mes réflexions lorsque la porte de ma chambre s'ouvre pour laisser le médecin qui s'occupe de moi, suivit, à mon grand étonnement bien que je ne devrais pas être si étonné, de deux policiers, bien moldus. Ils m'observent avec méfiance tandis que le médecin s'approche de moi. Il me parle tout en vérifiant mes dernières analyses.
-Ces messieurs aimeraient vous poser quelques questions.
L'une des deux hommes en uniforme s'avance alors, et l'autre sort un calepin d'une de ses poches. Je croise les bras sur mon torse et fixe un regard dur dans celui du policier.
-Vous vous appelez bien Drago Malefoy ?
J'hoche la tête, à quoi cela servirait-il de leur mentir de toute façon ?
-Si nous sommes ici c'est parce qu'on a retrouvé, tôt ce matin, trois dealers, de deux bandes ennemies, un est mort, les deux autres sont gravement blessés, tués par balles, dans la banlieue ouest de Londres. Les deux blessés ont été transférés d'urgence dans cet hôpital et c'est pour cela que nous avons été appelés. Et qu'elle n'a pas été notre surprise lorsque nous avons appris qu'un autre blessé par balle, un drogué qui plus est, avait été admis ici même deux jours auparavant. Alors, Mr Malefoy, que pouvez-vous nous dire à propos de toute cette histoire ?
J'observe attentivement le flic, sans ciller un instant, sans même détourner les yeux. Mais sans parler non plus.
-Vous feriez mieux de nous donner votre version. Si vous ne parlez pas, vous ne ferez qu'empirer votre cas puisque dès que nous avons l'accord de votre médecin nous vous arrêterons pour complicité de meurtre et possession de drogue.
-Je ne crois pas avoir eu de la drogue sur moi lorsque j'ai été transporté ici !
-Non mais vous en aviez, semble-t-il, une belle quantité dans le sang et il y en avait un beau paquet dans l'entrepôt où on était retrouvé les dealers.
Je ferme les yeux un court instant avant de les rouvrir en les tournant vers la fenêtre.
-J'avais besoin de ma dose ce soir là. Le dealer qui m'a toujours fourni avait son squat dans cet entrepôt, c'est pourquoi je m'y suis rendu. Cependant, lorsque je suis arrivé les deux bandes étaient déjà en pleine confrontation. J'ai voulu embarquer un peu de drogue en douce mais ils m'ont aperçu et les mecs de la bande adverse ont commencé à me tirer dessus alors que je m'enfuyais. J'ai reçu deux balles, comme vous devez le savoir ! Cela vous suffira, inspecteur !
L'autre près de la porte continue de prendre note de la suite, tandis que celui qui venait de m'interroger hoche lentement la tête.
-Cela devrait suffire en effet, mais vous n'êtes pas encore sorti d'affaire, Mr Malefoy. Vous aurez bientôt de nos nouvelles ! En attendant, bon repos…
Sur un dernier sourire narquois, il quitte la pièce en compagnie de son collègue et je sens une douce colère s'insinuer en moi. Ce que je peux détester ces flics au jugement hâtifs et surtout sans la moindre envie de compréhension. Drunck, ce médecin que je compte détester aussi longtemps qu'il m'aura en charge change ma perfusion avant de quitter ma chambre, sans un mot, sans un regard pour ma personne. Mais à peine est-il sorti que des voix me parviennent, dont une en particulier qui fait faire un bond à mon cœur dans ma poitrine qui se comprime subitement.
-Ah ! Docteur Drunck, je vous cherchais justement.
-Que puis-je pour vous Docteur Evans ?
-Je suis navré, mais je vais récupérer ce patient.
-Comment cela, vous récupérer ce patient ?! Mais je ne vous le permets pas. Vous n'en avez pas voulu, alors je ne vois pas en quel honneur je devrais subitement vous le rendre !
Pourquoi ais-je toujours l'impression que l'on parle de moi comme d'un objet ? Je dois avouer que je n'apprécie guère cette sensation, surtout lorsqu'elle provient de ce Drunck…
-Vous ne voudriez quand même pas refuser une demande qui a été accepté par le chef de service ?
Dans la voix douce de cette jeune femme, je sens clairement le sarcasme utilisé avec volupté. Celle de l'autre médecin, en revanche, recèle une colère refoulée empreinte de jalousie et de haine. Comment peut-il donc haïr un Ange tel que cette Miss Evans qui demeure encore un vrai mystère pour moi, même si je sais que je connais son visage, sa voix, son prénom…
-Vous… Vous avez parlé au chef de service ?...
-Oui, il a accepté de me recevoir cinq petites minutes ce matin même. Je lui ai expliqué qu'il s'agissait d'une erreur de ma part et que j'avais même déjà trouvé un centre de désintoxication pour ce patient. Alors maintenant, je vous prierais de me passer son dossier !
Cette dernière phrase sonne comme un ordre et j'entends le docteur Drunck soupirer fortement. Je donnerais beaucoup pour voir la tête qu'il fait à cet instant. Cependant… je ne me préoccupe plus beaucoup de lui et me concentre sur sa voix à elle. Sur le ton qu'elle vient de prendre plus précisément. Ce ton dur, sec, autoritaire. Je sais que je le connais ce ton-là, je l'ai déjà entendu plus d'une fois… Utilisé sur d'autre mais également sur moi-même.
-Soit. Tenez, voilà son dossier. Et je vous confie le soin d'expliquer à la police ce… changement soudain. Et sachez également que ce patient ne risque pas de rester bien longtemps entre vos mains, ni entre ceux de spécialistes d'un centre de désintox', puisqu'il va sans doute être attendu en prison.
Je serre les poings. Si forts que mes jointures en deviennent blanches. Une envie de taper tout ce qui se trouve à porté de mains me prend au tripes mais je me résonne et sait que ce serait loin d'être une bonne idée. Les voix se sont tues. Le silence s'est imposé, excepté les bruits de pas qui résonnent au loin dans les couloirs de l'hôpital. C'est alors que la porte s'ouvre entièrement et que je retrouve les yeux caramel de celle qui hante mes pensées depuis deux longs jours et deux longues nuits.
Elle m'observe un instant avant de s'approcher lentement, de cette démarche fluide et légère, avec cette tête haute et ce dos bien droit.
Nos regards sont complètement accrochés. Ah ! Ces yeux… Cette douce couleur, ce doux regard qui vous transperce par sa sincérité, sa tendresse et cette étrange détermination. Cependant, il y manque quelque chose… Il faudrait y rajouter une touche pétillante de gaité, une étincelle de joie de vivre et là… Là, elle serait entière. Elle serait elle…
Non… C'est impossible! Bien sur je connais ces yeux et ce visage… Sans oublier non plus que j'ai parfaitement bien connu ce corps, et ce dans les moindres recoins !
Elle a changé. Elle a encore un peu grandit mais à perdu les formes rondes et délicates qui m'avaient tant attirées chez elle. Aujourd'hui, la maigreur semble s'être emparée d'elle, la pâleur également, elle qui avait pourtant toujours eu un teint joliment bronzé. Mais c'est bel et bien elle.
Une lumière s'allume soudainement dans mon esprit et moi qui avait l'impression d'être perdu dans le noir depuis deux jours, je suis subitement aveuglé par la réalité. Comment n'ais-je pas pu la reconnaître plus tôt ?
-Hermione Granger…
Ma voix n'était qu'un chuchotement mais elle sourit. Un sourire sarcastique, exactement le même que celui qu'elle m'avait supplié de lui apprendre il y a fort longtemps.
-Tu te souviens enfin de moi, Malefoy.
Je me redresse correctement. Et, comme s'il n'y avait jamais eu ces neuf années de 'séparation', je reprends automatiquement le même sourire narquois et la même voix traînante qui me servait à lui répondre lors de nos joutes verbales, celles que l'on avait après avoir… tiré un coup.
-Il me semble que ce n'était pas mon nom que tu criais à une certaine époque…
Ces yeux se font plus durs.
-C'est une époque qui remonte loin ! Elle est révolue depuis bien longtemps.
-Arrête donc de mentir. De te mentir ! N'oublie pas que j'ai toujours su lire en toi comme dans un livre ouvert. Et je vois dans tes yeux vide de toute étincelle de vie heureuse que cette époque… tu n'as jamais pu l'oublier…
C'est fou ce que les habitudes reviennent à une vitesse fulgurante par moment. Ma voix s'est faite particulièrement dure, mon regard également, comme lorsque je voulais lui faire entendre raison, sur des sujets plus ou moins futiles, à une certaine époque… Et, comme à cette époque, elle se fige avant de fondre instantanément. Elle baisse les yeux.
-En effet, oui…
Je lève la main, la tendant vers sa joue mais m'arrête en chemin et la rabaisse. Elle relève la tête, me sourit tendrement, et alors elle se saisit de ma main et la pose tendrement sur sa joue, gardant la sienne par dessus. Elle ferma les yeux. Doucement, pour ne pas la brusquer, je commence à la caresser avec mon pouce. Sa peau est toujours aussi douce, je le lui signale et elle en sourit.
-Comment vas-tu ?
-Ce dépend…
-De ?
-Si tu parles de mes blessures, elles ne me font plus souffrir, vive la morphine… Si tu parles de la drogue, je commence étrangement à me sentir déjà mieux… Si tu parles de mon mental, il va falloir que j'y réfléchisse. Tu es là mais je ne sais toujours pas si je dois en être heureux ou si, au contraire, je dois en être mécontent…
Elle lâche ma main qui retombe mollement sur le lit, et détourne la tête, portant son attention sur mes perfusions, changeait quelques minutes plus tôt.
-Pour la drogue, cela me paraît normal. J'ai une théorie pour expliquer ça, je pense que le sang des sorciers ne réagit pas de la même manière que ceux des moldus, cela serait dû au flux magique qui coule dans notre corps… Alors, tu arrives mieux à gérer le manque que les moldus. Et cela expliquerait également pourquoi tu as eu la chance de ne pas mourir d'overdose vu la dose incroyable que tu avais dans le sang en arrivant.
Elle s'active encore autour de moi, faisant son maximum pour ne pas me regarder. Je lui attrape alors le bras et l'attire pour qu'elle me regarde à nouveau dans les yeux.
-Pourquoi as-tu changé d'avis ?
-De quoi tu parles ?
-Je croyais que tu ne voulais surtout pas avoir affaire à moi. Pourquoi avoir changé d'avis ?
-Je…
Elle est gênée, elle regarde autour d'elle, comme si elle pouvait trouver une échappatoire, se racle la gorge, et tourne de nouveau son envoûtant regard vers moi.
-Parce qu'il est grand temps que j'affronte mon passé et ce passé tu en fais parti.
-J'avais bien raison…
-Tu as toujours raison, n'est-ce pas ?
Nous échangeons un sourire complice suite à cette nouvelle évocation d'un souvenir qui remonte à loin. Souvenirs du temps où je voulais toujours avoir raison et que cela l'énervait au plus au point.
-Non… Je suis loin d'avoir toujours raison, Hermione.
A nouveau, je pose ma main sur sa joue.
-J'ai commis ma plus grande erreur il y a près de neuf ans.
Une petite larme dévale sa joue. Je l'arrête en chemin à l'aide de mon pouce. Elle a beau dire, elle a toujours été et restera toujours la jeune fille sensible qu'elle cherchait déjà à cacher à une certaine époque. Elle ne dit rien, je vois bien qu'elle attend que je continu.
-J'ai commis l'erreur de t'abandonner à l'aube de la Guerre… Je n'aurais jamais du partir, déjà à l'époque j'en étais conscient, j'aurais du rester à tes côtés… mais qui aurait cru que j'étais là pour toi…
Un léger sourire vient animer ses lèvres et elle baisse la tête.
-Je suis désolé…
Je fronce les sourcils, soudain mécontent.
-Je te demande pardon ? Pourquoi es-tu désolé ?
-Je suis désolé de ne pas avoir accepté de te suivre…
Cette fois, je pose mes mains sur chacune de ses joues et approche sa tête de la mienne, posant nos deux fronts l'un contre l'autre.
-Hermione… Jamais je n'aurais du te demander de t'enfuir avec moi. C'était égoïste de ma part. Je savais pertinemment que tu étais attachée à tes amis et que tu souhaitais vraiment participer à la Bataille Finale. Je n'avais pas le droit de te demander une telle chose… Mais je n'aurais pas dû te laisser, j'aurais dû rester avec toi, auprès de toi… Je n'aurais pas dû être aussi lâche… JE suis désolé, Hermione. C'est à toi de me pardonner, moi je n'ai rien à te pardonner. Rien.
Elle ferme les yeux, se recule, quittant l'étreinte de mes mains sur son visage. Elle secoue la tête, lentement.
-Il est trop tard pour les regrets, Drago ! Bien trop tard…
Je me referme, recroise mes bras sur mon torse.
-Alors pourquoi étais-tu désolé ?
-Je…
Elle me regarde, baisse finalement les yeux, tourne la tête vers la fenêtre, essaie difficilement de cacher les larmes qui menacent de forcer le barrage de ces yeux.
-Hermione…
-Tu as raison, je ne sais pas pourquoi j'ai voulu m'excuser… Tout ça remonte à bien longtemps… A cette époque, tu as fais un choix. J'ai fait le mien également. Que pouvions-nous faire d'autre ?...
-J'aurais du rester quand même.
-Tu ne pouvais pas ! Tu ne voulais pas… Nous n'étions pas du même monde, personne n'aurait compris, personne n'aurait accepté…
-Mais j'aurais du justement me battre pour que l'on m'accepte à tes côtés !
-Drago…C'est du passé, maintenant…
-Un passé que toi comme moi ne sommes clairement pas parvenus à accepter et à surmonter.
-Toi c'est évident.
-Parce que toi non peut-être ? Allons, Hermione, ne me prends pas pour un idiot. Je suis loin d'être aveugle et tes yeux n'ont jamais su mentir.
Elle me fusille du regard, je lui lance un sourire moqueur.
-Qu'est-ce que ça peut te faire de toute façon ? C'est pas ma vie, pas la tienne !
-Et bien justement, ta vie se trouve être mêlée à la mienne plus que tu ne le penses.
-Qu'est-ce que tu veux dire ?
-Je veux dire que j'ai passé neuf ans de ma pitoyable vie à me foutre en l'air et ce à cause de la culpabilité qui n'a cessé de me ronger depuis le jour où j'ai pris la décision de t'abandonner au sort inconnu que te réservait la Bataille Finale. Je n'ai jamais su ce qui t'étais arrivé et pas un jour qui passait je n'arrivais à t'oublier. Pas un jour qui passait je ne parvenais à me pardonner d'avoir osé fuir !
Mon regard et ma voix sont devenus particulièrement durs. Elle ne baisse pas la tête cependant.
-J'ai quitté le monde sorcier pour me retrouver dans celui que j'avais mis tant d'années à haïr, à mépriser… J'ai mis du temps à m'y habituer. J'ai traîné, voyageant de pays en pays, traînant n'importe où avec n'importe qui. Je suis rapidement tombé dans la drogue… Avec des doses de plus en plus importantes, des produits de plus en plus dangereux. Mais même ça… même avec ça, je n'arrivais pas oublier, à t'oublier… Tu étais là, partout, tout autour de moi, tous les jours, toutes les nuits, tout le temps… Tu me hantais.
Je m'arrête, l'observe, cherchant à enregistrer le moindre changement qui a pu se produire depuis la dernière fois que je l'ai vu.
Le silence plane encore quelques instants, puis elle respire un grand coup et je sais alors que c'est à elle de raconter son histoire.
-Moi, j'ai tout fait pour oublier également. Oublier les sept années que nous avons passé là-bas, à… à Poudlard. Si j'avais pu, j'aurais effacé entièrement ce pan de ma vie… Mais j'ai fait simplement comme si elle n'avait jamais, jamais, eu lieu. Après la Bataille, j'ai changé de vie, je suis allée à Paris faire des études de médecine et ensuite je suis revenue à Londres, en tant que médecin. Mais… je n'ai plus jamais touché à la Magie depuis le dernier sort lancé lors de la Bataille… l'Avada…
Elle s'arrête un instant, détourne une fois de plus les yeux. Elle croise les bras sous sa poitrine et se met à tourner en rond, dans la chambre, devant moi.
-Depuis que j'ai quitté ce monde… je n'ai eu aucune nouvelle de qui que ce soit… Harry, Ginny, Luna, Neville… Personne… Et malgré, il faut bien que je m'avoue que la personne qui m'a le plus manqué, c'était toi. Ton corps me manquait, ton regard me manquait, ton sale caractère me manquait, ta haine et ton amour me manquait. Tout, absolument tout en toi me manquait.
Elle s'arrête, me regarde droit dans les yeux, et s'approche subitement de moi. Elle attrape mon visage à deux mains et pose violement ses lèvres contre les miennes, m'entraînant brusquement dans un baiser brutal, animé de la même passion qui nous possédait autrefois. Elle joue avec ma langue, mordille les lèvres. Elle finit par stopper le baiser, aussi vivement que lorsqu'elle l'a démarré. Elle se redresse, rougit, détourne le regard, me regarde à nouveau, tourne la tête vers la fenêtre, entortille ses mains. Je la sens gênée, elle ne sait plus où se mettre. Je l'observe, amusé de sa réaction, elle qui, en privé, n'était pas vraiment quelqu'un de très timide, de très réservé. Finalement, j'attrape son bras le plus proche et l'attire contre moi. Etrangement, elle se laisse aller, et cale même sa poitrine contre mon torse. Je bloque ma tête dans son cou et hume son odeur. Odeur qui a d'ailleurs changé, il ne s'agit plus du parfum fruité de l'époque de notre adolescence, ce nouvel arôme sent encore meilleur, il fait nettement remarquer la maturité de son âge, cependant il sonne également comme une étrange protection et une sensation de volonté de se cacher.
Au bout de longues minutes, elle se redresse et m'adresse son petit sourire timide qui m'a toujours fait fondre. Elle prend doucement ma main et enlace nos doigts, y laissant traîner un long moment son regard. Je finis par lui poser la question qui m'intrigue.
-Il y a quelque chose que je ne comprends pas… Pourquoi n'es-tu pas resté après la Guerre ? Pourtant, vous avez gagnez, Harry a survécu, beaucoup de tes amis également. Pourquoi n'es-tu pas resté auprès d'eux ? Qu'est-ce qui t'as poussé à t'exiler dans le monde moldu ?
Elle soupire avant de répondre.
-Lorsque la Bataille Finale s'est terminée, nous avons découvert un nombre important de blessés, de morts… Je n'ai pas pu supporter cet après-Guerre… Les pleurs, la détresse, l'angoisse de savoir qui est mort, la tristesse de ceux que j'aime, que j'appréciais, le sang étalé sur l'herbe précédemment verte, les corps sans vie amoncelaient dans le parc… Toute cette horreur… Déjà pendant trois jours nous avions tous été témoins des pires horreur, et une fois que Voldemort avait été éliminé pour de bons et tous ses mangemorts maîtrisés, nous avons du supporter un nouvel Enfer…
Je la sens légèrement faillir sous toutes ses explications alors je serre un peu plus sa main dans la mienne. Elle reprend une bouffée d'air et continue.
-C'était vraiment horrible… Je n'ai pu rester plus d'un jour.
-Et tu es parti…
-Oui, sans rien dire à personne. Je me suis tout d'abord rendu dans différents pays d'Europe, plusieurs mois d'affilé, avant de me poser à Paris.
-Et tu n'as jamais cherché à savoir ce qu'étaient devenus les survivants ?
-Non. Je n'ai eu aucune nouvelle du monde sorcier, je n'ai même pas cherché à recevoir la Gazette du Sorcier. Rien…
Ses yeux sont noyés dans les larmes qui coulent à présent le long de ses joues blanches. Je prends son bras et l'attire à nouveau vers moi. Cette fois, elle s'accroche brusquement à moi, passant ses bras autour de mon torse et agrippant ses mains à l'espèce de chemise de nuit que je porte depuis que je suis à l'hôpital. Je caresse lentement son dos, attendant patiemment qu'elle se calme.
Subitement, elle me relâche et plante son regard humide dans le mien. Et alors, elle prononce les mots que jamais je n'aurais cru entendre un jour.
-Drago, reste avec moi. S'il te plaît, ne m'abandonne plus. Reste avec moi. Seule, je ne tiendrais plus longtemps, je veux rester à tes côtés, je veux pouvoir revivre, je veux que tu m'aide à revivre et que tu revives également. Drago… Reste…
Mon cœur manque d'exploser, comme si il manquait subitement de place dans ma poitrine bien trop petite pour le bonheur qui le fait bondir brusquement. Je prends son visage entre mes mains, embrasse tendrement ses lèvres, pose mon front contre le sien.
-Jamais plus je ne t'abandonnerais, Hermione. Je te le promets !
FIN
Et voilà cette petite fiction est finie :D
J'espèr' sincèrement qu'elle vous a plu ! Je m'excuse pour le retard pris pour les deux derniers chapitres.
Il y aura certainement un épilogue mais il risqu' de ne pas arriver tout d'suite parce que je n'vais pas pouvoir être sur mon ordi pendant quelques jours à partir de samedi et que j'ai le chapitre de Souvenirs d'une Amnésique à avancer.
Merci d'avoir lu :).
Bisous à tous.
Et, pour ceux qui lise, à bientôt sur Souvenirs d'une Amnésique ;)
