Quand la vérité fait surface.

Elle fit le tour de la pièce et regarda un à un les visages choqués devant elle. Ils avaient prévu de parler à Ricardo, mais ce qui était prévu pour être un rendez-vous privé s'était vite transformé en une réunion de famille. Disons plus clairement qu'au moment où Antonio avait exposé la vérité, Maria et Carmen étaient arrivées, dans un grand cri effaré de la part de cette dernière.

-Dios Mio !

Oui Gabi pensait la même chose que sa future belle-mère, pour une fois. Elle s'attendait à devoir gérer une crise, c'était d'ailleurs pour ça qu'Antonio avait prit la parole, mais là la crise allait devenir bien plus grande.

Maria avait un tout petit sourire de réconfort, elle était au courant des sentiments qu'Antonio avait pour elle et Gabi savait que quoiqu'il arrive Maria serait là pour son petit frère.

Carmen, elle, était une tout autre histoire. Elle lui lançait des regards assassins, le venin qu'elle ne pouvait lui asséner en parole était concentré dans ses yeux, à tel point qu'elle en eu des frissons, ce qui instinctivement fit se rapprocher Antonio. C'est à cet instant qu'elle prit peur. Si l'on pouvait définir le regard de Carmen comme non amical alors comment décrire celui de Ricardo ?!

Ses yeux lançaient des éclairs, sa bouche se tordait en un rictus, et il avait malgré tout l'air fragile, brisé. Oui brisé, il devait l'être.

Oh Mon Dieu ! Mais qu'est-ce qu'elle lui avait fait ??!

C'est en prenant machinalement la main d'Antonio qu'elle sut que de toute manière continuer avec Ricardo n'était pas la bonne solution, pas alors que son cœur appartenait profondément à un autre homme, et même si elle aimait Ricardo, cela ne rivalisait pas avec le raz-de-marée qu'avait provoqué Antonio dans sa vie.

Relevant les yeux, elle vit qu'elle avait fait une erreur, celle de s'adonner à un moment de réconfort, de faiblesse, devant Ricardo. Son coté brisé d'il y a un instant se transforma en fureur inqualifiable.

-Dehors !

Personne ne bougea, pétrifié devant le ton employé.

-J'ai dit tout le monde dehors !!!

Maria comme Carmen ne voulaient quitter la pièce, de peur qu'il n'y ait un dérapage. Mais se regardant elles comprirent que c'était à eux de réglé ça.

Une fois les deux femmes parties Ricardo se reconcentra sur les deux autres personnes présentes. Gabi sentit Antonio la tirer vers lui, elle aurait pu s'en offusquer ou alors juger que c'était déplacé mais à dire vrai elle en était plus que ravie. Elle n'aurait jamais cru que cet instant arriverait un jour mais Ricardo lui faisait peur.

Une pensée furtive prit soudain place, et s'il s'en prenait à Antonio ?! Non il ne pouvait pas…..

-Ecoute Ricardo….

-Oui, je t'écoute Gabi…. Qu'est-ce que tu as à me dire de plus ?

Son ton perçant et menaçant fit vaciller sa détermination une seconde, mais elle se reprit très vite. Elle se lança alors dans les explications les plus longues de sa vie, jusqu'à maintenant, mais heureusement pour elle, elle n'était pas seule dans cette épreuve.