_ Et...oups là! Attention!
House remonta sur le tabouret.
_ Elle me dit... c'est pô possible. Nan mais ti t'es pas bien là! Donne!
Il arracha son verre des mains. La jeune femme le regarda d'un air absent avant de commander un autre verreHouse s'était retrouvé dans un sinistre bar et avait décidé de se saouler pour deux raisons. La première : il n'avait pas pu le faire plus tôt, Cuddy ayant monopolisé le champagne.
La deuxième : il se sentait profondément triste sans vraiment chercher à savoir pourquoi.
_ Alors, si je comprend bien, ta chérie t'a plaqué.
_ NaAan! C'est pas ma chérie. Elle... Elle... Je bosse pour cette salope! Oui voilà c'est ça!
La jeune femme se pencha vers lui de façon à mettre en évidence sa poitrine. House n'y prêta pas attention, trop occupé à tenter de rester droit sur son tabouret.
_ Mais dis moi. Ta salope, elle est plus belle que moi?
House éclata de rire et manqua une nouvelle fois de glisser.
_ Ah ça oui! Vraiment plus belle! et...et... Elle est classe! Ouais! Une salope qui a de la classe!
_ Et sa poitrine? Aussi plus belle que la mienne?
Elle se rapprocha un peu plus. Le diagnosticien, qui tanguait dangereusement, jeta un coup d'œil à sa poitrine avec un sourire.
_ Vos mandarines ne font pas le poids face à ses pam..pampelemousseuh...argh!
Il se rattrapa de justesse au comptoir.
La jeune femme se redressa, apparemment déçu de cette réponse.
_ Elle est comment?
House fit signe au barman de lui servir un autre verre.
_ Elle est... il ferma les yeux un instant et cessa de bouger.
_ Eh!
_ Hum...
_ Elle est comment ta salope?!
Il rouvrit les yeux et se regarda dans la glace qui se trouvait au niveau des différentes bouteilles d'alcool. Il se trouva pitoyable.
_ En fait... Elle avait raison... Ça marchera jamais.
_ Comprends pas pourquoi. Z'êtes un homme charmant...
_ Vous êtes une pute. Tous les hommes sont charmants pour vous, du moment qu'ils ont du fric.
_ C'est pas faux. avoua-t-elle.
_ Moi... J'suis tout sauf charmant... Et je n'aime personne.
_ Mais elle? Vous ne l'aimez pas?
_ Non.
_ Vous mentez très mal.
Son portable sonna.
_ Rha! C'est encore l'autre con qui me harcèle!
_ Ça fait six fois qu'il vous appelle.
_ Je veux pas de ma conscience ce soir! Je veux une bouteille! Un bourbon! J'aime le bourbon. Pas vous? Barman! Une... Bouteille... De...De... De quoi déjà?
_ De bourbon.
_ Ah oui c'est ça!
Le propriétaire du bar s'approcha de lui et s'appuya sur le comptoir.
_ Je pense que tu as assez bu mon coco.
_ J'suis le docteur House. Pas ton coco. D'ailleurs coco est plus du genre à aimer le gâteau... Je paie la collation! Je reste!
_ C'est moi le patron ici.
_ Et ben moi je t'emmerdeuh!
La jeune fille s'éloigna discrètement.
_ Tu peux répéter ça?!
_ Pas envie.
L'homme l'attrapa par le col et commença à le secouer comme un prunier.
_ Répète!
House se décida à ouvrir la bouche... Mais pour vomir.
L'homme le lâcha précipitamment et le cogna de toutes ses forces. House finit au sol, lèvres ensanglantées.
_ Jimmy! Fous moi ça dehors! ordonna le propriétaire. Et donne lui une bonne raison de ne plus revenir.
Une armoire à glace s'avança, attrapa House sans ménagement et le tira dehors. Avec un air de parfait débile, le diagnosticien fit un au revoir de la main à la jeune femme qui regardait la scène avec horreur.
_ Qu'est-ce qu'il va lui faire? demanda-t-elle quand ils disparurent à l'extérieur.
_ Il va le renvoyer dans son hôpital. Mais là, ce sera sur un brancard. répondit le barman avec un sourire carnassier.
_ Mon Dieu. souffla-t-elle.

***

_ Jimmy lâche le docteur maintenant.
L'homme ne réagit pas, continuant à la trainer sur le trottoir.
_ Et en plus j'ai oublié ma canne... C'est malin.
Jimmy le lâcha enfin, puis lui donna un violent coup de pied. Puis un autre. Il la frappa ainsi jusqu'à ce qu'une voiture de police s'aventure dans la ruelle.
_ T'as le cul bordé de nouille toi! lança-t-il avant de fuir.
La voiture s'arrêta au niveau de House. Un officier descendit et se pencha vers le dignosticien qui se tordait de douleur au sol.
_ Vous allez bien?
_ Vous z'auriez pas une canne?
_ Désolé non.
_ Ben ramenez moi chez moi alors. J'vais pas faire le chemin à pied!
_ Je vais appeler une ambulance. A quoi ressemble votre agresseur?
Le deuxième policier descendit du véhicule.
_ Écoutez. Soit vous me conduisez chez moi, soit vous me laissez ici.
_ Will. Appelle lui un taxi et qu'on en finisse. dit le premier officier.
_ Je veux d'abord savoir ce qu'il fout ici à une heure si tardive.
_ J'ai fugué de chez mes parents à cause du couvre feu monsieur. Et là je jouais à la marelle...
_ Ne te fous pas de moi!
Le premier officier aida House à se redresser.
_ Will appelle moi ce foutu taxi!

_ Maintenant!
_ Pas la peine. Je vais le faire. dit House.
Il l'aida à se relever sous le regard noir de Will.
_ Tu es trop gentil. Moi je dit qu'on devrait l'emmener au poste. Il est louche.
_ Par pitié! Fichez moi la paix! Et retirez moi ce balai de votre cul!
Will s'avança vers lui, menaçant. L'autre policier lui fit signe de se calmer.
_ On va attendre que la taxi vienne et vous allez rentrer chez vous.
_ Chouette! Je suis en bonne compagnie! Z'auriez pas du bourbon?

***

House se laissa tomber dans son canapé et poussa un long soupir. Son crâne lui faisait mal, sa lèvre inférieure avait doublé de volume et son corps était endolori. Au point qu'il ne sente même pas sa jambe.
Alors qu'il commençait à prendre sommeil, on frappa à la porte. Le bruit eu l'effet d'un marteau piqueur dans sa tête. Il jeta un coup d'œil à son réveil et grommela.
_ 3h du mat'... bon sang...
Il ferma les yeux. On frappa à nouveau.
_ Mais c'est pas vrai!
Il se leva péniblement et alla ouvrir.
_ QUOI?
_ J'ai essayé de te joindre toute le nuit!
Wilson entra et commença à faire les cents pas.
_ Je t'en prie. dit House avant de refermer la porte d'un air las.
_ Tu étais où? Qu'est-ce que tu as à la lèvre?
_ Une partie de jambe en l'air qui a mal tournée.
_ Je ne te crois pas! Tu t'es fait cogné.
_ Pourquoi me poser la question si tu connais la réponse!?
Il lui passa devant et s'effondra sur le canapé.
_ House... Que s'est-il passé ce soir? Et cette femme?
_ Quelle femme? J'en ai côtoyé trois ce soir....
_ Que... Quoi?
Wilson alla s'asseoir à son tour sur le canapé.
_ Mais je t'en prie! s'exclama House.
_ Je ne partirai pas d'ici sans réponses.
_ Non chéri je ne te trompe pas!
_ House!
_ Rentre chez toi! Je suis épuisé et... Je n'ai pas envie de parler de tout ça...
Wilson se cala au fond du canapé et sourit à son ami.
_ Qu'est-ce que tu fais?
_ Je joue à House. Je fais chier.
_ Wilson, si tu ne veux pas que je te cogne...
_ Arrête! Les menaces ne fonctionnent pas avec moi! Raconte moi ce qui t'arrive. A te voir comme ça j'ai l'impression que Cuddy t'a brisé le cœur. il éclata de rire.

Le sourire hilare de Wilson disparut.
_ Elle t'a brisé le coeur? Non attends! Tu l'a vu ce soir? Non attends! Tu es allé chez elle? NON attends! C'est elle qui t'a pétée la lèvre?!
_ Non ça c'est un patron de bar un peu désappointé...
_ Qu'est-ce que tu as fait à Cuddy?
_ Mais rien! Pourquoi ce serait moi qui aurait fait quelque chose?!
_ Parce qu'elle est gentille et n'est pas du genre à faire du mal.
_ On peut faire mal avec les mots ou en étant sincère.
_ Tu es bien placé pour le savoir non? C'est ce que tu fais tout le temps.
_ Elle a eu un bon professeur alors...
_ Elle t'a jeté?
_ Bingo.
_ J'le crois pas! Tu lui a dit que tu l'aimais?!
_ Non. Et puis je ne l'aime pas...
Wilson gigota sur le canapé.
_ Comprends pas.
_ Nous étions ensemble et tout se passait bien jusqu'à ce qu'elle s'ingurgite une bouteille de champagne et m'allume.
_ Qu'elle t'allume? La flamme est déjà allumé depuis longtemps!
_ Tu m'énerves.
_ Excuse moi. dit-il en réprimant un sourire.
_ Je... Elle...
_ Vous?
_ D'une certaine façon...
_ Oui?
_ Rhaaa! Mais la ferme!
_ Ok Ok! Va à ton rythme!
_ D'une certaine façon, et implicitement, nous nous sommes avoués notre attirance respective...
_ Hein?
_ En gros! Elle a avoué que je lui plaisais et je lui ai avoué à mon tour qu'elle me plaisait!
_ J'ai l'impression d'entendre un gosse qui vient d'avoir son premier rencart.
_ Je n'ai pas envie de rire Wilson.
_ Que s'est-il passé ensuite?
_ Elle... il sortit sa boîte de vicodine de sa poche et la contempla avant d'ajouter. Elle m'a dit que ça ne pourrait jamais marcher entre nous...
_ Parce que tu es un drogué?
_ Entre autre. il poussa un soupir de dépit.
_ Je suis désolé.
_ Désolé de quoi?
_ Que tu sois aussi débile... Sincèrement...
_ Gné?
_ Fais pas l'idiot!
_ Je croyais que j'étais débile.
_ Idiot et débile, ce n'est pas pareil.
_ Rentre chez toi!
_ Et là encore tu tentes de fuir les problèmes et la réalité.
_ Mais bon sang! Cuddy t'a fait apprendre ton texte?
_ Cette femme est un cadeau du ciel! Elle avoue avoir encore des sentiments pour toi, si ce n'est plus... T'explique où réside le gros problème pour votre future relation et toi au lieu de changer tout ça pour enfin avoir ce que tu voulais depuis longtemps tu vas dans un bar te saouler et te faire cogner dessus!
_ Respire.
Wilson secoua la tête.
_ Je ne sais vraiment pas quoi faire de toi...
_ Rentre chez toi et fiche moi la paix.
_ Vraiment...
_ S'il te plaît!
_ Très bien... Mais tu sais déjà que demain je ne vais pas te lâcher.
_ Malheureusement oui...
Wilson se leva et se dirigea vers la porte.
_ A demain House.
_ A plus tard.

***

Quand Wilson ferma la porte, House prit un coussin à côté de lui et y étouffa un cri de frustration.
Quand il fut enfin calmé il s'allongea de tout son long et ferma les yeux. C'était la meilleur façon de repenser à la soirée et de se torturer l'esprit! Il revit l'image de Cuddy en train de lui sourire, de lui caresser le bras...
_ ARGH! s'exclama-t-il!
Il se leva d'un bon et alla à la cuisine chercher une bière.
Il ouvrit le frigo.
_ Pas de bière...
Il ferma la porte de son réfrigérateur avec force et retourna dans son salon en boîtant. Dès demain, il devrait aller s'acheter une nouvelle canne. Il se coucha à nouveau mais cette fois-ci garda les yeux ouverts. Quel nase ce Wilson! Venir jusqu'à chez lui pour le faire culpabiliser de s'être fait jeter par une femme. Et il fallait que cette femme soit Cuddy.
_ Rien que ça...
Il passa une main dans ses cheveux et grogna de douleur. Il plongea ensuite cette même main dans sa poche et en ressortit son tube de vicodine.
_ Toi au moins tu m'es fidèle.
Il ôta le bouchon du pouce.
_ Tu ne me rejetteras pas hein...
Il fit tomber un comprimé dans sa main.
"Il vous faudrait choisir entre elle et moi... "
_ Cuddy... sussura-t-il
"Et nous savons pertinemment tous les deux vers qui votre choix se porterait..."
_ Eh merde....
Elle avait raison et il ne lui en voulait pas. Il était accroc et son égoïsme était tel qu'il n'aurait jamais le courage d'arrêter pour autrui. Même pour elle. Même pour elle... Même pas essayer? Non ça n'en valait pas la peine... Il finirait seul de toute façon. A quoi bon essayer.
"Cette femme est un cadeau du ciel! Elle avoue avoir encore des sentiments pour toi, si ce n'est plus... T'explique où réside le gros problème pour votre future relation et toi au lieu de changer tout ça pour enfin avoir ce que tu voulais depuis longtemps tu vas dans un bar te saouler et te faire cogner dessus!"
De son côté, Wilson avait touché le point sensible... Oui, il aimait Cuddy et apparemment il avait sa chance. Mais la vicodine n'était pas le seul problème. Et si ça ne marchait pas entre eux... Il finirait seul de toute façon. Seul et sans vicodine.
_ Comme ça le choix est vite fait...
Il s'apprêtait à gober son comprimé quand le téléphone sonna.
Il décrocha :
_ Quoi encore?!
_ Dépose moi cette boîte de vicodine! Fait le pour enfin avoir une vie normale!
_ Que... Wilson! Comment tu sais que...
_ Je te connais comme si je t'avais fait! Je t'imagine bien, affalé sur ton canapé en train de broyer du noir avec ta boîte de comprimés en main. Tu regardes ta boîte avec amour et te shoot!
_ La ferme!
_ Jette moi ce truc!
_ J'ai mal!
_ Tu a mal dans ta tête!
House raccrocha. Le téléphone sonna à nouveau. Il se pencha et le débrancha. Son portable sonna.
_ MERDEUH!
Il empoigna l'appareil et le jeta violemment contre le mur. Il ferma les yeux et inspira profondément. Il en avait marre. Vraiment marre! Il prit un deuxième comprimé et avala les deux. Il poussa un soupir de soulagement et se cala confortablement dans son canapé. Il se sentait pitoyable... vraiment pitoyable... Il était humain après tout. Il avait ses faiblesses. Il en avait même beaucoup... Trop peut être...
_ Pitoyable... murmura-t-il avant de s'assoupir.

TBC...