_ Y'a t'il un moyen pour que je la garde?
Cameron lui lança un regard éberlué.
_ Euh... Je pense oui... Mais pourquoi?
House retira sa main de celles de Cameron et observa l'agrafe plantée dans sa main.
_ Pour me rappeler...
_ Vous rappeler quoi?
_ Que je suis un gros con.
Cameron ouvrit la bouche puis la referma.
_ Pendant combien de temps vais-je devoir me balader avec mon bras en écharpe?
_ Deux semaines ou plus. Encore un peu et la balle traversait votre épaule.
_ Je sais.
Cameron s'éloigna de lui pour jeter les compresses dans la poubelle.
_ Tout ça est enfin fini.
Elle lui sourit mais il resta de marbre.
_ Vous n'avez pas été très loquace depuis que vous êtes sortit du bureau. Que se passe-t-il?
_ Vous avez fini? Vous pouvez disposer.
Cameron s'approcha de lui.
_ Qu'est-ce qui vous trotte dans la tête pour que vous soyez ainsi? Si vous vous en voulez pour tout ça, sachez...
_ Dehors.
_ Très bien. Je vous laisse. Mais réfléchissez à deux fois avant de faire encore une connerie.
_ J'ai mal...
_ Tout le monde à mal. Arrêtez de vous apitoyer sur votre sort.
_ Merci Thérésa, je me sens beaucoup mieux à présent.
Cameron sortit de la pièce en faisant claquer la porte. Peu de temps après, Cuddy y entra.
_ L'officier de police sur lequel Grégoire a tirer est sauf. Je suis soulagée.
House esquissa un faible sourire et se laissa glisser à terre.
_ Tu vas mieux? demanda-t-elle en se rapprochant de lui.
House lui fit une grimace en guise de réponse. Cuddy lui prit la main et caressa la partie visible de l'agrafe.
_ Pourquoi?
_ C'est tout moi ça.
_ Ok pour la moquette, bizarre mais acceptable... Sauf qu'une moquette tâchée de sang n'est pas agrafée à ton doigt.
_ Aucun risque d'infection. Mon organisme s'y habituera au bout d'un moment. J'ai une tante qui a un bout de verre dans la main. Depuis le temps, il a poli et elle ne le sent même plus.
_ Pourquoi?
_ C'est un souvenir.
_ Au lieu de tirer un trait sur les évènements, tu veux t'en imposer comme souvenir?
_ Exactement.
_ Tu te fais souffrir pour rien!
_ J'aime la souffrance. C'est mon péché mignon...

_ ...

_ Ne me regarde pas comme ça.
_ Fais ce que tu veux. dit-elle simplement.
Il hocha la tête. Elle se mit sur la pointe des pieds, passa son bras derrière sa nuque et l'embrassa... Mais House ne lui rendit pas son baiser. Elle se dégagea de lui et le questionna du regard. Le diagnosticien baissa les yeux.
_ Qu'est-ce que...
_ Je suis désolé.
Le cœur de Cuddy commença à s'emballer.
_ Désolé de quoi?!
House inspira profondément avant de planter son regard dans celui de la doyenne. Il n'eut pas besoin de prononcer des mots pour qu'elle comprenne. Ses yeux s'embuèrent de larmes.
_ Pourquoi? demanda-t-elle d'une voix faible.
La respiration de House se fit plus lente, comme s'il s'obligeait à ne plus respirer.
_ Ce genre de choses risque...
_ Il n'y a pas d'hommes comme Grégoire à chaque coin de rue!
_ Peut être mais je suis le type de personne qui déclenche leur folie ou se retrouve dans des situations délicates comme celle là!
Il s'éloigna de Cuddy et lui tourna le dos, faisant mine d'être plus intéressé par ce qui se passait derrière la vitre.
_ Je... Je préférerais que tu me donnes la véritable raison au lieu de t'embourber dans des thèses sans vraies argumentations.

_ ...

_ Je ne pourrais pas franchir les portes de cet hôpital et t'y croiser comme si de rien n'était...
_ Je sais. C'est la raison pour laquelle je vais démissionner.
House ferma les yeux, écrasant ainsi une larme qui alla s'écraser sur ses lèvres.
_ Tu... Tu ne m'as toujours pas dit pourquoi...
House se racla la gorge mais ne répondit pas.
_ Pourquoi t'obstiner à être malheureux!?!
_ Je... Je ne mériterais pas...
_ Quoi? Tu ne mériterais pas d'être heureux?! C'est ça?!
_ Je ne te mérite pas! s'exclama House en faisant volte face.
_ Tu... Tu pleures? murmura Cuddy.
_ Bien sûr que non.
_ Tu ne m'aimes pas alors...
_ Bien sûr que si.
_ Je ne comprends pas...
_ Restons en là.
Sans un regard, il ouvrit la porte et la claqua derrière lui. Cuddy le regarda s'éloigner. Elle dut prendre appui sur le lit pour ne pas s'écrouler. Les larmes coulèrent le long de ses joues et brûlèrent ses lèvres. Le froid étreignit son cœur et le pressa avec haine. Elle se sentait seule. Elle était seule... Elle le haïssait.

FIN