Le lendemain matin, lorsque Tara ouvrit les yeux, elle eut l'agréable surprise de voir le jeune homme accoudé à son lit. Il la regardait et lui souriait. La raison de sa présence à l'infirmerie lui revint soudainement et elle porta les mains à son visage. Elle ne sentit cependant que le voile qu'elle n'osait pas enlever.
- A quoi je ressemble ? Demanda t-elle à Drago.
- Comment veux-tu que je le sache ? Répondit celui-ci un peu inquiet. Mais il n'y a qu'un seul moyen de le savoir.
Face à l'air effrayé de Tara, celui-ci partit chercher un miroir sur une table un peu plus loin et le lui tendit en faisant mine de s'éloigner.
- Où tu vas ? Demanda Tara surprise.
- Je pensais que tu préfèrerais être seule pour voir ce qu'il en est.
- Non, je ...
Elle posa le miroir et lui fit signe d'approcher.
- Tu me diras ...
La jeune fille souleva lentement le voile en évitant soigneusement de regarder son compagnon. Lorsqu'elle tourna enfin les yeux vers lui, il lui sourit.
- C'est bon. Tout est revenu à la normale.
Tara se jeta sur lui et le serra contre elle, soulagée. Elle en profita pour déposer un baiser sur la joue du jeune homme et fut surprise de le voir enchainer sur un vrai baiser. Tara se laissa faire, un peu désorientée par son inexpérience en la matière. Elle n'avait effectivement jamais approché d'autres garçons que lui et jusque là, on ne pouvait pas dire que leurs relations avaient été très amicales. Elle avait une petite appréhension, ne voulant pas paraître ridicule mais en cet instant, rien n'était important en dehors du contact de ses lèvres et la sensation de ses mains sur ses hanches.
Ce fut sans conteste le plus doux moment de la vie de Tara et le plus embarrassant également.
- Oh pardon, s'écria Lily qui venait d'entrer dans la pièce. Je reviendrais ...
Elle sortit précipitamment de l'infirmerie laissant Drago et Tara dans un état de gêne intense. Tara avait rarement vu Drago rougir autant et elle se doutait qu'elle devait être dans le même état. Elle se mit à rire nerveusement :
- Je n'ai pas fini d'en entendre parler, dit-elle.
- Tu n'es pas la seule ... mais ça ne me dérange pas.
Elle lui sourit, se sentant fondre. Quel était donc cette sensation de chaleur qu'elle ressentait ? Elle n'eut pas le temps de s'attarder sur ces préoccupations car Severus entrait dans la pièce, un air étrange sur le visage. Mi-amusé, mi-sceptique.
- C'est bon ? Vous avez fini ?
- Papa ! S'exclama Tara choquée.
- Ravi de voir que tu as repris ton visage normal. Si tout va bien, dit-il en jetant un coup d'œil à Drago, ta mère et moi repartons. Nous avons des choses à faire.
- Quelles choses ? Demanda la jeune fille.
- Ça, je ne peux pas te le dire.
- Est-ce que ça n'aurait pas, par hasard, un rapport avec le fait que vous vous trouviez tout près du château hier ?
Severus pâlit légèrement et Tara en profita pour revenir à la charge :
- Et ne me dis pas que je raconte n'importe quoi. Vous ne pouviez pas arriver aussi vite si vous n'aviez pas été dans les environs. Alors j'aimerais bien savoir ce que vous faites ?
- Tu veux bien cesser de fourrer ton nez partout ! S'emporta Severus. Ça ne te regarde pas !
- Très bien, dans ces cas-là ne te plains pas que je fasse des bêtises ou que j'espionne ! Je ne suis plus une enfant !
- Tara ! Tu crois vraiment que si je voulais te parler de quoi que ce soit, je le ferais ici ?
- Ah ! Donc tu aurais bien quelque chose ...
- Ça suffit ! Nous reprendrons cette conversation en sécurité.
- Parfait ! A Noël ! Quand nous rentrerons à la maison.
- On verra ...
Tara regagna la salle commune des Serpentards après avoir embrassé ses parents, qui jetaient des œillades gênantes à Drago. Lorsqu'ils furent installés, Tara se tourna vers Drago :
- Tu sais ce qui est arrivé à Pansy ?
- Je crois qu'elle a eu pas mal de retenues et qu'elle a intérêt à se tenir à carreau pour quelques temps car Slughorn était furieux. Je l'ai entendu crier qu'elle était le déshonneur des Serpentards et qu'il n'appréciait pas d'être passé pour un idiot devant nos parents.
- Au moins, elle ne nous embêtera plus. Je ne pensais pas qu'elle tenait autant à toi.
Tara se mordit la lèvre. Elle vit bien sur le visage de Drago qu'elle venait de se trahir. Elle n'attendit pas qu'il lui demande pour lui avouer :
- Sans le faire exprès, j'ai entendu une de vos conversation, il y a quelques jours.
- Ah ...
- Pourquoi tu ne m'as pas dit qu'elle était ta petite-amie ?
- Je ne sais pas, répondit-il en haussant les épaules. Je ne voulais pas que tu penses que je suis un peu ...
- Coureur ?
- Oui.
- Même si c'était le cas, au moins ça ferait un bon équilibre entre nous deux.
Elle se blottit dans ses bras et attrapa un exemplaire de la gazette du sorcier du jour abandonné non loin. Il titrait : « Tentative d'intrusion à Poudlard »
Elle déplia en hâte le journal et lut un article assez fade dans lequel elle n'apprenait rien de plus. Quelqu'un avait tenté de forcer les défenses du château mais on ne savait pas qui, ni comment, ni même pourquoi.
- Tu en avais entendu parler ? Demanda t-elle.
- J'avais remarqué qu'il y avait de l'agitation mais j'avais d'autres préoccupations plus importantes à ce moment-là.
Elle lui sourit et se redressa pour l'embrasser.
- Tu sais que je n'aurais jamais imaginé que tu soies comme ça.
- Qu'est ce que tu veux dire ?
- Tu n'as jamais été très sympathique avec moi, avant.
- Tu plaisantes ou quoi ? Dit le jeune homme qui semblait vexé.
- Cites moi une seule fois où tu as été gentil.
- Est-ce que tu te rappelles la fois où j'ai été puni pendant presque un mois ?
- Oui, tu t'étais battu c'est ça ?
- Tu te souviens avec qui ?
- Oh c'est vrai, dit Tara en ouvrant de grands yeux. Avec des moldus ! Mais je ne vois pas le rapport.
- Ils s'étaient moqué de toi.
- C'est mignon ... Pourquoi tu ne me l'as jamais dit ?
- Pour que tu me voies comme un preux chevalier ? Non merci. J'aimais bien te voir folle de rage à cause de moi.
- Pourtant, tu ne t'es jamais moqué de mon aspect ni même de mon sang.
- J'ai dit que j'aimais bien te faire enrager, pas te faire mal. Je ne suis peut être pas un modèle de gentillesse, mais je ne suis pas aussi minable.
- J'aurais quand même bien eu besoin de toi à certains moments ...
- Navré mais je ne voulais pas non plus que tu me voies comme un frère.
- Ah bon ? Et pourquoi pas ?
- Parce que ... je veux être plus.
Tara vit les yeux gris briller d'un éclat qu'elle n'y avait jamais vu. Elle déposa à nouveau un baiser timide sur les lèvres de Drago et retourna à sa lecture, même si son esprit était ailleurs. Plutôt dans le passé où elle réexaminait leurs disputes sous un autre angle. Effectivement, il n'avait jamais vraiment été si teigneux que ça. En tout cas, il ne l'avait jamais fait pleurer.
