Tara attendait les vacances de Noël avec impatience. Elle n'avait pas oublié qu'elle avait une conversation à terminer avec son père. Elle en parlait souvent avec Drago même s'ils ne s'étendaient pas sur les détails, se méfiant des oreilles indiscrètes. Ils en étaient cependant arrivé à la même conclusion : leurs parents n'étaient pas étrangers à l'intrusion. Le problème était de savoir pourquoi.

Lorsque les adolescents regagnèrent leurs demeures respectives, ils se séparèrent avec amertume. Tara avait pris l'habitude de voir son petit-ami tous les jours et de passer tous ses temps libres avec lui. Il allait lui manquer même si elle ferait tout son possible pour trouver des prétextes l'obligeant à se rendre au manoir Malefoy.

Les efforts de Tara furent récompensés. Elle vit Drago presque tous les jours soit parce qu'elle avait soit disant besoin de son aide pour ses devoirs, quand ce n'était pas lui qui utilisait cette excuse, ou parce qu'elle avait envie de jouer au Quidditch avec lui. Ses parents n'avaient jamais remarqué qu'elle ne montait en réalité jamais sur un balai car elle avait bien trop le vertige. Ils passaient donc leurs journées ensemble, à ne pas faire leur devoir ni à jouer au Quidditch.

Une après-midi où ils étaient tous les deux chez Drago, ils se dirigeaient vers la chambre de ce dernier lorsqu'ils entendirent des voix dans le bureau de Lucius.

- Nous avons échoué cette fois là mais je ne désespère pas, dit la voix de Lucius.

- Tu as quand même bien vu que les défenses du château sont trop élaborées pour que nous puissions y entrer de cette manière, ajouta la voix de Severus.

- C'était prévisible, dit la voix de Narcissa. Dumbledore n'est pas un imbécile. Il sait comment protéger le château.

- Le château, on s'en moque, dit Lucius. Mais il nous le faut, lui. Et il doit être vivant !

- Le maitre commence à s'impatienter, dit Severus.

Tara avait l'oreille collée à la porte, côte à côte avec Drago. Elle le regardait l'air ébahi. Alors qu'elle allait lui demander s'il avait compris la même chose qu'elle, la porte s'ouvrit brusquement et ils se retrouvèrent à plat ventre, aux pieds de Lily. Elle paraissait furieuse.

- Vous n'avez pas honte ?!

- Mais 'man ... , commença Tara.

- Il n'y a pas de « mais ». On ne vous a pas élevés comme ça !

- C'est de la faute de Papa ! Rugit Tara.

Lily se tourna vers son mari qui paraissait abasourdi :

- De quoi est ce que tu parles ?

- Oses dire que tu as oublié la conversation que nous devons terminer ! Lança Tara sur un ton de défi.

- Ce n'est pas le moment ! Maintenant, SORTEZ !

- TOUS LES DEUX ! Hurla Lucius.

Les adolescents allaient sortir, boudeurs, lorsqu'une voix aiguë qui glaça Tara, se fit entendre :

- Non, laissez-les venir à moi ...

- Maitre, vous êtes trop faible, glissa Lucius.

- J'ai dit : laissez-les venir à moi !

- Bien maître, dit Lucius d'une voix faible.

Il fit signe aux adolescents d'approcher. Lorsqu'ils furent assez près de l'endroit d'où émanait la voix, Tara eut un mouvement de recul en voyant ce qu'elle avait d'abord pris pour un tas de chiffons.

Devant eux, une créature à l'aspect répugnant était emmitouflé dans une robe de sorcier. La créature avait la taille d'un bébé même s'il ne faisait aucun doute que ce n'en était pas un. Deux yeux rouges se posèrent sur Tara qui en ressentit un frisson.

- Inclinez-vous devant Lord Voldemort ! Dit la créature.

Tara et Drago s'exécutèrent d'un même mouvement même s'ils semblaient, tous les deux, avoir du mal à croire ce qu'ils venaient d'entendre. Tara était un peu effrayée et elle ne put s'empêcher d'attraper la main de Drago qu'il serra dans la sienne. La jeune fille entendit le Seigneur des Ténèbres s'adresser à leurs pères :

- Ainsi, voici la nouvelle génération ? Il ne fait aucun doute qu'il est ton fils Lucius et qu'elle est ta fille Severus.

- C'est exact maître, répondit Severus d'une voix ferme qui tentait de masquer son appréhension.

- Relevez-vous, dit le Seigneur aux adolescents. Vous voyez à quoi en est réduit votre maître ? Et malgré tous les efforts de vos parents, le seul moyen de me permettre de renaitre reste hors de portée. Mais peut être que vous accepterez de nous aider ? Ajouta t-il d'une voix qui laissait comprendre que c'était bien plus un ordre qu'une question.

- Maître, ils sont si jeunes, murmura Narcissa qui se terrait dans son coin depuis l'arrivée des adolescents.

- Vous n'étiez pas beaucoup plus âgés quand vous avez tous rejoints les rangs de mes fidèles mangemorts !

- Mais ... ils ne sont pas en mesure de nous aider, ajouta t-elle dans l'espoir que le Seigneur renonce à son idée.

- Justement, si ! Qui mieux qu'eux pourrait approcher le garçon ?

Un silence se fit. Tara regardait Drago en le suppliant du regard de lui dire qu'elle se trompait sur les intentions du maître. Mais il ne semblait pas plus rassuré qu'elle.

- Vous voulez participer au retour de votre maitre ? Demanda Voldemort aux adolescents.

- Oui, maitre, répondirent-ils en chœur.

- Alors ramenez-moi le garçon. Ramenez-moi Neville Londubat ! Sinon ...

- Bien maître, répondit Drago. Nous le ferons.

- Très bien. Maintenant, laissez-nous.

Tara et Drago ne se le firent pas dire deux fois et sortirent précipitamment du bureau de Lucius. Drago emmena la jeune fille dans sa chambre et une fois arrivés, la serra contre lui.

- Je n'arrive pas à y croire ! S'exclama Tara.

- Moi non plus mais je comprends mieux les secrets de nos parents et la tentative d'intrusion.

- Ils essayaient d'enlever Londubat ?! Même moi je sais qu'il est impossible de pénétrer dans le château !

- Je pense qu'ils n'ont pas eu le choix. Ils devaient essayer ! Mais le maître a raison. Nous sommes les plus aptes à approcher Londubat.

- Je ne veux pas te faire de la peine, mais ce n'est pas « nous », c'est « moi ».

- Quoi ?

- Au cas où tu n'aies pas remarqué, les Gryffondors ne semblent pas te porter dans leur cœur.

- Tandis que toi ... dit Drago d'un ton sarcastique.

- Moi je ne suis qu'une pauvre jeune fille martyrisée par les Serpentards, défigurée par l'une d'entre eux et j'ai une autre petite idée.

- Déjà ?

- Je ne sais pas comment on va ramener Londubat au maître mais je sais comment faire pour l'approcher.

Face à l'air interrogateur de Drago, Tara se lança dans ses explications.

Quelques heures plus tard, Tara et Drago redescendirent dans le salon à la recherche de leurs parents, conscients qu'ils devraient les affronter à un moment ou un autre. Ils les trouvèrent en grande conversation, tous les quatre. Dès que Lily les vit arriver, elle se mit à crier :

- Vous êtes contents de vous ?

- Maman, calme toi, répondit Tara.

- Que je me calme ? Que je me calme ?! Et comment je peux me calmer alors que vous vous êtes délibérément mis dans une telle situation !

- On sait déjà ... intervint Drago à mi-voix.

- Ça suffit ! Rugit Narcissa. Nous avons tout essayé pour dissuader le maître mais il refuse de changer d'avis.

- Ce n'est pas grave ... tenta de dire Tara.

- Pas grave ? Mais vous êtes totalement inconscients ?!

- ON SAIT COMMENT Y ARRIVER ! Cria Tara.

- Vraiment ? Dit Lucius en s'approchant d'eux. Et peut-on savoir par quel miracle vous pensez réussir là où nous avons échoué ?

- Et bien, nous avons déjà un avantage sur vous dans le sens où nous sommes déjà dans le château ... murmura Tara en baissant la tête, impressionnée par le charisme de Lucius.

- Effectivement. Cependant, j'aimerais bien savoir quelle est la seconde partie de votre plan.

- Père, si je peux me permettre ...

Et Drago se lança dans les mêmes explications que Tara lui avait donné quelques heures plus tôt.

- Vous êtes naïfs à ce point ? S'emporta Narcissa. Vous pensez vraiment qu'il se fera avoir de cette façon ?

- Oui, je le crois, dit Tara sur un ton péremptoire. De toutes façons, c'est notre seule chance. Et puis, cela ne nous coûte rien d'essayer. Évidemment, si vous avez une meilleure idée ...

Un silence lourd de signification se fit. Tara comprit qu'elle avait réussi à les convaincre.

- Très bien, essayez, dit Narcissa visiblement vaincue Mais ne vous mettez pas dans une position de vulnérabilité !

- Et n'oubliez pas que nous sommes là au cas où la situation vous échappe, ajouta Lily.

- Ne vous en faites pas, dit Tara d'un ton léger. Nous savons ce que nous faisons.