Le lendemain matin, Tara partageait son petit-déjeuner avec le trio de Gryffondor et alors qu'elle faisait passer les toasts à Ron, elle effleura délibérément le bras de Neville. Elle le vit frissonner et lui sourit. Elle savait que ça allait fonctionner même si ça la dégoûtait d'avance. Elle passa la journée à hésiter puis se jeta à l'eau le soir venu, profitant d'un moment où Ron était à son entrainement de Quidditch et Hermione à la bibliothèque.

- Neville ? Demanda t-elle timidement. Tu sais que la prochaine sortie à Pré-au-Lard à lieu dans quelques jours ?

- Oui, j'ai vu ça, répondit le jeune homme.

- C'est pour la Saint-Valentin et je voulais savoir si tu voudrais bien ... y aller ... avec moi.

- Oh, dit Neville gêné. Et bien, ... oui. Avec plaisir.

Tara s'approcha de Neville et déposa ses lèvres sur celles de jeune homme. Elle sentit une nausée monter en elle et fit semblant de glousser avant de disparaître dans les premières toilettes venues. Elle se lava la bouche à grande eau avant de ressortir.

Les jours précédant la Saint Valentin, Tara mit tout en œuvre pour jouer une comédie amoureuse avec Neville même si elle ne cessait de penser à Drago. Celui-ci paraissaient renfrogné et jaloux mais elle voyait bien qu'il faisait son possible pour prendre sur lui et ne pas lui montrer.

Il était désormais régulier que Tara se promène en tenant la main de Neville ce qui ne semblait choquer personne.

Enfin, le jour J arriva et Tara retrouva Neville dans le hall du château. Hermione, Ron et Luna l'accompagnaient mais dès qu'ils eurent franchis le portail, ils s'éloignèrent d'eux après leur avoir adressé des clins d'œil appuyés et leur avoir souhaité une bonne journée d'une voix pleine de sous-entendus.

Tara prit la main de Neville et l'entraina dans les rues du village où ils firent le tour des boutiques. Soudain, Tara regarda sa montre et lui murmura à l'oreille :

- Viens, je veux t'emmener quelque part.

Elle l'entraina au fond du village, loin des habitations à proximité d'une caverne creusée dans la montagne.

- Tu es sure que c'est une bonne idée ? Demanda Neville.

- Allez, dit Tara d'un air implorant. Ne fais pas le timide. Et puis, j'ai envie d'être un peu à l'abri des regards.

Elle lui adressa un regard évocateur et il bomba le torse en la suivant. Ils gagnèrent la caverne après une escalade des plus difficiles. Dès qu'ils eurent pénétré dans la grotte, Tara se tourne vers le Gryffondor et le regarda avec un air sombre.

- Qu'est ce qu'il y a ? demanda le jeune homme surpris.

- Oh rien, dit la jeune fille en sortant sa baguette. PETRIFICUS TOTALUS !

Le jeune homme tomba à la renverse et Tara éclata d'un rire cristallin assez effrayant. Drago surgit soudain du fond de la caverne et s'approcha du corps inerte de Neville. Il lui décocha un violent coup de pied dans le ventre en murmurant :

- Ça c'est pour avoir touché ma petite-amie !

Il s'approcha alors de Tara et l'embrassa fougueusement.

- Enfin ! C'est terminé cette comédie !

- Ne t'en fais pas, Drago. C'était la première et dernière fois. Je t'aime trop pour recommencer. J'ai failli vomir plus d'une fois.

- Et moi j'ai failli le tuer plus d'une fois.

Ils se mirent à rire. Soudain, des silhouettes noires masquées apparurent. L'une d'elle se tourna vers les adolescents et la voix de Severus en émana :

- Je n'aurais jamais cru que vous y arriviez.

- C'est agréable de voir que tu nous fait confiance, répondit Tara

- Ce n'est pas ça mais votre plan était tellement enfantin ...

- Il ne faut jamais sous-estimer l'orgueil d'un Gryffondor, dit la jeune fille. Je pense qu'il a cru jusqu'au bout que nous allions ... Beurk, rien que l'idée me donne la nausée.

- Je vous félicite, intervint une autre silhouette dont la voix était celle de Lucius. Le maître sera fier de vous. Maintenant, partons.

L'une des silhouettes prit le corps de Neville sur son épaule et transplana. Tara s'agrippa au bras de son père, tandis que Drago agrippait celui de Lucius. La jeune fille transplana aux côtés de Severus qu'elle ne voulait pas lâcher tant la sensation de vide lui était désagréable. Lorsqu'ils réapparurent, ils se trouvaient dans un cimetière.

Tara regarda autour d'elle et vit sa mère et Narcissa qui était en train de s'occuper d'un chaudron. Voldemort était installé à leurs côtés, son aspect étant toujours aussi misérable. Severus s'adressa aux adolescents :

- Mettez-vous dans un coin et pour une fois, par pitié, ne bougez plus.

- C'est bon, s'indigna Tara qui n'aurait avoué pour rien au monde qu'elle allait suivre ses instructions à la lettre avec plaisir.

Un étrange rituel se déroula sous leurs yeux. Les mangemorts attachèrent Neville à une tombe après lui avoir pris sa baguette et le libérèrent du sortilège de saucissonage. Lucius s'adressa alors aux autres mangemorts :

- Frères, le maître va maintenant revenir parmi nous sous sa forme originelle.

Il se dirigea vers la créature et la sortit du tas de chiffons. D'une manière tout à fait solennelle, il l'approcha du chaudron dans lequel il le laissa tomber. Tara étouffa un petit cri et attrapa la main de Drago qui semblait aussi impressionné qu'elle.

Lucius se dirigea vers une tombe et y pointa sa baguette. Celle-ci sembla s'ouvrir et des os se dirigèrent vers le chaudron dans lequel ils tombèrent. Lucius prononça d'une voix froide :

- Que les ossements du père, donnés en toute ignorance, fassent renaitre son fils.

La surface du chaudron se mit à briller d'un éclat aveuglant et des étincelles ainsi qu'un sifflement s'en échappèrent. Puis le liquide prit une teinte d'un bleu vif.

Lucius s'approcha alors du chaudron et sortit un poignard d'argent. Il remonta sa manche et se trancha la main droite qui tomba dans le chaudron en prononçant :

- Que la chair du serviteur, donnée volontairement fasse revivre son maitre.

Tara serra plus fort la main de Drago qui la prit dans ses bras. Ils étaient apparemment tous les deux écœurés.

Enfin, Lucius, qui ne se souciait visiblement pas du sang qui coulait de son bras, s'approcha de Neville et abattit son arme sur le bras du garçon. Neville poussa un hurlement de douleur qui fit sourire Lucius. Ce dernier retourna vers le chaudron et y fit couler quelques gouttes du sang qui se trouvaient sur son poignard, en récitant :

- Que le sang de l'ennemi, pris par la force, ressuscite celui qui le combat.

Lucius s'écarta alors du chaudron dont le liquide avait pris une teinte immaculée. D'autres étincelles s'en élevèrent suivies d'une giclée de vapeur. Puis un écran de fumée se forma, cachant désormais le chaudron aux yeux de tous.

Au bout de quelques minutes, la fumée se dissipa et le Seigneur des Ténèbres apparut, plus vivant et robuste que jamais. Il avait repris son apparence normale et se tenait debout face à ses serviteurs.

Il s'approcha de Lucius et lui tendit la main. Lucius s'inclina et sortit une baguette de sa cape qu'il tendit à son maître. Sans un mot, celui-ci brandit sa baguette au dessus du bras de Lucius et Tara vit avec stupeur apparaître une sorte de gant doré qui prit la place de la main disparue du mangemort.

- Merci, maître, murmura Lucius.

Le Seigneur des Ténèbres lui fit signe de se relever puis se tourna vers le cercle que formaient ses fidèles.

- Mes chers mangemorts, nous voilà de nouveau réunis comme au temps de notre grandeur. Je suis ravi de vous voir tous ici.

Voldemort tourna alors la tête pour regarder l'assemblée et s'arrêta sur les adolescents. Il s'avança vers eux, qui s'inclinaient face à leur maître, et leur dit :

- Redressez-vous.

Ils s'exécutèrent mais n'osaient pas regarder le Seigneur des Ténèbres dans les yeux.

- Alors c'est à vous que je dois mon retour ? Qui aurait cru que je soies sauvé par des enfants ... Mais quelque part, la boucle est bouclée. Anéanti par un enfant et ressuscité par d'autres enfants. Cependant, je dois avouer que je suis agréablement surpris. Je ne pensais que vous en seriez capables.

- Merci maître, dit Drago d'une petite voix.

- Oui, ajouta Tara, merci maître.

- Et c'est donc toi, Tara, qui a réussi à m'amener Londubat ?

- Je n'aurais rien pu faire sans Drago ou sans nos parents, maître.

- C'est très noble de ta part de ne pas accaparer toute la gloire. Je m'en souviendrais.

Voldemort se détourna d'eux et se dirigea vers Neville qui paraissait terrifié et en restait muet. Le Seigneur des Ténèbres s'adressa à lui :

- Il semblerait que « Le Survivant » ne le reste pas longtemps. Que pouvons-nous faire d'autre de toi ?

Face au silence de Neville, Voldemort regarda Tara et lui dit :

- Jeune fille, puisque c'est toi qui a permis de l'amener jusqu'à moi, je voudrais avoir ton avis : que faisons-nous de lui ?

- Maître, je pense que le mieux serait de ... le tuer.

- Et bien ... tu te révèles encore plus satisfaisante que ce que je croyais. Approche toi.

La jeune fille s'avança vers son maître et Neville. Celui-ci, voyant Tara parut retrouver la parole :

- Tara ! Par pitié, aide moi !

- Silence ! Rugit la jeune fille.

- Mais je croyais ...

- Il suffit ! Reprit Tara sur le même ton froid. Misérable cafard !

- Je crois mon jeune ami, intervint Voldemort, que cette personne s'est jouée de toi. Mais passons aux choses sérieuses.

Voldemort détacha les liens de Neville qui semblait désemparé et incrédule. Il tenta de s'approcher de Tara mais celle-ci se recula en manifestant un réel dégoût. Le Seigneur des Ténèbres récupéra la baguette de Neville des mains de Severus et la jeta aux pieds du jeune homme.

- Tiens, prends ! Tu en auras besoin. J'estime que tu as le droit de te défendre quand Lord Voldemort te défit en duel. Nous verrons bien l'ampleur de tes pouvoirs.

Les mangemorts se mirent à rire.

- Et maintenant, saluons-nous, dit Voldemort avec un sourire glacial.

Mais Neville ne bougea pas d'un pouce, apparemment tétanisé par la peur. Voldemort leva sa baguette et jeta un sort qui força le garçon à s'incliner.

- Voilà qui est mieux. Ton cher Dumbledore ne t'a donc pas appris les us ? C'est bien dommage. En garde !

Neville redressa la tête et n'eut le temps de rien faire. Un éclair de lumière verte jaillit de la baguette de Voldemort accompagné de la noble formule : « AVADA KEDAVRA ! », et heurta le jeune homme de plein fouet. Celui-ci bascula à l'arrière et tomba sur le sol. Il était mort.

- Et voilà comment finit celui qui portait les espoirs de tout un peuple, dit Voldemort en riant.