Je reviens avec mon 3ème OS. Ecrit en deux partie parce qu'il commence à être long. Peut-être que certain me connaisse, en tout cas je suis très longue à publier. Vous aurez ainsi le temps de me mettre des rewiews. Vraiment ça me ferait plaisir j'en ai pas beaucoup en général ou sinon elle arrive 5 mois après publication mais bon je ne vais pas m'en plaindre, vaut mieux tard que jamais.

J'espère que vous allez aimer cette histoire. Bonne lecture et n'oubliez pas de me mettre un petit mort à la fin pour demander la suite.

Fascinante partie I

Elle était fascinante. Elle était l'obsession de certain et le fantasme de tout le monde. Elle attirait tous les regards, faisait naître toutes les passions, amour, désir, haine, jalousie. Elle était sans cesse épiée, il y avait toujours quelqu'un derrière elle, mais personne ne l'approchait jamais. Certain l'admirait, d'autre nourrissait des idées malsaines. Mais moi, elle me fascinait.

Cela faisait bien longtemps que les elfes avaient disparus de cette terre. Longtemps qu'ils ne peuplaient plus que les légendes. Sur ce peuple là, nos histoires sont les mêmes que celles des moldus, sauf que nous, nous savions qu'elles étaient vraies. Les elfes étaient un peuple puissant, seigneurs des arbres, amis des animaux et adorateurs de la lune, ils étaient redoutés des hommes. Bien qu'étant pacifiques et ne cherchant pas les ennuies, les pouvoirs qu'on leurs conférait et leur beauté enchanteresse leurs avaient valut la haine des hommes. En ce temps là, bien avant Arthur et Merlin, les elfes peuplaient ce monde, eux, habitants des forêts. Les humaines cherchaient par tous les moyens à imiter les femmes elfes, elles qui n'inspiraient que peur et désir. Les humains craignaient les elfes pour leur puissance, même à cette époque lointaine l'homme était intolérant. Il voulait régner en seul maître sur ce monde. Peut à peut les hommes exterminairent ce peuple, à force de ruses ils les firent disparaître et à l'époque d'Arthur, Lancelot et Guenièvre les elfes étaient devenus des êtres mystiques venu des légendes populaires. Les hommes bannirent leur existence et il ne resta guerre plus que les animaux pour ce souvenir d'eux. Mais qui de nos jours comprend le langage animal ?

Et pourtant il y avait elle. Descendante directe de Lliane et Lliandon anciens roi et reine des haut-elfes. Elle seule connaissait l'histoire de son peuple. Car l'histoire telle que nous la connaissons est une histoire racontée par les hommes. Elle avait traversé les siècles, déploré les guerres, vu des horreurs, elle avait observé l'évolution des hommes, avait assisté à la naissance des sorciers et autres créatures peuplant le monde actuel, sans jamais ce faire remarquer. Elle avait vécu seule pendant des siècles. Indifférente aux sorts des hommes, indifférente à ce qui l'entourait. Elle avait parcouru les époques avec sa solitude, incapable de mourir, incapable de vivre, incapable de faire le deuil de son peuple. Elle était condamnée à errer solitaire, seule représentante de sa race sur cette terre. Personne ne l'avait vu. Avait-elle seulement était aperçu par quelqu'un pendant toute ces années ? Malgré sa puissance elle était restée cachée et personne n'avait jamais découvert son existence. Mais aujourd'hui elle était là, pour une raison qui restait inconnu à tout le monde. Elle était apparue sans explication déclenchant des milliers de questions et moi on m'avait fait venir pour la comprendre. Mais comment comprendre une telle merveille ? Comment oser avoir la prétention d'essayer de la comprendre ?

Elle, la dernière elfe vivante, elle qui avait des milliers d'années. Merveille des merveilles, immortel parmi les mortels, sa beauté était tellement éclatante que la plus belle des femmes se sentait hideuse face à elle. D'une minceur extrême sans pour autant être maigre, son corps était tout en muscles fins et déliés, ses bras et ses jambes avaient l'air interminables, dépassant la plus part des femmes d'une demi tête elle avait pourtant l'air plus fragile qu'une enfant. Sa peau fine était d'un bleu clair, sa longue chevelure brune aux reflets cuivrés paraissait ne pas avoir de fin, entre elle apparaissait les fines oreilles pointus de l'elfe. Son visage d'une beauté parfaite abritait deux yeux couleur miel où jouait de temps à autre le vert tendre des prairies, ses lèvres au sourire calme étaient d'un bleu plus sombre que sa peau. Elle sortait souvent le soir. Elle quittait alors sa robe fendue de moire - ce tissu bleu-gris, pouvant devenir rouge ou vert, qui était tellement fin que son possesseur paraissait presque nu - exposant alors son corps au rayon de sa mère la lune. La lumière céleste rendant sa peau vivante, soulignant le galbe parfait de ses seins rebondis aux auréoles bleus sombres, laissant planer l'ombre sur son sexe imberbe. Oui, je l'avais observé. Je regardais cette femme irréelle contempler la lune, son corps nu livrée sans pudeur. Car les elfes n'avaient que faire des vêtements, ne se vêtant que de moire, n'accordaient aucune valeur aux richesses, ne travaillant que l'argent. Préférant la mousse à un lit, le couvert des arbres aux riches châteaux. Elle était fascinante.

Elle était si différente de nous. On disait que les elfes ne connaissaient pas l'amour, qu'ils n'éprouvaient aucune jalousie, aucun des sentiments que l'on ressent ne leur était attribué. Ni jalousie, ni amour, ni peine, ni rancœur, ni colère, ni haine, ni peur. Pourtant, moi, je l'avais déjà vu pleurer le soir, j'avais vu la mélancolie ou la colère dans ses yeux. Pour moi elle était comme nous, en mieux. Plus belle, plus forte, ayant plus de pouvoir, comprenant le langage de tout les êtres vivants. Je l'avais vu parler aux animaux, chuchoter aux arbres, écouter le vent, chanter pour les fleurs. Et moi qui étais là pour la comprendre, je ne lui avais encore jamais parlé. Je n'osais pas l'approcher, alors c'est elle qui le fit.

C'était un soir comme tous les autres. Un autre soir où j'allais passer une partie de la nuit à l'observer. Elle était souvent près du lac, en bordure de forêt mais à ce moment là, elle n'y était pas. Elle était apparue à Poudlard depuis deux mois. Et chaque soir elle était là. Mais pas aujourd'hui. Je m'étais approché, me disant bêtement, qu'elle avait peut-être des ennuies. Même si je ne pensais pas sérieusement que les sirènes ou autres créatures peuplant le lac aient pu lui poser problème. Je me tenais là où chaque soir elle se dressait mais il n'y avait aucune trace. Rien qui pouvait m'indiquer qu'elle était venue ici récemment. Aucune trace de son odeur d'herbe humide se réchauffant au soleil, aucune trace de pas dans la terre à mes pieds. Elle n'était ni ici, ni dans la forêt et la probabilité qu'elle soit dans le lac était nul. Alors où était-elle ? Avait-elle découvert qu'on l'observait ? Etait-ce un jour spécial pour les elfes ? La lune était-elle particulière ce soir ? Je cherchais les raisons qui aurait put justifier son absence, mais une seule chose comptait : elle n'était pas là. Ce soir je ne pourrais pas contempler la perfection de sa silhouette et je n'en savais pas la cause. Il ne me manquait plus qu'à aller me coucher en espérant la voir demain.

- J'espérais que tu sois là.

Ce n'était qu'un murmure. Une voix comme le chant du vent dans les feuilles où la chanson de l'écoulement d'une rivière. Je connaissais cette voix, bien qu'elle ne s'était jamais adressée à moi, elle était unique. Elle s'était approchée sans bruit, ne me laissant pas même le temps de me préparer à sa présence, même si c'était cela que je désirais. Maintenant que j'étais près d'elle je ne savais plus quoi faire, qu'elle attitude adopter, qu'elle mot employer. Elle était tellement belle et fascinante. Même si elle n'était pas nue, sa robe de moire étant fendu jusqu'en faut de ses cuisses, je pouvais voir le bleuté de ses cuisses prendre vie sous la lumière céleste et plus que tout le vert tendre et le miel de ses yeux m'hypnotisait. Je me retrouvais incapable du moindre geste, de la moindre parole. Le moindre mouvement me semblait déplassé tellement je me sentais lourdaud face à sa grâce. Utilisait-elle des pouvoirs propres à son espèce ? Etait-ce normal de me retrouver ainsi prisonnier de son regard malgré ma condition ? N'étais-je pas plus fort que cela ?

- Tu ne dis rien, continua t-elle. Ce n'est pas la peine, je vais parler pour toi. Je sais que malgré l'admiration que tu éprouves tu as peur.

Elle murmurait encore. Et pourtant ses mots et sa voix entraient en moi plus surement que si elle avait crié. Sa poitrine se soulevait lentement au rythme de sa respiration, très lentement. Elle aurait fermé les yeux et j'aurais eu l'impression qu'elle dormait. Cette respiration si calme me déstabilisait. Pourquoi mon cœur s'était-il lancé dans un mille mètre effréné ? Et elle, elle continuait à murmurer dans un débit étrangement lent et fluide.

- D'ailleurs pourquoi as-tu peur ? Ne te considères-tu pas comme supérieur aux autres ? Suis-je si effrayante pour te priver ainsi de la parole ? Tu n'as rien à craindre de moi. Pour tout te dire tu m'intrigues. Bien sûr pas autant que je ne t'intrigue moi-même. Et pourtant je sais ce que tu es.

Elle sait ? Bien sûr ma condition n'est pas un secret, ni un tabou. Mais le mystère qui m'entour suffis à ce que personne n'en parle. Et nous n'avons pas était présenté alors comment peut-elle savoir ? Je sais que je n'ai pas à avoir peur de cela. Après tout ma condition me fait jouir de certain avantage et il n'y a aucune honte à avoir honte de ce que je suis. La plus part de la population sorcière me respecte ou me craint pour ce que je suis. Les enfants moldus sont terrorisés par les légendes diffusées sur mon espèce. Je suis effectivement supérieur aux autres. Mais pas à elle. Les coins de sa bouche légèrement élevé elle m'observait comme on observe les animaux derrières des caches. Souriait-elle ? Se moquait-elle de moi ? Qui pouvait apporter des réponses à mes questions si ce n'est elle ? Mais ma bouche restait sellé, la salive dans ma gorge avait séché, ma langue restait collé sur mon palet. Et elle parfaitement allaise, elle souriait.

- Es-tu intimidé ? Pourtant tu es là pour apprendre à me connaître. Pourtant chaque soir tu m'observes, ton regard reste collé à moi en permanence. Et maintenant que tu as l'occasion de me parler tu te tais.

Elle m'avait vu. Elle avait sentis mes regards. Que savait-elle d'autre sur moi ? Comment arrivait-elle à faire cela ? J'étais pourtant réputé pour être particulièrement discret. Et comment savait-elle que j'étais là pour la connaître. Nous n'avions pas était présenté, elle devait même ignorer mon existence. Ce qu'elle avançait était-il seulement fondé ? Elle affirmait peut-être cela au hasard. Et pourtant le doute ne m'était pas permis, ses yeux avaient l'air si sûr d'eux, son visage entier respirait la confiance en elle. Elle semblait me connaître plus que je ne la connaissais. Et bizarrement on ne se connaissait pas.

- Ah oui c'est exact. Nous n'avons pas était présenté. C'est sûrement le bon moment. Même si cela ne va pas être facile.

J'étais perplexe, je ne comprenais pas vraiment ce qu'elle entendait par là. Elle eu un sourire indulgent en voyant mon expression sûrement étonné. Je m'en voulu d'être à ce point transparent. Moi que l'on disait fait de glace et ne montrant aucune émotion. Etais-je entrain de fondre ? Je ne comprenais pas vraiment ce qu'y était entrain de m'arriver. Et elle avait toujours ce sourire sur son visage.

- Je vais commencer puisque tu as l'air de vouloir continuer à te terrer dans ton mutisme. Mais je ne sais pas vraiment quel nom te donner.

- Pourquoi ? demandais-je.

Je n'avais pas fait exprès, je n'avais pas parlé volontairement. Pour la première fois ma bouche était allez plus vite que je ne le désirais. Ma voix plus rauque résonna étrangement à mes oreilles. Cela faisait-il si longtemps que la salive avait séché dans ma bouche ? Le temps s'étirait-il plus lentement en sa présence ? Et elle, elle ne sembla pas se formaliser de mon interruption, elle n'eu même pas l'air surprise. Comme si elle savait que cela allait arriver. Et son sourire s'agrandit. Elle avait un sourire doux. Le sourire d'une mère. Le sourire d'une femme après l'amour. Le sourire d'une petite fille rêvant au prince charmant. Le sourire touchant d'un bébé. Jamais sourire ne me parut plus beau que le sien.

- Ne t'en veut pas d'avoir parlé. Je ne l'aurais pas sut j'aurais pu penser que tu étais mué. Je ne sais pas quel nom te donner pour la simple raison que j'en ai plusieurs et que tous te les donner prendrait trop de temps, or le temps est une chose précieuse même pour nous. Ainsi je ne te donnerais que les noms les plus importants de ma vie. Etant enfant mes parents m'avaient nommé Eldalote signifiant dans ta langue l'enfant aimé. J'ai gardé se nom jusqu'à ma majorité et suis devenue Laurelin, le chant d'or. Vient alors le temps où mon peuple disparu totalement, se jour là j'endossais un nouveau nom qui me resta longtemps, pendant plusieurs siècle je fus Níniel, la fille aux larmes. Au cours de mon errance j'eu plusieurs nom celui qui est resté étant Eáránë Calmcacil, voyageuse immortelle. Mon nom permanant destiné à être utilisé par les autres peuples est Finduilas Míriel ou si tu préfères Hermione. Et je sais qui tu es.

Elle finit sa tirade avec toujours son sourire. Elle n'était même pas essoufflée parlant lentement. Elle s'appelait Hermione. Je ne le savais pas. Pourquoi n'avais-je même pas ressentis le besoin de savoir son nom ? Combien de personne dans l'école connaissait son nom ? Nous semblait-elle si irréel que le besoin de savoir son nom ne nous importait pas ? Moi qui étais tellement fasciné, je ne savais même pas son nom alors qu'elle disait me connaître. Et pourtant moi je n'étais rien pour elle. Alors comment pouvait-elle savoir qui j'étais, ce que j'étais ?

- Vous me connaissez ? répondis-je surpris.

- Tu parais surpris. Oui je te connais. Tu es la seule personne digne d'intérêt ici. Avec Dumbledore et Harry Potter.

Potter. Alors elle s'intéressait à lui. Comme tout les autres. Qui avait-il de si passionnant en Potter ? Et lui n'était-il pas fatigué d'attirer constamment l'attention ? Je pouvais comprendre qu'elle s'intéresse à Dumbledore, après tout c'était un des sorciers les plus puissants de notre époque. Alors bien sûr qu'elle s'intéressait à lui alors que tout ce qui l'entourait n'était que des enfants sorciers sans grand potentiel magique. Mais pourquoi s'intéresser à Potter ? Pourquoi s'intéresser à moi ? Et comment comprit-elle ce que je pensais ?

- Tu te demandes pourquoi n'est-ce pas ? Ne sois pas si surpris. J'ai quelque facilité à comprendre ce que ressentent les gens. Toi aussi tu y arriveras jusqu'à un certain niveau. Tu as les capacités pour. Drago Malfoy héritier d'une grande ligné de sang-pur devenu vampire sans son consentement. C'est pour cela que tu m'intéresse. Ton statut est particulièrement intriguant. Et tu as une puissance évidente qu'il ne faudrait pas que tu gâches. Après tu te demandes pourquoi je m'intéresse à Harry Potter. Tout simplement parce que son destin est bien cruel. Je ressens une certaine empathie pour lui. Il est assez malheureux comme garçon et il a peux de chance que ça s'arrange, même si lui à une chance.

Elle s'arrêta une étrange expression mélancolique sur son beau visage. Elle semblait en connaître pas mal. Même si elle ne m'avait pas dis grand-chose elle semblait me connaître mieux que je ne le pensais. Et pourquoi ? Pour quelle raison s'intéressait-elle à moi ? En quoi ma condition de vampire l'intéressait-elle ? Je n'étais pas le premier et je ne serais pas le dernier de mon espèce. Alors qu'avais-je vraiment d'intéressant ? Qu'avais-je qu'elle n'avait jamais vu ? N'avait-elle jamais rencontré de vampire avant moi ?

- Pourquoi je vous intéresse ? Vous n'avez donc rencontré aucun vampire avant moi ?

- Non.

Son visage se ferma brusquement, sa réponse claqua dans le silence de la nuit, résonnant dans ma tête tel un coup de tonnerre. Et pourtant elle n'avait prononcé qu'un mot. Quel étrange pouvoir avait sa voix sur moi ?

- Suis-moi, m'intima t-elle.

Docilement je m'exécutais. Suivant le balancement de ses hanches, observant la grâce animal de sa démarche, les mouvements de ses cheveux, m'étonnant de ne pas l'entendre marcher. J'avais l'impression qu'elle dansait, chacun de ses pas était une danse à eux seuls, elle marchait comme la plus gracieuse des danseuses dansait sur scène. Elle avançait sans aucun bruit, invisible à toutes oreilles. Ses cheveux la suivaient tel un étendard, il n'y avait aucun souffle d'air mais il volait derrière elle, animés d'une vie propre. Chaque cellule de cette femme était vivante. Du son de sa voix aux couleurs de ses yeux, de la couleur de sa peau à la texture de ses cheveux. Et moi derrière elle je me sentais mort, encore plus mort que je ne l'étais réellement. Devant moi elle avançait rapidement, d'une allure qui aurait forcé n'importe quelle personne normale à courir. Sa respiration était toujours aussi calme mais j'entendais la course de son sang dans ses veines et son odeur d'herbe mouillée m'enveloppait plus que jamais. Elle me mena rapidement dans un recoin reculé du parc au milieu d'une végétation lumineuse, la lumière de la lune pénétrant à flot entre les feuilles des arbres. Elle s'arrêta dans une flaque de lumière levant un instant son visage vers sa mère la lune et s'assit d'un mouvement souple m'invitant d'un regard à en faire de même. En sortant ce soir je n'aurais jamais put imaginer que je me retrouverais assis en face d'elle caché par le couvert des arbres. Elle avait le regard vague, presque absent. Elle avait perdu le sourire. Et pourtant elle était toujours aussi belle. J'attendis qu'elle prononce un mot, je patientais essayant de faire abstraction du silence qui effaçait la musique de sa voix. J'aurais put parler, lancer sans réfléchir toutes les questions qui me traversaient l'esprit. Etais-je à nouveau privé de la parole ? Ou était-ce sa beauté qui me plongeait dans une contemplation muette ? Elle ne me regardait même pas, écoutait le vent lui murmurer des secrets, observait les arbres danser pour elle. Je la voyais partir dans un monde qui n'appartenait qu'à elle.

- Parle-moi de ton espèce, murmura-t-elle si doucement que je cru à une illusion, un caprice de mon esprit.

- Que veux-tu savoir ? demandais-je en retour à son exigence.

Alors elle me sourit. Pas du sourire que je venais d'apprendre à aimer, mais d'un sourire calculateur, manipulateur et pourtant dénué de malveillance. En une seconde elle laissait sa personnalité calme et rassurante pour endosser l'assurance d'un prédateur, la grâce féline du léopard et la force animal d'une lionne. Alors je répondis à sa demande muette. Laissant la lune décrire un arc dans le ciel je lui racontai ma vie, mon peuple, certaines de nos traditions, nos légendes. Sous ses yeux curieux je lui décrivis la soif qui me taraudait, l'odeur du sang propre à chaque personne et malgré tout le dégout que j'avais à tuer. Je lui racontai mes capacités surhumaines, mon attrait pour la vitesse, le fait que je n'ai pas besoin de dormir, mes sens plus développés. Elle toucha la froideur de ma peau, sa texture de satin, elle plongea dans le rouge de mes yeux et caressa mes crocs si habillement dissimulés derrière un sourire envoutant. Quand j'en eu finis avec mon histoire et celle de mon peuple elle se leva, posa un instant sa main sur ma poitrine, là où mon cœur aurait dut battre, m'offrit un sourire de compassion que je ne compris pas et partis. L'aurore caressant doucement sa silhouette, je la regardais se diriger vers le château sublimant mon univers par sa simple présence.

Je la revis souvent. Pas tout les soirs mais la plus part. Et même si rien ne m'empêchait de la retrouver à chaque lune je ne le fis jamais. Il y avait des moments où je sentais confusément que je devais la laisser seule. Alors je restais dans l'ombre ne l'approchant pas, méditant tout ce que j'avais appris sur elle et que j'avais égoïstement gardé pour moi. Elle m'avait accordée sa confiance, avais-je décemment le droit de la trahir pour aller partager mes connaissances à Dumbledore ? Tout ce qu'il voulait savoir ne devait-il pas l'apprendre de sa bouche à elle plutôt que de la mienne ? Alors je me taisais, heureux de partager mes expériences avec elle tandis qu'elle faisait de même avec moi. Et pourtant la raison de sa présence m'était encore inconnue et peut-être ne le saurais-je qu'à la toute fin. Parce que même si elle n'en parlait jamais, elle allait partir, je le sentais au fond de moi et cette certitude s'accrochait en moi, creusant sans cesse un chemin plus profond et toujours plus douloureux. Je redevenais à son contact un vulgaire adolescent, incapable de savoir la marche à suivre, le comportement à adopter. Mon expérience, ma maturité n'existait plus quand elle était là. Mais malgré cela j'étais apte à ne pas me cacher l'évidence : je ne voulais pas qu'elle parte loin de moi. Je ne voulais pas voir partir la lumière qu'elle avait jetait dans l'ombre de ma vie. Je voulais la garder près de moi, pouvoir la voir quand je le désirais, conserver la mélodie de sa voix. Mais je savais cela impossible. J'aurais put m'éloigner d'elle, couper nos liens avant qu'ils ne deviennent trop fort. Mais j'étais un enfant devant la flamme d'une bougie, je présentais le danger mais je ne pouvais m'empêcher de m'approcher pour toucher cette beautée. Et comme un enfant, je m'y suis bruler.

Ce n'étais pas un soir spéciale, il n'y a avait rien de différent de l'ordinaire. C'était un soir chaud et humide raffraichit par un vent tiède. Sous le couvert des arbres nous étions à l'abris de la chaleur poisseuse qui envirronnait le chateau. Nous parlions comme à notre habitude, nous étions comme deux vieux amis se racontant des souvenirs. Et il y avait parfois les silences entre nous. Les silences qu'elle pass7sait les yeux fermés à écouter des mélodies que je ne comprenait pas, et moi pendant se temps je la contemplait, je me remplissait les yeux de son image, gravant un peu plus chaque jour ses traits dans ma mémoire. Mais se jour là elle m'avait fixé dans les yeux, m'emprisonnant de son regard. Elle avait le visage grave et les yeux tristes. Sa voix aussi était triste lorsqu'elle me parla.

- Il y a une chose que tu ne m'as pas dit. Une chose importante que tu n'aurais pas dut me cacher. Une chose que tu ne pouvais me cacher parce que maintenant je te connais.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, lui soufflais-je.

Je bluffais, je le savais. Je n'avais qu'un secret pour elle. Mais je ne voyais pas l'importance que cela pouvais avoir. Aujourd'hui je sais que si elle ne l'avait pas découvert je ne serais plus là pour me souvenir de tout ça. Je ne pouvais rien lui cacher, elle savait tout de moi et ce qu'elle ne savait pas elle le devinait. Elle lisait en moi avec une facilité déconcertante, parfois ça me faisait peur. Elle le savait, le sentait mais elle savait aussi qu'elle pouvait tout me dire, tout me demandait.

- Je sais que tu me mens Drago. Je te connais peut-être mieux que tu ne te connaîtras jamais. Alors réponds moi. M'as-tu caché quelque chose ?

- Oui.

Je ne pouvais lui mentir, je ne pouvais prendre le risque d'accentuer la tristesse qui émanait d'elle. Je ne voulais pas voir la colère tapis dans ses yeux se diriger contre moi. Elle était las quand elle me répondit. Et de cette lassitude je n'en saurais jamais la cause.

- Pourquoi ? Pourquoi m'as tu caché cela ?

- Je ne savais pas que ça pouvait avoir une quelconque importance, répondis-je sincérement.

- Je te crois. Mais ça a de l'importance. Ton calice a une importance. Tu sais très bien que tu mourra si tu ne le trouve pas. Tu as besoin de lui pour survivre. Tu aurais dut m'en parler. J'aurais dut le savoir par toi.

- Mais en quoi est-ce si important ?

- Tu crois avoir le temps de le trouver. Mais tu ne le trouveras pas. Parce que ton calice n'existe pas. Personne ne t'es destiné pour cela. Tu ne devais pas devenir vampire. Ce n'était pas ton destin. Et maintenant sans calice tu es destiné à mourir.

Mourir ? Je ne voulais pas mourir. Je n'étais pas préparé à apprendre cela. Je suis une créature immortelle, je ne devais jamais mourir. Mais je ne pouvais mettre sa parole en doute, elle était incapable de mentir, elle ne pouvait inventer cela. Je me sentais partir ailleurs, prisonnier de la peur que cette vérité créait en moi. Je ne voyais plus rien, ne ressentit pas Hermione s'approcher de moi. Mon esprit n'enregistra pas la caresse de ses doigts sur mon visage, je n'entendis pas le son de sa voix m'appeler à elle. Je n'étais plus là, j'avais oublié qui j'étais, oublié qu'elle était là, qu'elle existait. Je n'étais plus rien, j'étais perdu en moi même, enfermé dans mes peurs. Dans ma tête reignait le cahos. Et c'est de très loin que je percevais sa voix, de très loin mon nom répété sans cesse. Je voulais qu'on me laisse me terrer comme un lâche dans mon désespoire. Mais même de très loin elle m'appelait encore et mon coeur, même mort, percevait cet appel et se tendait vers la lumière de sa voix.

- Drago revient vers moi, me chantait-elle. Revient Drago. Ne reste pas dans le noir, ce n'est pas le moment, ton heure n'est pas venu Drago. Revient vers la lumière petit prince des ténèbres. Ecoute le son de ma voix, je te sauverais Drago. Il y a une solution je ne te laisserais pas mourir. Revient Drago moi aussi j'ai besoin de toi. Revient.

Doucement, difficilement je reprennait le conrôle de mon corps. Petit à petit je reprenait conscience de mon envirronement, d'abord le vent sur ma peau, l'herbe sous mes doigts, et puis elle devant mes yeux. Le contour de sa silhouette, la lumère de ses yeux, le soiyeux de ses cheveux, le pulpeux de sa bouche. Je clignais des yeux comme un aveugle découvrant la lumière pour la première fois, respirais à fond les odeurs qui me parvenaient. Je ne comprenais pas trop se qui venait de m'arriver. Tout se que je savais c'est qu'elle était devant moi, plus proche que jamais, assez proche pour que je sente son haleine m'envelloper, me posséder lentement, détruisant les moindres parcelles de contrôle que j'arrivais à conserver devant elle. Et sans contrôle face à elle je ne suis plus rien. Ma vision se bloqua sur les courbes de ses lèvres, sur le mouvement sensuel de sa bouche qui continuait de m'appeler. Je ne percevais plus que la senteur fruité de son halleine et me demandait si elle aurait aussi se goût sucré sur ma langue. Je ne me contrôlais plus, je n'avais pas prémédité cela, je n'avais même pas pensé à le faire. Peut-être qu'elle comprit se que je faisais, peut-être qu'elle savait que me révéler ma mort m'ammenerais à se geste, peut-être l'avait-elle prévu. Mais quel que fut son savoir elle ne m'arrêta pas, elle aceuilla mes lèvres sur les siennes comme une chose naturel. Elle me laissa en retracer le contour sans me repousser. Elle me laissa le passage libre et livra bataille contre moi au sein même de cette merveille. Tout n'était plus que sensation, l'heure n'était plus au mot ni à la réflexion. En ce moment précis n'existait pour moi que la douceur de ses lèvres, le ballet sensuel de sa langue contre la mienne et son goût sucré que j'avais imaginé. J'étais au paradis, moi un fils des ténébres, créature de l'enfer...

A suivre