Le Blabla de l'auteur: Et voici en ligne le deuxième et troisième chapitre ! Je m'excuse pour le "léger" retard dans la mise à jour de la fanfic, dorénavant j'essayerai de publier un chapitre par semaine, inspiration permettant ! Pour me faire pardonner voilà donc deux nouveaux chapitres !
Rating: Encore K+ ! Je suis fière de moi ! Cependant, que les amateurs de lits grinçants ne désespèrent pas...
Copyright: Toujours Tsugumi Ohba et Takeshi Obata ! Voilà deux hommes généreux ! ^__^
Special Thanks: Un merci spécial à mes reviewers qui m'ont donné le coup de pouce qu'il me fallait pour me lancer totalement dans ce projet ! *____*
Bonne lecture !
CHAPITRE II
Do you believe in love ?
Mello
« Montre-le-moi ! »
« Te montrer quoi, Mello ? »
« Ton devoir de maths, abruti ! »
Boule de Neige me fixa un instant, en silence. Il avait ce regard qu'ont les gens quand ils croisent un fou, cet air partagé entre la frayeur, la perplexité et la commisération. Il descendit de son lit doucement, comme si cette action lui demandait un effort incroyable, puis il ouvrit le tiroir de sa table de chevet et en sortit un classeur orange qu'il ouvrit tout en commençant à en feuilleter les pages.
« Bouge-toi, je n'ai pas que ça à faire ! »
Il me dévisagea d'un air de supériorité, puis il ouvrit les anneaux du classeur en un bruit sec et me tendit sa copie, couverte d'une écriture ordonnée et menue. Sur la feuille blanche le « 20/20 » écrit en rouge ressortait avec arrogance. Je m'efforçai de l'ignorer, déplaçant mon regard sur la feuille à la recherche d'un exercice bien précis…
« Quoi ?! C'est à cause de ça que tu as eu une meilleure note que moi ?!? »
Near soupira patiemment et se pencha sur la feuille, recherchant l'objet de mon désarroi.
« Tu as fait une faute sur cet exercice ? De quoi s'agit-il ? Nous pourrions le revoir ensemble si tu veux, comme ça… »
« Pas question ! Je ne veux pas être ton allié, Near et surtout je ne vais pas te donner une occasion de te vanter de ta soi-disant supériorité en travaillant avec toi ! »
« Comme tu voudras Mello… »
Il récupéra sa feuille d'un geste félin, avant de la ranger hâtivement dans son classeur.
« …mais sache que ma proposition restera toujours valable. Juste au cas où tu changerais d'avis. »
Ceci dit il rangea son classeur dans le tiroir et retourna s'asseoir sur son lit, sans plus me daigner d'un regard. Je le fixai en silence pendant une bonne dizaine de secondes, avant de me diriger rapidement vers le couloir et de sortir de sa chambre en claquant la porte. Je regardai de part et d'autre du couloir : Il n'y avait personne et je n'avais pas envie de retourner dans ma chambre pour affronter les questions de Matt. Des chambres adjacentes provenaient les voix des autres enfants, et du rez-de-chaussée le bruit des chariots qui transportaient le dîner des cuisines vers la salle à manger. Il devait être presque huit heures : dans quelques minutes ce couloir désert serait envahi par une foule d'enfants de tout âge se précipitant vers l'escalier pour essayer d'obtenir les meilleures places. Ce qui était sûr c'était que je n'étais pas d'humeur à rester la pour affronter cette vague humaine. Je me dirigeai à grands pas vers l'escalier et commençai à remonter les marches avec incertitude. Les étages supérieurs étaient ceux de l'administration : Le bureau de Roger, sa chambre et celles du personnel et quelques autres salles que j'avais eu la possibilité d'explorer lors de mes cursus nocturnes avec Matt.
Le couloir du deuxième étage était désert comme celui du premier. Dans son bureau Roger parlait fort au téléphone dans une langue que je ne connaissais pas, mais qui aurait pu être une langue de l'Europe de l'est. Je marchai doucement dans le couloir et me dirigeai vers une porte à droite que j'ouvris en essayant de ne pas faire de bruit.
C'était ma cachette préférée : Les toilettes du deuxième étage. Un endroit qui, à différence du reste de l'orphelinat, n'avait jamais été restauré depuis les années cinquante et qui avait cessé d'exister en tant que toilette, devenant plutôt une sorte de débarras. Je refermai la porte derrière moi et me dirigeai vers la grande fenêtre voutée en jetant un regard dehors. Le soleil avait disparu pour céder sa place aux lueurs de quelques timides étoiles qui décoraient le ciel bleu clair comme des petits diamants pâles. En bas, dans le parc, des visiteurs solitaires tardaient encore, profitant des premières chaleurs printanières.
Je m'assis sur le rebord de la fenêtre et appuyai la tête contre la vitre froide. Dans le couloir du premier étage les autres devaient sûrement être entrain de se bousculer pour arriver les premiers dans la salle à manger…et quelque part Matt devait être entrain de me chercher désespérément.
Plongé dans mes pensés je sursautai lorsque la porte s'ouvrit, illuminant soudainement la pièce de la lumière artificielle provenant du couloir. Je me laissai glisser le plus silencieusement possible, sous un lavabo en céramique blanche, espérant que le visiteur ne m'ait pas vu et qu'il ne soit venu que de passage, peut-être pour déposer dans la pièce une de ces innombrables babioles. Mais la personne entra silencieusement dans la salle, en refermant la porte derrière elle, avant de s'approcher de la fenêtre. D'où je me trouvai je ne pouvais apercevoir qu'une silhouette aux contours vagues qui se confondaient dans la lumière faible du soir. Dans ma cachette improvisée je m'efforçai de ne pas faire de bruit, je retenais mon souffle tout en me collant contre le mur comme une proie qui tenterait d'échapper à un fauve.
« Tu peux sortir, je t'ai vu »
Lorsqu'il parla je sursautai en me cognant la tête contre le lavabo au dessus de moi. Je restai immobile, incapable d'obéir à cette voix qui n'avait rien de menaçant, mais qui me semblait étrangement familière. Je vis une paire de pieds blancs et nus qui s'approchaient de moi, puis s'éloignaient en direction de la fenêtre à ma droite. Je restai là, en silence, sans bouger. Puis la voix familière m'adressa de nouveau quelques mots prononcés doucement :
« Je vois que je ne suis pas le seul à s'être aperçu que la vue d'ici est magnifique. J'espère que tu ne m'en veux pas trop. »
Ces derniers mots avaient été prononcés d'un ton malicieux, comme s'ils avaient été accompagnés d'un sourire. Ce ton, presque moqueur, me poussa à sortir la tête de ma cachette, le stricte nécessaire pour pouvoir lever les yeux sur la silhouette fine assise sur le bord de la fenêtre, là où j'étais assis quelques instants auparavant. Je restai interdit, tout en regardant ces cheveux noirs qui reflétaient les dernières lueurs du jour, ces yeux sombres et profonds…les yeux de L.
« Tu me suis maintenant ? » Je lui lançai à la figure, ne savant pas trop comment me tirer de cette situation embarrassante.
Il rit doucement sans me regarder, comme en voulant me laisser quelques minutes d'intimité avec ma propre honte. Lorsque je sortis de sous le lavabo je le dévisageai en essayant de cacher mon embarras derrière du ressenti.
« C'est ma cachette » je lui dis en un souffle tout en m'approchant.
Cette fois il se contenta de secouer doucement la tête et de me fixer d'un regard éteint qui me mit mal à l'aise me faisant regretter mes derniers mots.
L plia un peu la tête de côté, comme en m'évaluant :
« Quand la Wammy's House était encore un orphelinat comme les autres, les enfants n'étaient pas aussi tranquilles qu'ils le sont maintenant. Moi j'étais…bizarre disaient-ils. Je ne faisais rien comme eux, je ne m'intéressai pas à leurs jeux, à leurs blagues stupides. J'étais leur cible préférée. Ils n'avaient cesse de chercher de nouveaux moyens de faire jaillir de mon calme une colère qui ne vit jamais le jour. »
Il fit une pause pour me regarder et m'adresser un sourire emplit de ce calme idyllique.
« Je me cachais ici quand je ne voulais pas qu'ils me trouvent, ou tout simplement quand j'avais envie de réfléchir en silence, d'écrire ou de lire sans qu'ils me traitent d'attardé. »
Je le regardai désolée, ne sachant quoi dire pour le consoler d'une douleur qui ne semblait pas l'atteindre.
« C'est…horrible » je lui dis en un souffle tout en baissant lentement le regard.
« C'est pour ça que vous êtes ici aujourd'hui, pour vous tenir à l'abri des préjugés et pour que vous puissiez grandir dans le meilleur environnement afin de développer vos capacités. »
Je me sentis coupable. Il était clairement entrain de me dire que l'unique chance de ma vie, m'avait été donnée grâce à lui. Que ma vie elle-même, n'existait qu'en opposition à la vie qu'il avait mené dans le même orphelinat que moi et les autres nous occupions maintenant. Je le regardai du coin de l'œil et je ressentis une étrange envie d'entendre sa voix, tout ce qu'elle voudrait bien me dire et même ce que ses lèvres taisaient. J'eus envie de lui poser des questions sur lui, sur sa vie, son enfance.
« Pourquoi tu es ici ? » je lui demandai enfin.
Il se tût et le sourire s'effaça de ses lèvres comme si ma question l'avait ramené brusquement sur terre. J'attendis longtemps la réponse à ma question, mais elle ne vint pas. Nous restâmes en silence longtemps, les regards perdus sur le parc enveloppé par l'obscurité.
« Mello ? » L appela mon nom sans me regarder, il n'attendit pas ma réponse pour continuer : « Crois-tu en l'amour ? » m'interrogea-t-il.
Sa question me surprit. Je restai en silence, cherchant le meilleur moyen de contourner sa question sans qu'il en soit question d'évoquer mes propres sentiments.
« L'amour ? Je…peut-être, oui…je ne sais pas… » lui répondis-je de façon confuse. Il sourit de nouveau, comme content de m'avoir déstabilisé.
« Tu devrais » dit-il doucement : « Nous sommes des orphelins, rien nous est du : Ni une famille, ni une maison, ni même de l'amour. Mais… » il s'arrêta un instant et descendit du rebord de la fenêtre, ses traits celés derrière une expression pensive.
« …mais nous avons fait de l'orphelinat nôtre maison, n'est-ce pas ? Et des orphelins nos frères. L'amour…on doit bien pouvoir le trouver quelque part, n'est-ce pas ? »
Il continuait à m'interroger comme en mendiant une réponse affirmative qui pourrait permettre à ses illusions, ses espoirs, de survivre encore une heure, encore une nuit. Derrière l'image impeccable d'un génie inestimable, se cachaient des yeux tels ceux d'un enfant seul et naïf qui aurait préféré se laisser aller aux bras tendres d'une mère pleine de cet amour qu'il évoquait, plutôt qu'à un monde immense et sans pitié. Il me regardait comme si j'étais son seul espoir, alors je m'empressai de hocher de la tête affirmativement avant qu'il ne s'éloigne sans un sourire, sans un regard.
« Bonne nuit, Mello » il murmura avant de sortir.
