Sora. Je me relevais d'un coup avec le nom de mon petit ami en tête mais une puissante douleur à l'arrière du crâne me fit me rallonger immédiatement. Lentement, je me rappelais ce qui s'était passé. Roxas, Sora et Ventus s'étaient subitement évanouis et des hommes en manteaux noirs et encapuchonnés étaient venus nous assommer. Voilà d'où me vient ma douleur à l'arrière de la tête donc...
Je m'assis doucement et regardais autour de moi. Il faisait bien trop noir pour voir quoi que ce soit. Je sortis mon téléphone de ma poche et enclenchai le flash. La lumière m'aveuglai un instant avant que je puisse examiner l'endroit où je me trouvais. Une salle de taille moyenne, avec des murs en briques sombres. Les fenêtres étaient condamnées par de grosse poutre en bois. Un immense rideau rouge tombait sur le mur au fond de la salle. La seule sortie de la pièce était une petite porte en bois sur le mur en face du rideau. Je me levais lentement pour aller l'ouvrir mais elle était fermée à clé. Bien sur, cela aurait été trop facile.
Je décidais plutôt d'ouvrir le lourd rideau pour voir ce qui se cachait derrière. Je poussais le velours d'une main pour découvrir une large plaque vitrée. Derrière, ce que je supposais la dernière partie de la salle. Au sol, une forme humaine était allongée, dos sur le sol. Je reconnus sans peine les cheveux bruns de Sora. Je posais mon téléphone sur le sol et frappais sur la vitre pour tenter de réveiller mon petit ami. Je l'entendis gémir de l'autre côté de la vitre.
- Sora !
- Riku ?
Il se releva lentement et regarda autour de lui. Quand il me vit, il se rapprocha de moi à quatre pattes. Nous superposâmes nos mains à travers la vitre.
- Est ce que ça va ? demandais-je, inquiet.
Il hocha la tête lentement.
- Je me sens un peu bizarre, fatigué, mais ça va. Et toi ?
- Tout va bien puisque je sais que tu vas bien, lui souris tendrement.
Je ne voulais pas l'inquiéter outre mesure. Nous restâmes ainsi un moment quand un bruit de rouage et de mécanique s'enclencha. Soudain, le mur du côté du brun se rapprocha lentement mais mortellement de lui. Sora se releva d'un bond et tenta de trouver une sortie, sans succès. Il tambourina contre la vitre en pleurant.
- Riku !! A l'aide !!
Je cherchais désespérément de quoi aider mon petit ami. La panique montait au fur et à mesure que le mur se rapprochait. Sora glissa contre la vitre, pleurant et hurlant. Une idée germa dans mon esprit. D'un coup de pied puissant et rapide, je défonçais la porte, espérant trouver de quoi aider le brun. Il y avait deux chaises en fer rouillé dans le couloir. J'en pris une sans hésiter et me précipitai dans la salle. Le mur s'était encore rapproché et était maintenant collé au garçon. Ce dernier tentait de le repousser, les deux mains plaquées contre les briques.
- Sora ! Attention !
Je jetai la chaise en métal contre la vitre qui vola en éclat. Le brun tomba parmi les morceaux de verre, certains s'enfoncèrent dans sa peau. Je récupérais mon téléphone parmi les débris, le rangea rapidement dans ma poche avant de prendre Sora sur mon dos et de sortir de la salle. Je le déposais délicatement sur la deuxième chaise. Il pleurait à chaude larme, encore sous le choc. Des morceaux de verres avaient créé des entailles, certains étaient encore enfoncés plus ou moins profondément dans sa peau.
- Attention, ça va faire mal, murmurais-je.
Un à un, j'enlevais les bout de verre, faisant attention à ne pas lui faire mal. Un bruit mat résonna dans le couloir, celui du mur arrivait au terme de sa course meurtrière. L'ancienne salle était maintenant condamnée. J'enlevais le dernier bout de verre et regardais Sora. Celui-ci avait arrêté de pleurer mais tremblait de peur. Je le pris doucement dans mes bras. Il éclata en sanglot.
-Qu'est ce que... qu'est ce qu'il s'est passé ? Comment en sommes nous arrivés là ?
C'est la question que je me posais également. Comment en étions nous arrivés dans cette situation ? Est-ce que c'était une blague de Vanitas ? Au loin, j'entendis un cri de terreur, suivit d'un cri de douleur. Si Sora ne s'était pas redressé, j'aurais pensé à une hallucination.
-Ce... ce n'était pas Roxas ?
Je hochais gravement la tête. On aurait dit à s'y méprendre le cri de notre ami.
- Il faut aller voir ce qu'il se passe, s'inquiéta le brun.
- Tu t'en sens capable ?
Mon petit ami opina timidement de la tête. Nous étions dans un long couloir. Dans notre dos se trouvait la salle condamnée.
- Il n'y a qu'un chemin on dirait.
Je pris la main de Sora et, ensemble, nous nous dirigeâmes dans le couloir obscur.
