Chapitre 3, Akuroku "Et la torture commença"

Je ressentis une sensation de froid mordant sur les poignets en me réveillant. Mes bras étaient tendus au dessus de ma tête, retenus sans doute par ce qui causait cette sensation. Cela ressemblait à des bracelets. J'ouvris lentement les yeux. J'essayais de ramener mes mains devant mon visage mais elles étaient entravés. J'entendis un cliquetis de métal, sans doute des chaînes.

Je pris une grande inspiration pour ne pas paniquer. Il ne faut surtout pas paniquer. J'examinais la pièce où je me trouvais. Une salle de taille moyenne, plongée dans la pénombre car elle n'était éclairée que par quelques bougies. A cause de l'obscurité, je ne pouvais identifier l'origine des étranges tâches brunâtres sur les murs, mais elles me firent frissonner. J'avais un mauvais pressentiment. Près d'un mur au fond de la salle, il y avait une table recouverte d'un drap blanc. Enfin, blanc avec des tâches brunâtres. Sans doute les mêmes tâches que celle sur les murs. En face de moi, une paire de chaîne pendait dans le vide, certainement les mêmes qui me retienne. La seule sortie de la pièce était une lourde porte en bois, qui, à mon avis, était fermée à clé. Il n'y avait aucune fenêtre.

Une question s'incrusta dans mon esprit. Où était Roxas ? Etait-il dans la même situation que moi ? Un cliquetis de serrure interrompit le cours de mes pensées. La grosse porte s'ouvrit dans un grincement digne de film d'horreur sur un homme cagoulé. A première vue, on aurait dit un bourreau du Moyen Age, ce qui n'était pas pour rassurer. Il entra dans la pièce, traînant quelque chose derrière lui. Plutôt quelqu'un. C'était Roxas ! Ce dernier avait l'air encore inconscient.

L'homme l'emmena aux chaînes vacantes et commença à les passer aux poignets du blond. Je me débattis furieusement, tirant brutalement contre mes liens.

- Lâche le ! Qu'est ce que tu lui fais ? Qu'est ce que tu nous veux ?

L'homme me fit taire d'une claque bien sentie. Je grognais. Il fit la même chose à Roxas pour le réveiller. Celui-ci gémit en sortant de son inconscience. Il regarda autour de lui, écarquillant les yeux de peur.

- Mais qu'est ce qu'il se passe ? A-Axel ?

- Je ne sais pas mais je te promet que je vais nous sortir de là.

- La ferme ! Cria le bourreau, tapant du poing sur la table.

Nous nous raidîmes. L'homme lâcha un grognement de satisfaction et enlevai le drap de la table, pour révéler sous nos yeux horrifiés la panoplie d'instrument de torture. Des scalpels, des petits, des moyens, des grands couteaux. Roxas couina de terreur. Je déglutis, incapable de produire un son.

Le bourreau examina lentement les ustensiles. Les secondes paraissaient comme des heures tant l'atmosphère était oppressante. Il choisit finalement une paire de ciseau avec de longue lame et s'approcha de Roxas. Celui-ci essaya de s'éloigner le plus possible de l'homme mais il fut bloquer dans sa fuite par le mur derrière lui. Je me débattais pour essayer de le protéger mais j'étais solidement retenu. L'homme coupa d'un mouvement rapide et précis la chemise de mon petit ami, laissant voir son torse blanc et nu. Le blond pleurait de terreur.

- Éloigne toi de lui bâtard ! Hurlais-je à l'homme.

Il m'ignora royalement et retourna vers la table, où il prit un scalpel de taille moyenne. Il l'examina. Sous sa cagoule en cuir se devinait un sourire cruel.

Et la torture commença. Un à un, les outils se teintaient de sang. La pièce était remplie de ses cris. De mes cris. De ses larmes. De mes larmes. Après un moment qui ma parut une éternité, ses cris et ses larmes s'arrêtèrent. Il avait perdu connaissance à cause de la douleur. Son torse était couvert de liquide écarlate, sortant de plaie plus ou moins profonde. Mes larmes à moi ne pouvaient pas s'arrêter. Je ne me suis jamais sentie aussi impuissant de toute ma vie. Le bourreau contempla son horrible travail et poussa un autre grognement satisfait. Il sortit son trousseau de clé et le jeta à mes pieds sans explications avant de quitter la pièce.

Sans plus attendre, je tentais d'attraper le trousseau. J'y arrivais après 10 minutes d'intense galère. Je réussis également l'exploit de l'amener jusqu'à mes mains et ainsi de me libérer. Les chaînes tombèrent au sol dans un tintement de métal. Je me précipitais vers Roxas. Je le libérais de ses chaînes et il tomba aussitôt dans mes bras. J'enlevai ma chemise et entreprit d'arrêter l'hémorragie. La vitesse à laquelle le tissus s'imbibait m'affolai. Je le prit sur mon dos. Il fallait quitter cet endroit au plus vite. J'entrouvris la porte pour voir si le bourreau ne nous attendait pas au dehors. Personne, le couloir était désert. Je sortis donc de la salle de l'enfer et m'enfonçais dans le couloir obscur.

- Tiens bon Roxas, murmurais-je pour briser le silence.