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Bonjour à tous,

Un chapitre posté un peu plus tôt parce que je serais absente ce week end. J'espère que vous apprécierez le fait d'en apprendre plus sur Katniss et son éternelle bonne humeur -)

Je vous laisse avec mes persos préférés et vous souhaitant un bon weekend à vous aussi.

Merci à Suzanne Collins et son inspiration.

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Confidences

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_ Réponds moi, honnêtement s'il te plait.

Mon cœur palpite.

_ Tu savais qui j'étais avant hier soir n'est-ce pas ?

Je sens mes joues s'échauffer et je baisse la tête. Pourquoi veut-il savoir ça ? Qu'est-ce que ça peut faire ?

_ Katniss ?

Sa main vient de se poser sur mon avant-bras et mon estomac tressaute. Je relève la tête vers lui, le regarde droit dans les yeux et souffle doucement ma réponse :

_ Oui.

Il sourit et baisse la tête une seconde avant de la relever et de me chuchoter :

_ Je prends ça pour un compliment.

Sa main quitte mon bras et il se remet dans sa position initiale. C'est-à-dire, face au mur à siroter son thé comme si de rien n'était. Qu'est-ce qu'il vient de me faire là ? C'était quoi tout son charabia sur Castle et Beckett si c'est pour finir comme ça ? J'étais à deux doigts de péter un vaisseau et monsieur me sort : « Je prends ça pour un compliment », non mais quel con ! Il faut que je lui dise quelque chose, il faut que ça sorte sinon je vais exploser et lui mettre mon poing dans la figure !

_ Et je peux savoir pourquoi ?! Je suis barmaid au « Twelve » depuis des mois, tu es un client régulier donc, oui, je connais ton nom. Tu n'as pas à te sentir complimenter pour si peu. Je connais aussi celui de ton pote Finnick ! Tu veux l'appeler pour le tenir au courant, histoire que lui aussi s'enorgueillisse de la chose ?

Et là c'est moi qui regarde le mur, fière de lui avoir cloué le bec à ce petit prétentieux ! Je finis mon morceau de pain perdu et savoure tranquillement mon jus d'orange. Fallait pas me chercher !

_ Inutile de s'énerver.

Je manque m'étouffer avec mon jus. Je m'essuie la bouche et repose mon verre avant de lui lancer un regard mauvais.

_ Pardon ?!

Je le vois, son petit sourire mesquin qui se dessine progressivement sur son visage.

_ Et en plus ça te fait rire ?

Je sais que ma réaction peut paraître disproportionnée mais c'est de sa faute. J'ai vraiment cru qu'il était en train de me draguer. Pendant un moment le temps s'est arrêter pour moi, mes pieds ne touchaient plus terre. Est-ce qu'il s'en ai rendu compte au moins ? Mais non, bien sûr que non, parce que Monsieur discute surement comme ça avec toutes les femmes qu'ils rencontrent.

Je le regarde farouchement mais ne dis plus un mot. Je ne dis plus rien parce que je sais que le prochain mot qui passera mes lèvres sera le dernier. Petit déjeuner ou pas, c'est bon !

Il s'essuie la bouche sans prendre la peine de me répondre, ce qui fait monter mon agacement d'un cran. Il se lève et va rincer sa tasse dans l'évier, il la pose sur l'égouttoir puis reviens vers moi toujours silencieux. Il attrape sa chemise tâchée, restée sur le tabouret puis me regarde. Son regard n'est ni rieur, ni en colère, il me regarde c'est tout. Mon regard à moi lance pourtant des éclairs mais il ne réagit pas. Pendant une fraction de seconde, je doute. Je doute de ce qu'il a voulu dire, je doute de moi, je doute de tout. Pendant cet infime laps de temps, moi Katniss Everdeen, je ne sais ni quoi faire, ni quoi penser. Et c'est là qu'il m'a eue.

Deux choses, deux petites choses. Il a souri au moment exact où j'ai commencé à douter et il m'a embrassé dans la seconde qui a suivi. Pas un effleurement, pas un de ses baisers papillons que votre camarade de classe vous vole juste après avoir partagé son quatre-heure avec vous. Non, un vrai baiser que j'ai tout simplement accepté. Ses lèvres ont attrapés les miennes, les ont goûtés et puis pfff. Il s'est redressé et a traversé mon salon tranquillement avant d'ouvrir et refermer la porte derrière lui.

J'entends les portes de l'ascenseur s'ouvrir puis se refermer et c'est là que je reprends mes esprits. Je me lève précipitamment, ouvre ma porte avec fracas, dévale les escaliers en colimaçon et déboule dans le hall d'entrée à bout de souffle. Plus personne. L'ascenseur remonte et je sors regarder dans la rue. Peeta n'est tout simplement plus là.

*OooooO*

Trois heures plus tard, j'ai toujours la tête un peu ailleurs. Je pourrais presque croire que tout ça n'était qu'un rêve mais vu les restes de petit-déjeuner dans mon frigo, il faut croire que ça a bien eu lieu. J'entends une clef tournée dans ma serrure. C'est complètement absurde mais ma première pensée est de croire que Peeta est de retour.

_ Salut Kat' !

Ma sœur referme la porte derrière elle et lâche son sac dans le couloir avant de venir m'embrasser.

_ Salut petit canard.

_ Oooh mais tu vas arrêter avec ça ! Je n'ai plus douze ans, tu sais.

Oui, je le sais oui, ma petite sœur a bien grandi. Elle est maintenant en derrière année d'études d'infirmière. Ses petites nattes ont laissé place à une épaisse chevelure blonde, ses mains ne sont plus celles qui s'accrochaient bien fort à ma jambe dès qu'un bruit lui faisait peur mais celles agiles et douces qui savent soigner et rassurer les patients inquiets. Elle est un peu plus grande que moi et à son doigt brille la bague que lui a offerte son quasi-fiancé pour la Saint Valentin.

_ Oh, mais qu'est-ce qui s'est passé ici ! Du jus de fruit frais, des pancakes, du pain perdu et là c'est quoi ? Du chocolat !

Ma sœur est penchée la tête la première dans le frigo.

_ Tu peux te…

Elle tend un doigt autoritaire vers moi pour me faire signe de patienter. Puis elle se relève et récupère une assiette dans le placard. Son regard suspicieux passe sur moi puis elle sort tous les plats du frigo pour se faire une belle assiette avant de tout remettre en place. Je m'apprête de nouveau à ouvrir la bouche mais elle me fait signe que le moment n'est pas encore venu. Je prends donc mon mal en patience pendant qu'elle met sa tasse et son assiette dans le micro-onde. Je tilt.

_ Je croyais que le micro-onde n'était pas bon pour la santé.

_ Ça prendrait trop de temps au four ou à la casserole et puis le faire une fois ne va pas me tuer.

Je soulève un sourcil. Si ça n'avait tenu qu'à elle, ce micro-onde serait aux oubliettes depuis longtemps. Son plat chauffe et elle me regarde tranquillement, savourant à l'avance ce moment de confidences entre sœur qui ne va pas tarder. Je souris et me place bien au fond de mon canapé, qui grince joyeusement, pour lui laisser de la place en face de moi. Un léger « ting » retentit. Elle attrape son assiette, fais couler une large dose de sirop d'érable dessus, la place sur un plateau avec sa tasse et vient s'installer en face de moi. Nous avons adopté la même position toutes les deux : en lotus. Et je nous imagine, dix ans en arrière, un drap au-dessus de la tête et des lampes-torches braquées sur nos visages.

_ Vas-y, je t'écoute.

Elle coupe une première part de pancakes, souffle dessus et l'apporte à ses lèvres.

_ Oh, mon Dieu ! Dis-moi que tu vas le revoir ?

Un tel ravissement se lit sur son visage que s'en est comique. Je plisse les yeux et me penche vers elle.

_ Qui te dit que ce n'est pas moi qui ai fait ça ?

Elle lève les yeux au ciel comme s'il s'agissait de l'énormité du siècle.

_ Non, pas de ça avec moi Katniss. Quels sont les ingrédients d'une pâte à pancakes ?

Je fronce les sourcils.

_ Nous sommes d'accord. Alors qu'est-ce qu'il s'est passé ? Dis-moi tout depuis le début.

Nous n'avons pas vraiment de secret l'une pour l'autre donc j'entreprends de tout lui raconter en occultant tout de même tous les tressautements, palpitations et autres désordres cardiaques de mon pauvre cour et surtout son baiser d'adieu.

_ Et ce Peeta est parti comme ça ?

Prim boit une gorgée de son chocolat pour faire passer l'assiette qu'elle vient d'engloutir et ferme les yeux de plaisir. Elle les rouvre et penche sa tête sur le côté lentement, me fixant de ses yeux clairs. C'est le signe qu'elle a compris qu'il manquait un élément à mon histoire.

_ Tu me caches des choses, Kat'. Un homme qui te dit tout ça et fais tout ça, ne peut pas se contenter de partir comme ça. Il est beau au moins ?

Je baisse les yeux malgré moi.

_ Ah ce point-là ! Katniss, dis-moi tout ! Il t'a embrassé ?

_ Mais non, qu'est-ce que…

_ Menteuse ! Il t'a embrassé et tu as essayé de me cacher cette information capitale !

Je ne sais pas pourquoi, je n'arrive jamais à cacher quelque chose à ma sœur, sauf si c'est extrêmement grave. Là je me transforme et je suis prête à tout pour la protéger. Heureusement, cette situation ne s'est imposée à nous que rarement, à la mort de nos parents et plus récemment quand je me suis séparée de mon ex.

_ C'était juste un baiser avant de partir. Je ne crois pas que ça compte.

J'accompagne mes propos d'un geste désinvolte mais une partie de moi espère qu'elle me dise le contraire.

_ Tu dois avoir raison. Il t'aurait laissé un numéro ou quelque chose.

Je soupire légèrement.

_ Ah ! Ah ! Tu vois !

Je sursaute ! Elle pointe un doigt vengeur vers moi et je lui jette un coussin à la figure. Elle m'a piégé la petite peste. Elle attrape le coussin au vol et se réinstalle confortablement.

_ Bon récapitulons. Nous avons donc face à nous le cas d'un beau jeune homme en détresse que tu ramènes chez toi. Ce qui te connaissant, est déjà énorme. Le dis « jeune homme » et ce malgré son état passablement éméché, réussis à te faire ressentir disons « quelque chose ». Tu soignes ces blessures et tout le monde va se coucher bien sagement. Bien sagement ?

Je la regarde les yeux ronds.

_ Mais oui, bien sûr, qu'est-ce que tu vas imaginer ?

Elle reprend.

_ Au petit matin, tu as totalement oublié sa présence, alors que quand notre vieux voisin a perdu ses oies, tu as su, non, senti qu'elles étaient entrées dans notre cabane à outils.

_ Je ne vois pas le rapport ?

_ Tu ne vois pas le rapport ? Ok, disons ça. Moi, je le vois le rapport. Donc tu as totalement oublié que Peeta, notre bel inconnu, était dans « ta » maison. Quand tu t'en es rendu compte tu t'es changé -d'ailleurs tu aurais pu faire un effort- et tu l'as rejoint ici où t'attendais un superbe petit déjeuner concocté par ses soins. Il t'a lancé deux/trois compliments, tu lui as donné une chemise et il t'a embrassé avant de disparaître. C'est bien ça ?

_ C'est bien ça.

_ Je suis sûre que tu as hâte d'être à vendredi prochain.

_ Il ne vient pas tous les vendredis, tu sais.

_ Il sera là. Il sera là rien que pour toi, Katniss.

Tout ça me parait étrange mais je ne serais pas trop contre l'idée de le revoir. Je sais ce que j'ai ressenti quand il me regardait ou quand il m'a embrassé mais je dois faire attention. J'ai déjà trop souffert et je ne peux plus me permettre d'être aussi faible. Ma sœur se relève et apporte son plateau dans l'évier.

_ Katniss tu réfléchis trop. Je t'assure, tous les hommes ne s'appelle pas Cato.

Je détourne mon regard vers la fenêtre, je ne veux même pas entendre parler de lui. Elle tourne le robinet et pousse un petit cri sous l'effet de surprise. Elle me regarde et j'en fais tout autant.

_ Tu aurais pu me dire que tu l'avais fait réparer.

_ Réparer quoi ?

_ Le robinet ! J'en ai mis partout.

_ Mais ce n'est pas moi !

Elle me regarde et comprend tout de suite que je lui dis la vérité. Hier soir encore, j'avais lutté pour l'ouvrir. Tout à coup, j'ai la réponse : Peeta. Je quitte mon canapé et m'approche de ma sœur pour tester le robinet à mon tour. Il tourne bien mieux et même le bruit est moins prononcé.

_ Et bien. Si tu le recroise, ne le laisse pas filer cette fois.

Prim me fait un grand sourire mais il s'efface bien vite.

_ Quoi ?

Je ne réponds rien et vais dans ma salle de bain. Je tourne le robinet d'eau chaude de la douche et au bout de 5 secondes à peine, ça chauffe. Je le referme et ouvre le capot du chauffe-eau derrière moi. Cette vieillerie était bloquée depuis des lustres mais là, on voit très bien qu'il a été tripoté. Je sens la fureur monter en moi comme jamais et je sors de la salle de bain pour atterrir dans ma chambre. Je frappe tout ce que je peux, mon armoire, le mur, la porte, tout ! Je suis en colère.

_ Katniss, Katniss, qu'est-ce qu'il y a ?!

Prim m'a suivi et se jette à mon cou. Elle n'aime pas me voir comme ça, trop de mauvais souvenirs remontent à la surface pour elle. J'essaye de me calmer mais des larmes de rage viennent mouiller mon visage. Elle me tient fortement contre elle et je finis par faire de même. Nous restons un moment comme ça et je finis par me calmer.

_ Il a réparé le robinet et le chauffe-eau, Prim.

Elle me regarde interloquée.

_ Mais pourquoi ça te met dans cet état ? Je suis sûr qu'il n'avait que de bonnes intentions, il voulait juste rendre service.

Je secoue la tête. Ma petite sœur ne comprend pas. Je garde le silence un instant pour ne pas me remettre à pleurer ou casser quelque chose.

_ Non Prim, ce n'est pas ça. Ce n'est pas Peeta, c'est Cato. Cet abruti à fait venir un de ses potes, soi-disant plombier, pour réparer ça en me disant qu'il me ferait un prix. Ils ont passé des heures ici à s'enfiler des bières pour finir par me dire que ma tuyauterie était fichue. Ils savaient que je n'y connaissais rien et que je n'avais pas les moyens entre les factures et tes études. « Il » le savait et…

Comment ai-je pu laisser ce mec prendre tant de place dans ma vie. Il a tout gâché, tout. J'ai menti à ma petite sœur pour lui, j'ai quitté mon oncle et ma tante pour m'installer ici avec lui, j'ai failli l'épouser ! Tout ce qu'il voulait s'était le peu de fric que j'avais reçu de mes parents et s'amuser un peu avec moi au passage. J'essuie mes larmes et embrasse ma petite sœur sur le front pour la rassurer un peu.

_ Il ne te méritait pas Katniss, mais tous les hommes ne sont pas comme ça. Regarde Gale.

_ Gale est un ange ma chérie, tu as bien de la chance voilà tout. En ce qui me concerne, je ne veux plus en entendre parler.

Je vois une telle tristesse passer dans le regard de ma petite sœur que ça me fait mal. Son histoire avec Gale l'a propulse à des années-lumière de ce que j'ai pu endurer… par ma faute. Gale était notre voisin depuis toujours, c'était même une sorte de grand frère pour nous. Quand nous nous sommes retrouvés seules, après le décès de nos parents, il a été encore plus présent. Nous protégeant des remarques des autres et essayant de nous faire rire autant que possible.

En grandissant, nos rapports ont évolués. Les gens pensaient qu'il avait le béguin pour moi, et je l'ai cru aussi, un temps, mais en fait c'est Prim qui avait volé son cœur. Il avait deux ans de plus que moi et six de plus qu'elle alors personne ne l'a vu venir. Le jour de ses dix-huit ans, il lui a avoué ce qu'il ressentait pour elle et elle a fait de même. Celui que l'on prenait pour un tombeur était amoureux de ma petite sœur depuis des années. Quand je les ai vu revenir du jardin, main dans la main, elle avec son magnifique sourire et lui son air gêné mais heureux, j'ai tout de suite compris.

Non, ma relation avec Cato n'avait rien à voir avec ça. Il a su me gagner dans un moment de faiblesse. Il m'a fait croire qu'il serait toujours là pour moi et que je ne manquerais de rien avec lui. Il avait le truc, il était beau, grand, fort, un peu bagarreur aussi mais quelle fille n'apprécie pas ce côté un peu « bad boy » que peux avoir un mec de temps en temps ? Mon oncle et ma tante, ne l'appréciait pas trop mais nos rapports n'étaient pas des plus faciles alors ils n'ont pas osés s'interposer, de peur de me perdre pour de bon. Au bout d'un moment, j'ai quitté la maison familiale, pris ma part d'héritage et je me suis installée avec lui. Quand l'argent a commencé à s'épuiser, tout a dégénéré entre nous.

Au fil des jours, il y avait de moins en moins de temps, de moins en moins de complicité, de plus en plus de disputes, de cris parfois, des nuits passées seule à ne pas savoir où il était. Des doutes à propos de « qui » il voyait et pourquoi ? Et puis un beau jour, on sait. Je les ai croisé par hasard dans le centre-ville, cette fille « Clove » était collée à lui comme une tique quand ils m'ont aperçu, ils se sont embrassés à pleine bouche sous mon nez. Je n'ai rien fait, quand j'y repense, c'est moi que je veux frapper. J'ai tourné les talons et je suis rentée chez moi. Il n'est jamais réapparu et petit à petit, j'ai repris le contrôle de ma vie.

Alors non, Peeta avait beau être charmant et agréable, je ne céderais pas. Ce matin, il m'a surprise mais ça ne se reproduira pas. Je ne laisserais plus un homme me faire souffrir comme ça, plus jamais !


Ouh ouh, on enclenche la seconde et c'est parti mon kiki !