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Bonjour, bonjour,

Tout d'abord désolée pour le retard, j'ai eu une semaine un peu chargée et je ne vous promet pas de faire mieux, le week end prochain.

Ça se précise de plus en plus dans ma tête et j'espère arriver à vous faire comprendre et aimer la relation qui va s'installer entre nos deux protagonistes. Pas de Prim dans ce chapitre (sorry Bergdorf) mais elle reviendra dans le prochain, promis.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et merci encore à Suzanne Collins pour son œuvre.

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Statut Quo

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La semaine est passée bien trop vite à mon goût. Certes nous avons eu pas mal de travail à la librairie entre les changements de rayonnages et l'inventaire, comme si faire les deux, la même semaine, était l'idée la plus pertinente qu'Effie ai jamais eu! Mais inutile de me mentir à moi-même. C'était surtout la perspective de revoir Peeta ce soir qui m'avait travaillé tout ce temps. Je n'avais reçu aucune nouvelle de lui depuis le week end dernier et je n'arrivais pas à savoir si c'était une bonne chose ou non.

J'avais changé d'avis un million de fois concernant la conduite à adopter au cas où il me donnerait de ses nouvelles, au cas où je le croiserais dans la rue ou même au Club. Est-ce que j'avais tort de prendre tout ça tellement au sérieux ? Ce n'était qu'un baiser après tout. J'en voyais assez autour de moi pour savoir que, pour bon nombre de personnes, ça ne voulait strictement rien dire. Oui, mais soyons honnête… je n'étais pas comme ça. C'est d'ailleurs ce qu'on me reproche souvent, de toujours tout prendre au tragique ou au pied de la lettre. C'est lui qui m'a embrassé et pas le contraire mais je ne peux m'empêcher de me demander pourquoi il l'a fait ? Est-ce que j'ai envoyé des signaux ? Est-ce que c'est sa manière d'agir avec les filles ? Pourquoi?

_ Stop ! Katniss arrêtes toi tout de suite parce que là, tu te fais mal à la tête pour rien. Il est trop tard pour cogiter, tu prends ton poste dans moins d'une heure. Et puis qu'est-ce que ça peut faire le pourquoi du comment ? No mec, no dette ! T'as déjà oublié ?

Je me parle à moi-même, oui, désolée ça m'arrive. Je sors de ma transe et finis de faire mon sac. Je jette un dernier regard à mon salon et referme la porte derrière moi.

Ce que j'aime dans le fait de travailler au « Twelve » c'est que primo, il n'y a personne sur la route et secundo, je vois du monde ! Me faire embaucher à la librairie a été une vraie aubaine pour moi compte-tenu du fait que je n'ai pas été plus loin que le lycée et que la vie que m'a fait mener Cato ne m'a pas aidé à atteindre mes objectifs de jeunesse. Mais qu'est-ce que c'est calme par moment ! Là-bas, au moins il se passe toujours quelque chose.

Je me gare sur le parking réservé aux employés et descend prestement de mon véhicule. Ma voiture c'est ma petite fierté. Cato avait voulu la revendre un temps, mais j'ai tenu bon et heureusement. Il aurait de toute façon bu l'argent que ça nous aurait… pardon… lui aurait rapporté ou offert quelques babioles à une de ses groupies. Je vérifie qu'elle est bien verrouillée et me dirige vers notre entrée de service. Je passe mon badge sur le lecteur de la porte et elle s'ouvre. J'entre et j'entends déjà la musique qui filtre à travers les cloisons. Je tapote deux petits coups à la vitre de Darius, c'est l'un de nos agents de sécurité. On n'est jamais à l'abri de rien de nos jours et une boite qui fonctionne aussi bien que celle-ci peut attirer tout un tas de convoitises. Il lève la tête et me fait un grand sourire avant de replonger sur ses écrans de contrôle. On s'apprécie bien tous les deux, on se taquine parfois mais on sait qu'il n'y a rien de plus que de l'amitié entre nous. Je croise quelques personnes, fait quelques sourires et finit par arriver sur la piste principale. Tout le monde met la dernière touche aux préparatifs de ce soir. Je ne m'attarde pas et traverse toute la salle pour atteindre une autre porte et y passer à nouveau mon badge. Je suis maintenant dans une zone uniquement réservée aux personnels et au patron. Je me faufile jusqu'aux vestiaires et pendant un instant, j'ai oublié Peeta. Mais me retrouver, ici, à quelques minutes de prendre mon service me file un frisson. Vicky entre à son tour et me salut rapidement avant d'ouvrir son casier et en sortir son uniforme. Je profite du fait que nous soyons seules pour lui demander ce qu'il s'est passé avec Peeta. Il n'était pas censé traîner dans le quartier en pleine nuit mais monter dans un taxi.

_ Dis-moi Vicky, tu te souviens du client bourré que je t'ai demandé de surveiller vendredi dernier ?

Elle me regarde puis lève les yeux au ciel, fouillant sa mémoire. Vicky est plutôt physionomiste mais elle bosse ici toute la semaine contrairement à moi qui ne fait que les vendredis, elle ne se souviendra sans doute pas.

_ Humm, Peeta Mellark ? Le beau blond ?

En plein dans le mille.

_ Oui, je crois. Je ne connais pas son nom de famille mais « Peeta », ce n'est pas très répandu comme prénom.

_ Oui, c'est bien lui. Il paye sa tournée de temps en temps donc j'ai déjà pu lire son nom sur sa carte. Et puis les mecs canons, je les enregistre vite.

Elle me sourit et continue de se changer. Je lui pose à nouveau la question.

_ Alors ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Il n'était pas censé rentrer en taxi ?

_ Ben si, pourquoi ? J'ai prévenu le voiturier, comment il s'appelle déjà ? Le nouveau. Tu vois?

_ Non, je ne vois pas. Marvel n'est plus là ?

_ Non, non, il s'est trouvé une autre place. En tout cas, je l'ai dit au nouveau, un grand brun, qu'il ne fallait pas le laisser filer comme ça. Il tenait debout mais bon, ça se voyait qu'il avait son compte.

Elle referma la porte de son vestiaire, s'arrêta devant le miroir pour réajuster sa tenue et sortir. J'irais voir ce fameux « nouveau » plus tard. Je savais que je pouvais faire confiance à Vicky et que si elle me disait qu'elle avait passé le message c'est qu'elle l'avait fait. Par contre, il avait bien dû se passer quelque chose après.

La soirée bat son plein et j'enchaîne les préparations. Je n'ai pas une minute à moi et j'en suis trop heureuse. Je bouge un peu sur la musique pour garder la cadence, c'est stimulant et je sais que les clients apprécient de voir les barmans s'amuser aussi. Haymitch est plutôt cool là-dessus tant qu'aucun client ne patiente pendant qu'on se dandine. Vicky apparaît tout à coup devant moi et me souffle tout sourire :

_ Vise un peu à la table 24. Il a l'air d'avoir retrouvé son chemin ton client bourré.

Elle attrape sa commande et repars tout de go. Je regarde dans la direction indiquée et effectivement, Peeta est là, et avec ses amis cette fois. Il a l'air d'aller bien. Il sourit et discute avec eux comme il le fait d'habitude. Il tourne un instant la tête vers le bar et je suis quasiment sûre qu'il m'a aperçu mais il détourne la tête sans que son expression ne trahisse quoi que ce soit. Je ne sais pas pourquoi mais je me sens bête. On m'apporte une autre commande et je décide de mettre ça de côté pour le moment, il ne m'a peut-être pas vu, tout simplement.

La fête continue et toujours pas un signe de lui. Il danse, boit, rit et fait son show. Une petite brune lui tourne autour avec insistance depuis un moment et il finit par l'inviter à leur table. Elle est à moitié affalée sur lui et je décide de ne plus regarder dans leur direction. Ce cinéma m'énerve de plus en plus pourtant ce n'est pas la première fois que je le vois avec une fille, je n'ai pas à me sentir… quoi ? Trahie ? Je jette un œil à l'heure sous le bar. Encore trente minutes et je prends ma pause. Je reste concentrée sur mon travail et au bout de trente minutes, je quitte mon poste sans lui jeter le moindre regard. Je ne sais même pas s'il est encore là, et je ne veux pas le savoir.

Je décide de sortir prendre l'air. Je récupère ma veste dans mon casier et une bouteille d'eau avant d'aller sur le parking. Il fait bon et ne plus entendre la musique pulser est un vrai régal. Je m'accroupis contre le mur du bâtiment, près de la porte et tente de faire un peu le vide dans ma tête. J'entends des voix se rapprocher sur ma gauche. Il arrive parfois que des clients veuillent s'amuser un peu et contournent le Club pensant trouver un peu d'intimité. Je reste assise dans la pénombre et sourit simplement en imaginant la tête qu'ils vont faire quand ils s'apercevront qu'ils ne sont pas seuls en fin de compte.

Des murmures, des rires, ils se rapprochent et j'en ris d'avance. C'est un peu une distraction pour nous de les interrompre dans leurs ébats. Et puis je les vois enfin, enfin, je la vois elle, parce qu'ils sont tellement collés l'un à l'autre qu'ils ne font plus qu'un. C'est au moment où je m'apprête à tousser bien fort que j'aperçois le visage du gars avec elle : Peeta. Je reste la bouche ouverte à les regarder s'embrasser et surtout à le regarder caresser le corps de cette fille sans retenue. Mais qu'est-ce qu'il fait ? Mon cerveau voit tout mais mon corps ne réagit pas. Les mains de la brunasse qui fourrage dans ses cheveux, le ramenant toujours plus vers elle, son corps à lui plaqué contre le sien pendant que ses mains courent sur ses hanches, son dos, ses fesses. Tout à coup la porte de service s'ouvre et ils se retrouvent en pleine lumière. Je suis toujours assise près de la porte mais pour le moment personne ne m'a vu. Ils se redressent surpris et se mettent à rire quand leurs regards croisent celui des deux serveurs qui viennent de sortir. La brune leur fait un sourire qui doit se vouloir coquin et repart par où elle est arrivée en attrapant la main de Peeta qui la suit sans broncher. Au moment où la porte se referme sur mes deux collègues, il m'aperçoit. Il marque un temps d'arrêt puis sous l'impulsion de l'autre fille, il reprend sa route. Je n'ai toujours pas bougé.

_ Katniss ? Qu'est-ce que tu fais là ? Tu les as vu les deux tourtereaux ? Encore un peu et ils nous faisaient ça sur le parking. Tu me diras, ce ne serait pas les premiers.

Ils se mettent à rire et je me relève précipitamment. Sans un mot, je plaque mon badge sur la porte et m'engouffre à l'intérieur. Je file vers les toilettes et m'enferme dans les premiers que je trouve vide. Je m'agrippe au lavabo et tache de reprendre le contrôle de ma respiration. Au bout d'un instant, je relève la tête pour regarder mon reflet dans le miroir. Une larme coule le long de ma joue, une larme de trop.

*OooooO*

J'ai repris ma place au bar mais qu'est-ce que j'aimerais que ma soirée soit déjà finie. Je ne prête plus attention à rien, ni personne. Je prends mes commandes, préparent mes commandes, remercie les clients et au suivant. Vicky me demande deux, trois fois si tout va bien mais je lui fais signe que oui. Au bout d'un moment, elle ne me demande plus rien.

Quatre heures du matin, la salle se vide peu à peu et je suis en train de ranger derrière mon bar. Bien sûr une équipe passera faire le grand nettoyage, mais l'arrière du bar et le rangement du matériel, c'est notre responsabilité. Je m'affère à remettre toutes les bouteilles dans un ordre parfait quand je sens une présence dans mon dos. Pitié, faites que ce ne soit pas lui.

_ Hum, Katniss, c'est ça ?

Je me redresse. Je ne connais pas cette voix. Je fais volte-face et me retrouve nez à nez avec Finnick, le fameux pote de Peeta. C'est mieux mais j'aurais pu m'en passer aussi.

_ Oui.

Inutile de se montrer agréable.

_ Euh, Peeta m'a dit ce que tu avais fait pour lui. Je voulais juste te dire que je trouvais ça sympa de ta part.

Il me regarde de ses yeux verts et il est encore plus beaux de près, mais c'est une simple constatation de ma part. Il n'a pas la même aura que Peeta pour moi. Ah non, c'est pas vrai ! Je fais une grimace en tachant de chasser ce nom de ma tête.

_ Ça va ?

Finnick me regarde soudain soucieux.

_ Oui, oui, ça va. Ok, ben de rien, je n'ai pas fait grand-chose. Qu'il fasse gaffe la prochaine fois qu'il aura trop bu.

_ Je lui ai déjà dit. Bon, ben, bonne soirée et à la prochaine.

Il me balance un sourire qui je dois l'avouer lui va à ravir et repart rejoindre ses potes. Peeta est debout près des portes battantes qui mènent aux vestiaires des clients, à l'attendre, mais je ne vois plus la petite brune. Ses yeux sont fixés sur moi cette fois. Finnick lui dit quelque chose et il me regarde toujours. Bon sang, qu'est ce qui peut bien se passer dans sa tête ? J'affronte son regard mais j'ai plutôt l'impression qu'il s'agit d'un bras de fer entre nous. J'emplois toute mon énergie à soutenir son regard et pourtant je me sens faiblir petit à petit. Le pire, c'est que ça n'a rien de désagréable.

_ Katniss !

Je sursaute et détourne la tête vers celui qui m'appelle : Darius.

_ Ça va ? Un souci avec ce mec ?

_ Quoi ? Non pas du tout, aucun, je t'assure.

Il me regarde septique puis tourne sa tête vers Peeta avant de se détendre. Je regarde à mon tour et Peeta n'est plus là. Rien ne se passe comme prévu, absolument rien ne se passe d'une façon normal ce soir. Je finis en deux temps, trois mouvements et retourne aux vestiaires récupérer mes affaires. Je fais un petit signe à Darius qui s'est de nouveau placer face à ses écrans et pousse la porte qui donne sur notre parking avec bonheur pour me diriger vers ma voiture. Je pose mon sac sur le toit à la recherche de mes clefs quand j'entends un léger bruit. J'ai à peine le temps de me retourner que Peeta est devant moi me plaquant presque contre ma propre voiture.

_ Mais c'est quoi ton problème ! J'aurais pu te faire mal, tu le sais non ?

Je suis furieuse de le trouver là, furieuse de ne pas l'avoir sentie venir, furieuse qu'il me colle autant. Il pose ses mains contre mon véhicule et m'emprisonne de ce fait entre ses bras. Je pourrais me sortir de cette situation en deux mouvements bien précis mais quelque chose me retient : Peeta n'est pas dangereux.

_ Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? Tu avais toute la soirée pour me parler, pourquoi tu viens maintenant ? Ta brunasse t'as fait faux bond ?

Mes mots se veulent blessants mais ses prunelles me renvoient plus d'interrogations que de malaise.

_ Tu aurais voulu ?

Je le regarde sans comprendre. Il poursuit.

_ Tu aurais voulu que je vienne te voir ?

Mais c'était quoi son souci ? Il était bipolaire ou quoi ? Il n'avait rien à voir avec le mec qui m'avait préparé un petit-déjeuner et réparé ma salle de bain. J'inspirais prête à le remettre à sa place mais son parfum musqué emplit mes poumons et je me sentis moins sûre de moi, de plus en plus mal à l'aise sans vraiment mettre en œuvre quoique ce soit pour sortir de cette situation. Ma voix devint plus calme.

_ Non. Tu fais ce que tu veux, je m'en fous.

_ Menteuse.

Il n'était pas sûr de lui. Ça se voyait dans son regard qu'il n'était pas sûr que ce que je venais de dire n'était pas un énorme mensonge. Et puis comment pourrait-il le savoir si moi-même, je n'en savais rien. Il s'approcha un peu plus et malgré moi, j'eu un imperceptible mouvement vers lui. Une sorte d'hésitation qu'il capta très bien. Il sourit, d'un sourire plus carnassier que celui doux et chaleureux auquel il m'avait habitué. Il se rapprocha encore et cette nouvelle proximité limitait de beaucoup mon champ d'action en cas de mesure d'urgence. La chaleur qui émanait de lui était vraiment perceptible, les mouvements de sa respirations aussi. Son buste me frôlait ma poitrine à chaque inspiration de sa part et sans le vouloir, je finis par calquer ma respiration sur lui ce qui rendit les choses encore plus palpables.

Il ne s'était écoulé que quelques secondes depuis le début de cette altercation entre nous mais tout me semblait comme ralenti. Nous ne pouvions pas être là depuis des heures pourtant, j'en avais l'impression. Nous ne pouvions pas non plus respirer si lentement et pourtant j'avais le temps de ressentir chaque mouvement en profondeur. Il effleura ma joue du bout de son nez et mon cœur eu un raté. Une faction de seconde après, il m'embrassait. C'était comme dans mon appartement, un baiser doux mais ferme sauf que cette fois, il n'y avait pratiquement aucune distance entre nous. J'étais dans ses bras et il prenait son temps. Je ne voulais pas répondre à ce baiser mais ma tête et mon corps ne voulaient décidément pas la même chose ce soir parce que mes lèvres commencèrent à bouger à l'unisson avec les siennes. C'était agréable, très agréable… trop agréable, je le repoussais d'un coup.

Il fit quelques pas en arrière et passa un doigt sur ses lèvres comme s'il lui restait un peu de confiture au coin de la bouche et ce mouvement suffit à m'enflammer. Pas dans le sens où vous le pensez, non. Je montais à bord de ma voiture, claquais ma portière avant de mettre le contact et sortir du parking en vitesse. Un œil dans le rétro me le montra mains dans les poches, suivant mon véhicule des yeux. Il souriait.


La suite au prochain épisode…