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Bonjour, bonjour,

Désolée pour le retard ! Mais heureusement, ce n'est qu'un petit jour ! Personne ne me lancera de cailloux, j'espère ? En fait, j'ai enchainé l'écriture de ce chapitre 5 avec le chapitre 4 mais je ne le vous dévoile que maintenant, après deux/trois retouches.

Les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont de l'univers de Suzanne Collins.

Bisous à tous.

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Troubles

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Je roulais à vive allure dans les rues de Panem. J'avais les deux mains crispées sur le volant et mes yeux devinaient la route plus qu'ils ne la voyaient. Je savais que ma conduite était dangereuse mais je ne ralentissais pas pour autant. Au bout de dix minutes environ (au lieu des vingt habituelles), je garais ma voiture et pénétrais dans un petit immeuble. Quatre à quatre, je montais les escaliers et sonnais à l'une des portes du 3ème étage. J'attendis le cœur battant. Des pas dans le couloir, le léger bruit de la petite pièce de métal recouvrant le judas qui glisse contre la porte, le tintement frénétique de clefs qui s'entrechoquent pendant que le propriétaire des lieux tente de m'ouvrir. Enfin, la porte s'ouvre.

_ Katniss ?! Mais qu'est ce qui t'arrive ? Entres, entres, ne restes pas là.

Gale ouvre la porte en grand et je pénètre dans l'appartement sous son regard inquiet.

*OooooO*

Du bruit dans le couloir finit par me sortir d'un sommeil agité. Je repousse doucement les draps et observe la pièce autour de moi. Je suis bien chez ma sœur, la nuit dernière avec Peeta n'était donc pas un rêve. Je soupire longuement et replace la couverture sur ma tête, espérant ainsi disparaître de la surface de la terre.

_ Ça ne marchera pas.

Je passe ma tête au-dessus de la couverture pour voir ma petite sœur entrer avec un plateau dans les mains. Dessus, deux tasses fumantes et quelques cookies. Elle pose le tout sur la table de chevet et prend place sur le lit à côté de moi. Elle me caresse les cheveux dans un geste maternelle et me sourit gentiment.

_ Si ça ne marchait déjà pas quand on était enfants, ce n'est pas maintenant qu'il y aura du mieux.

_ On ne sait jamais. Quelqu'un pourrait avoir pitié de moi.

Je lui souris et elle me rend mon sourire, mais son regard, voilé par l'inquiétude, me serre le cœur. Ma petite sœur se fait déjà assez de soucis, je n'aurais pas dû débarquer comme ça en pleine nuit. Je ne fais rien comme il faut en ce moment, c'est moi qui devrais être là pour la rassurer, pas le contraire. Je me redresse et soulève la couverture pour qu'elle puisse me rejoindre et se blottir contre moi. Elle attrape une tasse et nous gardons le silence un instant. C'est si agréable. Mais elle a besoin de savoir, alors doucement, elle me pousse du coude, me sortant de mes réflexions. Je regarde devant moi et lui demande simplement :

_ Tu viens de rentrer de ta garde ?

_ Oui et Gale vient de sortir. On a un peu de temps pour nous si tu veux discuter.

_ Il n'y a pas grand-chose à dire tu sais.

Je la sens se tendre à côté de moi avant de me répondre d'une voix qui se veut mesurée.

_ Kat', sérieusement ? Tu débarque chez moi en pleine nuit mais à part ça tout va bien. Qu'est-ce qu'il y a ? C'est Cato ?

Ma sœur a toujours peur que je retombe dans ses bras, je ne sais pas pourquoi. Enfin, si, je sais pourquoi. Parce qu'en ce qui le concerne, j'ai toujours été sotte, naïve et têtue comme une mule. Mais c'est bien fini maintenant.

_ Non, mon petit canard. Cato c'est du passé. C'est Peeta.

Elle me regarde, appuyée sur ses avant-bras.

_ Comment ça Peeta ? Tu as eu de ses nouvelles finalement ?

Je m'installe confortablement sur le dos et regarde le plafond, tentant moi aussi de mettre de l'ordre dans mes idées.

_ Non, mais je l'ai vu hier, au Club.

_ Et ce n'est pas ce que tu voulais ?

Je soupire.

_ Je ne sais pas très bien ce que je voulais en ce qui le concerne en fait. Ni ce que je veux. Je veux dire… tu sais que je ne veux personne dans ma vie pour le moment mais ce n'est pas pour autant que je ne dois pas être en mesure de savoir si je suis attirée par quelqu'un ou pas ? Tu me suis ?

Je me tourne vers elle et elle semble un peu perdue. Je décide d'argumenter un peu.

_ C'est comme Liam Hemsworth, il est beau, ok, mais il m'indiffère.

Prim étouffe un rire avant de me répondre, un brin espiègle :

_ Tu n'as jamais rencontré Liam Hemsworth, en vrai. Tu ne sais pas ce que tu ressentirais en le voyant.

_ Ok, si tu veux. Mais je suis sûre que je ne ressentirais rien.

_ Moi, il pourrait me plaire.

Prim fait une moue gourmande et c'est à moi d'étouffer un rire avant de poursuivre, plus détendue.

_ Ok, autre exemple, plus concret. Hier soir, Finnick, un ami de Peeta est venu me parler. Imagine toi un beau blond à la carrure de nageur, au sourire éclatant et des yeux verts que toutes les filles présentent hier soir, ou presque, dévoraient des yeux.

Ses yeux pétillent.

_ Ouaiiiiis et tu l'as trouvé beau ?

_ Très beau ! Mais il ne m'a rien fait ressentir d'autre.

_ Mais avec Peeta c'est diffèrent ?

_ Oui, je crois.

_ Qu'est ce qui te gêne alors ?

Je me tourne à nouveau vers le plafond et lui raconte la scène à laquelle j'ai assisté et comment il m'a coincé sur le parking.

_ Attend, attend. Une semaine sans donner de nouvelles après t'avoir mis des papillons dans les yeux…

_Attends, attends ? Quels papillons.

Ma sœur passe ma remarque de la main et poursuit.

_ Donc, je disais. Il te laisse une semaine sans nouvelles après t'avoir laissé des papillons dans les yeux et la tête pleine de questions. Tu le revois et il fait comme si tu n'existais pas en draguant ouvertement une autre fille sous tes yeux. Puis, il t'attend près de ta voiture pour t'embrasser ?

_ Oui. Mais je ne suis pas sûre, qu'il était sur le parking uniquement pour ça, mais c'est ce qui s'est passé au final.

_ Laisse tomber ce con !

Je me retourne et me met dans la même position qu'elle.

_ Je croyais que je ne devais pas le laissé filer celui-ci ?

_ Non. C'est le beau mec qui t'as fait un petit-déjeuner de fou que tu devais revoir. Son jumeau démoniaque, n'y penses plus.

Je lui susurre sur le ton de la plaisanterie :

_ J'ai bien peur qu'il ne s'agisse que d'une seule et même personne.

Elle me répond sur le même ton :

_ Allez savoir ? Il s'agit peut-être vraiment de son jumeau démoniaque qui, jaloux de sa rencontre avec toi, a pris sa place afin de te faire détester le premier Peeta, celui que tu as vraiment sauvé la semaine passée ? C'est possible.

Elle arbore un air tellement sérieux que je ne peux m'empêcher de rire en imaginant le vrai Peeta attaché à une chaise dans le sous-sol dans sa maison pendant que son jumeau remonterait lentement l'escalier menant au rez-de-chaussée, prêt à ruiner sa vie.

Nous rions toutes les deux et je me sens mieux. Au diable Peeta ! Je ne sais pas ce qu'il m'a pris, j'ai vraiment agis bêtement, hier soir. Ma sœur et moi buvons notre thé et grignotons quelques cookies avant de nous recoucher. Nous nous endormons l'une contre l'autre et c'est comme ça que Gale nous trouve en rentrant, en fin d'après-midi. Nous passons alors le reste de la journée tous les trois à refaire le monde. Passer ce moment avec eux et les voir si proches et si complices est un vrai bonheur. Oui, des bonnes choses arrivent parfois. Mais pas à moi.

Je quitte Gale et Prim, le lendemain soir. Sortir de mon quotidien m'a fait un bien fou et je me sens prête à affronter la nouvelle semaine qui arrive.

Je rentre chez moi, je me sors un plat du frigo que je passe au micro-onde pendant que range un peu. Il n'y a pas grand-chose, j'ai passé mes nerfs sur le ménage et le rangement toute la semaine, donc mon appartement n'a jamais été aussi propre. Je récupère mon plat et m'installe dans mon canapé pour regarder la télé. A force de zapper, je finis par tomber sur un téléfilm à l'eau de rose avec Liam Hemsworth et je me mets à rire toute seule ne repensant à ma discussion avec Prim. Il était jeune durant ce tournage. Je le préfère maintenant, en plus le blond ne lui va pas contrairement à son frère Chris. Sans m'en rendre compte, je m'endors dans mon salon, rêvant de balade au bord de la mer et d'amour éternel.

*OooooO*

Autant dire que le réveil est rude. J'ai mal partout d'avoir dormi sur ce canapé et l'heure que j'aperçois sur le four à micro-onde ne fait rien pour arranger les choses. Je suis sensée commencer ma journée dans dix minutes. Rien que pour arriver, il m'en faut quinze… quand ça roule.

Je me lève précipitamment manquant de me ramasser contre la table basse et cours dans la salle de bain. Je me douche en deux, deux et hop, j'attrape quelques fringues, passe une brosse dans mes cheveux et claque la porte de chez moi quinze minutes plus tard. J'arrive au boulot avec vingt minutes de retard mais heureusement pour moi, c'est très rare. Je pousse la porte de la librairie et fais retentir une douce mélodie : quatre notes qui s'élève dans l'air. Effie lève les yeux de son comptoir.

_ Katniss. Que c'est gentil de votre part de nous rejoindre. Le réveil a été difficile, je présume?

Effie, la gérante, m'ausculte de la tête aux pieds puis me regarde d'un air entendue. Je ne suis pas spécialement à la pointe de la mode en temps normal mais quand je suis pressée, c'est une vraie catastrophe.

_ Oh, Effie ce n'est pas grave. Vous n'en serez que plus belle pour nos clients. Laissons Katniss à ses haillons et ne nous préoccupons plus d'elle.

Johanna passe devant moi, un petit carton dans une main et l'autre sur les hanches ce qui lui donne un air un peu hautain. Elle se place juste entre Effie et moi et comme cette dernière ne peut pas la voir, elle me fait une grimace complètement débile. Je me retiens de rire.

_ Mademoiselle Mason, ce n'est pas parce que je suis derrière vous que je n'aperçois pas le reflet de votre visage dans la vitrine. Cessez vos mimiques grotesques et expliquer donc à votre amie ce que je viens de vous dire. Nous avons beaucoup à faire et un planning à respecter.

Effie ne se préoccupe plus de nous et je vais dans le bureau poser mes affaires, Johanna sur les talons. Dès la porte refermée, elle me bombarde de questions.

_ Alors panne de réveil ? T'étais avec un beau mec ? Il a un frère ?

Je range mes affaires et essaye de me rhabiller un peu devant le grand miroir.

_ Non, désolée Jo. J'étais juste fatiguée.

_ Arf, totalement inintéressante comme toujours !

Je ne relève pas, je la connais assez pour savoir quand elle est sérieuse ou pas. Là, elle ne l'est pas. Elle s'assoit sur le bureau et entreprends de défaire le petit paquet. Johanna travaille ici depuis bien plus longtemps que moi, ce qui explique qu'elle se permette certaines choses avec Effie. Cette dernière n'est pas une mauvaise patronne, au contraire, mais elle n'aime pas les retards et le manque de tenue. Johanna sait être très professionnelle mais une fois en dehors du cadre du boulot, elle est déchaînée et souvent sans gêne. Je l'admire un peu pour ça, elle vit sans se soucier de l'opinion de ceux qui ne sont rien pour elle.

_ On doit aller distribuer ça dans le quartier. Ce sont des invitations pour la séance de dédicace de Suzanne Lins. Elle sera là, vendredi prochain, tu te souviens ?

_ Oui. Mais c'est la première fois qu'on fait comme ça. Normalement on se contente de quelques affichettes dans les lieux culturels.

_ Ouais, mais Miss Trinket veut et je site : « s'essayer à une nouvelle forme de communication, en vue de voir le nombre de visiteurs, et donc de potentiels clients, s'accroître de façon exponentielle. »

Johanna l'imite à merveille et c'est avec le sourire que nous ressortons du bureau, prêtes à remplir notre mission.

Nous passons une bonne partie de la matinée à distribuer nos invitations puis retournons à la librairie pour déjeuner. Normalement, nous mangeons sur le pouce, dans le bureau, mais aujourd'hui, Effie nous invite à aller manger dehors.

_ Vous l'avez bien mérité, Mesdemoiselles. Pendant votre absence plusieurs personnes sont passées me voir avec votre invitation en main. Ils ne savaient même pas qu'il y avait une librairie dans ce quartier d'affaire. Je sens que nous allons passer une grande, grande journée. Allez, allez, prenez votre temps, je garde la boutique.

Nous n'allions pas la laisser changer d'avis. Aussi rapidement que possible, nous avons récupérer nos sacs et filer droit dehors. Nous étions lundi, il faisait beau, et Johanna était aux anges face à ce début de semaine.

_ On n'a qu'à aller manger dans ce petit resto qu'on a aperçu tout à l'heure. Tu sais celui qui proposait des salades et une terrasse?

_ Très bon choix. Ça nous changera de nos sandwiches.

Nous marchons tranquillement, toute à notre discussion quand je me fige. Peeta Mellark se trouve juste devant nous, discutant avec un autre homme. Il porte un costume gris foncé qui semble taillé sur mesure et une chemise blanche. Ses cheveux sont coiffés en arrière et le soleil leur donne des reflets particuliers. Ils se mettent à rire et son sourire accélère les battements de mon cœur. Pourquoi, pourquoi, pourquoi faut-il toujours que je sois attirée par les mauvais gars?! J'attrape subitement Johanna par le bras et elle manque perdre l'équilibre.

_ Mais qu'est-ce qu'il te prend ?! Tu es…

_ Chut ! Tais-toi et suis-moi.

Je me retourne rapidement, l'entraînant avec moi d'une main ferme et nous bifurquons dans une petite rue sur notre droite. Ça nous fait faire un détour, mais nous retrouvons notre route et dix minutes plus tard, nous sommes attablées sur la terrasse de façon à profiter du soleil au maximum. Johanna me fixe puis soudain, ouvre la bouche :

_ Alors ? Tu m'expliques ?

Je lui demande quelques minutes pour reprendre mon souffle et commander. Nous serons plus tranquilles après. Avec Jo, il faut parfois s'attendre à des réactions disons « brutales » et là, je lui ai tendue une perche. Elle attrape un pauvre serveur au vol et lui commande deux salades de la mer et deux mojitos bien frais, avant de laisser le pauvre bougre repartir en courant vers le restaurant. J'espère qu'il ne crachera pas dans nos verres. Elle me regarde, impatiente.

_ J'ai rencontré un mec au Club.

La barre au-dessus de son front disparaît et son sourire s'agrandit.

_ Je savais qu'il y avait une histoire de mec là-dessous ! Vas-y, dis-moi tout, j'ai bien dit « TOUT » !

Je lui raconte donc toute l'histoire de A à Z, jusqu'au dix dernières minutes que nous venons de vivre. Elle est absolument fascinée par mon histoire.

_ C'est dingue ça ! Et moi qui pensais que tu ne ferais pas plus fort que Cato. Cato n'avait aucune personnalité, celui-ci en a deux !

_ Jo, je t'en prie. Il était sympa comme client. Le moment qu'il a passé chez moi et ce petit dèj' incroyable… tout était juste « super » mais là, je ne le comprends plus.

Je joue avec ma paille et le reste de glaçons mélangés aux feuilles de menthe qui se trouvent au fond de mon verre. Johanna relève légèrement la tête.

_ Humm, j'ai une question vu que je l'ai à peine aperçu tout à l'heure. Tu le décrirais comment ?

Je soupire et tire un peu sur ma paille, à la recherche d'une petite goutte d'alcool, même diluée. La tête dans mon verre, je revois Peeta assis dans mon salon et lui décrit aussi fidèlement que possible.

_ De taille moyenne, les cheveux blonds coupés courts mais avec une petite longueur devant, ils ont des reflets magnifiques au soleil. Les yeux bleus, mais un bleu profond, couleur océan tu vois ? La mâchoire carrée et un sourire parfait, communicatif. Il émane quelque chose de lui, de… comment dire ?

_ Un mélange de force et de douceur ? Une aura qui nous met tout de suite à l'aise ?

Je relève la tête surprise qu'elle ait pu comprendre autant de chose à travers mon récit. Mais ce n'est plus moi qu'elle regarde. Ma main se crispe sur la table et j'ai peur de suivre son regard. Jo a un petit air désolée et me fais un signe de tête sans équivoque. Il est là et j'en déduis aussitôt qu'il a entendu toute, ou partie, de la conversation que j'ai eu avec elle.

Je suis sur le point de me retourner quand une ombre me frôle et s'arrête juste à côté de nous. Je lève la tête mais j'ai le soleil dans les yeux. L'ombre se déplace de quelques centimètres de façon à ce que je ne sois plus éblouis et je le vois à nouveau : Peeta Mellark, toujours énigmatique, debout là, devant moi.


Oh, oh,oh ! La suite bientôt -)