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Bonjour, bonjour, voici le chapitre suivant.

Un peu de douceur, un peu de bonheur, un peu de simplicité et de sincérité… ou presque.

Bonne lecture !

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Rêve

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Un vent léger souffle sur ma peau, atténuant tout en douceur la chaleur provoquée par les rayons du soleil sur mes bras nus. La sensation sur mes jambes est tout aussi agréable et je me laisse bercée avec délice par les lents mouvements du hamac où j'ai trouvé refuge. En tee-shirt et short en jean, je me prélasse sur la terrasse de Peeta. Assis non loin de moi, il est installé sur un fauteuil, une jambe repliée sur l'autre et un carnet de croquis posé en équilibre précaire par dessus. Ce dernier s'est mis en tête de me dessiner.

Absorbé par son dessin, et même quand il lève les yeux vers moi, il ne semble pas remarquer que je l'observe depuis un moment déjà. Cette scène me fait penser à Jack dessinant Rose dans l'intimité de sa cabine (1). A la différence que contrairement à elle, je suis vêtue ! Peeta parait plus jeune ainsi, malgré son air concentré, un léger sourire flotte au coin de ses lèvres. Je ne me lasse pas de la regarder: il est beau. C'est d'une banalité affligeante de dire ça mais c'est tellement vrai. Avec sa chemise blanche et son bermuda chocolat, il est simple, sans fioriture ni extravagance. Il est comme cet océan qui s'étale devant moi : calme, apaisant.

Je perçois toujours le bruit des vagues qui viennent se briser aux pieds des rochers à quelques mètres de nous, en contrebas. Prim et Gale n'ont pas pu résister et ils sont partis se promener le long de la côte. Ils ne sont toujours pas revenus de leur promenade. Les connaissant, ils réapparaîtront les pantalons enroulés jusqu'aux genoux et un sourire épanouie sur le visage. Je ferme les yeux.

Un rêve, je crois bien qu'on peut dire que je vis un rêve depuis que Peeta et moi sommes « ensembles ». Notre relation s'est officialisée mercredi dernier lorsque nous avons déjeuné à son bureau. Le cadre dans lequel il travaille m'a quelque peu intimidé au début mais il m'a tout de suite mise à l'aise en me proposant de manger dans son bureau plutôt que de sortir. Nous n'avions jamais passé un moment « normal » depuis que je l'avais secouru ce fameux soir et lui aussi avais envie de passer un peu de temps avec moi, au calme. Madge, sa secrétaire, s'est occupé de nous faire livrer différents plats et nous sommes restés là, soixante-quatorze étages au-dessus du monde auquel j'étais habitué mais avec l'impression tenace d'être exactement là où je devais être : avec lui.

J'ai encore un peu de mal à réaliser que les choses sont bien réelles entre nous. Ce jour- là, j'étais très curieuse d'en savoir plus sur lui et je l'avais littéralement bombardé de questions. Où était-il né ? En quelle année ? Avait-il des frères et sœurs ? Quel genre d'enfant était-il ? Quelles études avait-il suivis? Qu'en était-il de ses rapports avec Delly, son ex-fiancé ? Et des choses beaucoup plus anodines. Je ne voulais plus nager en eaux troubles avec lui. Je ne voulais pas non plus lui refaire de scène comme la veille au soir, quand je ne l'avais pas trouvé dans mon appartement à 18h tapantes !

Début du Flashback

Entre deux bouchées, il m'avait parlé à nouveaux de son enfance. Il était le benjamin de la famille et avait deux frères aînés. Le premier avait repris la boulangerie familiale, toujours ouverte dans les quartiers ouest de Panem et le cadet était professeur de sport mais aussi l'entraîneur de l'équipe de lutte de son établissement, depuis cette année. Il avait pu les mener en final des compétitions régionales dès sa prise de poste et il visait maintenant le niveau supérieur.

Il y avait eu tellement de fierté dans la voix et le regard de Peeta quand il en avait parlé.

_ Mon frère est un passionné. Je me souviens qu'en dernière année de lycée, pour lui, nous nous sommes retrouvés l'un contre l'autre au tournoi local. Il voulait tellement, gagner que je n'ai pas eu le cœur de lutter à fond contre lui. Je me suis toujours demandé si j'aurais pu remporter ce combat sans cette pensée. Je ne voulais pas être celui qui allait briser ses rêves.

Sa relation avec son père était plus respectueuse, plus douce. Peeta m'avait expliqué qu'à la mort de sa femme, son père était devenu plus proches de ses fils mais en même temps plus sombres, plus mélancolique dès qu'il se croyait seul.

_ Je n'ai jamais compris comment leur couple fonctionnait mais il devait quand même beaucoup l'aimer. Je pense qu'il aurait voulu la voir rire, sourire avec lui comme au temps de leur jeunesse. J'aurais bien voulu connaitre cette femme dont il parlait de temps en temps avec nous, celle dont il était tombé amoureux, celle qu'il avait épousé…

Sa voix était resté en suspend quelques secondes avant qu'il n'embraye avec les sacrifices que son père avait fait pour lui permettre de poursuivre des études de management dans une bonne école.

_ Ça a été comme un pari sur l'avenir pour lui. Son aîné avait repris la boulangerie, le second vivait de sa passion pour le sport mais comment aider le dernier. Je ne sais pas si vous aviez ce genre de cercle dans ton lycée mais dans le mien nous avions un cercle de débatteurs. Notre prof de littérature nous avait obligés à assister à une rencontre inter-lycée un jour et contrairement à ce que j'aurais cru, j'avais accroché dès les premières phases. Cette façon de convaincre, de manier les mots m'avait époustouflé. Je me suis inscrit au cercle le lendemain et c'est finalement ce qui a dirigé mes études. Par contre, c'est un talent qui ne m'a jamais vraiment servi dans mes relations amoureuses !

Un grand sourire s'était épanoui sur son visage et j'avais eu beaucoup de mal à le croire. Je le revoyais discuter avec des filles, pendues à ses lèvres au bar. D'ailleurs ! S'il était avec Delly depuis longtemps, qu'est-ce que c'était que ses attitudes qu'il avait parfois au Twelve ? Je lui avais posé la question sans détour.

_ Ah, ça ! Non, tu te trompes. C'était pour Finnick.

Je le regardais suspicieuse avant qu'il ne s'explique.

_ Le soucis quand les filles sortent, c'est qu'elles le font rarement seules. Et de ce fait, elles prennent souvent très mal que leur copines ne soient pas inclus dans les conversations ou draguer par un mec aussi. En parlant avec la « copine », je permets à mes amis de passer du temps avec celle qu'ils visent réellement.

_ C'est dégueulasse !

J'étais outrée !

_ Mais non, qu'est-ce que tu racontes ?! Je leur tiens compagnie au club c'est tout. Comme ça elle s'amuse aussi et elle laisse leur amie profiter de la soirée de leur côté.

Je me reprenais un peu :

_ Oui, peut-être... mais de là à partir avec elle…

_ Ça m'est déjà arrivé d'en raccompagner une ou deux qui se retrouvaient sans moyen de transport pour rentrer mais c'est tout. Mais attends ? Qu'est-ce que tu croyais au juste ?

_ Ben… ben tu sais bien !

Je n'allais pas lui faire un dessin quand même.

_ Je vois. Je crois surtout que je n'étais pas le seul à t'avoir remarqué en fait. Tu m'avais déjà dans ton collimateur. Mais je prends encore ça pour un compliment !

J'avais manqué m'étouffer non sans remarquer que cette phrase revenait un peu trop souvent ces derniers temps. Il tournait toujours les choses à son avantage, c'en était presque effrayant.

Puis il m'avait questionné à son tour, m'arrêtant rarement mais toujours pour éclaircir un détail, avoir une précision qui lui permettrait d'avoir une meilleure idée du contexte ou de la situation. Même le sujet « Cato » avait été évoqué mais heureusement pour moi, Madge l'avait rappelé à ses obligations. Il m'avait raccompagné jusqu'au hall, et j'avais pu me rendre compte de l'effet « Mellark » qu'il provoquait sur son passage. Sa plastique plus le prestige de son poste devait faire tourner les têtes. Il n'y avait pas qu'au Twelve, qu'il faisait sensation. Au moment où il avait déposé un léger baiser sur mes lèvres j'avais même pu sentir des lames s'enfoncer dans mon dos. Si les regards pouvaient tuer, je me serais effondrée au milieu de ce hall. Motif : Multiples blessures causées par armes blanches.

Une fois rentrée chez moi, je m'étais recouchée, laissant mon esprit vagabonder sur les événements de ces derniers jours. Me remémorant les moindres détails de nos divers rencontres et souriant de la tournure qu'avaient prises les choses au final. Moi, Katniss Elisabeth Everdeen, je souriais.

Fin du flashback.

Un effleurement sur ma joue, me fait ouvrir les yeux. Peeta me regarde avec un grand sourire.

_ Je te réveille ?

_ Non, je ne dormais pas. J'étais perdu dans mes pensées.

Je me redresse lentement faisant tanguer le hamac.

_ C'est si agréable ici. Tu as vraiment de la chance.

_ Oui c'est vrai, dit- il en se redressant de toute sa hauteur pour faire face à la mer.

Le vent plaque sa chemise contre son corps me laissant deviner les formes harmonieuse de son torse et de ses hanches sans mal. Je sens mes joues rosir légèrement mais je me mets à regarder la mer moi aussi.

_ J'ai choisi cette maison juste pour la vue. Se réveiller chaque matin avec un tel paysage vous donne de l'énergie pour toute la journée mais s'endormir en regardant le coucher de soleil est encore plus merveilleux, tu verras.

S'endormir en regardant le coucher de soleil ? Est-ce que c'est une invitation ? Jusqu'à maintenant c'est lui qui est toujours venu chez moi. Aujourd'hui, c'est même la première fois que j'entre dans son cocon, son univers. Pour lui, il semble clair que ce ne sera pas la dernière. Cette pensée me réchauffe le cœur. Ma sœur avait raison, je devrais apprendre à m'ouvrir, arrêter d'avoir peur de souffrir. Je pouvais faire confiance à Peeta, je l'avais toujours pressenti… même quand son comportement n'avait alors ni queue ni tête.

_ Kate ?

_ Hum ?

Mon attention revient vers lui.

_ Tu restes ce soir ?

Je lui souris tendrement. Une envolée de papillons s'éparpillant dans mon ventre. J'étais pire qu'une collégienne quand il me regardait comme ça.

_ Avec plaisir.

Il sourit à son tour avant de tendre ses doigts vers moi. Je les mêle au miens avec sensualité. Une sonnerie nous sort alors de notre bulle.

_ Ah, je crois qu'ils sont de retour. Je reviens tout de suite.

Il embrasse nos doigts entrelacés avant de me quitter pour aller ouvrir à Gale et Prim. Ils choisissent bien leur moment pour revenir ces deux-là!

Mon regard revient à la place qu'occupait Peeta il y a peu, et tombe sur le carnet dans lequel il me dessinait. Ma curiosité l'emporte et je descends du hamac avec souplesse pour jeter un œil à son dessin. Il l'a simplement déposé face contre la table de jardin. Son dessin est magnifique. On m'y voit allonger dans le hamac, une jambe pliée par-dessus l'autre, la tête reposant sur mes avant-bras. Je le regarde droit dans les yeux un sourire apaisé et apaisant sur le visage. Je m'étais trompé en fait, il savait que je le regardais. C'était flagrant quand on observait son dessin. Tout à ma contemplation, je ne me rends pas compte tout de suite que Peeta devrait déjà être revenu avec les deux promeneurs sur ses talons.

Je repose son carnet sur la table et passe la porte fenêtre restée ouverte pour revenir dans son salon. Des éclats de voix parviennent jusqu'à moi. C'est une femme mais certainement pas ma sœur. Prim s'énerve très rarement et certainement pas de cette manière. Je suis tiraillée. Est-ce que je dois retourner sur la terrasse ou m'avancer pour savoir ce qu'il se passe exactement ? Un nouvel éclat de voix suivi d'un grand fracas me décide immédiatement pour la solution numéro deux. Prenant mon courage à deux mains et sans prendre la peine de réenfiler mes sandales je m'avance vers l'entrée, de là où proviennent les cris.

_ Tu n'essayes même pas de nier ?! Tu n'es vraiment qu'un moins que rien Peeta ! J'ai vraiment perdu mon temps avec toi !

_ Delly, est-ce que tu veux bien te calmer et me dire ce que tu es venu faire ici ? Tu as déjà récupéré toute tes affaires, il me semble.

J'aperçois Peeta en premier, il est accroupi au sol, rassemblant d'une main agile, les morceaux de bois de la petite structure qui se trouvait dans son entrée. Cette folle l'a jeté au sol ?

_ Heureusement que je les ai récupéré. Je n'aurais pas voulu que ta nouvelle poule mette ses sales doigts dessus.

_ Inutile de devenir insultante. Elle ne te connait pas et ne t'as jamais rien fait.

C'est de moi qu'elle parle là ? C'est moi la poule ?! Je m'approche un peu plus toujours dissimulée à leurs yeux par l'angle de l'entrée.

_ D'où te viens toute cette colère Delly ?

Peeta s'est relevé, reposant les morceaux de bois sur le meuble près de lui. Il me parait lassé par les reproches de son ex.

_ Cette colère ?

Déstabilisée par sa question, elle a dû faire quelque chose car il fait deux pas vers elle, sortant de mon champ de vision. Je ne peux que l'entendre à présent.

_ Delly, les choses se sont dégradés entre nous et je veux bien admettre que j'y ai ma part de responsabilité. Je n'ai pas vu tout ce que tu faisais pour moi et j'ai cru, j'ai vraiment cru que ce que nous partagions était suffisant mais je me trompais. On se trompait tous les deux. Je m'en rends compte aujourd'hui et je suis juste heureux que les choses n'aient pas été plus loin. Tu imagines la situation si nous étions mariés ou même parents ?

La voix de Peeta est calme et il tente de ramener son ex fiancé à la raison mais je doute du résultat. Je ne les vois toujours pas mais au ton de la voix de cette dernière, je sens que ce n'est pas gagné pour lui.

_ Je veux plus !

_Pardon ?

De quoi, elle parle encore? Plus de quoi ?

_ Ce que tu m'as donné ne me convient pas. J'en veux plus. Si nous étions mariés, la moitié de tes biens m'appartiendrait en cas de divorce.

C'est de l'argent qu'elle veut ? Pourquoi ?

_ Delly tu déraisonne là. Tu as repris toutes tes affaires, tu as toujours voulu garder ton appartement donc tu n'as aucun droit sur celui-ci. De plus, je t'ai donné un peu d'argent pour t'aider dans ton projet de traiteur. Si nous nous étions mariés, je l'aurais fait et ça me semblait logique mais je ne te dois rien de plus.

_ Et toutes ses années perdues ?

Sans les voir, la tension est palpable.

_ Tu parles de ses années où tu t'es accroché à un rêve ou de ses années où tu as commencé à me tromper ? De quelles années parles-tu au juste Delly !

Le ton de Peeta est radicalement différent. Il ne prend plus de pincette avec elle maintenant.

_ De… de quoi tu parles, ça n'est arrivé qu'une fois.

_ Arrête de me mentir ! Tu croyais que je ne saurais jamais rien mais les langues se délient quand on sait à qui parler et comment le faire. Je ne voyais pas l'intérêt de revenir là-dessus vu que j'ai tout appris après notre rupture mais je sais parfaitement que ce mec n'était pas le premier. Et d'après mes sources, il n'aurait sans doute pas été le denier non plus, mariés ou pas !

_ Paf!

Une claque magistrale vient de résonner dans l'air. C'est trop pour moi, j'avance pour de bon, faisant clairement part de ma présence à Peeta et à la fameuse Delly. Elle est debout droite comme un « i », la main repliée sur le cœur, le teint pâle, les lèvres tirées en un rictus mauvais. Elle aurait pu être belle sans cette haine farouche qui danse dans ses yeux, et déforme ses traits. Sans ce sentiment d'humiliation qui s'affiche sur son visage et qui double d'intensité quand elle pose enfin les yeux sur moi.

_ Peeta ?

Je ne veux pas m'occuper d'elle. Toute leur conversation ne fait que confirmer tout ce que Peeta m'a dit précédemment. Au moins, il n'a pas menti là-dessus. Leur relation ne valait plus rien et sa trahison avait scellé leur destin. Peeta me regarde interloqué, je crois que pendant un instant, il a complètement oublié que j'étais là, dans sa maison, et que je pouvais avoir tout entendu. Il me fait un faible sourire.

_ Ça va Katniss. Delly partait.

_ Katniss !

Elle a sifflé mon prénom tel un serpent. Ça me fait froid dans le dos. Elle me regarde de haut en bas avant de tourner les talons, faisant voler sa chevelure blonde derrière elle.

_ Je vous souhaite bien du bonheur !

Elle part sans rien dire de plus, claquant la porte au passage. J'avance vers Peeta. Sa joue gauche est rougie par la gifle que lui a donnée Delly.

_ Peeta, ta joue !

Il garde son sourire passant ses doigts sur son visage comme pour se réveiller d'un mauvais rêve.

_ Ne t'inquiète pas, ça a fait plus de bruit qu'autre chose.

Au vue de la coloration de son épiderme, j'ai des doutes. Et puis Delly n'est pas du tout comme je me l'étais imaginée : petite, fluette et terriblement gentille en apparence. Non elle est pratiquement de ma taille, plus imposante et plus ronde. Ça lui va plutôt bien d'ailleurs, d'un point de vue totalement objectif, c'est une belle femme. Sans y penser, ma main s'est tout naturellement posée sur la joue de Peeta. Comme pour atténuer la douleur qu'il doit ressentir. Il ferme les yeux à mon contact, prenant une profonde inspiration.

_ Ta main est fraiche, c'est agréable.

Je me rapproche de lui et il plaque l'une de ses mains par-dessus la mienne avant de me ramener vers lui avec l'autre. Il pose ensuite sa tête dans mon cou, respirant mon odeur, fourrageant dans mes cheveux. Je ferme les yeux sous ses caresses dans mon cuir chevelu et sur ma nuque. C'est agréable, tellement apaisant après la tornade qui vient de quitter son appartement. Je ne sais pas pourquoi mais toute cette histoire me fait penser à Cato. Cette façon abjecte qu'il a eu de jouer avec moi sans jamais ressentir le moindre remord avant de disparaitre de ma vie. Peeta et moi avons été touchés par la déception amoureuse. Certes de façon différentes, mais un cœur brisé peut-il rivaliser avec un autre ? Sa chance à lui est de m'avoir croisé bien plus tôt dans ses tourments. Alors que moi j'ai dû patienter jusqu'à maintenant.

_ Où étais tu ?

J'ai prononcé ces quelques mots sans même y réfléchir. Là, dans ses bras, je me sens tellement bien. Pourquoi ai-je dû l'attendre alors que lui m'est pratiquement tombé dans les bras au détour d'une ruelle sombre, le jour même de sa rupture avec elle.

Il presse un peu plus son visage contre ma peau. Avant de remonter sur mon visage vers le mien dans un lent mouvement. Les yeux dans les yeux nous nous regardons avec émotion.

_ Où étais tu, pendant tout ce temps ?

Il me sourit. Ses yeux bleus m'hypnotisant totalement en quelques secondes.

_ Comme tu as pu le constater j'étais un peu pris... mais maintenant, je suis tout à toi.

Il effleure mon visage du bout de son nez et je referme les yeux, voulant profiter au maximum de cette caresse. Je lui murmure, candide :

_ Toujours ?

Il sourit contre mon cou avant de m'embrasser, lentement et avec toute la douceur dont il est capable. Mon cœur palpite fortement dans ma poitrine. Ma main libre se glisse le long de son dos, dessinant chaque muscle et le maintenant contre moi. Je suis si bien. Il met fin au baiser, trop tôt, trop vite.

_ Toujours.


Saperlipopette ! Désolée d'avoir fait de Delly une telle harpie mais en partant du principe qu'elle aurait un mauvais fond, je la vois bien partir en vrille comme ça en se sentant insulter ou menacer. Brrr, flippante !