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Ce chapitre porte bien son nom, je crois. Il s'agit bien d'un réveil pour notre héroïne et pour moi-même.

Je vous laisse avec ce nouveau chapitre qui me permet de petit à petit décoincer mes articulations devenues rigides après ses longues semaines éloignée de mon clavier.

Que du positif pour moi depuis ses dernières semaines mais malheureusement pas assez de temps pour écrire.

Merci à tous ceux qui m'ont lu et qui continueront à le faire -)

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14. Réveil

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_ Le coma, la demi-conscience, tout ça je n'y connais rien, ce n'est pas mon domaine. Mais toi et moi on sait aussi qu'on ferait tout pour ceux qu'on aime. On ferait encore plus pour celui ou celle qu'on aime. Même aux frontières de la mort, je lutterais de toute mes forces pour revoir Prim et je sais que toi aussi, tu donnerais tout pour revoir Peeta ne serait-ce qu'une fois. Il est deux étages plus haut Katniss. Les médecins sont très pessimistes, pour eux, il est déjà mort mais qu'est-ce qu'ils en savent au fond, hein ? Moi, je dis qu'il est là et qu'il t'attend. Pour vivre ou pour mourir mais il t'attend. Alors réveille-toi et vas le voir. Il a besoin de toi.

Besoin de moi ?... Peeta ? … Peeta est vivant ?!

Je n'arrive pas vraiment à croire ce que j'entends. Peeta serait vivant ? Mais pourquoi ? Pourquoi personne ne m'a rien dit ?! Comment ont-ils pu me laisser croire tout ce temps qu'il était mort ! Je n'ai pas les mots pour décrire ce que je ressens. J'oscille entre rage et bonheur. On m'a caché la vérité mais Peeta est vivant. Je voulais mourir, j'enrageais de ne pouvoir le rejoindre mais au final, il était toujours ici parmi les vivants ! Le voir ! Je veux le voir, lui apporter mon aide lui dire tout ce que nous n'avons pas eu le temps d'échanger durant ce fameux week end dans les bois. J'ai une seconde chance ? Peeta n'est pas mort ! C'est… c'est tellement inespéré !

Je sens Gale s'agiter à côté de moi. Je le sens qui approche, qui me touche.

_ Katniss ? Tu pleures ?! Katniss, comment c'est… Tu m'as entendu ? Tu m'as entendu c'est ça ? Katniss si tu m'as entendu reviens s'il te plait ! Reviens !

Et j'étais revenu.

_ Mademoiselle Everdeen, je sais que vous êtes réveillée. Ne faites pas semblant de dormir, vous devrez prendre ses médicaments de toute façon. Est-ce que vous préférez qu'on vous les perfuse ?

Je grogne, tout mais pas ça ! Ils m'ont enfin enlevé cette saleté de perfusion, il n'est pas question qu'ils la remettent. J'ouvre les yeux et regarde mon infirmière me tendre mes médicaments. Je les attrape de ma main valide et bois le verre d'eau qu'elle me donne ensuite. Elle sort ensuite mon fauteuil du placard, hum je n'aime pas ça.

_ Vous avez une séance avec le kiné dans une heure environ. En attendant, on va aller vous laver.

Je lève les yeux au ciel, j'ai hâte de pouvoir sortir d'ici. Hâte de pouvoir me déplacer pour aller voir Peeta. Ils ne veulent pas me laisser le voir sous prétexte que je ne suis pas de la famille. Le fait que nous ayons eu cet accident ensemble, ne semble pas beaucoup les émouvoir. Je suis toujours dans une colère noire mais beaucoup trop faible pour lutter contre eux et encore moins pour tenter quoique ce soit moi-même. Ma voix n'est pas vraiment revenue et je ne peux pas me déplacer seule après tant de temps immobiliser. Il y a encore du chemin à parcourir. J'ai seulement pu obtenir de Gale qu'il encourage Prim à aller voir Peeta pour lui parler, qu'il sache que je vais bien et que je pense à lui. Ça aurait été bien plus simple que Gale y aille lui-même, lui et Johanna sont ceux qui me sont le moins hostiles depuis mon « retour ». Mais n'étant ni de la famille, ni du corps médicale, il en est rendu au même point que moi.

_ Mademoiselle Everdeen, votre voix ne reviendra pas complètement tant que vous vous obstinerez à garder le silence.

Je hausse les épaules. Elle n'ajoute rien, me manipulant seulement pour me placer dans le fauteuil. Des progrès avec ma voix j'en fais, c'est juste que je ne veux pas lui parler à elle. Je ne veux plus parler à personne mis à part Peeta. J'ai tellement peur d'arriver trop tard.

Prim POV

J'ouvre les yeux contrariée, fatiguée, tendant l'oreille et tachant de savoir si Gale est déjà parti ou pas. Nous nous évitons ses derniers jours, où plutôt je l'évite. La situation avec Katniss est trop… elle est si… compliquée ! Le réveil affiche 9h30, je suis de nuit à partir de ce soir et il faut que je trouve un moyen de me vider la tête sinon je ne vais pas être totalement opérationnelle. Autant aller courir. Et puis ça fait un moment que je n'y suis pas allée. Je repousse les draps et m'avance vers ma commode pour en sortir mes affaires de sport. Ouais, je vais faire ça, courir, rentrer prendre une bonne douche et pour le reste on verra.

Mon casque vissé sur les oreilles, mes pieds survolent la piste. Les premiers mouvements ont été un peu raides mais c'est vite revenu. Le paysage défile autour de moi mais je ne le vois pas vraiment. J'ai beau essayer de faire le vide se sont toujours les même images qui reviennent. Katniss subissant toute une batterie d'examens, ses vêtements en sang, son corps marqués par la violence de l'accident, le soulagement de la savoir hors de danger, des heures à la veiller puis son réveil, sa crise de panique quand elle a commencé à se rappeler, mes collègues tentant de la maîtriser alors qu'elle devenait incontrôlable, et puis sa léthargie durant cinq semaines. Les cinq semaines les plus angoissantes de ma vie où les médecins n'ont cessé de me répéter qu'elle allait bien et qu'il ne tenait qu'à elle de se réveiller. Comment pouvait-il dire ça ? Comment pouvaient-ils penser qu'elle ne voulait pas se réveiller ? C'était absurde ! Katniss, ne pouvait pas m'abandonner comme ça. Elle savait ce que ça faisait de perdre quelqu'un, nous l'avions vécu ensemble après la mort de nos parents. Elle ne pouvait pas me laisser comme ça ! J'allonge mes foulées, tirant sur mes muscles endoloris. Je suis restée pour la veiller dès que je ne travaillais pas, mangeant peu, dormant à peine. Gale voulait que je rentre, que je dorme dans notre lit et non pas sur le fauteuil de sa chambre ou en salle de repos. Puisque les médecins nous avaient demandés de la stimuler, il voulait aussi que je lui parle de Peeta mais c'était impossible. Il n'avait pas vu dans quel état elle s'était mise quand elle s'était souvenu qu'il était avec elle. Alors si je lui disais qu'il n'était pas mort et qu'au final, il mourait quand même? Ce serait tellement pire. Son état est critique. Ses jambes ne réagissent pas aux stimuli, nous ne savons pas quels dommages a pu causer son choc à la tête et il respire essentiellement grâce à une machine. Trop d'incertitudes entourent le cas de Peeta.

Je m'arrête près d'un banc et vérifie mon rythme cardiaque. Il est rapide. Je m'étire, calme ma respiration. J'en veux toujours à Gale de tout lui avoir dit, je lui en veux surtout d'avoir eu raison, d'avoir su qu'elle se réveillerait pour Peeta… mais pas pour moi. Je ne sais pas contre qui retourner ma colère, ma frustration alors c'est lui qui en fait principalement les frais. Nous étions tous si bien avant cet accident. Je me relève doucement, insistant sur l'étirement de mes jambes. Je repars en marchant, me concentrant sur ma respiration et sur le fait de maintenir un rythme de marche constant. Oui, nous étions si bien avant cet accident. Katniss avait enfin réussi à s'ouvrir à quelqu'un après sa triste histoire avec Cato. Elle était si méconnaissable et si heureuse que parfois j'avais peur, peur que Peeta ne soit pas à la hauteur, qu'il ne ressente pas la même chose pour elle ou que son besoin d'être rassurée soit trop lourd à porter pour lui. Mais non. Il avait été « parfait » ? Oui, c'est ça, il avait été parfait pour elle. Et puis même avec nous, le courant passait bien. Je suis horrible, je ne voulais pas quitter Katniss et je ne suis même pas allé voir Peeta, me contentant de prendre des nouvelles. Il serait venu me voir, si c'est moi qui m'étais retrouvé dans ce lit et non pas lui. J'essuie du dos de la main, les larmes qui commencent à couler sur mes joues. Je lui en veux tellement depuis que Katniss est « revenue ». Il a suffi qu'elle entende parler de lui et trois jours plus tard, elle était là. La jalousie n'avait jamais vraiment fais partie de ma vie, mais ce jour-là, je l'ai ressenti avec tellement de force. Peeta Mellark m'avait volé ma sœur. Elle ne vivait plus que pour lui. Trop de sentiments se bousculent en moi désormais mais je vais devoir me reprendre. Je ne peux pas continuer comme ça. J'accélère le pas, bien résolu à ne plus me laisser submerger et rentre chez moi.

Gale n'est toujours pas rentré. Je le soupçonne d'attendre que je sois partie ou déjà endormie pour rentrer chez nous. Il n'y a pas si longtemps, il m'aurait accompagné ou appelé pour me souhaiter bon courage et me dire qu'il m'aimait. Notre complicité n'a pas totalement disparue mais elle devenue douloureuse, gênante et c'est de ma faute. Je prends une feuille de papier et y griffonne un mot que je laisse bien évidence sur la table que j'ai préparé pour lui. J'ai tout installé, il n'aura plus qu'à réchauffé le tout en rentrant. Je sors de notre appartement, déjà lasse de cette soirée qui ne fait que commencer.

Je suis en avance de trente minutes pour mon service. Éloïse me fait un rapide débriefing et je jette un œil à notre tableau. La nuit s'annonce plutôt calme mais on ne sait jamais, nous sommes dans un hôpital.

_ Tu veux aller voir ta sœur ? Marsha vient de passer, et elle m'a dit qu'elle dormait.

Éloïse me regarde hésitante. Elle sait que la situation est tendue entre Katniss et moi mais elle n'en comprend pas vraiment la raison. Elle m'a vu attendre son réveil avec tellement d'impatience que ma réticence à aller lui rendre visite la choque. Elle est seulement assez gentille pour ne rien me dire directement. Je soupire et regarde l'heure. J'ai bien le temps d'y aller et si elle dort, ce sera plus simple.

_ Oui, j'y vais. Je reviens tout de suite.

Éloïse, me sourit avec gratitude.

_ Prend ton temps, je ne suis pas pressée.

Pas pressée ? Elle vient de faire une garde de plus 10h mais elle n'est pas pressée ? Je lui souris en retour et me dirige vers l'aile où se trouve Katniss.

Je pousse la porte lentement, la faible lumière du couloir apporte un peu de lumière dans sa chambre. Elle tourne le dos à la porte. Je laisse la porte entrouverte et m'approche de son lit. Par réflexe, je feuillette le dossier qui se trouve à ses pieds. Ses résultats sont bons, elle va mieux de jour en jour. Je sais par mes collègues que son humeur est maussade mais elle fournit les efforts nécessaires pour se remettre. Et nous savons toutes les deux pour qui. Voilà que ça me reprend, cette jalousie qui recommence à s'infiltrer en moi. Je remets le dossier à sa place et m'approche un peu plus d'elle. Ses longs cheveux bruns sont maintenus par une natte approximative, son souffle est régulier. Je m'assois sur la chaise près d'elle et commence à lui parler doucement.

_ C'est bien que tu sois tournée vers la fenêtre. Je serais peut-être repartie si tu avais eu le visage tournée vers moi quand je suis rentrée.

Je ris d'un rire sans joie.

_ Tu te rends compte ? Qu'est ce qui nous arrive ? Ou plutôt qu'est-ce qu'il m'arrive. Je crois que de nous deux c'est bien moi qui ait un problème. Mon image de jeune fille modèle est quelque peu écorchée à présent, tu ne crois pas ?

Je lève une main pour caresser doucement sa natte.

- Je te demande pardon Katniss.

Ma voix commence à tressauter, elle est à peine audible.

_ Je te demande pardon. Je ne voulais pas te perdre et au final c'est moi qui m'éloigne de toi et qui fait du mal à notre famille. Mais j'ai eu tellement peur, j'ai attendu si longtemps et la seule personne que tu voulais voir, non, la seule que tu veux voir, c'est lui. Je sais qu'il ne mérite pas ça et sans doute toi non plus mais c'est plus fort que moi : je suis en colère Katniss. Toi et moi, on s'était promis de rester l'une pour l'autre, de tout faire l'une pour l'autre. J'ai cru que je n'avais plus de famille Kat' ! Quand on est venu me chercher pour me dire que tu avais été admise ici suite à un grave accident, mon cœur s'est brisée Kat'. Je… je veux que tout redevienne comme avant. Tu m'entends ? Je veux que tout redevienne comme avant.

Je pleure franchement cette fois, les larmes dévalent mes joues dans un silence quasi religieux. Mes doigts s'entortillent autour d'une de ses mèches de cheveux. Je me ressaisie au bout de quelques minutes et réajuste le drap sur ses épaules. J'essuie mes larmes et regarde l'heure dans le rayon de lumière que me fournit la porte restée entrouverte. J'ai encore 10 min, ce sera bien suffisant.

_ Je vais aller le voir, dis-je doucement. Je vais aller le voir pour toi.

Je me relève et referme la porte en lui jetant un dernier coup d'œil. Si j'y avais prêté plus d'attention, j'aurais entendu que sa respiration n'était plus si régulière et si mes doigts s'étaient aventurés sur son visage, je me serais rendu compte que je n'étais pas la seule à pleurer.

La première chose qui me frappe quand je pousse la porte de la chambre de Peeta c'est le bruit de la machine à laquelle il est relié. On a beau le savoir, lorsque l'on connait la personne qui est allongée sur le lit devant nous, on perçoit les choses différemment. L'atrocité de mon indifférence pour lui me saute en plein visage. Je sais qu'il a eu de la visite mais aucun de nous, n'est venu le voir. Aucune des personnes qu'il a côtoyé, qu'il a invité chez lui. Katniss et Gale sont tout excusés, ils seraient là s'ils le pouvaient, mais moi ? J'étais la seule à pouvoir venir et je ne l'ai pas fait. Je m'approche du lit et prend son dossier. Mon cœur se serre, seul un miracle pourra le ramener parmi nous. Les médecins doivent hésiter à le débrancher. Son cas est typique. Qu'en pense sa famille ? Son visage à pourtant l'air si serein, les ecchymoses sont à peines visibles maintenant, au vu du dossier, sa rééducation sera lourde s'il se réveille, plus que pour Katniss. Et surtout sera-t-il toujours Peeta ? Je tends mon visage vers lui et commence à lui parler de Katniss. Comme dans un chuchotement, je lui dis qu'elle va bien, qu'elle est réveillée et que s'il s'en sent la force, il doit revenir vers nous, se battre. Je pose un baiser sur sa tempe et repars le cœur plus léger.


Il y aura-t-il un second miracle ?