Chapitre 2 :
Ils me traitèrent comme leur enfant. Je n'avais qu'un mois de moins que Dean.
J'étais si jeune ! Je ne me rendais pas compte que plus jamais je ne reverrai mes parents !
Comme chacun sait, une quinzaine de jours plus tard, nous fûmes à nouveau frappés par l'horreur : Tante Mary fut assassinée par le démon aux yeux jaunes dans l'incendie qui ravagea la moitié de la maison. C'est ce soir là qui transforma Oncle John. Il perdit le sourire et le sommeil. C'est ainsi qu'il suivit la voie de la chasse. Il voulait retrouver le monstre qui lui avait pris sa femme et brisé sa famille. Il ne vécut plus que pour ça. Il s'occupait de nous du mieux qu'il le pouvait mais c'était difficile. D'autant que nous ne restions pas longtemps au même endroit. Mais il essayait. Souvent, il s'absentait, il fallait se débrouiller et veiller sur bébé Sam quand il ne pouvait pas nous confier à quelqu'un. (le Pasteur Jim ou Bobby, par exemple).
Nous fûmes témoins de quelque chose : Oncle John a tué un homme. Il joua carte sur table et nous expliqua que c'était un monstre qui prenait l'apparence des autres et qu'il était dangereux. C'était un polymorphe, et bien d'autres créatures existaient. Nous apprîmes très vite à sécuriser une pièce malgré notre très jeune âge.
Puis l'école commença. Dean et moi formions un duo inséparable, toujours là l'un pour l'autre. Nous faisions front main dans la main pour Sammy.
En grandissant, cela se renforça d'avantage. Nous passions pour les jumeaux WINCHESTER comme nous avions le même âge et nous nous ressemblions : côté maternel (cheveux blonds foncés, yeux clairs, verts pour lui, bleus pour moi). Nous étions toujours dans la même classe, nous prenions les mêmes activités périscolaires, les mêmes sports afin d'être toujours ensemble.
Les années passant, Dean prit son rôle d'aîné très au sérieux tandis que je me dévouais pour Sam, endossant le rôle de maman.
Il apprit en premier le maniement des armes, la mécanique et les rudiments de la chasse. Quand il était de retour et Sammy couché, il m'enseignait tout ce qu'il avait appris. Ainsi, nous étions toujours sur le même pied d'égalité. Il ne me traitait pas différemment parce que j'étais une fille, comme les autres à l'école. Il voulait justement que je sois capable de me défendre aussi bien que lui s'il m'arrivait quoi que ce soit en son absence ou à notre petit-frère.
Parfois, Oncle John nous déposait chez Bobby. Il était censé nous entraîner au tir, par-exemple. Mais bien souvent il nous emmenait nous détendre, jouer au base-ball ou à la pêche. Bien-sûr il nous apprit beaucoup de choses, notamment en mécanique comme il tenait un garage, mais il estimait qu'avant tout nous étions des enfants. Il se disputait parfois avec John à ce sujet.
Un soir où Dean et lui étaient partis pêcher "entre hommes", Sam et moi étions restés devant la télé à se faire un marathon films. J'avais fait le ménage, la lessive et préparé le repas qui accompagnerait le fruit de leur pêche à l'aide de quelques livres de cuisine de sa défunte épouse, Karen. Quand ils rentrèrent les bras chargés de poissons, ils étaient abasourdis.
"C'est toi qui a fait tout ça ? demanda Bobby.
- Oui ! répondis-je fièrement. Vous n'avez plus qu'à préparer le poisson pendant que Sam et moi filons à la douche ! Je souris de toutes mes dents.
- Et bien ! Bravo, Tara. Je ne pensais pas qu'à ton âge (12 ans) tu serais capable de faire aussi bien que ma femme !
- J'te l'ai dit, Bobby, que c'était la meilleure ! ajouta Dean en m'embrassant sur la joue. Merci pour tout ça.
- Je pouvais bien faire ça. Tu sais que je suis incapable de rester en place plus d'un film. Et Sam m'a aidée !
- C'est vrai ! s'écria-t-il dans l'escalier. C'est moi qui ai passé l'aspirateur et qui ai épluché les patates !
- Et bien, bravo les enfants, et merci. Vous aurez droit à une double part de tarte en dessert ! déclara Bobby.
- OUAIS ! nous écriâmes tous les trois. "
Un appel d'Oncle John vint noircir la fin du repas. Ils se disputaient à nouveau car Bobby devait nous entraîner à tirer au Winchester (mon préféré, on se demande pourquoi ! ), au Browning ainsi que nous initier aux armes de poing car nous étions assez grands selon lui.
Il revint à table, raconta une grosse bêtise qui brisa le froid qui s'était installé et nous dévorâmes la tarte tant convoitée. J'aurais dû en faire deux !
Sam fila se coucher et Bobby derrière son bureau avec ses livres et une bière bien fraîche. Dean était venu m'aider à faire la vaisselle. Après avoir rangé la dernière assiette, il me prit la main et y déposa une jolie bague.
"Qu'est-ce que c'est ? demandais-je, surprise.
- Quand je serai grand, je me marierai avec toi. J'étais aux anges ! Depuis toute petite, j'étais follement amoureuse de lui. Tu es la fille parfaite pour moi, Tara. Tu comprends notre vie de fous comme tu la partages, tu te bats comme nous et pour nous, t'es super forte, tu nous soignes, tu t'occupes super bien de mon petit-frère et tu sais faire plein de trucs de maman !
- Tu sais, je me bats parce qu'il le faut, les trucs de maman c'est Ellen qui me les a appris quand elle les expliquait à Jo, et puis Sammy est comme mon petit-frère. Il aurait le même âge... un voile de tristesse passa dans mes yeux. Il ajouta :
- Les autres racontent des bêtises quand ils se moquent et disent que t'es comme un garçon et que t'es pas belle. Moi, j'te trouve très belle ! Et j'adore quand tu leur casses la gueule ! Je ris.
- Wouaw ! Je pensais pas que tu ressentais ça pour moi !
- A l'école, il y a des filles qui me courent après pour être ma copine mais moi je veux pas. C'est toi que je veux ! Papa a dit qu'on pouvait parce que même si t'es ma cousine c'est assez loin, j'ai pas tout compris, mais je m'en fiche.
- C'est vrai ? On peut ? Il acquiesça d'un signe de tête. Je veux bien alors ! Tu sais, je pense comme toi. Enfin, pour les garçons ! Ils sont stupides et je leur fais peur. Ils aiment pas quand une fille les bat parce qu'elle est plus forte. Et puis je préfère leur taper dessus ! Il rit. Toi, ça t'embête pas quand je te bats à l'entraînement. Et puis, ça fait longtemps que je suis amoureuse de toi ! "
On s'est embrassés, comme des gamins d'une douzaine d'année. Ce n'étaient que quelques baisers chastes mais qui avaient enjolivé notre soirée et renforcé encore un peu plus ce lien indéfectible entre nous.
A suivre...
Je sais, c'est très fluff pour le moment, très enfantin. Il faut bien garder un peu d'innocence dans leur vie autant que faire se peut pour le moment.
A bientôt pour un nouveau chapitre... *bisous**coeurs*
