CHAPITRE 5 :

Chapitre plus sombre, scènes de tortures donc âmes sensible s'abstenir !

Apparition d'un certain ange...


Disclaimer : Supernatural et ses personnages ne m'appartient toujours et malheureusement pas.


J'étais enceinte ! Papa avait vu juste.

Comment allais-je l'annoncer à Dean ? Quelle allait être sa réaction ? Dans quelques jours nous allions être diplômés et nous lancer pour de bon dans la vie tumultueuse de chasseurs. Elever un enfant dans ses conditions était impensable ! Mais il fallait que je lui dise. Nous nous étions juré de ne jamais se mentir, de ne jamais rien se cacher.
Je me rendis au parc pour réfléchir. J'y restais quelques heures à retourner toutes les éventualités dans ma pauvre tête. Je caressais mon ventre en marchant.

Soudain, j'eus une drôle de sensation, comme si j'étais observée. Mine de rien, je me rendis à la sortie du parc et me dirigeai vers le garage. La sensation s'amplifiait et devint oppressante. Je marchais de plus en plus vite. Le garage venait de fermer, Dean devait être rentré. Je me dépêchai. Il me fallait l'aide de toute la famille. Je me mis à courir. Ce qui me suivait aussi, bien que je ne voyais rien. J'entendais d'étranges grognements. J'étais toute proche du motel. Je vis la porte de notre chambre s'ouvrir. Papa et Dean en sortirent, surement pour aller faire quelques courses. J' hurlai :
"Oncle John ! Dean ! ... Ils réagirent immédiatement et dégainèrent leurs armes. Sam nous rejoignit aussitôt, armé également. Pour une fois que je n'avais pas mon flingue sur moi !
- Que se passe-t-il ? Demanda Papa, alerté. Je me jetai dans les bras de mon fiancé.
- Une chose me suit, un truc énorme ! J'ignore ce que c'est mais y a des grognements et...
- Chut, chut, chut ! On est là, calme-toi. essaya-t-il de me réconforter.
- Pour qu'elle soit terrorisée comme ça, c'est vraiment pas bon signe ! Elle n'a jamais peur de rien ! Tout comme toi... déduisit Sam.
- Restez sur vos garde ! Dean, protège-la coûte que coûte !" Ce qu'il ne disait jamais car j'étais parfaitement capable de me défendre seule !

Tout à coup, un démon apparut. Il semblait caresser une énorme créature que nous ne pouvions pas voir.
"WINCHESTER ! Ravi de te revoir.
- Navré de ne pouvoir en dire autant ! Qui es-tu ?
- Oh ! C'est vrai, j'ai changé de corps. Tu m'as exorcisé il y a deux mois de ça, ça te revient ? Tes amis et toi décimiez une meute... Vous avez tué quatre d'entre nous également.
- J'aurai dû te tuer quand j'en ai eu l'occasion, monstre !
- Oui, tu aurais dû. Mais que vois-je là ? Tes enfants, c'est ça ? Comme c'est touchant ! (imaginez Crowley et ses sarcasmes pour avoir une idée...)
- Tu ne toucheras pas un seul de leurs cheveux !
- Arrête, je vais vomir ! Je suis là pour équilibrer la balance. Ca tombe bien, vous êtes quatre. Et, crois-moi, vous allez mourir dans d'atroces souffrances ! "

Trois autres démons apparurent devant nous. Le premier attaqua Papa, les autres se jetèrent sur nous. Nous nous battions de toutes nos forces mais ils se relevaient sans cesse. Papa commença à réciter la formule d'exorcisme.
"Exorcizamus te, omnis immundus spiritus, omnis...
- Inutile, WINCHESTER, nous reviendrons ! d'un geste du démon, Papa fut projeté et atterrit contre la voiture, fracassant le pare-brise. Sam était au sol, inconscient. Dean et moi étions submergés. Nous ne résistâmes plus longtemps. Rapidement, ils nous tenaient, une lame sous la gorge.
- Bien. Mon cher John, ce fut très divertissant ! Tu les as bien formés !
- Va te faire... foutre ! le démon mit les mains sur son coeur de façon théâtrale.
- Oh ! Tu me fends le coeur ! Il s'approcha de lui, lui releva la tête en le tirant par les cheveux. Mais maintenant, vois-tu, tu vas devoir choisir l'ordre dans lequel je vais les tuer !
- NOOON ! il essaya de se débattre mais le démon lui cogna la tête au sol. Nous criâmes en tentant de nous débattre.
- Alors, dis-moi. Hmmm ? L'aîné ? Dean se débattit mais celui qui le tenait lui assena un coup qui le fit tomber à genou. Ta charmante fille adoptive ? Tu savais qu'elle s'envoyait en l'air avec lui ? Quelle salope ! Il rit. Ou encore le plus jeune ?
- Lâche-moi, immonde fils de pute ! criai-je avant de m'en prendre une à mon tour. Exorcizamus te, omnis immundus spiritus, omnis satanica potestas, omnis incursio infernalis... tentions-nous avec Dean. Mais en vain.
- FAIS-LA TAIRE ! ordonna-t-il à son sbire. Celui-ci me frappa au ventre de toutes ses forces. Mon bébé...
- TARAAA ! hurla Dean. JE VOUS TUERAI ! JE VOUS TUERAI TOUS ! J'étais au sol, les bras sur mon ventre. Je crachai du sang.
- Intéressant... Il relâcha Oncle John et s'approcha de moi. Un enfant, hein ? me demanda-t-il à voix basse. J'en connais un qui sera ravi de jouer avec toi... Lâche-la ! ordonna-t-il à celui qui me tenait. Tuez-les ! Il fit volte-face, siffla et cria : APPORTE ! "

Je hurlai et me jetai devant Dean pour le protéger quand la créature invisible me lacéra les entrailles et m'entraîna dans la nuit, ses crocs plantés dans mon mollet droit.
"TARAAAAAAAA ! "

La dernière chose que je vis fut une lumière blanche éblouissante.
Puis plus rien.


Je me réveillai dans un endroit étrange, sombre, sordide, des hurlements de douleur résonnaient dans tous les coins, des flammes apparaissaient puis s'éteignaient, saturant l'atmosphère de fumées toxiques. C'était irrespirable ! Mes yeux me brûlaient comme si j'avais épluché et émincé un kilo d'oignons.

"Mais elle est réveillée ! Formidable ! Je voulus me défendre mais j'étais pieds et poings liés à une potence de torture. Je me présente : Alastair, serviteur d'Abaddon, Chef des tortures.
- Non ! Non! Non ! Qu'est-ce que je fais là ?
- Bienvenue en Enfer.
- L'Enfer ? Pourquoi ? Où sont Dean et...
- Il y a eu un petit contre-temps les concernant. Mais nous allons passer du bon temps ici, toi et moi. Surtout moi !
- Qu'est-ce que vous allez me faire ? m'écriai-je, terrifiée.
- N'as-tu donc rien écouté, petite insolente ? changea-t-il de ton. Je vais te torturer, encore et encore ! Et quand tu n'en pourras plus, je te ferai une proposition. Il se calma. Mais nous n'en sommes pas encore là...

Il se retourna vers une table d'outils tous plus effrayants les uns que les autres. Comme tu le vois, chère Tara, je possède bien des instruments de torture, mais je vais te présenter... mon favoris. Il exhiba fièrement un rasoir devant mes yeux. Mon rasoir... Il le dit presque amoureusement. Nous en avons découpé du monde lui et moi, il caressa l'intérieur de mon bras droit avec sa lame, nous avons fait couler beaucoup... de sang. Il s'excitait de plus en plus, ses yeux devinrent blancs, de désir. Et nous avons fait hurler les plus réticents... Il taillada mon bras de haut en bas d'une extrême lenteur. La brûlure de la coupure était atroce ! Son souffle s'accéléra, il aimait ça ! Tu résistes ? C'est bien ! ... Je vais te briser, petite Tara... Sur ces mots, il entailla mon flanc. Je me retins de crier, je ne voulais pas lui faire ce plaisir. Tu hurleras, Tara... J' te le garantis... Il me coupa le visage. Quelle ironie ! Le sourire de l'ange ! Il applaudit son oeuvre, admiratif, puis continua de me taillader le corps. La douleur était insupportable. Je faillis m'évanouir maintes et maintes fois. Mais je n'avais toujours pas hurlé !

Tu te crois courageuse, n'est-ce pas ? Mais j'ai ouï dire que tu n'étais pas tout à fait venue seule... Hein ? Quoi ? Il fouilla dans mes entrailles par la griffure de la bête. Oui ! C'est bien cela... un bébé, n'est-ce pas ? Enfin, un bébé ! Il gloussa. Un embryon, pour être plus exact. Hein ? Mon bébé ? Mon bébé ! Non, pas mon bébé ! Il tira d'un coup sec, l'arrachant à moi. C'est donc cela qui te fait tant résister ?
- Je vous interdis de... je chuchotais, épuisée de douleur.
- Quoi ? Que compte-tu faire ? M'en empêcher ? Il l'approcha de mon visage. Dis bonjour à Maman ! Sur ces mots, il le jeta au sol et l'écrasa du pied avec violence.
- NOOON ! Mon bébééé... Dean...
- OUIIIIII ! Jubila-t-il. Je t'avais dit que tu hurlerais...
- Je vous tuerai ! Vous m'entendez ? JE VOUS TUERAIII !"

D'un geste précis et rapide, il me tailla la gorge. Mon sang gicla et se répandit sur mon corps en lambeaux.
"Un peu de silence, que Diable ! Rhaaaa, les jeunes de nos jours... Maintenant que j'ai trouvé ton point faible, il lêcha un peu de sang sur sa lame de rasoir, je vais prendre... hmmm... mon pied !"
Je sombrai dans l'inconscience.


J'étais en voiture avec Oncle John, Dean et Sam sur la route. Ce n'était qu'un cauchemar ! Un épouventable cauchemar !

Sammy était devant avec Papa. Je m'étais endormie sur les genoux de Dean à l'arrière. "The Ocean" de Led-Zepplin résonnait dans l'habitacle. Je serrai mon fiancé dans mes bras.
"Tout va bien, ma puce ?
- Oui, très bien ! J'ai juste fait un cauchemar, un... terrible cauchemar !
- C'est fini. Il m'embrassa tendrement. Je suis là, tout va bien. dit-il en me caressant les cheveux tendrement.
- Quel genre de cauchemar ? demanda Oncle John. "

Je me redressai pour lui répondre quand je vis son reflet dans le rétroviseur interne. Ce n'était pas Papa mais Alastair ! Je me tournai alors vers Dean. Il avait le visage en sang comme s'il avait été passé à tabac. Sam se tourna vers moi, il était calciné.

La tête me tourna et je me mis à hurler...


"Bien reposée, chère Tara ? Oh non ! Cette voix... Bien ! Reprenons. Je ne comprenais pas. J'ouvris les yeux : j'étais de retour en Enfer !
- Non ! Comment avez-vous fait ça ?
- Hmm ! La douce saveur de la peur et du désespoir...
- Où sont-ils ? ...
- Ce n'était qu'une illusion, très chère. Une illusion destinée à te briser un peu plus à chaque réveils... Il éclata de rire, d'un rire qui me glaça l'échine.
- Vous n'êtes qu'un...
- Monstre ? Démon ? Tu n'as que ça en stock ? Un peu d'originalité, que Diable ! Il m'ouvrit le ventre de droite à gauche. Je poussai un hurlement. Bien ! Tu chantes plus tôt cette fois. Mais garde de la voix. Je vais essayer... quelque chose... il plongea sa main par l'ouverture béante qu'il venait de faire. Mais tu sais déjà qui je vais te présenter ? Et à nouveau il me présenta mon bébé.
- Et c'est moi qui manque d'originalité ! répondis-je, acerbe. Du Dean tout craché ! Après tout, je n'étais pas une WINCHESTER pour rien !
- Tu crois ? Grandis, enfant de Dean WINCHESTER et de Tara CAMPBELL. Je vis mon petit bout grandir en accéléré. En quelques instants c'était un beau bébé parfaitement formé, un petit garçon. Notre petit garçon...
- Il a les yeux de son papa, tu ne trouves pas ? J' hurlai de rage, je me débattais mais rien n'y fit. Il grandit encore. J'eus bientôt un petit enfant d'un an devant les yeux, puis cinq, puis dix, quinze et enfin dix-huit. Tara ? je te présente ton fils. Ouvre les yeux, mon grand. Ils étaient noirs. Des yeux de démons !
- NOOON ! J'hurlai d'horreur. JAMAIS ! JAMAIS MON ENFANT DEVIENDRA UN DEMON ! VOUS M'ENTENDEZ ? JAMAAAIIIIIIS !"

Alastair rit à gorge déployée. Et lui aussi. Notre fils... le portrait de son père ! Mon Dean... Qu'était-il, qu'étaient-ils tous devenus ? Etaient-ils toujours en vie ?

Subitement, et de manière tout à fait inopportune, je me souvins d'une conversation que nous avions eue avec son père lors de laquelle nous parlions d'une vie normale et d'avoir des enfants : il aurait aimé appeler son fils Raphaël, comme l'archange. Quand nous étions petits, Tante Mary nous disait toujours que les anges veillaient sur nous quand elle nous bordait la nuit. Raphaël...

Je ne pus réfléchir d'avantage. Il m'adressa la parole :
"Bonjour, Maman.
-Mon bébé, ... je pleurai...
- Pourquoi as-tu caché mon existence à Papa ?
- Je ne lui ai pas caché, chéri ! Je n'ai pas juste pas eu le temps de...
- Foutaises ! Il frappa de toutes ses forces dans l'épaule. J'entendis craquer l'articulation et hurlai pour évacuer la douleur. Tu n'as jamais voulu de moi !
- C'est faux, j' te le jure !
- Menteuse ! Il me frappa du pied et disloqua mon genou. Vous vouliez devenir de vrais chasseurs ! Ce n'est pas un mode de vie convenable pour élever un enfant ! Il me frappa si fort que son bras me traversa le torse. Du sang gicla de ma bouche. Lorsqu'il enleva son bras, je sentis l'air vicié passer par le trou béant qu'il venait de faire. Tu n'as jamais voulu de moi ! "

Je revins à moi une nouvelle fois, Alastair renouvela l'opération. Et mon fils aussi. J'avais beau me défendre, rien n'y faisait. Raphaël me frappait encore et encore. Une fois, il me frappa si fort que j'entendis craquer mes propres cervicales avant de sombrer, à nouveau...

Cette torture me sembla durer une éternité. C'était toujours pareil : je me réveillais face à Alastair après avoir vécu une illusion plus vraie que nature avec mes proches. Il se moquait, se délectait de ma déception, puis me découpait lentement quand ce n'était pas Raphaël qui me disloquait en me reprochant tout un tas d'horreurs. Il y prenait tant de plaisir ! ILS y prenaient plaisir, tout les deux ! Raphaël me détestait tant...
C'était ça la pire des tortures !

Une fois de plus j'étais en lambeaux sur ma potence. Je ne hurlais même plus. Je me balançais lamentablement pendue à mes chaînes. Alastair s'approcha de moi, satisfait.
"Voici venu le temps de te faire ma proposition. Tu te souviens ? Je ne répondis même pas. J'accepte de te libérer. Je le regardais, incrédule. Oui oui, tu m'as bien entendu. Il y a bien-sûr une contrepartie... Sans dèc ? Je te libère, tu descends de ta potence et tu récupères ton intégrité physique mais, en échange... tu tortures les âmes. Avec moi ! Avais-je bien entendu ? Venait-il vraiment de me proposer CA ? Réfléchis bien, Tara. Finie la douleur, finie la torture ! Terminées les illusions ! Alors ? ... Quelle est ta décision ? Il était si certain que j'avais abandonné... Il s'approcha tout sourire.
- Va... au diable ! parvins-je à articuler. Il se redressa et me frappa encore et encore.
- Te crois-tu si forte, Tara ? Hein ? Je t'ai brisée ! Tu n'existes plus ! Tu n'es plus RIEN ! Tu ne reverras JAMAIS tes proches ! Ton fils a disparu dans le néant ! JAMAIS tu ne sortiras d'ici ! Alors pourquoi t'acharner ? Tu n'as plus la moindre volonté, tu es à moi, maintenant Tara ! Tu m'entends ? Tu m'appartiens ! "

Tout à coup, une terrible explosion retentit. L'illusion de mon fils s'évapora, les démons furent désorganisés et Alastair disparut. J'étais éblouie d'une intense lumière blanche... un bruissement d'ailes... une brûlure sur mon crâne...
Puis plus rien. Encore...


Je m'éveillais seule dans la forêt. Tous les arbres autour étaient couchés. C'était une vision apocalyptique. Je me tournais dans tous les sens, la tête me tournait. Un homme en imperméable vint à moi. Il toucha mon front et toute douleur disparut. Plus de sang, plus aucune blessure. Ou presque.
"Celle-ci refuse de guérir d'avantage. me dit-il en montrant du regard la balafre de la bête. Je bondis en arrière tandis qu'il chancelait un instant.
- Qui êtes-vous ? lui demandai-je, agressive.
- Je m'appelle Castiel. Je... je suis un ange du Seigneur...
- Quoi ? un ange...
- Les démons existent. Et nous aussi...
- Je me radoucis. Vous n'allez pas bien, on dirait.
- J'ai utilisé trop ma grâce...
- Où sommes-nous ?
- Dans une forêt... au beau milieu de la Louisiane...
- Mais, j'étais... j'étais en Enfer... Qu'est-ce que...
- Oui, nous avons eu beaucoup de mal à te localiser.
- Vous m'avez sauvée ?
- Je t'ai sortie de la Fosse car ce n'était pas ta place.
- Mais, je ne comprends rien !
- Un chien de l'Enfer t'y as emmenée à la fin de votre combat contre les démons. Des images me revinrent alors. Ca me semblait si loin tout ça...
- Papa ? Dean et Sam ? Sont-ils en vie ? Il a dit "Tuez-les" , et ils...
- Oui, ils sont en vie. Te souviens-tu de la lumière blanche ?
- Oui, comme tout à l'heure...
- Exact. Nous sommes intervenus. Les garçons ont un lourd destin qui décidera de l'avenir de l'humanité...
- Quoi ? Quel destin ? Où sont-ils ? Et mon bébé ?
- Je n'ai rien pu faire pour lui. Mais son âme est montée au Paradis, il y a bien longtemps. J'étais soulagée.
- Mais, et les garçons, alors ? Je dois les rejoindre !
- C'est impossible, Tara. Tu as été gommée de leur vie.
- Quoi ? Comment ça ? Je ne comprends pas. je pleurais sans même m'en rendre compte, complètement dépassée par ce trop plein de revirements et de sentiments, tous plus confus les uns que les autres.
- Je te l'ai dit : ils doivent suivre leur destin. Il en va de la totalité de la création. Et je dois effacer ta mémoire.
- Attendez, NON ! Il me toucha le front. "

Puis plus rien, encoooore... Ca devenait lassant !


Je me réveillai à l'hôpital. J'ignorais ce que je faisais là. Une infirmière entra, une dame caribéenne, d'une cinquantaine d'années.
"Vous êtes enfin réveillée, jeune fille ! s'écria-t-elle en souriant.
- Je... j'ai soif...
- Bien-sûr. Elle me donna un verre d'eau. Là, doucement. Alors ? Vous sentez-vous en état d'expliquer ce qu'il s'est-il passé ? Je regardais partout autour de moi.
- Je ne sais pas...
- Ce n'est pas grave mon chou. Je vais vous dire ce que je sais, d'accord ? Un homme en imperméable vous a déposée, il nous a donné ce sac qui vous appartient. Nous n'y avons pas touché. Elle prenait son temps pour m'expliquer.

Il a dit que vous vous appeliez Tara CAMPBELL, née le 24 février 1979 mais il n'a pas précisé où. Vous ne portiez que vos vêtements en lambeaux et vos bijoux. Il a dit vous avoir trouvée blessée au bord de la route, probablement une attaque d'animal. C'est courant dans le coin. Ca ne vous dit rien ?
- Non. Rien du tout.
- Vous avez une importante lacération à l'abdomen. Ce qui est étrange c'est qu'elle est en partie cicatrisée, mais elle est encore profonde. Nous avons du pratiquer une intervention. Vous comprenez ? Elle attendait une réaction de ma part mais je n'en eu aucune.

Il y a autre chose... Elle prit un air grave. Lors de vos examens sanguins nous avons trouvé des traces de l'hormone de grossesse, la HCG. Ce qui signifie que vous étiez enceinte... lors de votre attaque.

J'eus quelques vagues images, des flashs, qui m'apparurent. Je revis un écran d'échographie...
- Je ne sais pas, peut-être oui... je ne me souviens pas...
- Vous avez de la famille ? Le père, peut-être ?
- Je ne sais pas ! répondis-je agacée en commençant à pleurer. Je ressentais un immense vide en moi mais... je ne me souvenais de rien.
- Ce n'est pas grave, Tara. Vous devez souffrir d'amnésie due au choc post-traumatique. Elle me caressa le dos dans un élan maternel. Je vais vous laisser, vous avez besoin de vous reposer. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, ou si vous avez le moindre souvenir qui puisse nous aider, sonnez à l'aide de ce bouton rouge. Je suis de garde ce soir."

Elle sortit. Je me tournai dans mon lit et pleurai de plus belle. J'avais l'impression qu'un océan demandait à s'échapper par mes yeux ! Je me sentais si seule...

Dans le couloir :

"Comment va-t-elle ? demanda le docteur qui sortait d'une consultation.
- La pauvre petite ne se souvient de rien.
- Ca doit être l'amnésie due au stress post-traumatique. Espérons que ça reviendra.
- Et si ce n'est pas le cas ? Demanda-t-elle, des sanglots dans la voix.
- Suzan, je sais qu'elle vous rappelle votre fille mais ne vous impliquez pas trop émotionnellement.
- Mark ! Elle était seule dans les bois. Et si elle n'avait plus de famille ?
- Une fugueuse ? La police va diffuser son signalement. Il faut attendre. Et si personne ne se manifeste ce seront les services sociaux qui s'en chargeront, comme elle est encore mineure.
- Dix-neuf ans et complètement seule... Pauvre petite ! "

Je me sentais terriblement seule ! J'avais la certitude que je n'y étais pas habituée. La preuve, j'avais été enceinte ! Je ne me souvenais d'absolument rien ! Qui j'étais, d'où je venais... Quels étaient mes amis, ma famille, mon copain ? Je devais bien avoir tout ça quelque part. Je n'avais pas fait ce bébé toute seule ! Etait-ce le super beau mec que j'apercevais parfois dans mes flashs ? Probablement. D'où venaient-ils ces flashs, d'ailleurs ?

La nuit, je faisais d'horribles cauchemars. Quand elle était là, l'infirmière, Suzan, venait et me réconfortait. Elle était très gentille et me prenait dans ses bras, comme une mère. Elle me disait que ce n'était qu'un cauchemar, que ce n'était pas réel. Elle vérifiait mon pansement, le changeait quand c'était nécessaire et m'apportait souvent de la tarte aux pommes maison car j'adorais ça. Elle venait passer ses journées auprès de moi quand elle ne travaillait pas. Nous étions devenues très proches lors de ces deux mois de convalescence.
Elle m'avait raconté qu'elle avait perdu sa fille unique dans un accident de voiture l'année dernière. Elle s'appelait Adalyne et aurait mon âge cette année. C'était terrible ! Les enfants ne sont pas censés mourir avant leurs parents...

Je lui avais fait part de mes flashs. Elle me disait que c'était ma mémoire qui se manifestait mais qu'il faudrait être patiente. Cela pouvait prendre du temps, voire ne jamais revenir. Elle m'avait également confié, après un certain temps, que mon utérus avait subi d'énormes dommages. Ils avaient fait leur possible au bloc mais je ne pourrai, très probablement, plus jamais avoir d'enfant.

J'avais vraiment tout perdu dans cette attaque !

A suivre...


Voilà la fin de ce chapitre. J'espère ne pas vous avoir trop choqués XD.

Pour celles (et ceux) qui auront noté que le prénom Adalyn ne leur est pas inconnu, c'est normal, je l'ai chipé à GRIMM.

Voilà, voilà. La suite dans une semaine *bisous**coeurs*