CHAPITRE 6 :
Chapitre un peu plus dark, âmes sensibles s'abstenir !
Langage peut-être un peu haut en couleurs ;) et quelques termes militaires utilisés.
Je suis un peu cruelle avec mon personnage mais c'est pour mieux arranger les choses sur du long terme, je vous rassure ! Et puis, il faut bien rester dans l'esprit de la série, sinon ça ne serait pas logique :p
Prenez bien votre temps pour lire car sinon le temps qui s'écoule semble court. Je suis bien obligée de faire passer le temps rapidement ;)
Bonne lecture ;)
Disclaimer : Supernatural ne m'appartient toujours pas.
Les services sociaux me confièrent à Suzan. D'après leur enquête, personne au nom de CAMPBELL ne me connaissait. Ils avaient trouvé mes parents, James et Kelly CAMPBELL, décédés dans un accident de voiture à Lawrence Kansas, il y avait quatorze ans. La femme était enceinte à sa mort.
Ils avaient également trouvé des documents qui attestaient que ma garde avait été confiée à Mary WINCHESTER, parente à je ne sais quel degré. Elle était mariée et avait deux enfants. Mais elle décéda tragiquement dans un incendie étrange peu après. Le reste de la famille avait disparu. Il y avait quelques inscriptions scolaires mais plus aucune trace de moi. Monsieur WINCHESTER et ses fils étaient introuvables. Pourtant, ils avaient essayé. Soit disant...
Je ne me souvenais pas. Ni de mes parents, si c'était bien eux, ni de ma famille adoptive. C'est surement eux que je voyais dans ma tête dans ces flashs flous.
J'avais une drôle d'impression à leur propos... difficile à décrire : j'avais ouvert mon sac un soir. Il contenait bien-sûr des vêtements, de style militaire pour la plupart. De la jolie dentelle pour les sous-vêtements mais le plus étonnant était le desert-eagle calibre 44 chargé, une boîte de munitions en argent, un chapelet, une flasque d'eau bénite, des couteaux... Mais le plus dingue, c'est que je savais tous les manipuler ! J'avais également un walkman avec une k7 de Led-Zepplin. Dessus était écrit "Pour toi ma puce, Dean." La sensation étrange que j'avais se renforçait quand je pensais à tout ça. C'était flippant qu'il y ait des armes dans mon sac et que je sache les utiliser !
J'avais aussi découvert une fausse carte d'identité avec ma photo mais ce n'était pas mon nom : Tamy THORSTON et dessus j'avais presque vingt-deux ans. Mais quelle était notre activité ?! Pourvu qu'on ne soit pas des tueurs ou quelque chose de ce genre !
Je décidai de garder tout ça, persuadée que ça me serait utile un jour. Après tout, si je les avais, ce n'était probablement pas pour rien !
J'emménageai donc chez Suzan. Elle se battit pour que j'entre à l'université du coin malgré que le semestre était entamé. Elle me l'offrait avec ce qu'elle avait économisé pour sa fille, ce qui était adorable de sa part. Nous avions découvert que j'avais des aptitudes (barbares !) aux soins. Alors elle me poussa dans cette voie. Je fis mes études en vue de devenir infirmière, comme elle. Et puis, c'est toujours utile !
Je fis toute ma scolarité sans trop de difficultés. Contrairement aux autres élèves, je participais très peu aux fêtes d'étudiants. J'étais très solitaire, limite sauvage. Je m'étais inscrite au club de tir : j'adorais ça et j'étais franchement douée, sans me vanter ! J'essayais tous les sports, notamment les sports de combat. J'aimais me battre et j'encaissais particulièrement bien.
Je m'intéressais également à tout ce qui était ésotérique, aux mythes et légendes. J'essayais de comprendre pourquoi j'avais des balles en argent. Bon, ok, on connait tous les mythes des loups-garou. Mais dans mes recherches, il y avait d'autres créatures qu'on pouvait éliminer avec (polymorphe, zombie, ghoules, ou d'autres encore mais avec des lames en argent, souvent mêlées à autre chose, comme du sang d'animal par-exemple !)
Je ne comprenais rien, ça commençait à me rendre folle ! Plus je creusais dans cette direction plus j'avais l'impression de toucher au but mais sans y parvenir.
Je faisais de plus en plus de cauchemars et les flashs me perturbaient, même en cours. Les autres commençaient à me prendre pour une cinglée. Et sincèrement, moi aussi.
J'avais une impression de déjà vu quand tous chuchotaient dans le couloir à mon passage. Ils pouvaient bien dire ce qu'ils voulaient je m'en contrefichais. Mais un jour un imbécile que j'avais rembarré lorsqu'il m'avait fait des avances m'interpela :
"Hey, miss Bizarre ? Toujours dans tes cauchemars de monstres ? ses amis se moquaient derrière. Une colère sourde montait en moi, je revoyais une scène équivalente au lycée dans ma tête.
- Qu'est-ce qu'il y a, Jason ? T'as pas aimé que j' te dise non ? Vas jouer aux billes avec tes potes et lâche-moi !
- Qu'est-ce qui y a ? T'es vierge, c'est ça ? Allez, décoince-toi, la Zarbi ! Il me saisit par le bras. Je ne sais comment, j'utilisai son élan contre lui il finit au sol coincé par une clé de soumission. Sauf que je ne l'avais pas apprise ici, celle-ci ! Bizarre...
- Lâche-moi, salle garce ! Tu vas le regretter !
- Je crois pas, non ! Je lui cognai la tête au sol et le menaçai. Si tu m'emmerdes encore une fois, p'tite bite, j' te garantis que ta propre mère ne te reconnaîtra pas ! Je tirai sur son bras afin qu'il sente bien que je pouvais lui déboîter ou le casser d'un seul geste. Et ne m'appelle plus JAMAIS la Zarbi ou autre débilité de ton cru, suis-je claire ? Je le relâchai. CONNARD ! "
A compter de ce moment j'eus à peu près la paix. J'étais vraiment devenue la fille flippante à ne pas emmerder... Mais pas plus de réponses.
Je terminai mes études mais au lieu de chercher un job d'infirmière je décidai de m'engager. Chez les Marines.
Encore une décision prise à cause d'un flash : j'y voyais un homme, mon père adoptif je pense, qui nous montrait son insigne et qui nous entraînait, les garçons et moi. Suzan n'était pas ravie mais elle comprenait que je veuille explorer les pistes pour retrouver la mémoire.
Tout se passa très vite. Je m'engageai et fis vite partie des meilleurs. On me confia un certain nombre de missions sensibles dont certaines en rapport avec toutes ces légendes qui m'attirait tant. Je fis très vite partie d'un groupe spécial, secret.
Une unité avait disparu et nous devions les retrouver. Nous partîmes de nuit. A quelques kilomètres du camps, nous trouvâmes le premier corps, un trou béant à la place du coeur. J'avais déjà vu ça ! Même si je ne m'en souvenais plus, mais je le savais...
"Que lui est-il arrivé ? demanda le sergent après que j'eus examiné le corps.
- Une créature lui a arraché le coeur. répondis-je.
- Quelle créature ? Qu'est-ce qui peut faire ça ?
- J'ai une petite idée. intervint l'un d'entre nous.
- Arrête avec tes histoires de monstres, Randy !
- Il a raison ! A quoi sert notre unité si ce n'est pour ce genre de chasse ? Mais pourquoi ai-je dis "chasse", moi ?
- CAMPBELL, nous sommes une unité d'élite. Nous allons là où nulle autre unité ne réussirait. Secret Défense ! me répondit aimablement un de mes camarades !
- Sergent ! Il existe des créatures et bien des choses qui dépassent l'entendement. Je dirai que nous avons à faire ici à un loup-garou. dis-je, sans avoir aucun contrôle sur ce qui sortait de ma bouche. L'autre éclata de rire.
- Un loup-garou ? Mais t'es vraiment pas bien ! se moqua le premier. Sergent ? On ne peut pas aller au charbon avec deux cinglés pareils !
- Silence ! ordonna le sergent. J'ignore à quoi nous avons à faire ici. Ce qui est certain c'est que l'unité que nous cherchons a subi une attaque, que ce soit d'un loup-garou, d'un animal sauvage ou des trois petits cochons ! Alors un peu de concentration, messieurs !"
Nous continuâmes d'avancer mais nous n'étions pas seuls dans ces bois. Soudain, un hurlement retentit derrière nous. Bill, qui s'était moqué de moi, avait disparu. Nous étions sur nos gardes. Des bruits retentissaient de toute part. Nous étions encerclés. Terry et Andrew étaient morts de peur. Randy était dos à moi, calme. Le sergent était nerveux. Une branche craqua à 4h suivie d'un grognement. Terry et Andrew s'enfuirent :
"On va tous crever, ici !
- Non, revenez ! Mais les ordres su sergent étaient inutiles. Des cris et des bruits répugnants s'en suivirent.
- Comment connais-tu ces créatures, Randy ? demandai-je.
- Affaires de famille. Et toi ?
- Pareil. Je crois... Sergent ?
- Je savais que certaines choses rôdaient dans le noir mais... mon affectation est récente... s'excusa-t-il.
- Il va falloir les forcer à attaquer. Ils veulent nous séparer. Tirez en rafale, ça va les énerver. Je n'avais toujours aucun contrôle sur ce qui sortait de ma bouche, ça sortait tout seul !
- Ca les tuera ? demanda le sergent.
- Non ! Mais ça les ralentira.
- T'as des balles en argent sur toi ? demanda mon camarade chasseur. Je m'attendais pas à ça, j'ai pas mon flingue perso !
- Oui. J'ai ma propre arme et mes mun. (diminutif militaire de munitions).
- D'où tenez-vous ça, CAMPBELL ? j'aimerais bien le savoir aussi...
- Croyez-moi, vous tenez pas à le savoir, Sergent. Tirez ! "
Tout se passa comme je l'avais prévu. Randy et le Sergent tirèrent en rafale dans les fourrés. Les loups sortirent de leur cachette et commencèrent à attaquer. J'en tuai un d'une balle en plein coeur, à bout portant, puis un deuxième. Sans que j'ai eu le temps de faire quoi que ce soit de plus, Randy se fit attaquer. Bordel de cul ! Je rencontre un chasseur et il se fait avoir ! Fait chier ! Il hurla :
"TUE-MOI, TARAAA ! Je m'exécutai, une boule au ventre, avant de ne plus le voir dans l'obscurité.
- Pourquoi l'avoir tué ? demanda le Sergent, choqué.
- La légende, Sergent.
- S'il se fait mordre il en devient un, c'est ça ?
- S'il survit, oui. J'ai pas envie de prendre le risque ! Et il est préférable e mourir ainsi qu'en se faisant déchirer la poitrine et arracher le coeur. Cependant, j'ai eu Randy mais pas celui qui l'emportait.
- Qu'est-ce qu'on fait ?
- A vrai dire, tout dépend.
- Comment ça ?
- On en a eu cinq, on a décimé sa meute. C'est assez rare qu'ils soient d'avantage. Il va vouloir se venger. On n'aura pas longtemps à attendre avant qu'il ne revienne. Un conseil : si vous voulez pisser, faites-le maintenant.
- Ca ira, sourit-il, merci. "
Nous avançâmes du côté du corps de Randy, toujours sur nos garde. Sans bruit, la créature fondit sur moi. Elle devait avoir compris que c'était moi qui avait les munes. (munitions, diminutif employés par les militaires et autres corps d'armes). Mon arme tomba au sol, je me battais à mains nues jusqu'à ce que je réussisse à me saisir de mon couteau dans ma botte. Mais il était robuste, le con ! J'en prenais pour mon grade ! Je le frappais mais sans jamais atteindre son coeur. Le Sergent ramassa mon semi-automatique et visa. La créature s'affala sur moi, raide. Elle reprit forme humaine. C'était Dwayne, un frère d'arme. Pas de doute.
Nous fîmes une reconnaissance pour nous assurer que les lieux étaient clairs et ramasser les plaques et les bandes patro (patronymiques, autre terme militaire) de nos camarades, tombés au combat, pour ceux que nous retrouvâmes.
Peu avant l'aube, nous rentrâmes au camp, saints et saufs. Nous n'étions plus que deux. Sur le chemin, je lui expliquai qu'il ne fallait pas dire la vérité mais parler d'attaque animale en restant vague. Du moins, pour la version officielle. La hiérarchie, elle, était clairement au courant. Il garda également le secret sur mon arme.
J'étais étonnée qu'un supérieur ne soit pas plus au courant que ça de notre mission, mais aussi et surtout d'en savoir autant moi-même, sans rien vraiment savoir puisque je ne m'en souvenais pas, et de mes aptitudes. J'avais eu chaud !
Un an plus tard, nous fûmes affectés à une compagnie pour le front, en Irak. Le Sergent perdit la vie sous une attaque ennemie. Grace à lui, j'avais marqué des points auprès des hommes et surtout auprès de la hiérarchie. Après deux ans de maintient de l'ordre, j'eus une vraie permission bien méritée, de plusieurs mois. J'en profitai pour quitter le nid et m'installer. Après tout, à vingt-six ans, il était temps !
Suzan suivait l'évolution de mes flashs. Elle savait que j'y voyais une Chevrolet Impala Noire. Je savais qu'elle était de 67. Elle avait cessé de me demander comment je pouvais affirmer une chose sans m'en souvenir. Ainsi, elle ne chercha pas et m'encouragea à rechercher une de ces voitures. Grace à ma solde (ma paye) que j'avais économisé depuis cinq ans je pus m'en acheter une, rubis sur l'ongle. C'était une affaire, elle était accidentée et le propriétaire ne touchait pas une bille en mécanique. Bien qu'une fois de plus je ne savais ni d'où ni pourquoi, moi si. Je passais la quasi totalité de ma perm (permission) dessus.
Quelques détails différaient mais c'était la même ! Quand elle fut en état, j'étais folle de joie ! Mais je n'eus pas tellement le loisir d'en profiter : Suzan voulait discuter. Elle savait que je lui cachais quelque chose et voulait savoir quoi. Et elle ne me lâcherait pas.
"Ecoute, ma chérie. Je m'inquiète pour toi. Tu fais des recherches inquiétantes sur des créatures surnaturelles, tu mets du sel aux fenêtres, tu gardes ton arme sous ton oreiller quand tu ne la portes pas sur toi. Tu sais que tu peux tout me dire...
- Maman, ... pas dehors ! Nous rentrâmes. Ne me prend pas pour une folle, s'il te plaît.
- Toute infirmière que je suis, je crois aux fantômes et aux forces inconnues. Je vis à la Nouvelle Orléans depuis toujours ! Le voodoo, le hoodoo et j'en passe, je connais. J'ai vu aussi le pentacle entouré de flammes tatoué dans ton dos... C'est un symbole protecteur contre le Diable ou toute créature démoniaque.
- Tout ça a un lien avec mon passé. La première fois que j'ai ouvert mon sac j'y ai trouvé des choses... peu communes.
- Le chapelet ?
- Oui, mais aussi des couteaux, une arme et des balles en argent.
- Tu veux dire que les "loups-garou" existent vraiment ?
- Oui. Mais pas que. J'ai fait des recherches à l'université. J'ai fait partie d'une unité d'élite chargée de retrouver des hommes qui avaient été attaqués. On a éliminé toute une meute. Il y a eu d'autres affaires mais je n'ai pas le droit d'en parler, même à toi. Secret Défense.
- Oui, bien-sûr, je comprends. Oh, mon Dieu !
- Sur mon temps personnel je continue mes recherches. Il y a des légendes comme celle des Hommes de Lettres, le Colt, ... Je commence à avoir une certaine connaissance dans ce domaine et je règles quelques petites affaires de temps à autres. Je sais qu'il y a des familles "spécialisées" là-dedans, ce sont des chasseurs.
- Des chasseurs ? Et tu penses que dans ton passé...
- C'est possible... Ca expliquerait bien des choses...
- J' te vois venir... tu veux te lancer, c'est ça ?
- Je veux surtout saisir ma chance de savoir d'où je viens. J'ai encore quelques années à servir et dès que possible je me lance.
- Je te soutiens, ma grande. Même si je ne te cache pas que je ne suis pas rassurée...
- Advienne que pourra. Ecoute, à ce sujet, je t'en supplie n'en parle pas, ne change pas tes habitudes... on ne sait jamais ce qui peut nous suivre ou nous entendre.
- Ne t'inquiète pas, je ne vais pas le crier sur tous les toits ! Mais dis-moi, je viens de penser à un truc : tu n'aurais pas besoin d'un garde-meubles, au cas où ? Si tu as besoin de matériel, de vêtements, d'armes, de conserves... Comme on fait pendant la guerre. Parce que c'est une forme de guerre, ça.
- En effet. Ca pourrait être une idée, oui. Mais avec la place pour Baby.
- Pour quoi ?
- Je... il l'appelait comme ça... ajoutai-je, confuse.
- Le jeune homme ? Ton copain dans tes flashs.
- C'est ça. En revanche, comme tu l'imagines bien, l'espérance de vie n'est pas optimale... dans ce métier.
- Pas plus que dans celui de soldat ! Dans tous les cas, que Dieu te garde, ma chérie ! " A ces mots, elle se signa. Elle était très croyante.
J'étais ravie qu'elle le prenne comme ça. J'aurais du lui en parler plus tôt ! Elle aurait pu m'aider à traverser tout ça.
Je devais aller me reposer car dès le lendemain je prenais l'avion pour Mossoul. Ca me chagrinait d'abandonner ma merveille au garde-meubles car pour reprendre Patrick SWAYZE dans "Dirty Dancing" : "On ne laisse pas Bébé dans un coin !"
Je demandais à Suzan de veiller sur mon appart, surtout pas à rythme régulier. Mais j'avais toute confiance en elle.
Lorsque j'atterris, je fus rapidement priée de me présenter à la hiérarchie. J'étais une fois de plus affectée à une unité spéciale, Secret Défense. Les autres membres de l'unité et moi-même serions brieffés sur place. Dès le lendemain nous fûmes envoyés dans un bled paumé au nom imprononçable. Une fois dans le bunker on nous fit faire une reconnaissance des lieux et là nous comprîmes. Pitié ! Tout mais pas ça ! Pour dire les choses vulgairement nous étions l'équipe de torture !
Ils avaient appris Dieu seul sait comment que j'étais infirmière et mon rôle allait être crucial : j'étais responsable de la formation de l'équipe (points sensibles, zones douloureuses, mortelles, etc...) et notre mission était de maintenir les "traîtres" en vie jusqu'à ce qu'ils crachent le morceau puis de les achever !
J'étais horrifiée ! Je revivais mon cauchemar. Sauf que je n'étais pas sur la potence, j'étais le bourreau !
Je passais ainsi un mois à former les gars, leur apprendre les produits, leurs effets..., comment ramener quelqu'un, bref... Je pris mon rôle très au sérieux, pour essayer d'oublier le but premier. Puis les hostilités commencèrent...
Ca me rendait malade ! En quelques mois, iIl y eut quelques rebelles, quelques soldats, beaucoup de civils. Comme ils étaient résistants à la douleur on me demanda de trouver quelque chose d'assez violent mais de non mortel tant que je n'aurai pas reçu l'ordre final. Je dus donc mettre au point un cocktail d'anabolisants qui provoquerait une crise cardiaque et, de l'adrénaline injectée directement dans le coeur les réanimerait dans la foulée. Je prévins mes supérieurs que ce cocktail pouvait être léthal car je ne pouvais quantifier et réaliser les doses en fonction de chaque patient. Je reçus l'ordre de faire mon maximum.
Il n'y eut aucun accident avec les quatre premiers, mais le cinquième était un adolescent. Le torturer me torturait car je revoyais le plus jeune des garçons de mes flashs et ça me déchirait !
"CAMPBELL ?
- Lieutenant ?
- Le Colonel veut vous voir.
- A vos ordres. Je me rends à son bureau. Mon Colonel. le saluai-je.
- CAMPBELL, ravi de voir l'infirmière sans qui cette opération aurait été un échec. Rajoutes-en, trouduc !
- Dois-je comprendre que mon... travail vous convient, Monsieur ?
- En effet. C'est tout à fait excellent ! ... Mais vous convient-il ? A vous ?
- Je ne comprends pas, Monsieur. Ho ! Ho ! Ca pue !
- J'ai ouïs dire que vous étiez parfois... fébrile lors de vos séances. Tandis que vous n'avez pas reculé devant "l'animal" qui attaqua l'unité Bravo dans vos débuts... Je ne bronchais pas, je voyais très bien où il voulait en venir... Voilà bientôt sept ans que vous avez intégré le corps des Marines. Vos états de service sont remarquables ! Il serait préjudiciable que vous ne teniez pas la route face à ces traîtres rebelles...
- Je comprends, Monsieur. Je vais me reprendre.
- Je l'espère, CAMPBELL. Je vous le souhaite. Rompez ! "
Je venais d'être menacée par le Colonel en personne ?! J'avais tout intérêt à me tenir à carreaux ! Seulement, je perdais le sommeil. Dès que je fermais les yeux, j'étais assaillie de cauchemars ! J'y voyais celui que j'avais déduis être mon copain à cause de mes flashs, mais il était un peu différent, comme si ce n'était pas vraiment lui. Ces cauchemars étaient souvent fractionnés. Ses yeux étaient noirs et il me frappait, disloquait mon corps. Il me frappait de toutes ses forces, me traversant de part en part et me disait des horreurs !
A chaque fois, je m'éveillais en hurlant. Chaque fois que je m'assoupissais, je faisais le même abominable cauchemar ! C'était devenu quotidien depuis que j'étais ici, à faire ce que je faisais, à savoir, depuis six mois. Après deux ans de maintient de sécurité, après cinq ans d'unité spéciale. (j'avais 29 ans.)
Nous en étions à une centaine de victimes, de "traîtres". La plupart étaient des gens brisés par la guerre qui avaient pris les armes contre l'ennemi Américain venu se mêler de ce qui ne le regardait pas pour mieux assoir sa puissance grâce aux puits de pétrole sous couvert d'humanitaire.
Malgré moi, je pensais au Marvel IRON MAN. Quand Tony STARK se fait enlever et blesser par une arme qu'il avait lui-même créée et qui fut vendue à l'ennemi par les Etats-Unis, en l'occurance, par son collaborateur. Un ver dans la pomme et tout le fruit est pourri ! Je sais, je suis cynique !
Je me demandais si ce que je faisais était juste. Je veux dire, je savais que non mais... Le but officiel de notre présence sur ce territoire était la lutte anti-terroriste, suivie de la protection des civils auxquels nous apportions aide et sécurité en ces temps troublés. Mais, officieusement, je devais obéir aux ordres dans l'ombre du bunker militaire, dans mon labo. Le Colonel me l'avait clairement fait comprendre. Tout cela me dégoutait, me révulsait ! Comment pouvions-nous nous jouer ainsi de cette malheureuse population qui nous faisait, plus ou moins, confiance ?
Nous étions les forces de l'ordre, issues d'un puissant pays développé, si ce n'est le plus puissant d'ailleurs. Je ne comprenais pas. Mon esprit rebelle se réveilla à mon bon souvenir et pour la première fois, j'envisageai de désobéir aux ordres. Tout ceci était inhumain ! Ce n'était pas pour ça que je m'étais engagée ! Le plus discrètement possible, je fis quelques recherches. J'étais plutôt douée en informatique et pouvais craquer presque tout. Sans compter que j'avais un niveau d'autorisation élevé qui me permettait une grande marge de manoeuvre. J'y passais mes deux hebdomadaires de jours de temps libre avec mon ordinateur personnel. Au cas où, j'avais installé un dispositif d'effacement automatique si je ne me connectais pas quotidiennement et/ou si quelqu'un essayait d'accéder à mes dossiers sans saisir le bon code : 24/01/1979. Paranoïa quand tu nous tient !
Je savais déjà qu'un angle existait dans le labo, par-rapport aux caméra. Il me suffisait d'attendre l'occasion.
Ce soir là, celui où j'avais pris ma décision, je fis bien-sûr le même cauchemar mais il finissait différemment : alors que je chancelais lamentablement pendue à mes chaînes, l'autre démon, ce Alastair, me proposait de me libérer si j'acceptais de devenir bourreau. Avec mes dernières forces, je refusais. Il se mettait en colère lorsqu'une lumière blanche apparut puis plus rien. D'ordinaire, c'est à ce moment précis que je me réveillais. Cette fois-ci, je me réveillais dans les bois et un homme en imperméable me soignait puis me dit "Je m'appelle Castiel." Pour la première fois, je ne m'éveillai pas en hurlant.
Au matin, ma nouvelle victime était une jeune fille de 16 ans. C'était la fille d'un chef rebelle qui parvenait encore à échapper à nos services. J'étais terrifiée à l'idée de la torturer. Je refusai. Mais le Colonel ne l'entendit pas de cette oreille.
"Voulez-vous vous rebeller, Lieutenant ?
- Non, Monsieur. Mais ce n'est qu'une enfant, je refuse de...
- Vous rendez-vous compte que faire obstruction peut faire de vous une traîtresse aux yeux du gouvernement ?
- Je... oui, Monsieur.
- Etes-vous consciente que cette jeune fille devait se marier ? changea-t-il de ton. Qu'elle est donc adulte, ici ?
- Non, Monsieur, je l'ignorais.
- Ainsi vous comprendrez qu'elle peut passer sur votre table, puisque c'est ce qui vous pose problème ?!
- Oui, mais...
- Vous allez le faire, CAMPBELL ! Son ton devint très menaçant. Sinon je la jette en pâture aux hommes, entièrement nue, avec la directive d'en faire ce qu'ils voudront ! Il se mit à rire, le porc ! Préférez-vous cela, ma chère ?
- Vous ne feriez pas... heu, je... non, Monsieur. Je bouillais intérieurement. Son of a bitch !
- Bien. Je ne veux plus entendre quoi que ce soit à votre propos, CAMPBELL. Faites encore des vagues et vous passerez vous-même sur cette table. Suis-je clair ?
- Oui, Monsieur. Très clair !
- Rompez ! "
J'étais en rage ! Si je le pouvais, j'exploserai quelqu'un !
Je n'avais plus le choix, je devais coopérer ! Je ne pouvais laisser cette jeunette servir d'esclave sexuelle, et encore moins atterrir moi-même sur cette table. J'en frissonnais d'horreur !
Elle s'appelait Zahira. Elle était fiancée à un certain AbdelHamid. Ils devaient se marier demain et organisaient les préparatifs quand ils ont été attaqués voilà déjà une semaine. Tandis que je préparais le matériel, elle me parlait, me racontait tout. Tout ce qu'ils avaient subi durant cette semaine atroce : affamés, assoiffés, lui était attaché, tabassé dans le but de lui faire cracher où se trouvait son beau-père, ce qu'il organisait, les moyens dont il disposait...
Comme le jeune homme ne parlait pas, elle fut amenée dans la même cellule, frappée puis dénudée, elle fut ensuite attachée et violée à plusieurs reprises sous ses yeux. Lui fut égorgé et éventré. Après plusieurs jours d'enfermement avec le cadavre de son fiancé, elle était là, sur ma table, résignée à la mort.
Etait-ce le sort qui m'était réservé si je refusais ? J'en étais convaincue. Je n'avais pas le choix : la mort dans l'âme, je commençai ma besogne. Entre deux cris, elle avoua ignorer où était son père, disparu depuis plus de six mois. Il n'avait plus jamais donné de nouvelles. Elle le croyait mort. Et je la croyais. Ca ne pouvait être que la vérité ! Mais j'étais obligée de lui injecter MON cocktail. Je le préparai dans l'angle mort que j'avais repéré. Mais ne pouvant plus lui infliger quoi que ce soit de plus, je fis une solution léthale rapide. Je lui chuchotai que je la croyais, que j'aurai aimé la sauver mais que j'avais des ordres et que si je ne le faisais pas, je subirai le même sort qu'elle, que j'allai abréger ses souffrances et qu'elle devait jouer le jeu des convulsions. Je lui injecterai la solution en faisant mine de vérifier son pouls.
Elle comprenait, elle avait vu que je n'y prenait aucun plaisir. Je fis mine de la piquer. Elle attendit quelques secondes et se mit à se tortiller et à crier. A mon signal, elle fit mine d'étouffer puis je vins "prendre son pouls" pour lui injecter réellement le produit. En quelques secondes, elle fut partie, libérée. Pauvre enfant !
J'étais dévastée ! Le médecin militaire, qui nous avait rejoint depuis seulement quelques mois, vint constater le décès. Mon coeur battait à tout rompre. Allait-il se rendre compte de quoi que ce soit ? Le couperet tomba : "Décédée". Il sortit sans rien ajouter. Oufff !
J'attendais l'ordre de quitter la pièce. Une fois autorisée, je tentais de me maîtriser pour ne pas partir en courant. Je m'enfuis le plus calmement possible jusqu'à mes quartiers où je m'enfermai. Une fois seule, je m'adossai à la porte et me laissai tomber au sol. La crise de panique me submergea en un instant. Je ne pouvais plus respirer, j' haletai comme un naufragé en pleine tempête en train de se noyer. Les larmes coulèrent, je ne contrôlai plus rien. J'avais chaud, j'étouffai, j'étais en sueur. Je parvins à me dévêtir tant bien que mal et me rendis sous la douche. J'allumai l'eau froide qui m'arrosa et m'apaisa immédiatement. Assise contre le carrelage, je me calmais petit à petit.
L'eau glacée commença à me faire grelotter, mais j'allais mieux. Du moins, physiquement. Je me relevai, coupai l'eau et m'enroulai dans ma serviette avant de m'étaler sur mon lit où je m'assoupis. Mais le repos fut de courte durée. Une fois de plus je me retrouvai suspendue à ma potence, les deux démons face à moi. Raphaël, celui qui disait être mon fils ?, me frappait. Encore et encore. Il me demandait des choses que je ne comprenais pas. Je ressentais la douleur et je savais la mériter cette fois. Avec ce que j'avais fait ! Comme à chaque fois, toutes mes articulations furent disloquées les unes après les autres. Comme à chaque fois, son bras me transperça le torse. L'autre me proposa un marché que, comme à chaque fois, je refusais. Une explosion. Ce fut la panique. Raphaël disparut. L'autre aussi. Et l'intense lumière blanche m'aveugla. Je savais que j'étais sauvée. L'instant d'après, j'étais perdue dans une forêt dévastée. Je le cherchais. Je savais qu'il allait apparaître. Quand enfin il se montra, je me jetai dans ses bras.
"Castiel !
- Je suis un ange du Seigneur.
- Je suis en Enfer !
- Nous ne pouvons rien pour t'aider.
- Quoi ? Mais vous m'avez sauvée ?!
- Retourne dans la Fosse ! "
Il changea. Ses yeux s'enflammèrent, comme tout autour de moi. Son visage se transforma en celui du Colonel GRIFFIN. Un animal planta ses crocs dans mon mollet et m'entraîna. Après un court instant, je m'éveillai. Non plus suspendue à ma potence mais allongée sur une table. MA table, dans MON labo ! Face à moi, une femme apparut. C'était moi ! C'était moi cette femme ! Elle me regarda et je pus constater ses yeux noirs. Des yeux de démon ! J' hurlai. J' hurlais et me débattais puis elle me planta une seringue dans le coeur.
"Meurs, traîtresse ! "
A suivre...
Oui, je sais, ce chapitre est assez dur. J'avoue avoir eu moi-même du mal à l'écrire. Mais tout ça c'est pour une bonne raison.
Vous en saurez plus ultérieurement ! En tout cas, merci de votre fidélité pour ceux et celles qui en sont arrivés là, ça veut dire que mon histoire vous plaît. J'espère que cela va durer ;)
A bientôt pour un nouveau chapitre ;) :*
*bisous**coeurs
