CHAPITRE 7 :

Coucou, nouveau chapitre :)

Celui-ci a une partie assez dure, donc à nouveau, âme sensible s'abstenir !

Un grand changement arrive dans celui-ci... et, j'oubliai, dans l'histoire, Tara est bi. Cela sera expliqué ultérieurement.

Ceux et celles que ça dérange (chacun a le droit d'avoir ses opinions), merci de passer outre.

Petit lemon à peine suggéré en fin de chapitre, délimité par (^^)(^^)(^^)

Je vous laisse découvrir ça :p


Disclaimer : Supernatural ne m'appartient toujours pas.


Je m'éveillai en hurlant. J'étais en nage. Je courus sous la douche qui, à nouveau, m'apaisa. Je regardai l'heure : 21h14. Je pouvais sortir.

Je m'habillai. Méfiante, je plaçai mon semi-automatique dans mon holster, dissimulé sous ma veste, mon téléphone dans ma poche de pantalon le long de ma cuisse, mon couteau dans ma rangers, mon chapelet avec ma bague enfilée dessus autour de mon cou sous mon t-shirt, mon porte-feuille avec mes papiers dans mon autre poche de côté et je pris un peu d'argent. Je me rendis au foyer (bar d'un régiment), j'avais besoin de boire ! C'était devenu une habitude ici mais ce soir je voulais me mettre une méchante race !
Comme d'habitude, j'y restai jusqu'à la fermeture. Sauf qu'au lieu d'enchaîner les shots j'enchaînais les doubles. Sans glace.

Je sortis et rentrai quand un groupe de quatre hommes armés me tendit une embuscade. Je me défendis de mon mieux j'étais ivre. Ils parvinrent à m'avoir, trop facilement. Bordel de cul !

Je me cru au début de mon cauchemar quand je revins à moi. J'étais suspendue, tout était sombre, du feu brûlait autour de moi. Mais en regardant le bas de mon corps je vis mon pantalon de treillis. Je ne rêvais pas.

Je regardai alors partout, provoquant des élancements dans mon crâne. Mes assaillants jaillirent des flammes arme au poings. Rapidement je fis mentalement l'inventaire de mes affaires : j'avais toujours mon holster chargé, mon couteau dans ma botte et mon téléphone dans ma poche. Je sentais aussi mon chapelet collé à ma peau. Ils ne m'avaient pas fouillée, seulement neutralisée.

"Lieutenant CAMPBELL, ma chère... Vous m'avez déçu. Mais, pour être honnête, je m'y attendais. Le Colonel apparut et vint jusque devant moi. Messieurs, rangez vos armes ! Que voulez-vous qu'elle fasse ainsi attachée ? Ils obéirent. Pourquoi avoir tué Zahira ?
- Elle ne savait rien. Mais vous l'auriez tuée quand-même !
- Oh oui ! Mais j'aurai fait en sorte que cela dure ! Et ce rôle VOUS incombait !
- Vous m'avez fait commettre... des atrocités !
- Tout cela est nécessaire. Secret Défense, ma chère. Mais nous allons nous en assurer. Il se tourna et s'en alla. O'BRIAN, tuez-la ! "
Karl O'BRIAN ? Mon ami ? Mon seul ami ici ! Nous venions de la même ville et avions étudié ensemble à l'université. Il était gay et nous nous étions toujours très bien entendus. C'est avec plaisir que nous nous étions retrouvés dans cet enfer. Notre amitié nous aidait à surmonter, ou du moins à supporter tout ce qu'il se passait ici.

Il enleva sa cagoule, ainsi identifié. Je voyais à son regard humide qu'il ne voulait pas le faire. Mais il le devait, sans quoi il finirait suspendu à mes côtés à n'en pas douter.
"Partez ! s'adressa-t-il aux autres.
- Hors de question ! On sait que c'est ton amie ! Tue-la !
- Reculez alors ! Ils obtempérèrent.
- Je dois le faire, Tara. Je te demande pardon !
- Je le sais. Je ne t'en veux pas, t'inquiète ! Fais-le vite et bien, s'il te plaît ! "

Il frappa ! D' une torsion du poignet il empira la plaie pour qu'elle soit plus grave et ne se referme pas.
Lentement... je sombrais...


J'étais morte. Mais comment pouvais-je encore penser ? Etait-ce ainsi, après ?
Mon corps fut décroché par les autres. Karl insista pour me porter. Ils me jetèrent au charnier avec les corps des traîtres que j'avais tué. La boucle était bouclée.

Du bruit ? Des voix ? Je connais ces voix ! Oh mon Dieu ! Le Colonel GRIFFIN ! Cet espèce d'enfoiré de mes deux !

"Je vois que vous avez fait du bon travail, O'BRIAN ! Je suis fier de vous.
- Merci, Monsieur. il avait la voix froide et distante.
- Je sais qu'elle et vous étiez proches mais il fallait faire un exemple.
- Bien-sûr, Monsieur. Monsieur ?
- Oui ?
- Si je peux me permettre, que va-t-il advenir de son corps ?
- Et bien, mon cher Karl, ce qui se passe en Irak reste en Irak. Son cadavre de traîtresse sera brûlé à la chaux avec ceux qu'elle a contribué à éliminer, puis enterré.
- Mais la version officielle, Monsieur, pour sa famille...
- Officiellement, elle est décédée dans l'exercice de ses fonctions lors d'une attaque rebelle de l'unité Tango à laquelle appartenait et dont nous n'avons pas retrouvé les corps. Un cercueil vide sera mis en terre aux Etats-Unis, elle sera probablement médaillée à titre posthume et sa famille recevra un joli drapeau plié en triangle. Elle sera une héroïne de guerre pour eux. J'imaginais très bien son sourire sardonique !
- Merci Monsieur, pour ces précisions.
- Je vous donne une permission pour la journée, en remerciement de votre dévotion pour votre pays.
- Merci, Monsieur. "

Le fils de pute ! Je me fis la promesse solennelle de venir le hanter jour et nuit jusqu'à ce qu'il se foute en l'air, c't'enculé !

Mais... Comment avais-je pu entendre tout cela ? Etais-je un esprit ? Quand le silence revint, je forçais mon esprit à se concentrer. Ca sentait la charogne. Et j'avais... mal ? Hein ? On m'as toujours dit "la douleur est ta meilleure amie, si t'as mal c'est que t'es vivant !"

Je pris alors cette réalité en pleine face : j'étais vivante ! Il n'avait pas eu les couilles de le faire ! Karl, mon ami... Merci, mon Dieu !


Je n'arrivais pas à ouvrir les yeux. Je dus faire un effort surhumain pour y parvenir... le ciel... le pépiement des oiseaux ! ... un léger courant d'air... Mon Dieu, j'étais en vie ! En vie ! En vie ! EN VIE ! Aïe ! Du calme. OK. Avais-je toujours mes affaires ? Apparemment, oui. O'BRIAN avait du le faire volontairement. Il savait que je ne sortais jamais désarmée. Bien. Bon point pour moi.

Alors, où était ce charnier déjà ? Au sud du campement, OK. D'où venaient les voix tout à l'heure ? Sachant qu'ils devaient venir du camp, ils devaient l'avoir dans le dos. Bien. Donc je devais parvenir à rejoindre les ruines du village à la nuit tombée. Vu que le jour commençait à décliner, je n'aurai plus à attendre longtemps. Il fallait que je réveille mon corps. Lentement j'essayai d'en reprendre le contrôle. Ma nuque... mes doigts... mes bras... mes orteils... mes jambes... ma vessie ? oups, raté !

La température a diminué. J'ouvris les yeux, il faisait nuit. J'écoutais... le silence.J'allais donc pouvoir... Non, du bruit ! Je repris ma position exacte.

AIEUH ! Un corps venait de m' atterrir dessus. J'attendis à nouveau le silence complet et m'extirpai de sous ce cadavre. Une aubaine ! Ma disparition passerait inaperçue. Enfin, si je parvenais à sortir de là !

J'abandonnai ma veste sous le corps ainsi que ma casquette. Je devais me tourner si je voulais ramper jusqu'au bord. J'avais le souffle court, le moindre geste me faisait un mal de chien ! Mais si je voulais survivre, je n'avais pas le choix. C'était difficile ! Les corps étaient chauds, ils se décomposaient, se flétrissaient sous mon poids. C'était juste dégueulasse ! J'en aurai vomi si mon esprit était parfaitement fonctionnel !

Je donnai tout ce que j'avais. Jésus, Marie, Joseph, les Anges, les saints... qui que ce soit qui m'entende, par pitié, si je dois m'en sortir, AIDEZ-MOI ! Donnez-moi la force...

Soudain, mes bras réussirent à me hisser hors de cette tombe. Mais ce n'était pas encore fini, je devais encore m'enfuir du camps. Tant que mal je me mis debout. Ma plaie saignait de nouveau. J'essayais de ne pas laisser de traces visibles. Je courus, ou me traînais plutôt, le plus silencieusement possible aux limites du camps. Heureusement, je connaissais la faille : la grille Nord/Nord-Est était toujours entrouverte quand les gardes jouaient aux cartes. Je m'y rendis en priant que ce soir ne fasse pas exception. Par chance, ils avaient encore picolé et ronflaient comme des sonneurs ! Ma prière avait été entendue !

Je franchis la grille sans demander mon reste. J'évitai de m'arrêter. Je reprenais mon souffle et continuai mon chemin.

Au village, dans certaines ruines, je parvins à dégoter quelques vêtements car mon treillis était bien trop reconnaissable. Je coupais le pantalon au niveau des genoux mais gardai ce short improvisé sous ma nouvelle tenue. J'avais le peu d'affaires qu'il me restait dans mes différentes poches. Je trouvai aussi une pharmacie en partie dévastée mais où je mis la main sur du matériel de soin dont du désinfectant, du matériel du suture stérile, des compresses et des bandes. Avec la bouteille se désinfectant je me lavais les mains tant bien que mal puis arrosai généreusement la plaie. Elle n'était pas très profonde mais très infectée et sentait mauvais. En même temps, après avoir passé des heures dans un charnier parmi des corps en décomposition, ce n'était pas très étonnant !

Je parvins avec un morceau de miroir que j'avais nettoyé et désinfecté à couper les chaires nécrotiques en serrant les dents si fort que je craignais d'en avoir fêlé quelques unes, j'arrosai à nouveau de désinfectant, fis les points de suture puis le pansement. J'eus la chance de trouver des antibiotiques. Même périmés, ils étaient encore efficaces. Il suffit de savoir que les dates indiquées sur les boîtes de médicaments sont comme celles indiquées sur les produits alimentaires : 'est une date "conseillée". Bon, bien-sûr, au bout d'un certain temps, c'est inefficace. Je pris un peu de repos, à l'affut, et me remis en route.


Mon périple dura des mois.

Parfois, je trouvai de quoi manger, de quoi me laver. Une bonne âme accepta de m'emmener en Jordanie. De là, je me rendis en Israël. A court d'argent, je vendis mon téléphone après l'avoir réinitialisé. J'en tirai une jolie somme ! Je trouvai à me faire soigner par des guérisseurs car je n'avais plus de matériel. C'était pas fameux ! Et ça ne cicatrisait guère. Ca faisait mal et ça suintait. Beurk !

En Egypte, je trouvai un bateau pour la France, un pays ami. Bien-sûr, mon voyage se fit à fond de cale, parmi les conteneurs de marchandises. Le capitaine n'était pas un monstre, il m'apporta de quoi me faire une toilette, même sommaire, de quoi me changer et sa boîte de premiers soins, sans la moindre arrière pensée. Ce que je craignais. Je le remerciai du fond du coeur. Les gens bien existent encore !

Là-bas, à Marseille, je pus me reposer dans un petit hôtel pas trop minable, un "Formule 1" je crois, dans une zone commerciale qui semblait presque à l'abandon. Au bout de quelques jours à dormir, et uniquement dormir, je me remis en condition et sortis de là. Il me fallait des affaires et petit job pour m'en sortir, ainsi qu'un médecin. Pour l'instant, je choisis un vétérinaire, soucieuse de ne pas trop attirer l'attention. L'homme était quelque peu effrayant et son cabinet pas très officiel. Parfait.

Je fis parvenir une carte à Suzan. Il fallait qu'elle sache. Et qu'elle me prépare tout au garde-meubles.

J'étais à peu près retapée et trouvai un petit boulot de bar-maide dans un bar miteux, limite glauque, où je fis plus de concours de poker et de bras de fer parfaitement illégaux et discrets durant les heures officieuses d'ouverture, pendant quelques mois, grâce auquel je pus bénéficier de vrais soins auprès d'un vrai médecin et m'offrir un billet d'avion, low-coast, direction les Etats-Unis.


Enfin chez moi ! Une fois sortie de l'aéroport et éloignée de tout, je me baissais pour saisir une poignée de terre et une larme de bonheur m'échappa, la traîtresse !

En stop, je me rendis jusqu'en Louisiane. J'arrivai à Pinneville et me rendis chez moi. Oui, mon garde-meubles était devenu mon chez moi : je n'avais plus d'appart et je n'allais pas risquer d'aller chez ma mère adoptive. On ne sait jamais, s'ils s'étaient rendu compte de ma disparition, ils auraient probablement fait des recherches là-bas sur place, espérant que j'y reste pour de bon, mais auraient aussi fait mettre la résidence de ma mère sous surveillance, au cas où.

J'avais tout ici. Dont ma Baby, ma Chérie ! Le code du cadenas était toujours le même. J'eus le plaisir de voir que la bâche protectrice avait été enlevée de mon Impala. Elle avait eu mon message !

Mes cantines et toutes mes affaires étaient ici. Dans une valise, je trouvais une enveloppe bien pleine. Je l'ouvris. Une énorme liasse de billets en petites et moyennes coupures et une lettre. Elle avait reçu la visite du Gouvernement, lui annonçant mon décès et peu après, elle avait reçu une étrange carte signée "TT" ( Tamy THORSTON). Elle avait immédiatement compris, avait vendu mon appartement et son contenu, sauf ma guitare que j'aimais au moins autant que ma voiture, et me remettait l'argent. Elle ne voulait pas que je prenne le risque de venir la voir. Elle me demandait juste de lui envoyer une carte une fois par mois si possible, pour lui faire savoir si j'allais bien.

Je trouvais la clé de la voiture, qu'elle avait régulièrement fait tourner. Dans le poste, la fameuse k7 de Led-Zepplin. Je fis mes sacs, mis une cantine d'armes et de livres dans le coffre et je mis le contact.

"Ramble on" by Led-Zepplin : ( /gUgLu84ApAw)

"Leaves are falling all around, it's time I was on my way.
Les feuilles tombent tout autour, il est temps que je me mette en chemin.
Thank to you, I'm much obliged for such a pleasant stay
Grace à toi, je suis fort contraint à un si agréable séjour
But now it's time for me to go
Mais maintenant il est temps pour moi de partir
The automn moon lights my way.
La lune d'automne éclaire mon chemin.
For now I smell the rain, and with it pain, and it's headed my way.
A présent je sens la pluie, et avec elle la souffrance, et elle se dirige vers mon chemin,
Sometimes I grow so tired.. But I know I've got on thing I got to do !
Parfois je me sens si fatigué... Mais je sais que j'ai une chose à faire !

Ramble on !
Partons à l'aventure !
And now's the time, the time is now, to sing my song.
Et à présent il est temps, le temps présent, de chanter ma chanson.
I'm goin' 'round the world, I got to find my girl, on my way.
Je fais le tour du monde, je dois trouver ma fille, sur mon chemin.
I've been this way ten years to the day...
Cela fait dix ans jour pour jour que je suis ici,
Ramble on !
Partons à l'aventure !
Gotta find the queen of all my dreams... "
Je dois trouver la reine de tous mes rêves...

(j'ai 30 ans)

Cette chanson, que j'adorais, collait très bien avec mon état d'esprit. C'était fini pour moi, ici, la vie à peu près normale que j'avais menée depuis douze ans. Il était temps que je parte à l'aventure !


Je suis partie au hasard pour commencer. Après avoir roulé toute la journée, je me suis trouvé une chambre où passer la nuit. Un petit motel miteux avec de petites chambres vieillottes, limite salubres. Super !

En dehors de mes habituels cauchemars, rien de spécial. Je lus la presse au matin devant un bon café noir et trouvai une piste : plusieurs morts étranges dans le Winconsin. Je pris la route.

Rapidement, je fus confrontée aux premières difficultés : qui étais-je pour vouloir des informations sur ces décès ? Heureusement, je suis infirmière. Le médecin légiste accepta mon intérêt professionnel "pour des recherches liées à des cas rencontrés dans l'hôpital où j'exerçais." J'obtins le droit de lire les dossiers médicaux et les rapports de police associés. Aucun lien entre les défunts.

En me faisant passer pour une journaliste médicale, avec une fausse carte faite à la va-vite auprès d'un petit faussaire à deux francs six sous, je parvins à rencontrer les familles. Rien. Etrange. Je commençai à douter qu'il s'agisse d'un cas pour moi.

Nouveau décès. Je m'introduisis par effraction sur le lieu du crime, (sans laisser la moindre trace, bien-sûr, pas folle la guêpe !) et découvris un objet, une pièce ancienne, sous le canapé.

Après une petite enquête, j'établis que les mêmes pièces se trouvaient chez chaque victime. Je fis un certain nombre de recherches à la bibliothèque, sur internet et établis que ces pièces étaient des outils maléfiques dont la gravure remontait à plusieurs siècles et seule une sorcière les utilisait pour châtier les hommes infidèles et les femmes légères. Problème : une sorcière est, en général, humaine. Mais elle tue, elle utilise la magie noire et ça je ne pouvais le permettre ! Qui est-elle ? Selon mon enquête, toutes les victimes fréquentaient régulièrement le "Hbar". Je m'y rendis. Me rapprochant de la sublime bar-maide, je lui posais quelques questions qui l'interpelèrent mais elle s'intéressait à moi. Vraiment à moi. Beaucoup ! Elle me perturbait, m'attirait et éveilla en moi des désirs que je ne soupçonnais pas ni ne comprenais. A la fin de son service, elle m'invita chez elle pour m'en dire d'avantage sur les clients dont je lui avais parlé ! Sauf que nous ne parlâmes pas. Arrivées chez elle, elle m'embrassa. Je bloquai.
"Pardon si je t'ai envoyé le mauvais message. Je ne suis pas gay. lui avouai-je.
-Moi non plus. Mais toi... C'est différent ! Tu m'excites ! ..."

Je finis par lui céder devant son insistance et ses attentions. Mon corps avait trop besoin de tendresse. Et de sexe ! Douze ans, quand-même ! A part quelques tentatives infructueuses. Bref ! Ses caresses et ses massages étaient très excitants ! Je n'avais jamais connu ça. Du moins, je ne m'en souvenais pas. -_-

Jaimy et moi passâmes quelques heures ensemble. Quand je voulu revenir sur le sujet des clients décédés elle s'énerva, puis avoua tout, comme si c'était lus fort qu'elle. Elle me confia qu'elle en avait assez de cette vie et me raconta son histoire après m'avoir suppliée de ne pas la prendre pour une dingue.

Son vrai prénom était Jovette. Fille d'un homme à femmes, mariée de force à un autre alors qu'elle n'était encore qu'une enfant, elle faillit mourir de la syphilis et fut sauvée par une prostituée exerçant la magie depuis des siècles. Elle-même était aujourd'hui âgée de plus de trois cent ans !

Soudain, tandis que je me rhabillais tout en l'écoutant, elle vit mon tatouage et comprit que j'étais là pour la tuer et n'hésiterai pas à le faire. Elle m'attaqua sans prévenir ! Marre de cette vie ? Mais bien-sûr ! Nous nous battîmes à moitié nues. Ce fut difficile mais j'eus le dessus et parvins à la tuer. J'effaçai mes traces, changeai les draps, emportant les autres pour les brûler et partis.

Première vraie affaire en solo réglée !

Puis une deuxième. Puis une troisième, etc...


Je passais quatre années ainsi, résolvant affaire sur affaire. J'eus d'autres aventures avec d'autres femmes car, malgré quelques tentatives, je n'y arrivais vraiment pas avec les hommes ! Je ne les laissais pas m'approcher à ce point. Je n'y arrivais pas ! J'en avais fait mon deuil. Pourtant, j'étais hétéro, j'en étais sure ! Enfin, ... plus tant que ça.

Je travaillais, je travaillais. Quand j'y pensais, je voulais comprendre. D'où je venais, qui j'étais.
Je repris la route.

Après deux jours entiers de route, j'arrivai au Kansas. Je me rendis à Lawrence. J'y avais vécu. Mes parents y étaient morts et enterrés. J'allais sur leur tombe. Mais rien. Je ne me souvenais d'absolument rien ! Et ça faisait mal ! Je me rendis là où j'avais vécu après, chez ma tante et mon oncle. Tante qui était également décédée. Mais toujours rien. Je n'avais plus rien à faire ici.

En lisant la presse nationale j'appris que d'étranges phénomènes se déroulaient dans le Dakota du sud, dans la petite ville de Sioux Falls. Comme ce n'était qu'à quelques heures de route (tout est relatif pour quelqu'un habitué à rouler) je m'y rendis.
Ca ne m'était pas inconnu, j'avais déjà du venir ici, à l'époque. Après deux nuits dans ma voiture et une toilette sommaire chaque matin, je décidai de chercher un motel dès mon arrivée. Le "Red Roof Inn" proposait des chambres très correctes pour environ 60$ la nuit, petit-déjeuner compris. Et laverie à disposition. Super ! Je décidai d'y rester au moins une semaine. Après une bonne douche que j'appréciai à sa juste valeur, je fis une bonne sieste. Enfin, bonne... là aussi, tout est relatif quand on est hantée d'horribles cauchemars.
Quand ce n'était pas mon cauchemar habituel, c'était celui que j'avais fait ce soir là, en Irak. Mais c'était différent. Ce n'était pas la moi-aux-yeux-noirs qui torturait la moi-sur-la-table, mais Zahira.

Je me réveillai complètement retournée ! J'avais besoin d'un verre ! Plusieurs, en fait ! Je pris mes petites affaires habituelles ( flingue, couteau, eau bénite...) et me rendis au "Krav'n Bar&Grill". D'abord côté Grill pour dîner puis côté Bar, pour picoler.

Je ruminais devant mon quatrième double depuis un bon moment quand un très bel homme en costume vint s'asseoir près de moi et commanda la même chose.
"Dure journée ? je ne pus m'empêcher d'ouvrir la conversation. Ses beaux yeux verts se posèrent alors sur moi. Une onde électrique me traversa. Familiers...
- C'est rien de le dire ! Vous aussi on dirait ? Seigneur ! Quel sourire !
- Si ce n'était que la journée... je vidai mon verre d'un trait.
- Je comprends tout à fait ! Il vida le sien.
- Je m'appelle Tamy. dis-je en lui tendant la main.
- Dean. La même chose s'il vous plaît. demanda-t-il au barman.
- Alors, Dean. Que faites-vous ici ?
- On bosse sur une affaire mon frère et moi. Mais nos opinions divergent. Encore...
- Oh ! C'est courant ?
- Régulier, en tout cas.
- Ca ne doit pas être toujours évident. Il était très séduisant. Un petit côté badass mais quelqu'un de bien, ça se sentait.
- Vous n'avez pas de frère ? ou de soeur ?
- A vrai dire... je n'en sais rien...
- Comment ça ?
- Oh ! ... désolée, je ne vais pas vous ennuyer avec mes histoires...
- Ca ne m'ennuie pas. Un autre verre ?
- Volontiers. Si on allait plus à l'écart ? Il prit une bouteille et me rejoignit. Enlevant sa veste, il s'installa.
- Vous me disiez ? reprit-il en souriant. J'avais beaucoup de mal à ne pas le dévisager. On devinait une jolie musculature sous sa chemise. Ses yeux m'hypnotisaient presque. Tamy ?
- Pardon. Vous me rappelez... vaguement quelqu'un.
- De bons souvenirs, j'espère ? Il me fit un sourire à tomber !
- Heu... Plutôt... Oui ! j'étais très intimidée. C'était la première fois qu'un homme me faisait cet effet là !
- Vous ne semblez pas très sure de vous. Il me sourit.
- C'est que, comme je vous l'ai dit, je n'en sais rien. En fait, ne le prenez surtout pas mal, je n'en pratiquement jamais parlé à personne.
- Ca a l'air sérieux. Peut-être que je peux vous aider.
- C'est très gentil de votre part mais je crois que je cours après des chimères... Il resta silencieux à m'observer, attendant que je me lance. Ce que je finis par faire. Il y a douze ans, j'ai eu un grave accident et j'ai perdu la mémoire. Je ne me rappelle d'absolument rien.
- Je vois. Vous avez bien de la famille ? Quelque part.
- A vrai dire, oui et non. Comme j'étais mineure, les services sociaux ont mené l'enquête. Mes parents sont morts, j'avais été confiée à un couple ayant deux enfants mais la femme est morte également. Ils n'ont rien trouvé d'autre. Ma garde a été confiée à l'infirmière qui prenait soin de moi à l'hôpital. Elle avait perdu son unique fille et s'est proposée. Elle m'a payé l'université, je suis devenue infirmière comme elle.
- Mais ?
- Mais ce n'était pas ma vie, je le savais. Je le sentais.
- Qu'avez-vous fait ? Il avait l'air de comprendre.
- Je me suis engagée. Chez les Marines.
- Vraiment ? j'acquiesçai. Mon père... a été Marines aussi.
- Je... devine à votre voix qu'il nous a quitté.
- En effet. Il vida un nouveau verre. Je ne sus pourquoi mais cela me faisait de la peine.
- Je suis désolée. Il se racla la gorge pour changer de sujet.
- Vous dites courir après les chimères. Pourquoi ?
- J'ai toujours eu des flashs de mon passé dans lesquels je vois un homme et deux garçons. Un plus âgé et un plus jeune, une voiture, la route... Il tiqua, comme si ça lui rappelait quelque chose. ...quelques bribes ici et là. J'ai fait des recherches mais... sans succès et, ils ont du bien changer. Tout comme moi ! Il posa sa main compatissante sur la mienne.
- Je suis certain que vous les retrouverez et que, malgré les années ils seront ravis de vous revoir.
- C'est très gentil, Dean. Je l'espère. Mais je n'y crois plus tellement. "

Il y avait une très forte attraction entre nous. Pour la première fois, j'envisageai de lâcher prise si l'occasion se présentait. Je me sentais bien avec lui. Je n'avais jamais ressenti ça avec un homme. Je les repoussais tous. Mais avec lui c'était différent, presque familier.
Nous passâmes la soirée à faire connaissance, sans pudeur, à jouer au billard et à discuter de tout et de rien. Puis enfin, l'occasion se présenta. Et j'y cédai bien volontiers !

Nous réglâmes et sortîmes du bar, main dans la main. A peine sortis, il me colla au mur et m'embrassa. C'était juste... ennivrant ! Au moment de monter en voiture, il s'arrêta :
"C'est la tienne ? demanda-t-il, surpris.
- Oui, pourquoi ?
- J'ai la même ! Une chevy 67. 5.4 L, double carburateur quadricorps ?
- Evidemment ! C'est la meilleure !
- J'aime les belles femmes qui s'y connaissent en voiture ! "
Il m'embrassa à nouveau et nous filâmes à ma chambre puisque son frère l'attendait dans la sienne.

(^^)(^^)(^^)

Très intimidée au début, je le laissais guider. Puis très vite, je fus submergée de sensations, de souvenirs... Nos ébats furent enflammés et passionnés.

Par moment un flash m'apparaissait et se superposait à son visage. C'était comme si nos corps se connaissaient, se retrouvaient. Ils se répondaient mutuellement. Nous fîmes ainsi l'amour pendant des heures...

(^^)(^^)(^^)

Blottis l'un contre l'autre, je caressais les muscles de son torse en passant mes doigts sur son tatouage.

A suivre...


Voili voilà vloilou,

J'espère que ce chapitre vous a plu, moi, j'ai adoré l'écrire ! Les retrouvailles ! Quoiq ue pas vraiment, encore, mais a va venir... Mais chuuuut, je ne vous dévoile rien.

Rendez-vous au prochain chapitre pour le découvrir ;) :*

*bisous**coeurs*