[NDA: Salut à toutes ! Voici donc le chapitre 4, j'ai pris énormément de plaisir à l'écrire, et j'espère donc qu'il vous plaira ! Merci beaucoup pour vos reviews, je vais donc y répondre sans tarder !

Lottie : Merci pour ton avis par mail, je te répondrai le plus vite possible ! :)

Kaishi-Sensei : Merci beaucoup pour ton avis, ça me fait super plaisir ! D'ailleurs j'adore les thrillers, pour l'instant le meilleur que j'ai vu en la matière ça reste Seven, en même temps le réalisateur David Fincher est un maître en la matière, je l'adore ! Bref... Sinon, oui Livaï est allé très loin cette fois-ci, mais comme je l'avais mentionné dans Messages Codés, leur rencontre n'allait pas arranger les choses, bien au contraire, alors ça monte en escalade, et ce n'est pas fini ! ;) Et Livaï précise bien que lorsqu'il était impuissant à l'époque, il avait fait l'erreur de croire que "Dieu" le sauverait, donc c'était plus une provocation masquée par une pseudo leçon de vie, mais je te comprends, c'est complètement absurde. Mdrrr. En tout cas merci beaucoup de prendre le temps de partager ton ressenti, j'espère que ce nouveau chapitre répondra à quelques questions que tu te poses !

Serena : Alors... Au début je ne savais pas trop comment prendre ton avis. Mdrr Je me disais que si mon histoire te dérangeait, pourquoi tu continuais de la lire ? Et en l'ayant lu totalement, j'ai compris où tu voulais en venir ! ^^ Je me suis lancée dans une histoire assez malsaine, et je peux comprendre qu'elle puisse mettre mal à l'aise, car c'est le but. Les thèmes que j'utilise, tels que le viol, les souffrances physiques et mentales, bien sûr que je ne les cautionne pas, mais elles existent bel et bien. J'avais vraiment hésité avant d'écrire cette histoire, si j'allais écrire une simple romance, ou quelque chose de plus sombre. Et j'ai trouvé plus intéressant d'exploiter un Livaï sombre, antipathique, violent, et un Eren auquel on aurait de la compassion, mais aussi de l'incompréhension en étant spectateur de ses décisions insensées. Pour essayer de comprendre ces deux personnages, il ne faut pas les mettre dans le même panier que les gens normaux. Car ils ne le sont pas, ils sont malades tous les deux, alors forcément, leur actes nous semblent insensés. Car nous ne sommes pas comme eux. Et pour répondre sincèrement, n'espères pas trop qu'ils tombent amoureux l'un de l'autre, du moins ce ne sera pas le genre d'amour qu'on retrouve dans les romances, ça ne collerait absolument pas à l'histoire. Mais sinon, merci beaucoup de m'avoir donné ton avis, j'ai été contente de le lire, surtout si tu suis l'histoire depuis le tout début ! Et désolée de te perturber ! Mdrrr A la prochaine ! :)

Aamy : Oui Livaï qui était simplement un patron tyrannique, car Erwin était là pour le cadrer, mais maintenant qu'il n'est plus là, qu'est ce que notre Satan va encore nous prouver ? ;) Et voilà ça y est, je viens de l'imaginer en prêtre mon dieu, l'horreur. Mdrrr Alors oui Eren va certainement avoir des séquelles à la main, en même temps normal mais bon c'est la vie mdrr. Mais ne t'en fais pas, j'ai quand même gardé en tête de faire un lemon assez détaillé par la suite, mais là c'est vrai que j'avais plus envie de mettre en avant la torture que Satan lui a infligée. Mdrr En tout cas, tu auras de nombreuses réponses dans ce chapitre, alors je n'en dis pas plus. ;) Merci beaucoup pour tes reviews, comme à chaque fois je me fais un plaisir de les lire. J'espère que ce chapitre te plaira ! :) ]


La pièce était plongée dans un silence de mort. Seul le papier se consumant au bout de la longue tige de la cigarette se faisait entendre, tandis que ses yeux ternes fixaient, sans réelle attention, le corps immobile sur le plancher en bois. Il venait de commettre une atrocité de plus, s'étant laissé complètement embarquer par ce flux impétueux et malfaisant qui faisait partie de lui, depuis des décennies. Gardant sa cigarette entre ses lèvres craquelées à force de les avoir maltraitées, il finit par poser ses mains à plat, en retrait, sur le matelas, laissant pencher son dos ainsi que sa tête en arrière. La respiration saccadée, il fixait à présent le plafond blanc et légèrement fissuré, pris d'une soudaine et légère angoisse. Pourquoi ressentait-il encore de la peur ? Pourquoi ces personnes l'effrayaient-elles encore aujourd'hui ? Après tant d'années ? Pourquoi appréhendait-il ce futur et imminent face à face ? Il était persuadé que de devoir à nouveau se tenir devant ces deux êtres perfides allait être une lourde et douloureuse épreuve.

Cela le mettait dans un état insoutenable. Mais il savait aussi qu'il devait se montrer fort. Il avait pris une décision, après avoir passé tant de temps à fuir, à tenter d'oublier, à s'être promis de ne plus jamais retourner dans cet horrible endroit, il avait rompu cette promesse. Avec l'appui du châtain, il était revenu. Il allait refaire face et de front à son passé. Revoir le visage de l'homme qui l'a détruit, autant physiquement que mentalement. A cette sorcière qui l'avait plongé dans les bas fonds des enfers, lui faisant subir les plus noirs dessins. Car voici la vraie nature de l'Homme. Il suffit de voir ce qu'il est capable de faire à son prochain. Et c'est un cercle vicieux, la victime devient bourreau, cela recommence, car tout n'est qu'un éternel recommencement.

Il poussa subitement un long soupir, tout en fermant lentement les yeux, afin de stopper ses horribles tremblements. Lorsqu'il fut quelque peu calmé, il posa à nouveau son regard sur son partenaire, avant de finir par se relever, écrasant sa cigarette dans un pot de fleur près de la fenêtre. Il enfila ensuite rapidement sa chemise, la boutonnant lentement, puis il sortit de la chambre, descendant rapidement les escaliers, dans le plus grand des calmes malgré tout. Lorsqu'il croisa la vieille dame dans la cuisine, cette dernière préparant le dîner, il s'exclama alors d'un ton ferme, tout en prenant soin de bien articuler.

- Il me faut une bassine et un paquet de sucre.

La femme aux cheveux blancs le fixa quelques secondes sans vraiment comprendre pourquoi il lui demandait une telle requête, mais elle finit par s'exécuter. Elle lui donna alors une bassine en métal, ainsi que du sucre blanc, en poudre. Lorsque le jeune homme eut ce qu'il lui fallait, il remonta donc les escaliers toujours aussi rapidement, s'arrêtant quelques secondes dans la salle de bain afin de remplir le grand récipient d'eau froide. Une fois cela fait, il retourna donc dans la chambre, constatant que le plus jeune n'avait pas bougé d'un millimètre. Il poussa un faible soupir, puis il s'accroupit à côté de lui, ne tardant pas à plonger sa main mutilée dans la grande bassine d'eau, afin de stopper le saignement. Il saisit ensuite un drap sur le lit, le déchirant en plusieurs bandes, avant d'en prendre une et de nettoyer ses meurtrissures, dans un silence pesant. Heureusement, la lame du couteau n'avait jamais totalement perforée la main, mais cette dernière était dans un sale état malgré tout. L'eau qui était jusqu'à présent claire, ne tarda pas à se teinter de rouge.

Lorsque les plaies furent nettoyées, Livaï lui sortit la main de l'eau, la séchant avec une autre bande, puis il versa le sucre sur chacune des lésions, sur une couche d'un centimètre d'épaisseur, le laissant se colmater sur ces dernières. Pourquoi du sucre ? Car il a la particularité de pomper l'eau, ce qui diminue fortement le gonflement qui entoure la plaie, l'oedème, et provoque un soulagement de la tension qui s'exerce sur les tissus, donc une diminution de la douleur. Mais ce n'est pas sa seule particularité, il facilite également le nettoyage de la plaie, absorbant le sang et le pus, il nourrit aussi les cellules responsables de la cicatrisation et qui combattent les germes tels que les bactéries, les virus, il protège la plaie des germes extérieurs et stimule la formation d'un tissu de cicatrisation correct. Lors des deux grandes guerres mondiales, le sucre était très souvent utilisé comme premiers soins sur les blessés. Livaï l'avait appris en regardant un documentaire dessus, passionné par ces deux guerres, il avait eu une période où il passait son temps à se documenter sur cela. Il avait utilisé cette médecine rustre sur son propre corps, lorsqu'il allait trop loin, et qu'il ne voulait pas qu'Erwin soit au courant.

Lorsqu'il eut terminé d'appliquer cette matière insolite sur les blessures du plus jeune, il finit par bander sa main avec une autre bande de tissu, bien plus grande cette fois-ci, prenant soin de ne pas abimer son travail. Il poussa de nouveau un long soupir, avant de le porter et de l'allonger sur le lit, recouvrant son corps inerte avec la couverture. Il le fixait avec une haine à peine cachée, tandis qu'il se grillait une énième cigarette, debout et immobile face au lit. Il lui en voulait, car au fond, quand ses crises passagères passèrent, il n'était pas vraiment fier de ce qu'il avait pu faire. Il n'avait pas d'empathie envers Eren, mais il était tout de même furieux que le plus jeune endure tout cela. Il préfèrerait rester seul, être loin de lui, pour qu'il arrête de souffrir inutilement, car il était innocent. Il n'y avait aucune raison pour qu'il subisse ces nombreux châtiments corporels, et pourtant, il restait, il les acceptait.

Cela n'avait pas de sens. Pourquoi était-il dans cet état psychologique ? Qu'avait-il vécu pour en arriver là ? Livaï n'y croyait pas une seule seconde à son histoire. Une enfance banale et heureuse ? Non, c'était impossible. Aucune enfance banale et heureuse ne pouvait aboutir à de tels troubles psychologiques. Eren lui cachait des choses, c'était évident. Mais le plus vieux était bien décidé à connaître la vérité, tôt ou tard. Il était, aussi surprenant que cela puisse paraître, rongé par la curiosité. Il devait connaître son passé. Savoir pourquoi ce lien aussi fort les unissait.

Alors qu'il était perdu dans ses pensées, le plus jeune ouvrit subitement et doucement les yeux. Il zieutait lentement la chambre, la sondant du regard, la vision floue, jusqu'à ce que son attention se porta sur l'homme aux cheveux de jais, qui se tenait debout à ses côtés. Il ne semblait pas se souvenir de ce qu'il s'était passé, et Livaï comprit bien vite qu'un autre Eren se tenait allongé devant lui à son réveil. Ce n'était plus le même, car il avait le regard pur et innocent, ses grands yeux émeraudes le scrutaient avec une douceur sans pareille, tandis qu'un léger sourire habillait ses lèvres. Il semblait comme rassuré, ignorant totalement la douleur que son tortionnaire venait de lui infliger quelques minutes auparavant. Et contre toute attente, cette réaction incompréhensible mettait le plus vieux mal à l'aise.

- Je suis tellement heureux de constater que tu ne m'as pas abandonné, murmura-t-il d'une faible voix. Merci Livaï de ne pas me laisser tout seul...

Les yeux du plus vieux s'agrandirent de surprise, ne comprenant absolument pas cette réaction. Venait-il de le remercier ? Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui ? Sans pour autant se remettre en question de son côté, car il n'était guère mieux, il ne se retenait pas de juger sévèrement son cadet. Et ce fut alors sur un ton sec et agressif, qu'il s'adressa à lui, écrasant le mégot de sa cigarette dans le pot de fleur qui lui servait officiellement de cendrier.

- Tu me remercies ? Mais de quoi tu me remercies, putain ?! Je viens de te détruire la main, et tu viens de me remercier ? C'est quoi ton problème, gamin ?!

La réponse était pourtant évidente, du moins pour le châtain. Il le lui avait pourtant dit, cette nuit-là. Il lui avait fait une promesse. Il s'était complètement dévoilé, il lui avait fait part du fond de ses pensées, alors pourquoi lui posait-il encore la question aujourd'hui ? Avait-il des trous de mémoire ? Où alors il n'arrivait pas à accepter la vérité ? Eren ne savait pas si Livaï était sincère dans ses questions, ou s'il se voilait simplement la face, n'arrivant pas à accepter la dépendance du plus jeune à son égard ? Son souhait de vouloir fuir la solitude à tout prix. Car malgré tout ce qui lui faisait subir, Eren attirait enfin l'attention de quelqu'un. N'était-ce pas une raison suffisante ? Pourquoi personne ne pouvait le comprendre ? Entre la douleur physique et la douleur insoutenable d'être éternellement seul, le choix était vite fait. Alors pourquoi cela semblait absurde ? Etait-il réellement fou ? Non, bien sûr que non, du moins c'est ce qu'il pensait. Il avait seulement besoin de sa présence, de se sentir voulu quelque part, chose qu'il n'avait pas ressenti depuis de nombreuses années. Alors oui, il le remerciait, et il le remercierait encore et encore, tant qu'il l'accepterait à ses côtés.

Tandis qu'il prenait à présent une douche froide, dans cette salle de bain rustique, Eren contemplait sa main gauche bandée. Elle était douloureuse, mais elle lui rappelait le service qu'il avait rendu à l'homme qui, dorénavant, comptait le plus pour lui. Telle était sa promesse, il lui servait à présent d'exutoire, si cela pouvait le soulager, il l'encaisserait. Il n'était pas du genre à revenir sur sa parole. Mais au fond, il espérait sincèrement que l'homme au cheveux d'ébènes guérirait. Qu'après avoir réalisé sa vengeance, sa colère s'estomperait. Que son besoin primaire et sadique de torturer ses semblables ne lui serait plus vital. Il comptait énormément là-dessus, et il se mentirait à lui-même s'il niait ne pas ressentir une violente appréhension.

C'était cette nuit-là que tout allait se jouer. Il allait assister à un spectacle horrifique. Qu'est-ce que l'Homme était capable de faire à son prochain ? Livaï allait le lui montrer. Serait-ce ça la véritable vérité dont il lui avait parlé ? Certainement. Et il devait se montrer fort, ne pas détourner les yeux, car il voulait être là pour lui, pour l'homme dont il était tombé éperdument amoureux. Il ne le lui confessera certainement jamais à nouveau, mais c'était le cas. Elle était la seule parmi toutes ses autres personnalités à ressentir cela envers le brun. Cet Eren était le seul à l'aimer, à croire en lui, à espérer un avenir commun.

Il avait dû à nouveau le supplier, afin de l'accompagner, car le plus vieux souhaitait le laisser dans cette maison, et s'en aller pour toujours. Il lui avait même suggéré de mentir à la police, de leur dire qu'il l'avait amené avec lui contre son gré, que le plus jeune n'avait pas eu d'autre choix que de le suivre dans cette vendetta. Cela l'avait particulièrement blessé. Doutait-il encore de lui ? Ou alors il s'en était simplement lassé ? Son corps qu'il laissait à sa disposition, offert à ses plus viles pulsions ne lui suffisait-il plus ? Eren n'arrivait pas vraiment à savoir, mais il était sûr d'une chose, il ne le laisserait jamais tomber.

Alors qu'il finit par se remémorer les nombreux sévices qu'il venait de subir, tout devenait flou dans sa tête. Il sentait comme une forte présence, qui semblait vouloir reprendre le contrôle de son esprit. Tandis qu'il luttait afin de la faire partir, elle lui murmura ces quelques mots. " On doit le tuer, tu le sais très bien, il doit mourir avant que ce soit lui qui nous tue." Cette voix teintait dans sa tête, alors qu'il ne se rendait absolument pas compte qu'elle passait ses propres lèvres, dans une voix bien plus grave. "Je ne peux pas lui faire ça, je ne pourrai jamais me séparer de lui, il est tout ce que j'ai à présent."

Dans un combat contre lui-même, il essayait de persuader son autre personnalité d'abandonner cette idée, dans de nombreux et faible murmures, tandis que l'eau froide ruisselait sur son corps vacillant. " Pendant encore combien de temps vas-tu supporter cela ? Tu ne seras jamais seul, Eren, je suis là, j'ai toujours été là pour toi, tu n'as pas besoin de lui. Laisse-moi le tuer, s'il te plait, laisse-moi nous en débarrasser pour de bon." Tandis qu'il donna un violent coup de poing contre le carrelage de la douche, esquintant ses phalanges, il s'exclama avec beaucoup plus de voix, les larmes aux yeux. "Arrête ! Je t'interdit ne serait-ce que d'y penser ! Jamais je ne lèverai la main sur lui ! T'as compris ?!" Dans un faible ricanement, la voix grave passa de nouveau ses lèvres, après un long soupir. " Tu es tellement faible et stupide, Eren. Tu n'avais même pas été capable d'affronter la réalité lorsque ta mère avait le plus besoin de toi. C'est pour cela que tu m'avais appelé, n'est-ce pas ? Ta faiblesse et ta lâcheté m'écoeurent, mais tu sais que je suis là uniquement pour t'aider, alors pourquoi me prends-tu subitement pour ton ennemi ? La réalité aujourd'hui, elle est là. Cet homme est nocif pour nous, et si tu n'en as pas le courage, je nous en débarrasserai. C'est pour cela que tu m'as créé, tu t'en souviens ? Pour faire le sale boulot, chose que tu es toujours incapable de faire. Alors laisse-moi m'occuper de cet enculé."

Ses nerfs finissaient par lâcher, tandis que de nombreuses larmes roulaient sur ses joues, il empoigna ses cheveux dans ses deux mains, fermant brièvement les yeux, tout en murmurant faiblement et de façon répétée. "Arrête. Arrête. Laisse-moi tranquille." Alors qu'il était prisonnier d'un violent conflit intérieur, une voix grave et enrouée le fit sortir de sa torpeur infernale.

- Bon tu te bouges, gamin ?! On va bientôt partir alors magne-toi !

Eren sursauta violemment à la limite de glisser dans la baignoire, la respiration saccadée. Il se contenta simplement de lui répondre un "Oui, j'arrive...!" tandis qu'il finit par couper l'eau. Il attrapa sa serviette qu'il avait pris le soin de pendre quelques minutes plus tôt, l'enroulant difficilement autour de sa taille à cause de la violente douleur qui lui lançait dans sa main meurtrie, tandis qu'il fixait son reflet à travers le miroir de la salle de bain. Ses yeux étaient cernés et pochés, il avait une mine à faire peur, comme s'il n'avait pas dormi depuis des semaines. Il avait aussi perdu une taille, car il ne mangeait plus beaucoup, mais il gardait toujours un corps assez bien taillé malgré tout, même si les nombreuses plaies à peine cicatrisées l'enlaidissaient quelque peu.

Il finit par sortir de la salle de bain après un bref instant, vêtu d'un jogging en molleton noir nike resserré aux chevilles, ainsi que d'un sweat à capuche gris foncé de la même marque, avec une grande poche kangourou au niveau du ventre. Le plus vieux lui avait sommé de porter des vêtements sombres pour cette nuit, ce qui était évident, vu qu'ils devraient se faire discrets. D'ailleurs, Livaï était habillé tout en noir. Il portait ses Timberland noires, un jean slim de la même couleur, et un pull col roulé peu épais, qui moulait bien les muscles de son abdomen. Comme d'habitude, il dégageait quelque chose d'unique, il en imposait. Vraiment, il envoyait du très lourd pour parler plus familièrement. Eren à côté, trouvait qu'il faisait "tâche", mais il ne disait rien. Cela ferait trop plaisir à ce mégalo en puissance, en plus de se ridiculiser. Et puis, c'était rare de voir son aîné habillé autrement qu'en chemise cravate. Le noir lui allait parfaitement bien.

-La vieille nous a préparé à manger, lança-t-il tout en se dirigeant jusqu'aux escaliers. On mange un bout et on y va.

- Tu n'as pas pris de douche, Livaï ? lui demanda Eren d'une voix fantaisiste, comme si rien de tout cela n'était arrivé.

- Bien sûr que si, idiot. répondit-il en lui lançant un regard condescendant, tandis qu'il descendait les escaliers. Il y a une autre salle de bain au rez-de-chaussée avec une cabine de douche, je ne supporte pas les baignoires.

Lorsqu'ils arrivèrent dans le séjour, la table était déjà prête, et il n'eurent qu'à s'installer. Il n'y avait que deux couverts, l'un en face de l'autre, tandis que la vieille dame était assise sur son canapé, devant un feuilleton romantique et ennuyant. Au menu de ce soir, c'était une soupe faite maison, avec un petit saladier rempli de croutons de pain, ainsi que du fromage et des yaourts en dessert. Eren était particulièrement déçu par ce menu, car il avait une faim de loup, et comptait vraiment sur ce repas afin de reprendre des forces. Il poussa un léger soupir tout en laissant le plus vieux se servir, avant de saisir sa cuillère, grimaçant légèrement face à son assiette creuse. Livaï n'avait pas l'air du même avis que lui, car il semblait manger sans retenue aucune.

Pas une seule fois il posa le regard sur le plus jeune, alors ce dernier en profitait pour le détailler et le fixer sans gêne. Comme à son habitude, il avait des cernes très prononcées sous les yeux, signe qu'il ne devait pas dormir beaucoup, et à des heures improbables. Il avait un visage unique en son genre, un visage tellement fermé de toute expression positive qu'il ne donnait pas envie de le connaitre, car il était effrayant. D'ailleurs, à ce moment précis, il était tellement serin, une attitude qui contrastait complètement avec les futurs et noirs dessins qu'il avait prévu de commettre. Il avait de l'appétit, il n'y avait aucun signe d'anxiété, pas même un soupçon de doute. Il savait très bien ce qu'il allait faire, et cela ne lui posait aucun problème, ou alors il le cachait très bien. Subitement, son regard perçant croisa celui du plus jeune, tandis que sa voix grave et enrouée retentissait dans ses oreilles, ce qui lui donna de nombreuses sueurs froides.

- Si tu es trop angoissé, ne mange pas trop. Moins tu auras de contenu à vomir, mieux ce sera.

Voilà un conseil qui annonçait la couleur. De toute façon, Eren savait très bien que le spectacle de ce soir allait être tout sauf agréable à regarder. Et si Livaï s'inquiétait de son futur état, c'est qu'il n'avait aucunement l'intention de se retenir. Le fait de ne pas savoir angoissait davantage notre petit châtain, une curiosité malsaine le dévorant tout entier. Il avait peur, certes, mais il était aussi tout excité, dans le mauvais sens du terme.

- Ah, euh...Oui. Je n'ai pas très faim de toute façon, mentit Eren tout en fixant son assiette de soupe avec un léger dégoût collé au visage.

Alors que le plus vieux porta l'assiette creuse à ses lèvres afin de terminer de boire son contenu, il finit par fixer longuement son homologue après l'avoir reposée sur la table, sans un mot. Il poussa alors un long soupir, sans décrocher son regard du visage inquiet du plus jeune, tiraillé entre un semblant de mépris et de considération.

- Si tu ne te sens pas capable de me suivre, tu peux encore changer d'avis tu sais, il n'est pas trop tard.

Le plus jeune s'empressa alors de secouer négativement la tête, tout en fixant son ainé avec détermination, car il était, pour lui, absolument hors de question de l'abandonner. Il lui avait promis de l'accompagner dans cette douloureuse épreuve, et puis, il espérait de tout coeur que cela allait apaiser son âme. Car il ne pensait pas que Livaï était foncièrement mauvais, qu'il avait très certainement un bon fond, taché par toutes ces horreurs qu'il avait subi étant jeune. Alors il se devait d'être à ses côtés, n'imaginant pas une seule seconde avoir tort.

Suite à sa réponse gestuelle, le plus vieux se leva alors de table, lançant d'une manière intransigeante un "On s'en va." tandis qu'il se dirigeait jusqu'à la porte d'entrée où il avait préparé au préalable son sac de sport noir, contenant tous ses outils. Lorsqu'ils furent dans la voiture, dans un silence complet, chacun était perdu dans ses propres pensées. Les mains d'Eren ne cessaient de trembler, tandis qu'il fixait la route droit devant lui, son estomac se tordant de douleur. Livaï, quant à lui, hésitait à remercier son cadet d'être à ses côtés, car c'était grâce à lui s'il avait le courage aujourd'hui de se venger. D'affronter ses tortionnaires, d'affronter à nouveau leurs regards remplis de perversion et de sadisme.

Fini les longues tortures sur de pauvres substituts innocents, il allait enfin affronter les réels coupables de ses tourments. Il était partagé entre l'excitation de faire ce qu'il avait toujours aimé faire, même s'il en avait rarement eu l'occasion, et la peur de les revoir. Le jour où il les avait quittés, il s'était promis de ne plus jamais revenir, car il en était au fond terrifié. C'était pour cela qu'il voulait remercier le châtain, de lui donner la force d'affronter ses démons, et de s'en débarrasser une bonne fois pour toute. Mais il était bien trop orgueilleux pour le faire. Alors il ne rompit pas le silence, se contentant de conduire jusqu'à finir par se garer deux rues plus loin de la maison de malheur. Lorsqu'il enclencha le frein à main, il finit par poser son regard sur le plus jeune, après avoir sorti deux paires de gants chirurgicaux de son sac noir.

- Mets-les, il ne faut laisser aucune trace de notre passage, lança-t-il d'un ton horriblement calme.

Eren obéit à son ainé sans se faire prier, et enfila donc rapidement les deux gants en latex, avant de le suivre, sortant tout aussi rapidement de la voiture. Le plus vieux attrapa son sac de sport à l'arrière, avant de s'engager dans les petites rues piétonnes, suivit de près par son cadet. Une fois arrivé devant cette maison qui lui était très familière, un violent frisson parcourut son dos, tandis qu'il poussa un long soupir, comme pour se calmer. Il se dirigea donc directement vers l'arrière de la bâtisse, là où se trouvait la porte qui donnait sur la remise. Il se souvenait que c'était là où la femme stockait la nourriture ainsi que ses ustensiles de cuisine. C'était parfait comme entrée. Et sans tarder, il se mis donc au travail, crochetant sans difficulté la serrure. Une fois cela fait, il s'immobilisa quelques instants, afin de donner une dernière directive au plus jeune.

- Eren, laisse-moi faire, contente-toi simplement de regarder. Mais si quelque chose tourne mal, je t'autorise à intervenir, tu as compris ?

Le châtain hocha lentement la tête, comme pour le rassurer qu'il ne ferait rien de stupide, même s'il risquerait de ne pas supporter les atrocités que commettrait son ainé. Après avoir été quelque peu rassuré, Livaï finit par entrer silencieusement dans la maison, laissant le plus jeune refermer la porte derrière eux. Ils traversèrent la grande cuisine, avant d'entrer prudemment dans l'imposant salon. Le couple était là, assis dos à eux sur le canapé, regardant un film que le brun ne connaissait pas. Ils étaient complètement plongés dedans, n'ayant pas remarqué la présence des deux intrus. Livaï posa alors son doigt devant ses lèvres, comme pour ordonner au châtain de rester tranquille et silencieux, tandis qu'il s'avança lentement vers le canapé tout en sortant son arme à feu qu'il avait rangé dans la ceinture du dos de son pantalon.

N'ayant toujours pas été repéré, il se trouvait à présent debout, tout juste derrière eux, les fixant avec un regard effrayant. Le type de regard de désaxé, mais horriblement sérieux. La respiration saccadée, il laissa passer quelques seconde sans bouger, jusqu'à ce qu'il finisse par donner un violent coup de crosse contre le crâne de son ancien père adoptif. Suite à ce coup brutal, l'homme en question perdit connaissance, tandis que la femme tourna la tête en direction du jeune homme, avant de pousser un violent cri de terreur. Elle n'eut le temps de faire guère mieux, car le jeune homme ne tarda pas à lui coller son poing dans la figure, d'une façon brutale, avant de venir la prendre par les cheveux, sans aucune empathie.

- Eren, suis-moi et amène aussi ce fils de pute, on va les foutre dans le sous-sol.

To be continued...